Skip to main content

Full text of "Histoire de l'astronomie ancienne et moderne"

See other formats


Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl 










y 



--•-^ 



s 



L -■ 'l ^:ï- '''■•■•' 



t 



/ 



HISTOIRE 



DE 



L'ASTRONOMIE 



ANCIENNE ET MODERNE. 



r 



* '.' i 



HISTOIRE 



DX 



L'ASTRONOMIE 



Ancienne et moderne 

Dé J,-S. bail L y, 

Dalis laqudie on a c»nfieryé littéralement le texte biatoriqiid 
de .l'Auteur y en 9upprimant le* âétaih scientifiques ^ 1^ 

. ealculs Abstraits. > les notes hypothétiques ^ peu utiles à beau- 
coup de XfCCteurs ^ et aux Ëlèves a9xqueb, ce livre est spér 
cialement destiné* 

Pàk V. C. . . . 



TOME *> R E M I E R. 



A PARIS, 

Ch«£ BERNARD, Libraire ée VÉcolt Poly- 
technique et des Ponts et Chaussées , quai des 
Âugustins, No. 3i. 



S^EBSt 



An XI II.— i8o5. 



ON TROUVE 



CHEZ I<S UEUIt LIB&AIAE: 

" lie f^^ÊÏêé ^^mênlàifê iPMirùnùniie phyéiquê ^ par 7. B. 
^lii«ty nkttAsre 4è Plnsfitfit national, a ifoL ii»^. areo 

§6 pkii^iM. >ftîac p0«ir pÉria. ^ lofr. 

- .idAAi»j li^y<a. iv»r4^ i6pknckoa»...'. i iBfr. 

UHistoirê des Guerres des Gaulois et des Français en 

lialie , par Je génétial SaKvan } 7 vol. inrfi^, brochés , arec 

• • • _ 

Allas cartonné , et le Portrait de l^Empereur^ Roi d'Italie, 
67 fr. poyny Earia. 
Xdem , 6 voL Âfia . avec 4 cartaa* « • • iS fr. 



• 



s 



^* 









^Àr7 * 



NOTICE 



9UB 



JEAN-SYLVAIN BAÎtriX 



; » j 



f 



P A à M I les hommeâ qui ûnt Otréiif)<t vm 
rang distingua ààns le» lettisès , àèàts Ses 
science» , et dans les affaires ^Miqvie^ j, 
Jean-Sylvain Bail tir est un deceui dôiit 
l'histoife trans£iié¥tra le soiïvfeniï avecîé 
plus d'intérêt à là pôiténiê: Ilô.sfibrt 
épuisé les eonttasfes dé la fevëur €*dé 
Vinfcwtune ; il à tant de tifipés à la reféoH- 
noissance et itv:8^éloge8 de^antis^sl^^eaii^ 
arts et de» talens , ^« toujwii* on sevà 
empressé de connoître un - boititrië AcM, 
la destinée et les travaux sont une source 
de réflexions pôut le sage , et d'in^trac-^ 
tion pour le genre humain. Il' étoit ne à 
Paris en 1735* : » 

I^a nature avoit doué Bailly-de toutes 



i 

I 



VJ Iff O T I C; B 

les dîsposîtions qui rendent propre à Fé- 
tiide des sciences ^ à Tobservation des phé- 
nomènes et aux méditations de la philo- 
sophie; mais son premier goût fut pour 
la poésie^ et ses pfémiert travaux furent 
consacrés aux belles -lettres : lé jeune 
sage^ content d^àvôif fait e^ silence l'es- 
sai de ses forces dans l'art du théâtre , ne 
$0: pré^epta pais m^me daïi$ l'arène : à 
l'âg^.cLe seii^e ans,:BaiUy composa deux 
tragjôdies ; lapreœièfe, intitulée Clotair^^ 
est puisée dians Ips premiers siècles dç 
notre |;ii^toire ; il pçt trçip singulier que, 
dai^^pft premier, pu vragç , il ait décrit la 
morl: d'un Mjiire de Pari? y ^lassacré ^par 
le peuple, Xe.sujet dQ ia . seconde tra-^ 
^édie ,e$t /fphigénie m T^ride y traitée 

dansjla suji^e .avec swqc.^^ , paç Guimosnd 

de,J|:.§tP«<;be. . 

ïi'^y^ntage qu'il, eut de se lier avec I0 
çélèbrç; Laçaille , détermina sa VQcatipri 
çn fay wr. de, l'AstrouQpiie ; lé. preqiier 
travail du philosophe danç^^ la géographie 

célçate y, fut consapré à l^ p^iu^te dP ^i^^^ 



SV& 7.-S. BAIItT. vij 

K 

SUors la théorie de ce» astres ^ qui sem- 
blieot indéptiindans des systèmes solaires , 
ii^avoit pas re<ju tout son développement. 

Après plusieurs ouvrages^ qui fixèrent 
sur luirattentiop des savàns , il présenta , 
en 1763 , des observations lunaires à FAca- 
démie des Sciences y qui s'empressa de 
Fadmettrè au nombre de ses membres : 
il concourut avec Gondorcet pour la place 
de secrétaire de .cette Académie. 

XJneppsition vraiment importante que 
Bailîy découvrit dans la géographie ce- 
leste^^est celle des satellites de^upiter. Les 
masses de ces astres secondaires semblent 
tellement in|tccessibles aux calculs de la 
|>hysique^ Fétonnante variété de leurs 
mouvement sert si mal l'Astronomie^ qui 
veut déterminer leurs inégalités y que y 
}usqù^âu milieu du dernier siècle^ per«^ 
%onn€ n'avoit encore osé appliquer la loi 
éternelle de Newton aux attractions inù* 
tuelles de ces planètes. Notre.philosophe^ 
aidé de la théorie de Clairaut ^ d^un€ mé^ 
thode ingénieuse de Fouchi ^ sur l'em-^ 



Vll| ï| O f ï Ç B 

ploi dû télescope; , ft «ûcore plt|s df^ «m 
propre géni? ; calcula ^ ateç uni; «uçpè«, 
singulier^ les. perturbations des stitôlliteat 
de Jupiteç ^ détermina leur diamètre j^ 

ainsi que la durée de leurs énle]^$î(l^^ ^. 
dressa des tables de leur mouvement^ ei 
y joignit rhistoire de çe^e^ . partie cu-i 
jdeuse de TAstrononiie. C© travail tm-- 
inense , qui donna lieu à trois mémoires^ 
l'occupa pendant neuf ans* Alors il vou-^ 
lut connûitre à fond toutes les d^çou-r 
vertes, anciennes et modernes des âï^é-r 
jfens peupl^ ; et telle fut Vorigi»* dç son 
Htàtùire de VjjiHroiwifm f çJtief-^d'wuv?© 
dont la réputation a augmenté e^çoti^k 
la gloire dis la f'rance aprè$ \e siècle 4# 
Louis XIV, 

JBai\ly avoit envoyé à Vpltaiiv Son Iw 
vre, dans lequel ilcqnib^ttôitropiAi<P«i9l 
universellement répandue t qua la T^r<^ 
^^B%t éclairée commue elle s'eat peupl:éa j^ 
ç'ast^â-dire , du midi au nord, t^ phila 
sôphe de iFerney , qui ienoit le scepf ra 
del'opinto^ dans FËoippelittéraire^i^l 



aURÎJ.-S; BAI XL Y. . î^ 

Ura^péd'un paradoxe ^ai tendôhâÀnéaii'» 
tir sès' Btames : cei^i-^ci, en lexemér-n. 
çidnt ^ lui fit des objections ; ils enttè« 
rent en correspondance; il en l'ésvilta 
deuxyoluines iistéressans i $es lettres siari 
l'Origine des Sciences.çt sur Yjitlatitide y 
écrites avec une clarté et un agréinenf 
$ans prétention-, offrirent une éruditiotif 
{lussi profonde que variée y et pimivèrçnf 
sa supériorité sur presque tous les écri^ 
vains de son siècle ; ces lettres à VV>l4aîro 
fiont dîgiles du grand homme à quilles 
çont adressées : elles offrent surtout titi 
piôdèle trèa-rôrô de la d^c^noe et dé 1^ 
politesse, qui devroient toujours régnè^ 
^ans les discutions des getis^ dçr ^lèttres^t 
lie style de Bâilly n'ert défigtt^é pjat àu-^ 
cun excès 5 il est iiaturely été^ttl 5 bor^^ 
irect , et nous ne connoissons ^uéûn éém 
vain qui se rapproche davantage du hea^ 
siècle de la littérature. : 

En 1784,1e mafghétûme atjiîinBi,br^4 
par Mesmer ) occasionna dàtis loutlParîà 
^nç agitatioA çxtrême. Le toi ixômmé, 



X » O T I C » 

des siédecins ^ et l'Académie des pli j-^ 
diciens y pour éclairer les esprits suf ce 
prétendu phéndïnène. Baiilly fut uniâ^s 
comHiissairés nommés par TAcadédiiet* 
Il fut chargé de la rédaction du rapport t 
c'étoit un fait imposant à consigner dans 
l'histoire de& erreurs de l'e^iit bumaim^ 
et une grande expérienceà constater sur 
le pouvoir de Fiîxtaginatiôn^ Bailly fut 
longtemps occupé de son rapport ; mais 
enfin il parut , et la vérité reçut uri hom^ 
mage qui -fit enfin disparoître toutes lea 
Hlusions de l'aveugle crédutitév 

En 1 786 , l'Académie ayant nonuné 
des commissaires pour l'examen du pro- 
jet d'un nouvel JIôtel-Dieu, Bailly^^ûi 
fut du nombre, rédigea encore un rap- 
port ^ qui est; un ouvrage^aussi précieux 
pour la physique, qu'intéressant par les 
sentimens d'humanité qui dirigeoiëni 
son auteur : il proposott quatre hôpi- 
taux différens. Le projet avoit été ac*- 
ciBpté , IcNTsque la révolution française em 
iSloigna l'exécution. 



SUR J.-'S. BAIL II Y. X) 

Tous ces travaux scientifiques ne Tem- 
' péchoîent pas de se livrer aux charmes 
dé rélbquence : il ayo.it eu V accessit à 
l^Académié française pour s^s Eloges 
dé Charles V et de Molière ; à celle de 
Rouen pout celui de Corneille. L'Aca-^ 
demie de Berlin avoit couronné son Eloge 
de Leibnitz , et nous lui devons ceux de 
Cook , de Lacaille et de Gressèt. Racine , 
¥énéion , Massillon , Montesquieu , 
ïiOcke , telles étoient ses lectures habi- 
tuelles. 

Le 26 avril 1789, les électeurs de Pa- 
ris j aissemblés pour nommer des députés 
aux Etats - Généraux , convoqués par 
Louis XVI , choisirent Bailly pour se-* 
crétaire de l'Assemblée. L'estime publi- 
que qui lui déféroit cette place, le nomma 
député de Paris, et, quelques jours après, 
. le Tiers •Etat le choisit pour son prési- 
deiit à sa première séance du 5. mai à 
Versailles. Le premier juin , les Com- 
jnunes s'étant constituées en Assemblée 
nationale, Bailly fut confirmé président. 






tl) lï O T I C B . ' 

Ce fut lui qui , le 20 , conduisît F Assem- 
blée au Jeu de Paume , si célèbre par le 
serment qu'elle y prêta. Le i5 juillet y le 
roivint^ansla capitale j Bailly fut nom-^ 
mé, par acclamation publique y Maire de 
Paris, Après deux ans et demi d'exercice 
de ses fonctions , il rentra dans le sein de 
9SL famille. 

, Pendant l'année 1792, et une partie 
fie 1793, il voyagea et revint à Me« 
lun» C'est là que , livré entièrement au 
goût des lettres, il vivoit dans une mor 
deste:et simple obscurité. Ses mœurs 
douces , sa, loyauté , sa candeur , le ren- 
doient le modèle des époux , des amis ^ 
des bons citoyens. Jamais il n'avoit sol- 
licité les honneurs , il ne les regretta 
jamais. Son nom , qu'il croyoit avoir faijt 
oublier en disparoissant^ pour ainsi direi^ 
de la spciété , fut inscrit , après le 3i mai^^ 
ç^r leslistes sanglantes qui moissonnèrent 
tant de victimes. 

Le 20 brumaire anll^ ( 10 novembre 

1798 ) , il fut traduit au tribunal révolu- 



su» J.^'S. BAILLY, -Xllj 

iîonnaire comme conspirateur. La tj^an-^» 
nie la plus atroce condamna cette victi- 
me^ honorable par ses talens , par ses ver- 
tus, par sa fin déplorable. Le 1 2 novembre 
1 793 , il expira sous le glaive d^tructeur. 
Son courage , sa patience , sa fermeté 
étonnèrent et égalèrent la barbarie de ses 
bourreaux: on crut voir Socrate mourant 
vertueux et sans 5:)rtune. La Postérité , 
£|ui trioi^he de l'injustice et suryit à 
l'enthousiasme y a vengé sa mémoire ; 
«es ennemis ne sont plus: son nom est 
inscrit parmi le petit nombre des habiles 
iécrivains de notre langue. 

Depuis l'origine de nos sociétés litté- 
raires, ï'ontenGlle et Bailly furent les 
^uls qui appartinrent en mêtne^temps â 
VAcadémiefrançaisey à celle des Sciences y 
4Bt à celle des Inscriptions ; tant il est 
^fe de joindre à l'esprit géométrique lô 
^go^t4e 'MFudition , et d'embellir l'un et 
i'&uirfe par les charmes du style ! tant la 
ïiéaftiôn de» *alen« littéraires avec le mé- 
4N[te fS^Hï^fitift^^e^ iffîprifiie<leperfe€tioïi 



XXV N O T I C fi* 

au génie ^ et devient le sceau de l^îni* 
mortalité ! Tel est le partage de quelque» 
êtres privilégiés. 

Fontenelle, BufFon,Bailly ! quels noms 
pour la gloire de la France et de l'esprit 
humain! que d'élévation dans la pensée! 
quelle noble mélodie dans le style! quel 
charme de sentiment dans leurs écrits ! 
Qui ne lit avec délices l'historien enchan- 
teur des merveilles du ciel ? comment la 
plus sublime dé toutes les sciences n'au* 
roit-eUe pas: enflammé Bailly ? le. Ra- 
phaël de l'Astronomie sans cesse occupé 
des astres dispensateurs de la lumière:^ 
ému du plus beau spectacle de la nature, 
pouvoit-i^ ne pas dérober au ciel le îexi 
sacré de la poésie et.de l'éloquence qui 
anima spn pinceau ? , 

Son Histoire de V Astronomie anci^nn^ 
et moderne est un monument immortel de 
goût y d':éloquence , d'érudition et de:gé- 
pie y envié par toutes les nations de l'Eur 
rope* Que de talent dans les recherches de 
l'origine j^e rAsti:ononiiip ! comme il pçiiat 



Sun Jr.-S. BAÏLtY. X9 

les ptogtès de res]ptit humain dans les 
idîvers «limats qui ont enrichi la science 
d'inne foule de découvertes , dans les dif- 
férentes sectes qui ont' fait jaillir la lu- 
mière de l'obscurité des erreurs ! On aime 
à le suivre , surtout àepuis Tinvention des 
verres d'observation , au quinzième siè-^ 
cle, dans l'application raisonnée de la 
géométrie aux phénomènes célestes; dans 
la savante théorie de Newton, qu'on peut 
regarder comme l'évangile astronomique 
de l'Europe , jusqu'à ces momèns bril- 
lans où M% Laplace adonné à cette science 
un caractère de majesté et de profondeur 
qui- frappera la postérité- C'est au doyen 
savant des astronomes de ce siècle à dé-^ 
velopper ces vérités dans la noavelle édi* 
tiôn de ses ouvrages. i 

Obscurs , mais sincères admirateurs 
des talens deBailly, nous nous bornons 
à présenter aux amis du bon goût y de la 
morale , des sciences , son chef-d'œuvre^ 
dégagé des notes^ des calculs y des éclair- 
cifsemens^ qu^on pouvait retrancher sans 



asvj N o T I c s 

altérer la beauté des^ parties , tiî celle dô 
rfensemble* H est réduit à ce qui peut in-* 
téresser la classe 'générale des lecteurs. 
-Ce n'est nji un extrait , ni une analyse de 
rhistoiie de TAstrohomie j c'est Bailly 
tout entier , sans observation , saâs com« 
^iientaité ^ sans interprétation ; c'est $on 
te;x:tê r^igieusement conservé ; tout ^ dana 
£ie recueil , est uniquement le fruit du 
génie de l'auteur. . 

Depuis longtemps le public daman- 
4oit cette rédaction ; les cinq volumes 
de l'édition dfe l'histoire de l'Astronomie 
•ifi-4^. ) étoient trop volumineux pour les 
uns , tx»p dispendieux pour d'autres. En 
^ët , quatre volumes ée l'édition : m^4^. 
<»9i3:tiennent> i^. les faits e^ntiels donnés 
par l'histoire; c'est ce qu'on a fidellemient 
cbnsbrvé ; a^. dés faits établis sur des 
amj^&ctais» vraisemblables ; des preuves 
9ii diQs probabilités qui les fondent; lu 
djsoisssaon ëés faits eonte&INEs . des catbuls 



/ 



SUR J. - S. B A I L L Y. xvij 

objets étrangers à la classe ordinaire des 
lecteurs ; c'est ce qu'on a supprimé dans 
les deux volumes m-8<>, 

PourTendre l'Histoire de l'Astronomie 
utile aux astronomes , Bailly devoit la 
discuter et la nourrir de détails scienti- 
fiques ; pour la rendre intéressante au 
public y il nous suffisoit de lui offrir le 
récit historique des progrès de la science 
et de l'esprit humain : si Tart d'abréger 
est très-utile quelquefois à Thomme qui 
sait beaucoup, il l'est. encore plu§ pour 
celui qui ne sait rien encore j les livres 
ouvrent la carrière , c'est au génie à la 
parcourir. 

On étoit étonné que la science de 
l'Astronomie n eût point de place dans 
réducation : M- Biot, membre de l'Ins- 
titut national , a publié son Traité d'As-- 
tronomie physique ; cette lacune a dis^ 
paru. Son excellent ouvrage a le double 
mérite d'offrir le grand ensemble des 
vérités fondamentales de l'Astronomie , 
•t de la vraie méthode qu'il faut suivre 

b 



• « • 



xvii) NOTICE, etc. 

dans Tëtude et dans la reclj^erche des 
lois de la nature. L'histoire de TAstro- 
nomie de Bailly , telle que nous la: pré- 
•sentons, pourra accompagner la théorie 
de M. Biot, La lecture de cette histoire ne 
demande pas qu'on soit savant ; elle est 
un moyen de le devenir. 

Tel est l'objet de notre confiance et de 
nos travaux. Le public a accueilli avec 
satisfaction la réduction de Bufibn; puisse! 
celle du chef-d'œuvre de Bailly mériter 
le même succès ! 



> I 



DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 

De t objet de VAstrondmie y de la nor 
tare de se^ progrès ^ ^t de son utilité. 



JLi' HISTOIRE de ÎÂstronomie est une partie 

esaentielle de Tesprit humain ; cette science » née 

dans les champs et parmi les bergers , a passé 

des hommes les plus simples aux esprits les plus 

«ublimes; imposante par la grandeur de sonob* 

jet , curieuse par ses mojens de recherche , éton* 

nante par le nombre et l'espèce did ses découvertes ^ 

elle est peut-être la mesure de rintellîgençe de 

Thomme , et la preuve de ce qu'il peut faire avec 

du temps, et du génie : ce n*est point quil ait 

trouvé ici la perfection qui lui est partout reftt^ 

sée ; mais , dans aucun genre ^ Tesprit humsSn n'a 

déplojé plus de ressources , ni montré; plus de 

sagacité : il est intéressant de se transporter auoc 

temps où cette science a conimencé; |de voi? 

comment les découvertes se sont enchaînées^ 

comment les erreurs se ^pnt mêlées aux vérités» 

en ont retardé la connoissance et les progrès ;e^y^ 

après avoir suivi tous les temps , parcouru tous 

les climats , de contempler enfin l'édifiçi^ ioodpi 



XX DISCOURS 

sur les travaux de tous les siècles et de tous les 
peuplée. 

L*Asti onomie', dans le sens le plus gênerai du 
mot , est la science des astres ; ce mot est formé 
de deux mots grecs , dont Tun signifie astre; et 
l'autre, loi, règle ou mesure; cette ëtjmologia 
pourroit faire croire que TAstronomie n'a pour 
objet que la mesure du mouvement des astres et 
la conhoissance des lois, des règles que^uit ce 
mouvement; mais cette science embrasse réelle- 
ihent tout ce qui tient à la liature des corps 
célestes. - 

Objet de cette science. 

L*ôb)ét de cette science est donc de faire le 
dénombrement des astres , de distinguer ceux 
qui sont fixes, de ceux qui sont errans, de mar- 
quer dans levciel la place dont les uns ne s'écartent 
pbint, et de tracer la route des autres, en mar- 

' quant lés limites et les moindres irrégularités de 

letir^ cours; de connoître les phénomènes qui 
résultent de la combinaison de ces dffférens mou- 
Vemens; quant aux astres même, d'obsei'ver leurs 

' appalrence^ , leur figure, leur grandeur relative 
où réelle , et jusqu'à leur densité, c'est-à-dire 
la (quantité de matière qu'ils contiennent sous un 

^'irolutn'e donné : ces connoissaiices sont le fVuit 



P R i I, I. M I N A I R E. X» 

d*une observation assidue et constapte : il faut 
^ue les hommes veillent sans relâcha pour saisir 
les circonstances de ces môuvemens in^ltjérâbles^ 
"et pour connoitre la nature gui ne. se fçppç^ 
Jamais* Cest ainsi que se forment ce? t^^p^ôt^s^prer 
cieux pour Tesprit humain , où les sièclei; , qui ne 
laissent aucune trace après eux j ^eiQt^lçnt fixé# 
par les observations astronomiques : I.çt^mps s'ié* 
coule , et sa perte est à Tavaiitage de I^ sc^i^c^ 
qui croît avec Tâge dvi^onde. , . . , • 

Mais quand rAstronomie a ainsi 9bâeryéle5phé-' 
nomèné;^ célestea, elle q ^ rempli qife sçp. premîef 
objet ; le second , et le plus phUospphijqfiefiest dp 
chercher rexplîcatioi^. de. çicç phpi^j^ijtjt/^e^ , de 
réunir les^ difTërentes ça^^es qi^i dépj^ç^ent d une 
cause plus générale , jçt de, payveiM^ WWVA ^^ '^^ 
sinriple qui est la c^use )fnlv^sç][jl^ : If^ 9cî,enqe 
n'aura atteint son b^ (t|f]e ^rsc^gij'ejilc^ fi^rf ^out 
connu et tout çxpUqi^é.: ^Ue a |ai|;« «i yçj.l^ /ait 
encore des progrès rapide ; mais sa dei^tînée est 
de s'approcher san^.qessç. de ce terme, et de ny 
jamais atteinçlre, ,,,..., • 

Cette recherche des causes est réservée à Tas* 
tron orne philosophe ; les observateurs recueillent, 
les.faits, s'accumulent comme les matériaux d'un 
édifice, et attendent Thommè deg^énie qui sevil 
peut ilre Tiirchiiecte du mpnde. C'est lui qui 



uu; tiiicovas 

combine ^ qu! lie les faits ; ii en saisit les rapport*; 
X7ne explication génëralisëe dans sa tête , derient 
la clef d'un^ grand nombre de phénomènes ; ilâuit 
la nature dans ha chaîne qui unit ses mystères; il 
marche en dévoilant ses secrets , et il alfeint le 
mécanisnie de l'univers : e'est ainsi qii'ont marché 
Hipparque, Ptolémëe, Copernic, Tjrcho, Kepler, 
^Dominique Cassini , et le grand Newton, de qui 
les noms /à jamais mémorables , mériteront la 
respect et la reconnolssancé de tous les âges» 

Il reste encore un grand nombre de questions 
importantes à déèi<}er ; té sera Tœuvre du temps 
et la moisson de la postérité; Mais , dans Cet ou- 
vrage ; qui doit être le dépôt « en même temps que 
rhistoirè deis connoissances, on ne verra point sans 
admiriation Tespace qu'a parcouru Tesprit humain. 
Xe premier bergeKqiii , élevant ses regards vers 
la voàte céleste , désira dé connottre le nombre et 
le mouVérhent dès astres, fut le premier îhventeur 
de l'Astronomie. Mais-quelle distance de ce coup 
d'œil qui eftleura, pour ainsi dire, la surface du 

cîei, à celui dont Newton pénétra la nature ! quelle 

»... * I 

distance de ces hommes grossiers, qui, vojant le 
Soleil dîsparollre de l'horizon , pensoient qu'il 
s'éteîgnoit le soir , pour se rallumer le matin , à 
l'homme immortel qui déduisit tous les phéno- 
mène^ d'une seule loi , 'd*un principe unique; qui 



F R ]£ L I M I N A I R E. xxiîj 

montra qu*une force répandue dans chaque par« . 
ticule de matière , jointe à la première impul^oa 
donnée par TEtre suprême, régloit et conservoit 
le -mouvement dans Tunivérs; qui fit balancer le& 
globes les uns vers les autres , en accomplissant la 
route qui leur est prescrite; qui les suivit dans 
leurs irrégularités , et qui retrouva toujours la loi 
et le principe qu'il avoit anponcés ! Cette distance 
est immense » les intervalles qui la partagent ne 
sont pas également remplis. La barbarie , qui ^ de 
temps en temps, reprend Fempire de la Terre, 
a fait perdre plusieurs fois les. traces de l'industrie 
humaine ; ces traces n'ont été reconnues qu*avec 
peiné par des générations éloignées. Tantôt une 
observation pénible et constante a rempli^ Tinter- 
valle de plusieurs siècles : elle jetoit les fondemens 
sur lesquels nous bâtissons aujourd'hui ; tantdt 
quelques hommes célèbres, réunissant les travaux 
de leurs prédécesseurs , combinant les faits , pour 
en tirer les résultats , ont proposé des s^^stémes > 
nés pour péinr un jour , suivant la ^destinéç des 
systèmes; tantôt des esprits plus solides et plus 
hei|reux ont aperçu quelques«unes de ces vérités 
primitives qui répandent la lumière sur le reste 
des siècles, et dent- les conséquences sei^eni. de 
guides pour de nouvelles reclierches. L*état actuel 
de l'Astronomie est le spectacle le plus satisfalsaiit 



Jcxîr B1SC0UK> 

-pour l^ philosophe curieux des eflets €t dee> 
causes , et prouve ce que peuvent les efïorU jointik 
aux elTorts , et lapplication constante d*un grand 
.-nombre d hommes à suivre le même objet. ^ ii 
travers les générations qui se renouvellent , le& 
fléaux qui affligent l'espèce humaine ; enfin , à 
travers Tigooj'ant^e même qui renait au bout de 
certaines périodes et vient tout 0nseyeIiir« 

On peut distinguer dans TÂstronomîe froU 
parties , qui se réunissant à Tobjet commun de b 
connoissance des astres, ont cependant uu objet 
particulier, une marche et des progrès différens : 
l'observation ou^ le dénombrement des phéno* 
nfiènes ; les résultats fondés sur les observations » 
ou la découverte de la chaîne qui lie les phéno^ 
mènes ; la théorie ou Texplication des phén<H 
'mènes par les lois connues du mouvement. 

De TOhservation» 

L'observation consiste dans la détermination 
de la place qu'occupe un astre dans le ciel , 
au moment qu'on Tob&erve. Dans le cas où cet 
à^tre est £xe , la détermination est faite pour' 
toujours , et n'a besoin d'être renouvelée ^ que 
lorsque les moyens d'ob&erver s# perfection* 
Dent, ou bien si Ton découvre qu'un astre qu'oq 
avolt cru fixe ne lest pas, Dana le cas oà Vaslre 



FRELIMINArUE* SXV 

w du mpuyemeut , l'observation apprend seule^ 
ment quç, dans un certain instant, cet astre oçcu- 
poît une telle place dans le .cîel ; mais elle n en- 
seigne rien de la place qu'il doit occuper le len- 
demain , d'où naît la nécessite de répéter les 
observations. Lia constance et le travail suffisent 
pour que les observations s'accumulent , et pour 
former ces dépôts qui sont le fondement des tra- 
vaux de la postérité , quapd ils lui sont transmis. 
La guerre a tant de fois ravagé l:a Terre, que lea 
anciens dépôts u*e;fListent plus. Ces richesses litté* 
raires n'ont point tenté des conquérans grossiers, 
€t les bibliothèques ancienties ont péri, anéanties 
quelquefois par la superstition ^ plus souvent dis-* 
tfipé?s par l'ignorance , dont le caractère est d^ 
tout laisser perdre, parce qu'elle est sans intérêt^ 
jcomme sians lumières : aussi ces dépôts d'obsei*va* 
lions ont-ils été plus d'une fois anéantis et recom* 
jniencés. Les. annales des peuples font mention 
<iV)bservations suivies pendant de longues années, 
dont il ne reste qu'un très -petit nombre : nou# 
«n regrettons plus que nous n'en possédons. 

Des HésuZtoCs. 

Les résultats sont les connoissances, ou lea 
T frites qu'on peut tirer d'une ou de plusieurs 
observations. C'est , par exemple , à l'égard de^ 
astres qui ont du mouvement , la connoissapce 



XXf} D I 5 C O V 11 8 

de la forme , cle la grandeur, de la position' de 
leur orbite dans le ciel ; la connois^nce de 
leur révolution , de leur vitesse » des variations 
de cette vitesse qui n'est jamais uniforme » et des 
irrégularités de ces variatronà , qui sont souvent 
très - compliquées. Ces changemens , que Fou 
appelle généralement phénomènes , revienneni 
les mêmes au bout d^une certaine période : tous 
dépendent les uns des autres, puisquils arri^- 
vent successivement , et en vertu dune même 
cause ; ils sont liés par une espèce de chaîne , qui 
n est autre chose que la suite complète des effets 
de cette cause. La suite et la' liaison de ces effets 
est difficile a découvrir: ici le travail ne suffit plUs ; 
le succès dépend dé Tesprit d*inventton et de la 
cohnoissance exacte de tous les faits. Selon que 
les hommes livrés a cette recherche ont été plus 
OU moins doués de cette faculté , plus ou moins 
instruits des faits, leurs succès ont été plus oisi 
lnoin$ heureux; ils ont inventé des fictions ou 
découvert des vérités ; ainsi Ptolémée ou ses pré- 
décesseurs ont compliqué Texplicat ion du mouve- 
ment des planètes , de cercles multipliés roulant 
les uns dans les autres , ainsi Kepler substitua 
une eHipse à ces cercles ^ et cet homme , vraiment 
doué de Tesprit d'invention, ramena par ntie idé'e 
lumineuse , r^stronomie à la vraie foi^nie des 
orbites célestes» ' 



PRÉLIMINAIRE! XXTÎf: 

Cette branche de rAstronomîe n'a donc qu'une 
ixiarche incertaine , car tantôt les lumières man-* 
quent aux faits ^ et tantôt les faits aux lumières; 
les uns et les aulres ont souvent manqué à la fois. 
Quand Tesprit humain a embrassé une mauvaise 
hypothèse , c'est uniquement parce qu'il navoît 
pas alors asses d'étendue pour en apercevoir plu- 
sieurs , parce qu'il n'avoit pas assez de justesse 
pour en voir les fléfauts , ou parce qu'il manquoit 
de connoissances pour en bien juger. De nouveaux 
Faits sont venus , qui ne cadrant pas avec la pre- 
mière hypothèse , en ont fait imaginer une se- 
conde ; et f homme en tout genre a toujours ainsi 
parcouru le cercle des suppositions', et le cercle 
encore; plus grand des erreurs , avant de parvenir 
à la vçrité, dont le caractère, en Astronomie, 
comme en phjrsiuue, est d'expliquer, de con* 
firnier les phénomènes passés^ et d'être confirmé 
'à son tour par les phénomènes futurs. 

Ce n'est pas tout : les faits même , ou les obser- 
vations, ne sont pas susceptibles dune exactitude 
rigoureuse, qui ne se trouve que dans' la géo- 
métrie ; mais la géométrie , considérée comme 
science de l'étendue et du mouvement, est dé- 
pouillée de toutes les autres circonstances phj^*^ 
siques } elle est purement intellectuelle , et l'ou* 
?rage de l'esprit qui a établi cette exactitude sur 



• •• 



xxvii) DISCOURS 

les abstractions; exactitude qui na plus lUti , 
rigoureusement parlant , dès qu*en appliquant la 
géométrie à la physique, on la fait sortir de Tiina- 
ginatlon de Thomme, pour la rapprocher de la 
nature. 

En physique, toute connoissance absolument 
exacte est refusée à Thomme. Il ne peut atteindre 
qu*à une certaine précision , relative au dévelop- 
pemeift de son industrie , et [aux moyens méca<- 
nlques qui sont en sa puissance. 

4 

Il est donc des erreurs ou plutôt des incertî-' 
tudes inérltables et dans les obseirvations et dans 
les résultats : dans les observations, parce que 
rhomme a d'abord observé avec sesjreux seuls , 
qui sont ses premiers instrumçns; ensuite il s est 
aidé de quelques instrumens grossiers , instru- 
mens qui se sont perfectionnés et se perfectionnent 
jusqu à un certain terme que Tindustrie humaine 
ne peut passer. Ainsi les observationssont devenues 
et deviendront plus précises.Mais, en même temps, 
chaque résultat fondé sur ces observations, est 
affecté de leur inexactitude : les déterminations 
principales et fondamentales de TAstronomie ont 
donc besoin d'être renouvelées, et la nature des 
progrès de ce genre de çonnoîssances a cela de 
singulier , que la science ne chemine qu'en dé- 
truisant. Les mesures actuelles sont fondées sur 



r 



PRIÊLIMINAIRÈ. xxix 

les débris des mesures plus anciennes , et celles^à» 
en devenant anciennes à leur tour, auront la 
destinée de celles-ci. Mais qu'en 'n*en infère rien 
contre la science, car c'est une connpissance 
réelle, et peut-être la seule que nous possédions^ 
que celle des Kmites entre lesquelles lexactitude 
ou la vérité est renfermée. Le travail des généra- 
tions successives est de resserrer ces limites ; d'ail- 
leurs l'incertitude attachée nécessairement à quel- 
que observation que ce soit, n influe pas toute 
entière sur les déterminations , elle peut se par- 
tager. Quand on veut déterminer , par exemple , 
la durée d'une période quelconque, la détermi- 
nation est assujétie à Terreur de Tobservatibn 
faite au conimencement , et à Terreur de Tobser- 
vation faite à la fin de la période. On Verra dans 
lasuite decet ouvrage, les astronomes des différens 
siècles, se succéder les uns aux autres dans les . 
mêmes travaux, pour j ajouter sans cesse de nou- 
veaux degrés de perfection. Notre industrie a 
trouvé les moyens de diminuer les erreurs qu'elle 
ne peut éviter, et d'approcher de cette exactitude 
rigoureuse dont nous avons Tidée , mais à laquelle 
nous ne pouvons atteindre. 

Hela Théorie. 

« 

Xol Théorie éàt ï'ejkpUcation dés phénômèrfôs 



\ 

XXX D I s C O U K s 

célesties , par les lois du: mouvement. Quelque^ 
philosophes anciens ont eu des opinions sur la r 
formalion du monde , sur les élémens dont il est 
composé ; ils ajoutolent au nombre de ces élémetïi 
ou en retranchoient , presque à volonté; en cela 
ils n*ét oient que physiciens et mauvais physiciens ; 
les élémens Vlu monde sont bien plus impéné« 
trahies que les causes des mouvemens célestes ; 
ce sont les derniers retranchemens de la nature» 
et là, peut-être, est Ja caus« univei^selle ; iisavan*' 
çoient d'autant plus aisément leurs assertions , que 
quand la vérité est inaccessibre , {'erreur est plus 
difficile à démontrer ; Texplication du monde se 
bornoit donc à quelques idées physiques sur sa 
formation : un silence profond a régné dans Tan- 
tiquité sur les causes qui lancent ou retiennent 
les corps célestes dans leurs orbites. 

L*observation en Astronomie , les résultatâ^^ 
même, ne nous montrent que des efTets dont il e$t 
naturel que les hommes aient été tentés de péné* 
trer la cause ; c*est uhe idée sublime d avoir tenté 
de ramener les lois du mouvement général de 
Tunivers , aux lois du mouvement des corps ,tfrr-^ 
^ restres; cette entreprise appartient exclusivement 
à nos siècles modernes^ elle est due à Descartes. 

• 

Ses tourbillons sont une mauvaise explication de 
la pesanteur et du système du monde ; mais ses . 



fRlÉLIMINAIRE. XXjq 

tourbillons sont mécaniques. II a découvert que 
le même mécanisme dçToit faire mouvoir ies 
corps dans les espaces çélestes> et à la surface de 
là Terre j s*il na pas saisi ce mécanisme , on ne 
doit pas oublier que cette pensjée neuve et grande 
est le fruit de so^ génie ; ce que Descartes s'était 
proposé» Newton l'exécuta; nous ne dérobons rien 
à la i^oite de ce grand homme » en rendant justice 
à Desoartes* 

- Tel est l'objet et la nature des progrès de TAs- 
tronomie. On verra dans cet ouvrage combien 
il a fallu de temps et de travaux pour recoiinoitre 
que le mouvement des astres , si compliqué en 
apparence , est très«simple en effet \ et dépend 
d'une cause plus simple encore. 

Si les fondateuirs de r Astronomie, si les hommes 
de génie «qui en ont d'abord étendu les connois- 
sanoes « qui* ont senti le désespoir de ne pouvoir * 
expliquer, ni même co&noitre tous les phéno? 
mènes; si, disons-nous, les honmies à qui nous 
avons tant d'obligations, revenoient au. monde, 
quelle seroit leur surprise , de voir comment leur 
postérité a débrouillé ce chaos!,. et s'est , pour 
ainsi dire, assujétile Système de l'univers ! Que 
d'hommes rares; onl eontribuéà ces progrès, et 
^ont Inconnus aujourd'hui.; mais les premiers 
ifivente;irs ne sont pa^ les p}us célèbres « l'igno^ 



àULXtj D t 5 C O U R s 

rance )ouît et n apprécie point; les inveptiod^ 
utiles , ainsi que les semences des végétaux , 
croissent et mûrissent sans bruit , les fruits en sont 
cueillis sans peine j et le vulgaire jouit des unes et 
des autres, sans sinformer comment , ni d*où elles 
viennent , et sans imaginer ce <}u*elles on; eoûté» 
Nous avons place les inventions de FA^trp- 
nomie au rang des inventions utiles , et les philo* 
sophes ne demanderont pas si enelFet cette sci^ace 
est utile ; mais trop de gens sont peut-être en^re 
trop persuadés que les sciences , et celle-ci parti* 
culiërement^ ne sont qu un objet de curiosité, 
pour ne pas détailler les avantages que retire la 
société, de la pratique et de Tétude de TAstro- 
nomie : elle a d*abord la même utilité que les 
sciences en général ; elle éclaire le siècle , et per- 
fectionne Tesprit humain* La masse des lumières 
nationales est composée de toutes les connoissances 
particulières i chaque découverte! chaque idée 
nouvelle et vraie se placée naturellement à ce dépôt ; 
toutes ëùseitihle excitent un nM>uvement insen- 
sible , auquel tous les esprits participent : en peu 
de teinpis les lumières se distribuent et ^e par- 
tagent à la titttion ; ainsi les prîrictpes que Tévapp- 
tation enlevé À cbat^ùè te.*r|irn particulier , trans- 
portés et mêlés par lés vents*, donnent i Tair d*une 
pi-ovince €ia d*uii royaume un caractère et des 



P R É t I M I.N AI R E. xxxiij 

|>roprîélé3^génerale3 qui! tient de la.coxp^Inaisa^ 
xie ces principes. 

Le goi!it des sciences ^1 des lettres ^ en adoucis- 
sant les mifeurs , rend les hommes meilleurs et 
plus heureux 4 (sHes écartent en général l'intrigue 
él lairibition ; elles portent à'Ia vertu par } amour 
de la vérité. L'homme vrai est le seul honnête 
homme qui existe sur« -la Terre. Feut^oa/sonder 
lès profondeurs de la nature , ttavalller à dévoiler 
se^ secrets , discuter les faits ^ les. phénomènes^, 
n^adniettre pouir vrai que ce qui Test réellenient, 
let ne pas suivre et professer la vérité dans la con,-^ 
duite de ^a vie ? L*ampur du yr^ , qui conduit .à. 
ces recherches, doit s'étendre à la morale, et 
devenir principe , copaniç le travail devient habi- 
t^de ; voilà ce qu'on pourroit développer , si la 
pratiquée delà i^ilosophreet Tétude des sciences 
avoient besoin d'apologie ; mpîs il s*agk ici de 
Tétude particulière de l'Astronomie. . , 

Cette science, en se perfectionnant ^ a guéri de^ 
préjugés et dissipé d.çs craintes , nés peut-être de 
son enfance même; c'est un service essentiel qu'ellp 
a rendu à rhumanité. L'homme nait timide ,.il 
craint surtout les dangers* qu'il ne conqoit pas^ 
les dangers contre lesquels il n'a pas mesuré sft 
prudence e^t ses forces ; avant de s. être familiarisa 
aven la nature^ il a commencé par la craindre , e^t 

t: . ' • «cf ■■ ^ . 



Xxxîr DISCOUllS 

• • • 

tout devy^it lot causer de reflroi : il fut bientôt 
accoutumé à Tordre invariable du ciel,àla5uc* 
cession constante de ses phénomèneà ; mais les 
fifhéxKmiènes plus rares lui parurent un boulever- 
élément de Ttirdre naturel : la prerbtère éclipse 
totale dii Soleil donna Tidée de rahéantissement 
'de Tutiivers ; Téclipse dé Lune fit craindre la 
jperte dé cet astre ; on imagina qu'un dragon 
Vouloit la dévorer. Les comètes remarquables , 
«éffrajantes par leur.queuè et par leur chevelure , 
ahrion^ieht la tnotî des princes, la destruction dés 
émpi'fes , ia peste, I9 feminé , etù. UAstronon^ie , 
%ti dévbitlaiit 'leé cdii^eis de ces phénomènes , â 
râsshré lëi ë^pIrUir; le peuple tnéme aujourd'hui 
n*est pas effrayé des éclipses ; la terreur de Tappa* 
^ntion des comètes a subsisté plus longtemps. Les 
pensées diverses du célèbre Bayle tont un mona- 
fnentdela^superslîlîon; elleaf font foi qu*en 1680, 
dans le temps où NeMrton calculoit Torbite d^$ 
co^îèles , oà Halley étoit prêt d^annoncer leur 
retour, PEurope presque entière étoit da«8 une 
ignorance profonde sur la nature de ces astres; on 
les regardoit comme les avant-coureurs des ven- 
geances dtvihéSf'çt les alarmes étoient assez fortes, 
^ssez générales pour que Bajie lés combattit avec 
toutes les ressources de l'érudition 'et toutes les 
armés de la dialcôlique ; maîs FAstronomie qiit 
enseigné que les comètes ont un retour ceHaia 



P R é L T M I N À i R E. XXXV 

«t une inarchè invariable , a plus fait contre lé 
préjugé que le savant ouvrage de Bajrlo. 

Contre Vnstrdogif», 

L'astrologie judiciaire est une maladie noki moins 
déplorable de Tesprit humain ; elle e^t née sans 
doute de l'abus de l'Astronomie ; touis lés hôi^mes , 
impatiens de toucher à l'avenir , voudiroieni aïk 
moins connoitre celui qui les attend; le sage seul 
sait que cette connoissance seroit fùnésle.Malheu* 
teux du passé, mécontent du présent, Thomme 
rie vit que par l'espérance; Tincertilude de sk 
destinée , le soutient dans une course (ju*îl s'ef- 
force dé précipiter ; si l'avenir s'ouvroii devant luî\ 
tourmenté par les maux futurs, rendus présens , 
peu sensible à des biens usés avant la jouissance , 
son existence ne seroit plus qu'un fardeau : la sa- 
gesse divine nous a épargné ces maux qàéïàstro- ' 
lôgîe â voulu répandre sûr la 'terré; ils régnent 
encore dans certaines contrées , où la ïùiùiëte des 
sciences na point pénètre; en ïuurope même , il 
ny a pas longtemps qiie les peuples* âvoîent leurs 
devins, et les piwc^s leuïi*astrôlogues : Catheritie 
de IVIédicis, lîvrééâ cette erreur, avoît fait bâlîr là 
colonne de rhôteïdë oolssons, pour j'€onsu lier les 
àîsîtres' , èàt les méèhàns surtout , désirent de con- 
noitre l'avenir, et les i^eprocliesde leur conscience 
tiônd une (Sèk*taine aisti^ologie , éontréIatq^>llei3s'ont 



SJXXVl DISCOURS 

besoin d*étre rassurés. La -mort de Henri IV fut 
prédite de toutes parts, soit avant; soit après ce 
malheureux événement. Dirons-nous que le cé- 
lèbre Dominique CassinI fut donné à l^Astrono-^ 
xnie par le goût même de Tastrologie ? Il fut bien- 
tôt détrompé, et ses travaux, en répandant laf 
lumière , ont détrompé son siècle* La cônnois- 
sance approfondie du mouvement des corps cé« 
lestes, a ouvert tous les jeux; la distance connue 
des astres, a montré qulls étoient trop. éloignés 
pour verser leur$ influences sur notre globe : de 
plus, c<es corps, qui, par le mouvement diurne de 
la Terre, semblent tourner tous les jours autour 
de nous\ doivent agir tous les )ours de la même 
manière ; ils serpient donc insuffisans pour expli- 
quer ou pour annoncer la diversité des caractères 
des passions et des destinées : on a vu que leurs 
aspect^,[et leurs rencontres, déterminés de toute 
éternité par des mouvemens invariables, n'annon- 
çôient rien à Vbomme ; que leurs sphères séparées 
de ja^.QÔtre par des intervalUs immenses , interdi- 
soient toute communication , toute émanation , si 
ce n'est celle de la lumière , quij|pst san^ doute la 
même pour tous les astre^, et qui d*ailleurs tombe 
également pour tous les hommes. 

Utilité de l Astronomie pour V4$^iculcare et pour 

. . • 'le. calendrier. 
. Un des premiers services que rAstronomie ait 



PRELIMINAIRE. xxxvij 

rendus à la société, c'est de régler les travaux de 
Tagriculture : les labours , les moissons , tous les 
travaux de la campagne , doivent se faire dans 
certaines saisons, et dépendent par conséquent 
du mouvement du Soleil : il y a dans chaque clî- 
mat , des intervalles nécessaire^ éntr e*.ces diffé- 
rentes opérations de la culture; ces' intervalles upe 
fois connus par Texpérience , ont indiqué tes ssii^ 
sons propres à ces opérations; m^Is comniéilt 
connoitre exactement et même d'avance ; comnie 
cela est souvent nécessaire , le retour des saisons? 
Il a f^Uu chercher dans le ciel , toujours invariable , 
des signes qui étant liés à certaines saisons, eii 
annonçassent fe retour : ces signes furent,- ^par 
exemple, une étoile à dfstinguer des auti'es par 
son éctat^ qui , dégagée des i-ayons du Soleil , coin* 
mençoit à^e faire voir* le matin ; c'est cé'qu'ori 
appelle le lever héliaqufe d'une élôile: ainsi cbdzlei 
Egyptiens, le lever héfiaqti^'de Syrîus,"àhhônçoit 
le prochain débordement du Nil, et lesïabburij 
suivoient immédiatement la retraité de ce fleuve; 
Voilà comment l'Astronomie fut nécessaire à l'a- 
griculture ; ces connoissances n'étoient que dé 
simples remarques, mais elles suffisoîent aux be- 
soins'de la société naissante. Bien ^es peuples puis* 
sans et policés n'ont eu longlèmpi d'autre calen- 
drier, que la suite de ces remarques. 
L'usage- ordinaire de la vie civile éxigeoit la 



^xjyîij p I ^ a p U |l Ç 

zyipsure dif tçmps ; k^ouj^ joVons Tidee de la'auor 
pjç«^iqp cle^ jnâtgns 9 que par le mouvement. Lefi 
}^^ion5 du. temps pç peuvent être marquées qu^ 
jfffrji^ espaces parcourus ; mais , pour que la me-^ 
^^re j^oU ;^i^9cle I il faut aue le mouvement spi( 
cqifk^fL^lfil\kfi^orme^ i\ n eg est point de tel sur 
ll\ 'J^erf e j^ flji^n^s des Aeuves ne lest pas : l'homme 
9;bie|i^aji^ lu j-ipjêfl^e un p^incipç de mouvement ; 
f f» Sf f??? V'of^? fiî sf ? *fe sp ?ucçè4«nt ; m^is avec 
f3fi^ ^'î^4S3!l*^.^v qft\l m ppurrpit mçsuiirçr aye^ 
lustre Ij^p/M? pptit ^tSÇyalle de tçn^p^; Vainc qui 
fQ^fî'îÇ:^ S^ i>we qui jouit, rç ppwp^Mt p?? ^t 
!Pi^,* ?^ l« Ififfip^ q"f. ^.îra^e çn v^^Ul»f4 da»# 
îfiS joyS^,^fl Igidaulfi^r, ;^>.cpuxse rapide d'ui» 

iÇ^n^/hPÏPï»ft» Pfiï?,^flftVN 9ft»^* Wta^? d'uw 
ïfiW¥a^qÇ.ffi?^^WpJ??:¥iyÇ • k ^fiuln^owy^ip^^ 
ppi}^o,t^e| ^n;fofmjsj.^ps|:c|ç}pi 4es po^p^ çpkH^&i 
çfs çç^pjs njarghçat jj'^i» p^s égal et tfijpqjiille » 
j^aq^Vfi^pacg de l'univers, ay^ ^ii^e cqnsjaoce quî 
I éfé refijiçéç ^ rj^orf^i^ci^^yeç une dvirép peiit-etr^ 
s^^f ^ jmitjB^ :, qqi n'est p3S daf^ ^ pâture, ; Si leif 
a^tfçs n>voippt point dp .^ouven^enj , sji^ çç flpiQi»- 
vendent e'-^voit poîqt étéobsieryç 4^«« l'i^ta^ df 
société, fiotï^ ^'aurions dç(nc avicupe i^éç pi df 
rage, ni <^e,U durée; aus^î ces co«npis^^n?;e« ^Ct 
}'oîent-el|^s peu wécessairp sa rbçimiïi.ç ,dar^sj!étaî 
solitaire et sai^y^^p ; c'est le ff qit dç, SiP!aw,duftf »«>• 
^nais la prçuy.^^ ^ç ^.îlÇFgdap(;^.;j;ijS>»»,W^Ç^^^ 



PRÉLIMINAIRE. xxxî^ç 

9 besohi.de la nature entjère^pl emprunta deTAa^ 
tronomte la mesure du temps ; n^tervalle ^lupy 
lever de Soleil à i*au^re , est une mesure qui fut 
appelée jour , et que la nature indiquqit eUe.rfiéme; 
mais la société a besoin de mesurer d^ pl^s long^ 
espaces : on fit donc Msage des mouy,eni(^ns du 
Soleil et de la Lun^ ; en jeÇfet , le retour des méme^ 
phases de la Lune» ou des mêmes maisons, donr 
Qoit des intervalles sensiblement ëgaux*,; tpa^ 
les pe^pIes s'y réuni^eqt,; les uns comptèrent par 
Lunes» ôi:^ par mols^ les autres par les réyplutipn^ 
^u Soleil , ou par années \ d^autrçs. co|ff^tèren^ 
par mojs et par années , mais tout celfi . ex jgeoit li^ 
connoissance exacte de ces mouremens ^ et pouf 
ceux qui emplojroient les deux révolutions ei;ir 
sembl^ t il /aQoit encore Tart de les cp^ciliçr ; ç*est 
alors que naquit le^ calendrier , longtep|:|^ jfRp?i** 
fait , plusieurs fois réformé ^ notamment p^rJuIe§ 
César, et par Grégoire ^IIIj mais^tqvijours s\ 
difficile , qu il fut le chef'd*œuvre de^ malps le^ 
plus habiles, et des plus célèbres astrPAon^es, 

' Utilité de VAstràhôniîé dans la chronologie. 

Qu9pd les années et les siècles se soat i^ccvh 
mules, Tart de les connottre , de lesnorabrér, et 
^J rapporter les évé^emens que l'hjstoiçe a con- 
tervés, s*appelle cbrQnol9.gie« Mais ç'esf $içv{lemen)jf 
^çpuis certaines époques^ qu^ cet art a çl^ef fond^ 



xl DIS COU' R S 

• • • , • » • < » 

nîens solîcles ; ata-delà ,* dans âes temps plus rc* 
ëuléè j tout^ est obsdurïlë :ef nuit profoirde; la 
tradîlîôri/èiiiî, avant rîrivehtîbn de récriture, ëloît 
3ëposI(airé' de Thistoiré rfes peuples , à tout con- 
fondu , tout di^figUré. Oh h'è' irouve dans les 
itthaFèàpahWennes cjué peu de faitfe fixés par dé» 
Sxiès prédîsè^ , et encDi*e cesT dates sont eîlês quiél- 

ôuefbrs^ dîfTéréhtes dknS' le^ auteurs qui se contre^ 

* • « . . ., « . , • 

flîsenf/Sî rohâîouteà ces mcerfftutJes ; cèHé de îa 
longûîeiir de^ années dont chaque peuple s*ést 
Àe'rvI; tâîi'tôt d'urt'jbuf ,tânfôr d'un où de plûàreuri 
mors ; bii'^rt^tîrbùvéra dansia chronologie iëchabi 
dédrît fjiii;; Ovide , rudisHhdîgê^tctCjUe hiolès.^.ûè^ 
FônieWellè' compare l'histoire *fles premiers tèmpls^ 
a lîih riÀÏAh ru'îrië/cîbnt lés déb'rîs soht co'nftksèmferjî 
semés 'dans ùh vaste' terràrn.'« SI Ton ëtb'ît sûr 
i qu*îl h'icn manquât 'aucun Vcé ôerbît Wiî pWdî-^' 
» gieux ifavàil" dé lè5 rassembrer 'tous ; Hiaîs 'si 
9- quèt(5|uel5-Uns de ces déBWsétoîent perdus /Ic^ 
î 'travail cfe se faïre Une Idëé ' ju'sfe dé' fe'^trUt- 
» tui'é (dé éë i)a!àîs, séWit plus'graVd, et H sferoîll 
» ppssili|e . que Ton ftt de cp t. édifice;^ cjifjféif^ns 
y> plans qui n'auroîentrieade commun entr eux.' » 
n'ajciuré'r'^^eft' parlant ^dWTaïts bonnus ^q\it'nous 
restent": irCé qu'îly a dé pîsV et ce qui h^làrriverôît 
i oas'à dès débris rhâtériets',' beux dfe ThistoiW 
i ancienne sècoritrerf?sent sdîîv^nt, elïl faut Vou 
i trbWel^lé^^iôcrél'deibA c6Wbîii^ résoudre* 



p R i L I M I N A I R f . xlî; 

» à Tafre un choix qu*ohpeut toujours soupçonner 
» d*élre un peu arbitraire. » \ 

II n est dans cette 'nuifobscured*àùtre flambeau 
que l'Astronomie ; là certitude renaît où se rencou- 
trent les observations' astrohorniquës ; des pomts 
qui y sont liés , sont dès points fixes, ou comme 
Cl^^ àsjlés où se repose ie voyageur égaré dans les 
fënèbres dé Tantiquite. Mais les observations sont 
rares :'c'est ici iqùë la superstition vient au secours 
de lâ Maison qui cherche à établir des calculs. Il 
est assez singulier que cette huit de Tignorance ne 
soit éclairée que. par quelques traits dé lumière 
i(ùéi 1 Ignorance'^ * a isemés sans -s'en f douter ; ces 
traits sont lés phénomènes des éclipsés que les 
I^^^^J^aM^ petipje^.p^t t:onsa.Qréf Si.les écriif 
d Vn historien sonf,. perdus , et qu*il ne nous en 
soit parvenu que quelques lambeaux ^ avec des 
ftîlsNsanÀ' date, jfiiaii» accompagnas clà récit d'une 
ïclipsè'!,''rAstrtfii6n!iW^àUssîtèrca^ 

iiir feiirhiouvem^nii'iïu* Soleil et de la Lune , elle 

• • I ...» 

remonte dans 1 àAtiqurte , enparcoHl*âilt, danneè 
en année ^ toutes les' iécupses,' jusqu'à' ce qu'elle 
éh ti*6uve une qui. dans le IieiidéSighé, tombé 
au louf màraué'; 'alors la date de réVéhement est 
nxee/C/éstp6uî''éj)ârgherMés calcula et les recher'- 
ches aux hîstorfens, que deux savant bénédictins 
ont.eompose le nvre de 1 Art de vérifier les dates , 
Vesi^â^-aîVé r de lei^rfèr pàrYâsivàhodïïê , oa 



xVi) % I^ I s c o u, n s 

par l'observation de^ ëclipses, qm les anciens 
n*ont guère négligé de rapporter. Souvent la vé- 
rite rexigeo\t : les prodiges entroient dans^ le 
récit des événemens, pu comm^ circonstance, oa 
comme cause. Mais de quelque façon que icefût^ 
ils exciloient de Tintérét dans {esprit des lecteurs. 
Çbezles Chinois , où la éupei*stitIon iitl liéeàrad- 
^Inlstrationi toute la chronologie est ainsi fondée 
$ur des ob^ei*V£)tions d éclipses : c'est ce qui dé^ 
pose de rexlileuc^ de cet empire pendant pli;^ ^ 
quatre mille lept cents ans. 
, ,Vn, ^vaptaj^ ç»l«s ^^nd , plus intéressant ppuj^ 
lipus, est Velul qi|U«si^te de T Aslro^^pipie. p^ouç 
ja:g4pgra|.^^çt.^ur|^nayl^^^^^^ , .l, 

thiUté âe t Aitrùnoinle pôUr ta géogréjMé etlk 

• naçigtitiôni ^ 



• >» >à* /ki« 



I â - ■ • " »\* ••• ••».• I». .''•■■* f*'t'i 



i . * • , • '.s • !•' •< 



connoUMnqft ^^ la po#|||piî dje^ di(f(éi;eq8 ^.^s «i^ 
la surface, (^(^if^ ;Çi|Kfr,. Çffl?, Çonqçiss^nce ,^îi| 
,<Jf5veoue in4i|^p^ftiit>le, ,^jpw».^^9 desçq|^\ini- 

jLré«« içs çiii^ ^,w^fs i, n^m h P^»>^»?pH|f 



I 

F R 4 L I MT I N ^ :I R E. xlïq 

on Viétpit en g^erjre :qu'^yec ses .voisins. La géo^ 
graphie de spn p^y^ et de ses froAlièrés est toujours 
facile à approfoKidir. Si i*oa i^conle' des expédia 
tîons très-anciennes, telles i^uie ceU«s' de Bacchusv 
jàfi Sé$Q$tr^5 et ,4'AIi^x^ndre etc. , la plupart, et 
j:ertaii3bementlesdeux.premièr^étoient moins des 
gijierres , que d^^ efipkce$ de cliasses , où Ton 
^pussoit et Ton écartp^t ]j$s hommes devant sei ^ 
j^Qifime |des apim^ux ravages i ti^érs les déserta 
JI fk» falloit pa^ j|>^^uicpiip de gëK^iiphi& pomr 
f^W^r fiujsî , de j^npbii^ ep peuplade , r econooitr^ 
fit as^ujéfir rbA'ïi2;tf»Mé f «Qu'aux bornesdu con^ 
binent jce$t:ain.4 que Gort^s, Pliiavh&oiil dompté 
up^ I^rM^ .djpi*iÀit^rÂqufi «. aananonnoilr^'la cavte 
;d^ pajjrç/ A^i^wd'i^^i que la poBttqùe^ft detrenoè 
ju^ç sô^np^ , ^t J^ f^soitat de Tiiitérêt de toutes 
i^ nfitÎQns^ dfu^. ptiissaoces séparées p^r TEu^ 
jTope entière, 4*^)li$i|t.iQu seiliguent, la guerre 
s-ailuiRed'une.^^Uséaatéè t*autKa,ldef flottes font 
*}e tioiur deceMf pactip dii monidi». Ii^a ^^ograpbie 
.401 l'Europe e$( ^^Hegkm néi:essaif e i tous ies peq- 
ples qui Tl^sibitmt ^Ia commerce a vméu égal#*- 
i|i^n^néc0;3^faire lai géqgraphie des tcéîi aùtraa 
partifsd^ mion^A . .' 

Gett/çscienç0 it'ft¥AÎt d-at^ordiié fondée que siir 
le r4ftit toujours incertain et sotp^nt iiijUèle <|e$. 
•xoy9if^m$ ; d-uo i^ulre câté , k naTJgâitîo^ iliok 
l>Pl'¥lf^ h m\ytk ks f;4tes : quaodji)i||'^ hl^s^rdoit 



ilir DISCOURS 

en pleine mier , c*étoît a Tgidede T Astronomie, et 
dea ëto!lis5 circompolaires , dont la connoissance 
est très*ancienne.- La boussole fournît les moyens 
4e se livrer tout à fait à Tinconstance des flots. 

♦ liorsqu'on eut retrouvé le chemin des Inde3 
par le Cap dé Bonne Espérance, et que le nou- 
iveau Monde fut découvert , TaCcroissement de 
puissance qui en résulta pour eertains peuples , 

jéveillarambîtion. La découverte des climats nou- 

« 

yeaux éloit'le titre de la propriété. .On fut jaloux 
jxi^me du chemin qu[i y condinisoit , on rintèrdit 
•aux autres nations : de là Témulation <}e découvrir 
iiude nûsuveUes Terres ou de nouvelles routes i 
ces contrées commerçantes, dob Ton rappoirtpft 
dtant de superfluttésidevénties nécessaires. On. sentit 
ih. nécessité de cbnnoitre le globe entier. L* A^tro*- 
-oômie. enseignoit que Ton compte pm même ifis- 
tant difFérentes heures dans les dilférens pajs $ que 
ttes heures que rx)n compte dan& chaque pays, sont 
•relatives aax degrés deTéquateu^, auxquels' ces 
pays répondent, de manière qu'en y faisant des 
•observations d*an?méme phiénômène ,'ces obser- 
LTâtionsylndiquerOnt la posjtibn relative de, ces 
pays. Il n j a qu'à multiplier les observations et 
ieglobe serai connu* Chaque phénomène est un 
^signal ; St'iLétoit jDOssible que tous les hommes y 
ius^Qt attentifs , s'ils étoient pourvus fdes instru- 
W^M néceasoirés, deux^ou trois phénomènes 



PRELIMINAIRE. xW 

Mifl^roîent pour décrire la Terre, et, dresser la 
ca^*te de sa surface. Mais, comme cette attention 
unîver3eUe est impossible / il faut que les peuples 
s'instruisent successivement; que les arts et TÂstrO'- 
noniiie s!jr établissent, ou plutôt que le temps elle 
hasard y conduisent des observateurs quiappren-* 
nent à ces peuples le point quils occupent dans 
r^nivers. La fondai ioq des observatoires , et les: 
voyages^ des astronomes perfectionnent la eoQr 
noissance du globe. ;, c'est sur le dépôt de leurs 
observations que .sera dressée un jour la véritable, 
^app.emçnde. :. v • 

^r^ard delanavigation^ses plus grands dan-r 
gerssQnt à rapproche des terres, le plus souveill 
enyirQjniiées^de baS'^fonds ou d'écueils ;lâ naviga^^ 
tion a- donc besoin que la géogra{A)ie suit perfec- 
tionnée , puisqu'il faut que le gissemeni dés côtes , 
et la situation des îles au milieu de la; mer, soient 
exactement connus ï; et en cela la'Hfvigation dé- 
pend de l'Astronomie ) puisque la/géograpbie eh 
dépend elle-même. 

. Maîs^ quand les. mârips • aurotent les cartésleé 
plus sûres, il ne suiHt pas deti^ouvér lapositioa 
du port où ils fpat voile,» ilfâùt eiicore qu'ils sa- 
chent à chaqu.%.ifistaiït à' quelle distancé ils eâ 
sont, sànsquoi ils ne peuvent dirl^r avec sûretë 
leur route, ni la &uivi*Qia nuit; sans i^îsquer dé se 
brisef contre les écuells , près delsfcôtès^dont Hs se 
çl'oijçQiejàtfélQignésXetiart de cQrtneiifr 



/ 



I I- f» 



xlvj . ' li t s c 6 û ft s 

d'assignée à chaque instant lé pomt du globé bâ 
on^se trouve t est dû aux observations astrononîl- 
ques ; elles donnë'At Théure vraie / la lisititude ou 
la distance où Ton est de Técpiateur; parla con- 
noissance du mouvement de la Lune, et par les' 
observations de cette planète, oh apprend le degré' 
du parallèle où Ton se trouve. Tout ceci' est ex- 
(diqué pbiiaù long dan^lë détail d^^ces méthodes^' 
elW exigent quelques catculi^ pënibles \ mais lei 
officiers de la marine , çueltjùéfôisméme (es pilotei 
y sont e?^ercés: M'y à dans èhaqùé port des profes- 
seurs d* hydrographie , c'est-à-dire-, dèîà^scîerieè* 
de touïes les méthodes dont on feft usage sàr mèr ^ 
et spécialement des méthodes tf^trdnormiqués; cet 
ariest difBcflèvmais important^, ta i^ie des hbÉnmëSy 
le succès des entréprises eii dépend; combien de' 
vaisseaux^ softl brisés! Oômbièh de citoyens oni 
péri pari'incapacité de oé^ qiii les cohduisoientf 
Gommétit la préVentîbh péiit-élle aveugler au point 
de^ne pftsvoirleé dtlpger4qù'eiitratnerignoraiïcéJ 
quand on a osé choisir ce geiïre de vie, auquel 
b natiire ne Aoxk avôie poftff destinés ? Elle nous 
» miiir^jil i défewdiils' comtf^ - leà- ditngets dbnft elle' 
nous pnlQQré^, ëttié! d'a^rié^ fsfit cbntré ceux que 
WMMtâSi&m'^i^réiét ; itu [Mût'^iié rhàrii/ne tirâï 
tévtde'Mnriodtisf rie; Adâfii^le* §d^^eTiiièmëtii,ê^ës 
fe plapm déS tmiàtiS', àk^iî ^rté là pfiis grahd^ 

attwtbir à la sd^beé du pilbf»]^ et de fà trairi-i 



r ki ht H l Vt A. ÎK t. xhtj 

force prépoodérantë, rAstrônomle est dé la plus 
grande litililë aux puissances livrées à la nàvigà** 
tion et au commerce ; de k le^ soins de Louis XIV 
et dé Louis XV 9 pour hite fleurir cette science; 
les pri:i fameux de Ja longitude que F Angleterre 
a proposés ; lés voyages entrejr^ris avec tant de dé^ 
penses pour Tobservation du passage de Vënuset 
pour l'épreuve des montres marines. 

Tels sont leâ aVahtages qeie la société retli^ de 

tAslronomie;!! en' est u^n autre thoins sensible à 

tous le^ hommes , niai^ inestimable aux yeux dû 

philosophe : c'est la connoi^sâncè de la ntature, du 

vrai sjstéme du ifnonder, et des lois cofistantes par 

tésquélies le mouvéméht se cons^érVe t\ se per- 

pfétue. L' Astronomie à mofkiré à Thomme dés es- 

paceâ si énoVmes,. qu^ils* semblent approcher d^ 

cet in^fini , où ses pensées aillent à se plonger et 

i se péfMrèreà. agrandissant Tunivers, elle a 

agrànd! Pidéé de Ta puissance sc^préme : elle^ a 

<ïonné dé MletfdfiS^eà Fésprft bumairt quf , comme 

Alexandre , se trouvant ti*op s^etrê d'ans' le globe 

qu'il habite , aime à s^égarer de sphère en sphère, 

et il mesurer, du moins pdr rimaginatiori , cette 

.élViidùe immènsie, dafns faqueUe l'homme occupé 

un sî petit éspâ'cé. Quielle idée aVoît-H du monde 

avant lès èotiriobéindès^^dte TAs^î'cnVorhîe perfec- 

tjoriiiée: if croJTiïît c^iièîsî^éhé ep éi6\i le centre et 

Û parfît là p\iis àùhài^éHbU i ïés ^toilt^s ri'éroîerit 

•qtré dèi^ôîtits ^riifai^,' iVl'tfchéfif à Wriàtû cèïe^é. 



àtvuj DISCOURS P»i LIMINAIRE; 

pour éclairer ses pas dans la nuit ; le Soleil et là 
Lune des flambeaux. Mais quelle idée avoit-Il 
^e ces globes mesurés par ses jeux seuls ? Il en 
jugeoit par leur grandeur apparente, et il les 
piaçoilà la distance de quelques lieues. L'Astror 
nomie a successivement reculé ces bornes ; elle 
a fait voir que le Soleil est i»200,ooo fois plus gros 
que la Terre ; elle a plac^ cet astre à 34,poo,oo6 
de Jieues; Saturne, la plus éloignée des pla"* 
nètes a 820,000,000 ; elle a dit : la distance 
des étoiles se refuse à mes . mesures , et tout 
ce que je puis répondre à la curiosité humaine, 
c'est que l'orbite de la Terre dont te circuit à 
210,000^000 de lieues, cet espace si grand ^ vu 
'des étoiles les plus proches ne peut paroitre que 
comme un point; que Tîmagination juge de la 
distance de ces étoiles, el de celles qvii étant plus 
pet it es semblent pluséloignées *, que la raison pense» 
comme il est naturel de le penser que ees étoiles 
,^ônt autant de Soleils » qui, ainsi que le nôtre 9 
ont des planètes qui circulent autour d'eux » 
une infinité de comètes qui nagent- dans Tespace » 
,et qui remplissant ce vide, établissent une.espèqe 
de communication et de chaîne entre ces sys^ 
.témes si éloignés ; quelle ajoute à ce spectacle mar 
^hifique la connoissance de la simplicité des lois 
.|>rescrites à cet univers si imposant et si v^ste«^ 
.elle aura l'idée de Té tendue- de la puissance de la 
iifkture,.efc de la- grani^eur 4e l'Etre suprém^g 



HISTOIRE 



D^ 



L'ASTRONOMIE 



ANCIENNE. 



LIVRE PREMIER. 



JDes inventeurs de V^^stronomic 
et de son antiquité. 

t • * 

Du développement des premières décowett^à 
* astronomiques. ' 

P A K A G. H A P H S pas »C I E A* 

JLi A plupart des science» sont né^s des besoins 
de rhomme : rAstronômie n*est dae qu'à ja cu- 
riosité» Le partage des terres a produit la géo- 
ïnétrie ; les richesses et le commerce ont rendu 
Tarit hmétique nécessaire; le tr&nsport des far*; 
I. X 



N 



2 HISTOIRE 

deaux, rarchitecture, ont demandé la mécanique ; 
les blessures et les maladies ont exigé la con- 
noissance des simples , celle de la structure du 
corps humain , et Ton a vu naître la botanique , 
Vanfitomîe et la médecine; Partout Thomme a 
appelé son industrie au secours de sa foiblesse ; 
partout le besoin Ta tiré de sa paresse naturelle : 
ici le spectacle seul du ciSl a frappé ses regards ; 
il n'a point été pressé par TaiguîUon delà nécessité : 
saisi d admiration y il est tombé dans une pror 
fonde rêverie; il a suivi » tranquillement, et sans 
effort , le cours des idées qui se sont présentées à 
son esprit. Tandis qu^autôur de lui tout se meut 
avec bruit sur la Terre , le mouvement, accom^ 
pagné du silence , lui a imprimé du re^ect ; 
l'uniformité des mouvemens, qui sans cesse re- 
naissent les mêmes , lui a donné Tidée d'un ordre 
immuable et éternel ; les mouvemens particuliers 
des corps célestes , qui s'acçomplisseni en mêftie 
temps sans se nuire , et qui ne sont point détruits » 
quoiqu'opposés au mouvement général , lui an-- 
noncent une sagesse profonde, qui a tout réglé 
p^r des lois toujours exécutées ; il a senti la puis- 
sance de rÈtre suprême , et il â voulu connoUr^ , 
p-our admirer davantage. Aussi quand les autrçf 
sciences ont pris naissance au milieu du tumulte 
jies villes I celle «ci est née au seia. des campa*. 



|^klô$. C*6dt h science du r^pos, dtâ la solituclé et 
de là. jouissance de 5oi<-m^me« Désltommes agit^s^ 
troublés par les passions , ne Vàutoient pas devinée t 
ou l'aurojent dédaignée comme inutile ;; il lui M» 
Joit des )ionmies simples , dont famé libre , san^ 
désir , sans dessein pour Tay^nir ^ n'ayant point 
besoin de se concentrer en ^Ue-méme, pût se 
répandre au dehors ; e^ ces homnves simples , pn. 
Veillant sur leurs troupeaux, ont fondé celle d^ \v 
toutes ies science^ que l'esprit humain devoil uil 
|our étendre davantage» 

On peut dire que, dès îque le ciel à eu âe$ 
témoins , il a eu ;des admirateurs. Si Ton accor- 
doit le titré d'inventeurs à ceu^ dçs hommes quâ 
les premiers ont été frappés de ce spectacle , i^ 
ûuroient tous le même droit) et rÂstrônomie s^ppk 
dussi ancienne que Thomme lui-même. Le véiif 
table inventeur de la science est celui qui , eipi 
découvrant 1^ première vérité, a posé la b^e d$ 
nos çonnpîssances astronomiques^ Cet inyenteuf 
est- il unique ? La science ^ également antiqup 
chez différens peuplés , a -t- elle plusieurs inveij-^ 
teprs?, La question serojt décidée ^i Vpfi pouvait 
M'jjdpL rapporter aux traditions. Chaque nation 

' ■*- ^L 

npftij^ ses premiers ^énij^ ; Urfinus et^ÂJlJj^s çhefS 



4 HISTOIRE 

les Atlantes ; Fohi à la Chine ; Thaut ou Mercure 

' '' ^ 

en Egjpte ; Zoroastre et Bélus dans la Perse et 
dans la Babylonle. Cela peut sufBre à ceux qui nd 
cherchent que les noms, et qu! , dans ces récits 
de la tradition nationale, veulent bien en croire 
la vanité sur sa parole. 

Mais la science cultivée chez les Indiens , les 
Chinois, les Chaldéens et les Egyptiens , peut 
n'être pas primitivement leur ouvrage. Les con^ 
hoissancés ont été souvent communiquées , le 
sceptre des sciences a dû passer d'un peuple à un 
autre. S/ins avoir approfondi l'histoire des scien- 
ces , on voit que leur lumière , née dans Torient , 
comme celle du Soleil , s'avance , ainsi que cet 
astre , vers rpccldent , et, dans une révolution 

• • • • 

très- lente , semble , comme lui, devoir faire le 
tour du monde. Il est sans doute des conhois- 
5ances premières et simples qui ont pu s offrir 
d'elles-mêmes, et qu'on doit s'attendre à retrouver 
partout ; mais celles qui sont le fruit de la mé- 
ditation , d'une observation longue , et des moyens 
combinés des arts appllquésà la science, ne peu- 
Vent être établies que chez des nations ancienne- 
'ment policées, lesquelles ayant existé longtemps 
sur la Terre , ont eu le temps nécessaire au déve«> 
loppement de l'industrie biimaine. Parmi les peu- 
^)les anciens 9 Cbihob , wChaldéens , Indiens, 



DE L'ASTRaNOWlE ANCIENNE. S 

Egyptiena , Texamen de deux qoi; rie 'doirent 
rîen quà eiix*inêmes< , €>u de la nation unique, 
qui' aeroit la source de la lumière^, appartient à 
une vorflique délicate. II faut rassembler leâ tra* 
ditions cS^scures ., les ëelaîrer l'une parr .l'autre et 
peser ies probabilités; en remontant aux pre« 
mîères tracés . de r Astronomie, il iavit fixer la date 
des laits, et conQtpairer ces. faits avec le degré de 
k.èiyilièatjon , «avec le génie du peuple ^ avant de 
prononce .qu il. a pii- S'élever au mérite' de Im-. 

Yentloa* • i .' v ;:.■' ; .' . . !) '..:: z:.^: 

. ..Cjesli ainsi qu*oii!dëtr^t les »prétenftions fausses 
^ ^«dirottâ usurpés :dQiËEéren1^s caaaea lent, con-- 
tfÂbiuié..&.Ies introduirei: VorgueildfS'. (peuples i 
L^i^iiranScb même deapremieré coshme^cemens , 
ont placé dans ces temps , toujours .obàciirs^^ Tori^ 
giia^ 4i9cotinaê desxonmrisisancès acqqi^es. D!âil- 
leurs , dès tfa'nn homme puca voyagé; , H. se aéra 
doi^né: pour rÎQivenJtearwdes copnoiiàaiîces qu'il 
avoft recueillies: Téuanger, devenu nhstituteuii 
d'i^nf^i^pl^t 9e iena:'fait;pissj^ potir l^autebr de» 
vévU4s qu'il e^seîgftoit vj^l quanà ces^mensongeà^ 
de W y/aiRit^iW'^eTOieritpflssirCommàns;, le peu- 
ple lui ^nakétiie;^^ ji«:t<Jitf>ïï)Oiropé ;.il';ne remonte 
poçpiA.^ 1^ so|irce de là- lumière > ri n^examinis» 
point si celle qu*on lui. -présente est» empruntée; 
«4^1 SlPi^P^le !ei).^Dl4 .4qiii'<!9 : iàHhi Irinventeûr. 



6 .": • ' H I 5 T O r R E 

G*est ainsi :qûie les philosophes grecs ont iiéei^ 
lèbres par les connoissances qu'ils avoient puîséesi 
dalas r^^j^te , dans l'Iade < et que quelques-ûna 
d'etitr eu^ passoient , dans certains cantons de 
la Grèce i, pour, les auteurs dé vérités déjà éta*« 
)>l!es et fattûHères dans up autre. * - < 
' Mais: les .Grecs sont ,* pour ainsi dirOi dea 
errfans dand la carrière de F Astronomie; Noua 
avotts nonuhé les peuples qui peuvent {Prétendre 
i la rli^alit;é etise disputer L^onnéùr de son^or^ 
gine. Nous ne décidons point qu*Uranus , Allas / 
Fohl^iTfaaût:, ZoFoa^itré^ Bélus, soient ' lés pre^ 
inieFs:afitfion0aie8; mais nous pouvons dire t^iî# 
çe^ont les plui anciens dont les notn^noti^s ÂcMdfi^ 
parvenus , et: à notre" égard , le« vcrîtaMes instj-i 
tuteurs deia science, ^ 

Il y a>t ippur ainsi dire ,iUDe espèce de ti^vetiii: 
entre *^*ces .peuples , ^l^g^t jèns i C^dldé^nsdu^ 
Perses j Insdiens, Chinois , -Sicjïhes ou Tartarès; 
ils Ile 9*élèient pas pius les uns que lès autres 
dans Fantâ^uité, ^ l*4pôque ^remarquable dé 
3aoQ-anfi.:est à peu pi)ès: la «némé ^ui^ tous:f 
elle jssï la date'ctesiconndissances^«|ui Âont par-^' 
Tenues jusqii*à nous; mals^il^fectt bien ôbservërqu^' 
c'est répoqulé de la retiaiteaftice' dé 1* Astronomie » 
^t non pas dé«on origin^.' ' '• * '> • • • 

|^orsc(ué' Fahi* ^ ùh^ lei ^Ghiilois , eni^oië b&r« 



D£ L'ASTRONOMIE ANCIENNE. f, 

bàres » 3ooo ans avant notre ère , avoit la con«- 
nohssLiïce de la figure et du mouvenieiit des corps 
célestes ; lorsqu Uranus , plus ancien que Fohi <, 
civilisa les Atlantes, leur enseigna à mesurei" Tan- 
née par le cours du Soleil, et les m'ois par celuii 
de la Lune , leur montra le partage des saisons ; 
lorsque Atlas construisit une sphère, Fôhi /.Ui'a- 
Qtis ; Atlas , n*étoient point les inventeurs de ces 
conhoissances. Si parmi des peuples errans ^ 
sauvages , un homme s'élève par le génie , ^\\ 
conçoit \es avantages de la société , i) rassemblera 
ces peuples dans les villes •, mais cet homme "ne 
peut atteindre toutes les inventions utiles / qui tm 
j$e développent que successivement'; cet homme 
surtout n'inventera point T Astronomie » ou , si la 
première idée de cette science liaît dans âa tête, 
il ne mesurera pbint Tannée par le cours dn Soleil, 
les mois par les révolutionis de laliUne: cetié peut 
être que r^uvrage de plusieurs siècles ^ et, avant 
que Ton songe à ces institutions , cotnbien de 
àiècles né Wt41 pas pour que , dânsrétatrdeVo* 
*^iété , de nouveaux besoins se fassent sentit* , pour 
que le besoin commande à Findustrie , pou^ ^ue 
«findustrie s'étende, que les arts de première^ në- 
eessité s^établiséént , el qu^aprës avoir satisfait tous 
les besoins, cette industrie , libre de prendre un 
Nouvel ^sn^T ^ prisse s'appliquer à des choses de 



f HISTOIRE 

pure ç<iri,ôsîtj^ ? Si Tétat de société a toujourâ exigé 
quel^jué mesure, du temps, la première chrono- 
logie ne fut que le calcul dçs jours , et ensuite 
deâjt npuyelles Lunes accumulées. Ces calculs de* 
iours.et.des Lunes ^ Tattentlon même au retour 
des. phases ) pour acquérir quelque notion d^$ 
teJVips écoulés, ne sont point encorerÂstronomiei. 
Mais la.çonnoi&^ance du mouvement du Soleil» 
qui.. n*;^ pu êtr^ acquise que par une étudç ré- 
fléchie, et de Ipngues o})servations , Tlnventlon de 
(la sphère, qui e^t.le résultat de plusieurs invenr 

.tioas, appartiennent à une science, déjà fondée 
jet depuis ipngtemps cultivée. 

Les.Ifi^tltuteurs des çonnolssançes astronomi-^ 
quesv cqez; les dlfférctns. peuples., ont donc des 
aocêtres communs , qui parojssêpt être les vrais 

.aujtetirs* de. ces jconnolssancçs. Si » vers 3ooo ans 
avant notre ère ; on trouve partout des vestigess 
de l'Astronomie , c*est 1 époque du temps où so|i 
xègné ^ recommença* Nous a^pns :te^. p}u^ fortes 

-raisons de croire qu elle a été cultly^ Ipng^emps 

^aupa^yant, ensuite ou)>liée et per.dvi^'3ur J9 Terf^. 

Quand on consldèi'eavec attention l'état de TAs^* 

tronqmîe dans la Chaldée, dans Tin de et à |a Chipf ^ 

ON Y TROUVE F.LIJTÔT LE §. DECRIS. QUE LE? ELl^- 

4 

MENS D'UNE SClf;N.C.E, Ce spn( die^jf^é\ik0deB ^ss^p 
c^xactes pour te. calcul des éclipse^,. quî m. ^opf^ 



DE L'ASTRONOMIE ANCIENNE. 9 

que dés pratiques aveugles y sans nulle idée des 
principes de ces méthodes , ni des causes des 
phénomènes ; certains élémens assea bien connus , 
taudis que d'autres» aussi essentiels , aussi simples» 
sont, ou inconnus, ou grossièrement déterminés.; 
une foule d observations qui restent pendant d» 
siè((Jes sans qsage et sans résultats. Commuent con« 
cevoir que des peuples , inventeurs de TAstrono-- 
mie , n'aient pas su la perfectionner dans la durée 
d'une longue existence ? Cest que c^s peuples •oat 
été sans génie , c*est qu'ils n'ont point înveE\|.é U 
science. Elle est louvrage d'un peuple antélieur» 
qui avpit fait,^ans doute , en ce genre despro^ 
grès , dont nous ignorons la plus grande partie. Ce 
'peuple a été détruit par une grande révolution. 
. Quelques-unes deses découverte^, dçsesméthod^^ 
*des périodes qu il avoit inventée^, se sont conser/» 
vées dans, la .mémoire des individus dispej^sés ; 
mais elle^ se sont conservées par des notions ys^ 
.gués et confuses I par une connoissançe des usag^ 
plutôt que.tles principes. Qn'a porté ces reslqs 
..dune science démembrée à la Chine , aux lad^^^ 
dans la Ghaldée ; on les a livrés à l'ignoranCQ, q^i 
n a pas su en prpfîter. Les Chinois , les Chaldéet^s 
ont pratiqué des jméthodes- qH-iis^uente^doi^nt 
pas^^ ils qnt suivi les obse^':Yat ions. ^san9 -presque 
'qh^^cherlusage qu|on pou voit en faire. - ' • > 



SO HISTOIRE 

Cette conjecture se changera en certitude y è! 
l*oa considère qu'il nous reste des connoissancéa 
astronomiques très-exactes , qui ne peuvent avoir 
dppiartenu qu'aux temps les plus anciens , et qut 
supposent une Astronomie perfectionnée. Si Von 
"nous demande comment ces connoissances se sont 
Conservées et ont été transmises à la postiiiiNté ^ 
Dous répondrons que les colonnes chargées de 
'caractères hiéroglyphiques , sont les dépôts qui 
«mt' survécu au d^Huge. Ces rnonumens des anti« 
-ques babitans de la terre étoient sans doute très- 
nombreux en Asie. C'est dans cette partie du 
monde , la plus anciennement peuplée , que dû- 
Irent se trouver les originaux. Les colonnes d*E- 
•gypte, où Tfaaut grava les principes des sciences | 
;ne sont que des copies qui sont devenues des ori- 
ginaux , quand les véritables ont été oubliés* 

Nos laboureurs , nos bergers , sont aujourd'hui 

ce qu'ont été les premiers hommes. Que de temps 

'tie faudroit-il pas pour qu'il se formât parmi eux 

un astronome qui tentât des observations , et des 

^ astronomes qui succédassent & celui-ci ! Il est vrai 

qu'il leur manque un aiguillon , celui de la néces^ 

site. Le calendrier les dispense de TAstronomie ; 

ils savent les travaux propres à chaque saison , et 

' presque à chaque jour de Tannée. Qiie de dilE- 

cuUés , quand on pense que les premiers hommes 



OË L'ASTRONOMIE ANCIENNE* Il 

n'étolerii aidés d'ductm instrument ! quand on 
pense'que les peuples itoient nomades, les familles 
isolées t qu*il y avoit >p8u. de coihmeirce pour les 
besoins , et par conséquent pour les idées ; que 
les dé|iAts., lés regbtrès^^étoiént des pierres, livres 
iissti^ durables , saiïs doute, mais qui ne se trans-^ 
portoiecit pas dans les ooKirses d'uh& vie errante 
et paâtôi*aie I .; > ! ..!.*: 

§. III. 



« ► ' » 



' Il n'y a personne qui-n^ait été frappé de là beautJ) 
du spectacle de la liait ; là vue encore fatiguée dtf 
bt lumière du- jour , erré sur la voûte céleste , et s jr 
repbse avec comp^aisance^Y un azur '^^m^bre ser^ 
à faire briller davantage \éi diamans qui y sont 
attaobég; bes étoiles ^ilfëreiites par leur éolàt , lea 
one&étiiKelànteSjleSdutres semblables à des points 
brillfito,tmais ^ompéntfêiiit par leo^ xnu)lftiîide'ce 
qu'elle semblent pendrg «ti* grandétrr ; eèt astre 
de Jaiitiitqui vanaïit ses dpplEireli(;èB v of&e XvlvSai 
dn *crbissàn% , taHÎÔl ^il ^lobe ra^ieu^ èl ^leiM , 
dbntrja j lumière d&iiioe- et argentée éélaife les 
yeu^ ^api fes fatiguer ; glébô quiv pbui^ .la gran<^ 
deur'^t pour fVëdâti"pëul seul être 'comparé au 
$6Ieil!,f qui s'avance comme lui avec irïâjesté,«t 
Ibif} d&pàn^tre la mult<t ucïe' idés ^s\TéB , en permet* 
tiuit,'*seui^iient aux pluis considérables, de WîUer 



%2 HISTOIRE 

à côlé de lui ;. tel est le spectacle que présente In 
nuit, jUsqiià ce que Toneiùt venant à se colorer , 
le Soleil « déjà annoncé. par Téclat du^ joar,^se 
montre à' rhorizon. Tousles^astres disparotssent à 
son aspect, il ceinplit: seul le cael entier, H itetra*^ 
ver^am éclairant^ en^haufifant la Teiré, et il 
descend vers Tborizon où il termine sa course itn 
rendant à rhomme le spectacle de la nuit. Tàm;d'e 
régularité , tant de magnificence , unies à tant de 
simplicité , excitent Fadmiration des esprits les plus 
froîd3tiât:;le& inp\n$ sehsibleaL Ce pbéjQomèôe: du 
Riouvenl^t du SoleiL d'qixuent en occident î' lui 
1^ pr^miçr '^CQnnu ; on »Cî <wd9 pas à y. joindra' lar 
connq!sâaa,Gip ^h mPuvenieiiC généraL^es astres 
4^ns Ifi jp[]^me.ften*3); la^?emîèri& Jdée ftif de fe-: 
g^rdfirj^.qi^licomme.ua vài^ pavillon tendu strr 
vnfi >vpefrûci0({>fe|0 -, ^m^îif^^i^XMM iimi.càloLitf 
hémipj^^r!i(^^'^ roulant sur elle-même,, empôr*-^ 
y^^^?Y§Ç soitd^sles £i9(rsJiiqiîîyBont!semé9^èt'ie 
Soleil: ivr'^niiéme as^qjétb. i ice mouvement! On saîk 
quedÀ gi^ands ;{>hilosdplies >pen$èrent.et débitèventt 
slémie^^ff;fifint ;, que ]^ S^^lejl paissoit là. nuît dansdà 
mer, ett^qt^Jes étoiles /éteigi^ojeât 1^ miattn , pour 
^e>ra]Ivui^^:je<soir;on dîspîtr^éme qu'au nDoment 
du SoUil pç^uçhant, on; enteojdoU wx certain .tihiit^ 
cojprime sl^ 1^ j^er pétHloil; «^ ;p^nd!ant' qu<e . k^Sbléif 
;s|étéî^EKMt envdescetidai^tsduslc^ es^x : c'^tanjitf 



IÇf» l'astronomie ancienne. J|3 

Grecs célèbres , c'est à leurs académies que sont 
dues tputes ces inepties. 

On s^aperçut bientôt que la Lune avoit un,mou<«^ 
vement particulier ; ses phases sont un phénomène 
qui attira en inémé temps Tattention des premiers 
astronomes : on s*attacha d abord à suivre et à étu* 
dier ,ses apparences. Voilà lès premières observa- 
tions : on combina ses dilTérens phénomènes, et Ton 
remarqua que, quand laLuneavoit sa plus grande 
lumière, elle étoit opposée au Soleil ; que qnandelle 
étoit près du Soleil , sa partie éclairée étoit toujours 
tournée du cAté de cet astre. Il étoit naturel d'en 
conclure que son illumination dépendoit du So-. 
lei|,et<}ùe sa lumière en étoit empruntée. 

Des observateurs attentifset assidus ne furent 
pas longtemps à s*iapercevoir que le spectacle, 
du ciel n*é toit pas toujours le même ; au bout de 
six mois , Il est presque absolument changé ; en j. 
faisant journellement attention , on vit que toutes : 
les étoiles se levoient chaque jour plutôt que la veille 
et qu'au bout d'un mois il y avoit deux heures de 
différence ; on s'apef çut même qu'il y avoit une 
certaine étoile qui ne changeoit pas sensiblement 
déplace pendant tout le cours de la nuit , elle étoit 
comme^e centre du mouvement', etlesautréssem-* 
bloient tourner autour d'elle; en consé.quence, on 
appela pôle , le poîi^t qu'elle occupoit dan^le c^elp 



i 



et cette étoile prit le nom d'étoile polaire ; il lallo^ 
deux points fixes , on supposa , à Texemple du 
jpAle qu'on vojroit dans le ciel , un autre point fixe » 
diamétralement opposé , qui étoit sous la Terre i 
dans Tautre partie du ciel; et la ligne qu*onima^ 
gina joindre ces deux points /autour de laquelle 
se faisoit tout le mouvement diurne « Ait appelée! 
Ta e du monde. 

Celui qui découvrit la sphéricité du ciel et le 
mouvement du Soleil > fit faire deux grands pas 
^ rAstroqûrnie ; ces connoissances sont la base de 
la sphère, eUe$ débarrassent T Astronomie d'une 
infinité d*6rreurs et d'idées absurdes* 

Toutes ces découvertes ^servirent à constater que 
le pitls grand nombre des étoiles étoit fixe dans 
le ciel ; c'est-i-dire , que malgré le mouvetnent 
général qui les entraînait i elles conservoient les 
mêmes dislances ^ et les mêmes configurations; ce* 
pendant on en distingua trois qui changepient de 
distance à Tégard des autres : elles avoient donc 
un mouvement propre ainsi que la Lune ; alors on 
établit une distinction de deux sortes d*étpiles ; on 
nomma les unes étoiles fixés, parce qu'o^ les vojroit 
immobiles , et comme attachées au firmament t 
les autres étoiles erraH:tes : ce sont celles que i^ou^ 
nommons planètes* 

X^a Sphéricité de la voûte ctéleste étant çotmuei 



Ï)E L'AtTllÔNoMlË ANCIENNE. iS 

il fut assez naturel de penser que la Terre ëto!t 
ironde et sphérîque ; il étoit clair qu'elle étoit sus« 
pendue au milieu de l'espace , puisque les astres 
passoient par dessous* Une autre remarque dé- 
montra la rondeur de la Terre : ce fut celle de# 
nouvelles étoiles qui devenoient visibles à ceux qui 
çhangeolenl de latitude, en allant du nord au midi 
ou du midi au nord : Il n'y ayolt que la convexité 
Qt la rondeur de la Terre qui pût produire cet effet*. 
. Un des premiers besoins de la société est 
la mesure du. Hifips ; 1^ hommes ont d'abord 
compté par des jours , quelques peuples sauvage3 
de r Amérique coniptent encore par des Soleils : 
cette manière de compter ne parut pas commode 
dans l'usage civil , parce que les jour» en peu de 
temps devenoient trop nombreux. On voulut une, 
irévolutlon plus longue, et le mouvement de la, 
Lune en offrit une d'environ vingt-huit jours. Le&. 
phases de cette planète indiquèrent une subdivi* 
3ioa en quatre parties qui furent les semaines de 
sept jours. On apprit ensuite à se régler sur la 
mouvement de cette planète à l'égard du Soleil ^ 
et Ton eut des mois de trente jours* ' 

§. I V. 

La Néoménie » ou la fête qui se célébrolt ches. 
presque tous lespejiples , au temps de la nouvelle 



l6 H î s T O î R Ë • 

Xune, est une preuve quils étoient attentifs à saisir 
son retour. Mais quand le mouvement du Soleil 
£ut connu, on compta par des années : plusieurs 
peuples ont conservé longtemps Tusage de com- 
mencer leur année au, lever ou au coucher dei 
quelque étoile brillante; cependant , comme le 
mouvement du Soleil ne fut pas mesuré aussitôt 
qu*aperçu, on chercha seulement à en approcher; 
c*est ce qu on fit en réunissant douze lunaisons qui 
6*écouloient dans une révolutioW du Soleil , pour 
en composer une année lunaire : cetteannée sub- 
sista longtemps chez les peuples dont le genre de 
vie ne permettoit pas d*acquérir des connoissances^ 
plas exactes. Elle suffit aux besoins de ceux qui » 
comme les anciens Arabes et les Tartares, ne vivent 
' <^ue de la chair des animaux. Les Arabes nomades 
et les Tartares s'en servent encore aujourd'hui ; en 
effet , cette forme d'année est très-commode pour 
les peuples qui vivent ainsi. L'observation de la 
pleine Lune,' qui est un signe visible et facile à 
saisir, les dispense de tout soip du calendrier. 

Dans les premiers comrAencemen5 de la société, 
tous les hommes n avoient été que chasseurs ou 
pasteurs : quand leur nombre fut augmenté, ils 
furent forcés d'avoir recours à l'agriculture, les 
animaux n'auroient pas suffi à les nourrir ; alors 
il fallut connoitre et prévoir le<^eIour des saisons* 






DE L'AST^QÎiOMIrErAMCIENNK. 17. 

I4*agriculture exlge^^.^des. ohservatioa^.r'oni awît, 
rerparqaé que lajvëgpt^tion des.arbr/en et des 
plaintes « la. maturité 4^, ifruits ef 4?âgl?ains, dé- 
pendojient de raçilpia jau;4^ la prés^^e piw -ùU: 
moij3.j;Ioogi^e du SolcfyfufrJipnfloo* Verdie femps» 
qù Iç? jpiirs .devî|ppçpt ég?jux,a«3ç.?è<iUs, b yér^l 
^i^rfe:f^paroit; ^i:,;çR^nâiéquexit la:<?Mlti;ii^ de U; 
ierxf{^àc(}t pfécéder ç§\p^,4ff(fq^ .-^M^nd Ies)oars, 
sont les pla3 longs ,jC;'e^ !?fiÇWp> «d^ft ^^olt^J ; eUe^ii 
S(Ç fojl:)t^5^çcesâvep^ot^l|4q^';à ceq^e )e« wiHi{t3 re«i 
devienjoeat égaieij afi;?, ji9,qrs..Ç»tlfl)S^i<0» i?rt celle) 
oea labours et dessfçmjimçsjîi^squ ^uic nuitSii^s.plu») * 
Ip^^wç^ qi^i amen^j;ï^,\^,^flmp$ 4^ A W^ç^tioqj pi: ^tt» 

r^ pos pour rhomm^jf;tj3iQMr!la;.n^^ i A 

;,Çps^.jrïjlei;vaIle3 ftif^^* .disUngfté/s jèt «ornsBiés, 
saiso;ii^j^ce fut ^alor^^saïas do^le cjuj^vVsifinée clé; 
trpi^jcefl^t. soixante, JqHp^s^bUt ; ç^t<^ asrinée jd«» 
fj^t pas;s2|D8 doute lo^^gtfemps en usa^ ; en moins^ 
d.^,|reme-çinq ai^ îl'rP^çdrç; dpfi :#^îsi>D% eût éié, 
absolument re^yensë^ «ey*^jyçi;}SQfoit lOimbé daoai 
les mois' où tombolt rétéraiH)aravant ; on y aura 
remédié d'abord par des mois intercalaires^ On 
aura ensuite cherché à obnholt^e plus exactement 
k ' i*éVblution du Soleil; on y i5ei;a parvenu par 
dinéréris tftdyens , et suRlout; par les points de 
rhprïzoh ou lé Sofeîl'sé lève et se cou^çne. Les 
pf eSâterisi hommes pàssolént une grâ n dé'^partie d# 

Xi* 3 



r ' • ' 

Aékeâi ïé âtfroht pu réMùt^uW an arbre ,^1^ 
rocher , utt môntitule, Ôérrièfèleqtieî ife inoyoîent 
jKNnler le Sbteil , un (rf^ètar dHin tel iriols-, le len- 
dQmâifi Os àiirènt vu k:îeta^i-ê se couthiéir oti* se 
leter àssezf^née àdt ^ndroil^ altetfda^tf'àtl* 
temps dfes'^étJUîhdîéèSi'ïâ VMdîîiarsdri'^u SôTéîi 
c^ati^e'^lédéil^lèffnetit tfûViJbu^ à ra1itrte« SUniôIs 
apr^Si îîs aarontvû 4(t8id(iEf}| ^ctoîr ata méihe'potrit, 
et j aa bout déPdèiwte^ irioîi, îly ^éra en doî'è' téi^éti a. 
G«tte t!li6tti%^ë de fiker rà^itél^ èàft'aéÂei; éxâttëV 
6t en lifïémé 4è'mpfct éit flirt ^Iftriple ; cette îdi^é 
eetjf^lii^Uè'CK^mmeïit itA honitites otit pù |)artager 
Tannée en qtiMi^è pàf tîe!à»%ifleiV^ari^ atorr rfecôuVs 
à IVûbliévtration 'des solsilicés et' ttes équinôblbs', mé- 
tèÛDde^tf^af (M^pàsibr lôii^érÀps la portëij dë'Ieurs 
cramisMfti^^' i èlliô • eiplititH-'; ettièbre li'éb -" bîèû 
oomiwem di^ ip^il^esibbl^^U lies ahnélés de tl*clfi 
et de^sîst Hfbls; défit' îl aufblt c** dbïHdîIe'aùti-e;* 

" . . ' . . S* V ■ ;• • ■ . 

Dés quH y Qut dans une nation des hommes, 
qui se dévouèrent' à rAslrpijipinî^, soii parle ït^jo>\ït 




igne 
ctevenlr ull art| eties méditations purent produi^pe 



DE L'àSTUDNOMIK XSiCtÊNNE. 

quelques (t^é^ parce qù'^Ufis fwéMtohâéeèWt 
des fa{^ Ënf ekamtAdrit âr«o plu$ id*iitlen|it^ 14 
inouvem^tk jocniiâlier de toUyies ftâtrctt^ ûM^M^ 
marqua que le poiht dé leur pliie grandb&'ëtàfMidil 
partageait en dedx pmrtie» égates fYiil«#valto du 
lever a» coucher. On découhri^t qùeiéb^pdi^dté 
la phiè grnnde éléroiibn^e-^lidotin de cea aitt^) 
ae troùvoieht datia uti'iîercle {ierpeftdictil«fifd à 
VhoriAotï , paa^nt par ïe fléfiif li>«t par4ep6le'i)ci 
m6ndé,4« 8olëiMui«méme i'jr tr^^ardii ég^trietu 
mu- ternri€f>de sa plus ^(jMdfi. iKiitt^ar; Vi^étoit 4ë 
mUieu de^^a c<n)^râie el df>fo«»r} Wndmmd-ica \$^ràft» 
qut ëtoîi' ptirémentl fi^l tf V fe- ^rfiîriihni ir- « ^^ ! ( j 
L*ëlëVà(fônwiiii SèlelI/piuS'jgrMdt é» tfiélll]>)«» 
petite eit htviir ^ dut élr^ bieiiAdt^aimiiqiiétfiotM 
hominé dé jgëllièf trouai 'fô m^yhn [d'àttdldhiMf 
variations, et den conii|i^trré')«ftilirfil«floé2^|lttîlîl 
ferhWquèsihi^é dé r omblid^^tie <«' Mtlfcpi^^ 
dèh'ièrèr tèS cor^ qti^il éiMit^ fil obsenri^^utxkiqi 
Àmbré s Vticôùf tissant ^'f^è^il^â que ie SdUîi s*«l«g 
Vàit/éi^tTih^ë â ttiônti'éi'l^'progtîèi ijisdyiHli^ 
fetrrVét'ii |5t^\thiic<!iè'fgyplUâoa dâàsdb at:i4ho» 
piar FinV^tiibtf â^à* plus simple »di<dif>pref»ti»iJdë 
<dùs les Ihètf ùWiëM , 'k'^H^niMill fit çdiUthrisr* 
Mtis dôiïlë'uhë ë61^âtlè^^lfii pili^rajëttéletiff pbof 

qt!lé IcihË^è i^ût eite ^f&nde ,i«tliS VairlMiof^ipiot 



N 



M> . / H I S:* Ô IRE 

* <^ vurîalidnâ &boil connoitre le mouvement dw 
Sojteil, d^ rhon'zoû vers le pôle. Ce mouvement 
dei h9« e» haut , et de haut en ba^, 3?arçéioît et 
itbl«aigeôit'deux fois ranuée; bn appela ces change- 
fO^nAlfQa^^etéitms tr^piquefi, et les points où le 
SbfeîisarrêtoîtaYairt de rebrouùset* chemin 5ofc- 
ftPi^jik devinrent Ntude de bien de siècles, 
û OiiJrema^^qua le çferde diurne que le Soleil dé- 
CJTît jâajis lies deux4aisons de Tannée où les jours 

- Sûnt ^aia^A atonuits/Ce. cercle fut nommié Véqua-^ 
Muj\^ *)k par cette^égalitë des ;oars et des nuila , 
t<ji^^c la connoifisanpe que tous lesa^tres, éloilea 
ou planètes^qui s'y.rtrduviènt placés, demeurent 
f^c|'hp*i«on préctiisément la moî]tîé d'une révo- 
VflJon,;dii»riie , ic'jgrtrr i f dire , dou«^ Hevres, lie» 
p^inja.bùl'équaîeurricoppe la roule duSoleil, rc- 

tih re»t le» nort à\iqyiin9(^$^ 
^i^é^ij4teUtipfi«t>dQncle secoqd cercle delà 
apfeèrai, I^ aodietifl^ Wf*WÎH^ris(^nt< aift^ à ^"^^ 
gkfer idèeccei-cles^ fictifs ^an^ le ciel j.nvMs ii^toi* 
€ltffibfef<|uele^yft}i|t Wivîssent Wn^ag^Jf W» P<î^r 
- «l£&»r Ja fcrace.. Qrt y parvint pai] aii?^ îpyçntWft 
bbui2^i«ie^:QefftifcQrille.des grands çprolç^^^Mctfr, 
«totîdicigés. dims^leplan des çe?;ç>ei^:C,é|e3les ;.et 
toa^^€bmûdèfe :di$ :fl^;ïspbère!ai;nw/)iiifft 
«résilies' d;Ale*piq4rip^§oit:qi»t)/,^^^^^ * 



DE L'ASTROWaMÏE*' ANCIENNE. m; o 

Sphère pins petite et plus portative , soit qii'at» ' 
cofi traire cette sphère portative ait été ^ conatrùitcr 
d «près CjeUe- ci , qui ne sortoit point des ol>ser^. - 
vations , il est certain que Tune elPautred^ees 
sphères sont de la plus haute antiquités < 

La méthode de désigner je temps cW'éqitmoiiea . 
et .des solstice parle lever ou le coucher tîe'quel* 
que belle étoile , conduisit à une découverti& im^ 
po,rtante. Les temps des solstices et des équînoxetf 
étoientancofe observés , soit par certains points < 
connus de Thori/oh où le Soleil devbit- alors se 
lever et se coucher , soit par la longueur de Tom- 
bre à midi. Les anciens avoient lié ces difFérentea 
ren)<u-ques ; ils avoient reconna j par exemple , 
que, le lever de quelque belle étoile, annonçant 
le jsplstice d'été ^ le Soleil devoitse kverjrtd point 
dej- horizon ^ et que^ l-ombre , à midi / devait aroif^ 
une: certaine longueur déterminée. En> répétant 
ax.e€ assiduité , chaque. année , ces^ diverses ob-* 
ser;i^9tîoris, .on s'aperçut , aptis des siècles-, qu'elles! 
ncî coïncidoient plus. Lprsque- Tétojle pareissok » 
le Solejl nelse Jevoit plus au/ même poiîit ,. etPom* 
hvf^ ., plas lohgue, n^'aypit plus |la mesure prescrit^ ; 
l^s 4tjt>il§s> qju'.on avpii cru &xbs y avoient dtosc ua 
mQuVteni^pti ; meis*, wmtne : ce mouvement étoit 
g^éral, qu'il étoit le métae pour toutes Ie»^{oilei ; 
et j(|)i>Ut^. ggJ^oient W même o^'dre et idl»^^.aieé^ 



fp^figura^îona eriir ellea.tant d*ui}irormité ne poiH 

wiOMt^mtfOt génërdl et uniforme.p^rut appartenir 
i la YQÛie même où te& étoile» étolent attachée». 
Les anclei>$ .en firent une dphère, soua le nom 
é^pren^iermohile, » laquelle , outre le mouvement 
^tomaliieiî, qui eutraineious les astrea de rorieal 
vvi^ lioi^^îdent » en aivioit un autre contraire et 
tjrèarUnt d occident ver» Torient; et les étoiles 
fonierv^reot le privilège d être, les seuls astres 
fiiLes $CHi3 la. voûte du cieL : ^ 

§. V I. 

, Xa cannobsance des; quatre points des équi-» 
•oa^fâ et. des solstices, donna lieu de remarque? 
Ipie Je 6oIeil n*en parcouroit pa^ également les 
quatre intervalles. L*astre qui régie les saisons, I# 
|«re dé la nature et le seigneur du ciel, avôil done 
uiio marche inégale;, cet te circonstance ne le fil 
p^iiot déchèo.ir de sa divinité , il nen garda paa 
pioio^ rintelKgence qi>i pré&idoU à sa oburse ; les 
alim4os^ plus curieux des £|ilts que d^ explica* 
lH>m, ne ârmblenl point avoir cJbercM la cause 
4e ceÉle iûfégalité. Celte décèiitverte fi>p ccn&vntéé 
par ftine inégalité pareille dans le retour -des phaseâ 
^rlâl^UA^ r^onavoît été de*(oul'tempS:atteniif i| 
M«£.pbeie3 i tant pour la * mietore du temps ei^ hi 



• ' t 

\ 



DE L'AS^TIVOMOAIIS ANCIENNE. ^^ 

fi^^&s^\ç^ à/^% £ète&, qu'on jr avoit aUaclai.é^4 , ^u» 
dsMUi la crainte aup^r5ti;l0ii4»er <}9& éclipse^, qi|i 
ayatçift.^idepiiU Iqnglempc; ^4 Vdtt«iHioi»( d«i» 
kommef. 

Qua^nd qn eut ncoimu qiia les édîps^ étoi^^t 
dctaphénqfuèi^e^ i^atinri^s qui l'eyenoi^nl |]^u^Qum 
Xoi^ dan^ nne 9pn4e> en liât euriwai. de .le# <>)i^ 
4ei*ver et 4*^^ leooâfrr^r |a mëmoii^e ,: ppuip paih 
^Yenir à, çoimoiti*e ia règle de Xa^xs i^tpavs. On s*a|- 
tacha à observer assî dament la Lune, toutes les fo^ 
qu'elle; étoft f>o^V!çUf qju, pjeiQâ » ^4 d^< «? Uisser 
éci^Laper a:«cmie icUpsje. C'e^t pas VpU^rv^tioi» 
de, ses. phases quof)^f^voUe^ I,a premiè^re ,çoiiiioif^ 

saoce delà r étolution^ 4^ la Lupe ,. 9 Tég^rd dAi 
.Soleil; y ap^ résulte4quf 1^ Xm^fi^ ^^^\X% de toutes 1«& 
plaii^tfs ^ celle doç^fc les aucie|i». copiioissoieqt 
m^eux le mouvemèn^t : eUe 9 4ié lou^tempsi daqs. 
nos sciècles inodeniei;^ Cjçlle dont l(s: ipouv^m^nft 
.étpitle moin^ contui^ Sa th4Q»o étc^t pliis ^sëeà 
.él;»aucher9 parce ^e se^ m^avemens sopt plg» 
rapides; elle est plos difficile ^ appro£ondii[ ^ 
.parce cffkt^ les varia^ioi^ et l^s tpégidités sont pli;& 
.considérables et pU^ multipliées*. 

Il est «diujrel ^ p^iisef? qve {es f^éfp^ 4^g^ 
Tertes oot ëlé feites pliMieiîu;s %^,.ft qu'il çs^ 
difficile d'fîa suii^çf; U o(^a^e wteiTonpipue et 



I « 

1 V» 



H^i H * S T e 1 R E'^ 

r^stronômîei qii-à VëpcqÉie'où déà Jnrtofttirrtkh^ 
copaèrré» , une chronologie suirie , .établissent 
d*unë manière certama , la marche de ' Tesprit 
humain, si nous n'avions pensé que les préhiiers 
pas de fa ScienceVrenfe^mës dans i^dbscuirité (des 
temps les plus anciens , soht une partie intéres* . 
danfe de oélte histoire, et '^û*oh peut souvent 
T»etrouveif le fil dès idées philosophiques ^èîi Kant 
les faits- par des probabilités et par des vratsem- . 

blanees. ' 

• • • • ■ . * 

Oh côi^oîl'tjtté la plu^sirt' des premières dé- 
cOttvei'fes otit'été fartes- chez dtfféren» peuples, 
parbèque^dansilà haute aiitiduité , lespeitpléis 
vrvoient isolés , et nèsé 'èdmhiunfquaht rien | ont 
été ^dàn^s le cas d*inventef tout. Lés conhoissances 
simples, et -qui naissent' dôf spectacle do del, 
appartiennent à tous les hommes : tout ce qui . 
résuke de^ la combmaiisoh dé ces cohnoissahces 
premrièresi et simples , n'a pu être le partage que 
dejs peuples qui ont cultivé T Astronomie. Eh réflé- . 
éhi^sanl* sûr h tableati que nous venons de pré-, 
setter , ot^ peut juger; qu'un très-petit nombre de 
peuples , un seul peut-être , a eu assez de suite . 
d^nslésîdéè^ eldàns^les trâi^atrx, pour atteindre 

• • * * _ 

à 1 ensemble des connoissances qu'il renferme: Ce 
peuple n existe point parmi tes peuples contràs 
de . l'antiquité ; Jl tt'est ' aqeuh pajrs du mx)nde 



DE L^ASTRONÔMIE ÀTTCIENNE, 2& 

aMîéh, où 1- on retrouve cet ensemble de cohïiois^ 

4 

sances , qui toutes se supposent tiéôessairement ^ 
Tignorance la pliis grossière est toujours mélëé 
aux Idées les plus phifosof^hiques , aux dëcou- 
vejTtes. ks plus uigénieuse^.; II faudrolt supposer 
qu*une partie de 6es connolssances a péri, tandis 
que Tautre a été conservée ; c'est ce qui n*est 
nullement vraisemblable/ Certaines opinions peut- 

' être , telles que celles dû mouvement de la Terre 
autour du Soleil, et de la Terre autour de son axe^ 
peuvent tomber dans ToublI, parce qu'elles a élèr 
vent hors de la portée des vues ordinaires , parce 
qu*elles parpissent Isolées et sans appui ; mais ce. 
qui constitue le corps de la science , les Idées qui 
font suite, s*enchalnent et se poi^seryent mutuelle- 
ment. ^ 

Elles ne peuvent se perdre que par quelque 
grande dévolution qôi détruit les hommes» lea 
villes, les conDeissanoes , et né laisse que des dé- 

~ bris ; tout concourt à prouver que cette r^volutica 
a^u lieu sur la Terre. Il a exjsté une Astronomie 
perfectionnée à un degré que Ton ne peut fixer ^ 
mais dont quelques traditions font concevoir une . 
grande idée : depuis les Gb^ldéens on^ peut suivre , 
•le «fil'des progrès de 1* Astronomie ; au - delà , om 
ne ti^ûve, pour am^ii dire , que des déserts, des. 
siècles de Jié9èbres.ét .de.baii>teie.'Mais les tca« 



^ HISTOIRE 

.^tioo3 qis^ ces siècles ont laissé subsister dstns ht 
mémoire des homu^es » sont les restes précieux 
.de cette ancienne AslrononMO détruite , que nous 
jgiUçm recueillir dans le livre suîvaQt4 



L I y R E I L 

De r^stro7iomie antédiluvienne. 

PAUAGRAPHE PREMIER. 

JNovs êntrodoost par. rAstronomie anlédUn- 
irienne, la plus ancienne dont nousajrpns eonnois- 
.sanee; ce n>dt pas que les faits W Tbistoire en 
-établissent iépoqu^ précise» et puissent faire jug^r 
d une Jiianière incontestable , si elle doit être 
rplaicée au temps- des premiers hommes , 'c*est« 
i^dire des patriarches qui viroient sur la Terre 
' avant la destruction terrible du genre humain ; 
iinais instruits delà date de cet événement mémo- 
rable « renfermée par l^s chronologistes v^fé$f 
.danâ des bornes dont nous avons choisi ht plus 
f reculée , nous devons regarder 'ks faits d'une 
' antiquité plus haute , les cionnoistences qui.n!ont 
apu être aecpiises depuis, et dans la dii^rée d*U» 
: monde ^n quelque façon si jeune encore-i cr<^n^ 
-dns; faits qui ont précédé le déloge* . 



. J^ou9 avoof dit ique PAstroç^mie ancienne 
n-oftrbit qu^ ie^ déhvis dfi^ fléçouv^rtf^s d*ua 
peuple. aotéisi^Pr am; p^iiplef^ >coppii« lef pliif 
«ociepa ; on pPMrraU , revendiquer eo ^ Jsiveur 
Jes : mëthodea . sipiQ^ principes, que pratiquent i 
j'aveugle 2^oi:ijp^')h\ii l^s J.ndîewi » le^ inv/eationf 
esirooamiqu^A dff^ Chald^anA ^t. def Cb)t9p!^> ^ 
presque g^o^ralem^lït Xçut^fk k% îdée^pfeilo^o^ 
^iqaea qui çni. Wm^ré lea t^li^xa^ $9iyante$ do 
HAsie. Si twn^^iVQjultow^rwdrq jt, ce, peuple tout 
ce qui peut lui a|^arte^i*.i y^faudroît pAut-4tre 
*d(épouille«> toy» jlji^ ^aei^u§ piTupkf et If* f éduirp 
liresqua ab^Jumeiit au mérite de l'adoption d^ 
/Bette A»ir<>nQmi§ $ï nncienn^ et si per/eetiouu^a* 
'. CeUe A«troni9mie:*avpjlt la <w9QhmM^ de9 
aept pianèteiii pui^quVlk a impffi Wur# uonoe 
AUX joura de la $^majne* C e«t. pmt^étre Je preuTe 
Ja iplu^.Wigulièr^i.^ de rantiquité d# TA^tror 
^Qciie et de TeAilt^toise de ce peupl0 antérieur 
À touè !ea aimre«./Cft» jplanète^ , qui pr^sidoieitl 
MX- jauraide.ia «ejtaraiM, étoktèt ran^^e^ wivani 
«in.;0j-d9*e q»i mln^iftf eacore pêrmî nom; c'en 
jd'aWrd le Soleil^ eoMitela iii»ni9.>]V|ar3y]V]#rcttjrfk 
Jupiter I Véâiis^et iSalurnei II ^ oretfoiire le 
«m^ ichest Jea.apôiew £cyp|ie»èi,,phep ki In^ 
^eua et xrbesiilM jQJitApid, <^t «trdre xi*>e^t poim 
celui d^la diâhtece^deiUgràiliJ^oiri^mdetëcIal 



ji* Bit TO 1 fbC 

des planitès^ c*e5t un ordre qui paroit arbitraire , 
t>o ^1] moins <|ui est fondé «ur des rajsonscjue 
P<His.%norons : on peut d^re qu'il est impossible 
que lé hasard ait conduit séparément ces trois 
fiations, d*9b^rd à la même idée ^e donner aux 
jours de la semaine le nom dt5 sept planètes^ 
ensuite à donner cesnôms suivant un ceitain arra» 
^gemeni, unique eutre une infinité d^^utres; le bar • 
sard né produit peint de pareilles ressçmbbncesi^ 
- Les tràcefs 'dé PAsttonomie se retrouvent prin«- 
cipalement dans, la m^ur0 du temps; ce fat le 
f>feroiér besoin de la société ciyilé, et le premier . 
^s^ge de' l'Astronomie. On compta d'abord par 
<de$ Jours- ou .des Soleils , ensuite par des niois o« 
des Lune» , lorsque la- révolution decette plaâète 
•lut Recouverte. Ainsi l'on peut ^tre sûr que ces 
'4]^ux mesures du. temps- ont été connues ^v^nt 
le délugOf puisqu elles sont d'un usage néceisaire^ 
les ^D^demens jet» les subdivisions de toutes les 
aigres r en. parcourant Ffaistdre des- différentes 
nations, -nous en irouvons plusieurs qui ont en 
è Ifi fois deux années de. for oie difFéi^nte. L'année 
iunaire a été en usage ebez presque tous les 
peuples; il est* naturel qu'elle ait son origine 
tAiez les pvemiers^ hommes qui otii cultivé TAstro- 
limnpe;'elle étoit sans doulie civâe et ckronolO'^ . 
§ique ; l'aûnée scdair$ étgit rurftfe» » 



DE L'ASTÀOrfOâflE AfICIENNE. ^9 

• 

" Hts cJônaoissances, accordées ici aux ^premiers 
liomm^s, n'ont rien' <l*étonnant quand on con- 
^dère celles qui résultent de l^ grande année 
•tt de^ la période astronomique de six cents ans 
^gue Josephe attribue aux patriarches ^ et qui ^st 
indubitablement leur ouvrage. Un^ période astro- 
Komique, quand il ai*agit d*un astre, seul, est le 
4€^ps qu il . emploie à parcourir le cercle qu^ijl 
décrit i quan^d il; s*9git de plusieurs astres 1^ la 
périqde de leurs, mouvemens combinés est le 
temps qui s*écQule depuis qu'iU sont tous partis 
-du même point, çu de certains aspects» jusqu'à ce 
qu*iJs reviennent au même point « ou aux mêmes 
^^ects. On voit que cette espèce dé période 
doit comprendre exactement un nombre de. 
irëvolutions complètes de, chacun de ces aitres; 
la grande année. dé six cents ans doit être une 
période de ce genre , car les anciens appeloient 
année une ^ révolution quelçongue, soit d*une^ 
8qit;de plu&^çufs planètes. Ils appeloient .grande 
^nnée celle qui embrassoit . un plus Icpig inter^ 
vaHe. Dominique ;Cassini est le premier 4foti^ 
ajai;it fait attention , au récit d^ Josephe,^ fut 
frappé de la justesse .de cetfeitpériod& et des 
conclusions qu*o.nen pQuvoit tirer sur la longueur 
.<j|e J*annéç,au tefaps de^ patriarches. ^ ' 

\ Ou demandisra -oonuoent cette périod» a été 



/ 



découverte, on tiepeuty pàrvéhir qûé de diàùc 
nianières, pâr'dôd observàtibns' «uitre^ , où pai^ 
les connoÏMinpéd dtinê A^trobôhife longtempif 
cultivée' I et suffisamment perfectionnée. L^y 
honimès de ces iémps anciens otit commencé 
certainement ' par le premier de tes moy&ns} 
nous hé pouvons douter que l'on n'eût alors déé 
divisions dû |ôur, queUes qu'elles fôsèehr. Commef 
on étoit fortalténtif à rôbservatiiin des tioùvèlletf 
et des pleines Xuiîes, on màt'qudit le jour et lé* 
moment du jbuF'oÀ elles àrrivôfîëht ;^ en sùp«^ 
posant de la suîté dans ces bbsérvatiohi, on ré*' 
miarquà que ceS ]pnëhomènfek"né"l'evenbîentâU' 
même foui»' de l'arihée qu'au !b6ut' d'uh tertafrt' 
mlervâfle dé temps, qui ètôîl dé 'dix-neuf ans ;^ 
enfin, lorsqûi^ ilk cerits ans bu' déiix fois sîxf 
cehis ans furent écoulés, on jiiit'récohnoKre quW 
les nouvelles ou les ' pleines' Lunée ; après biH 
iîèclés ,' révehbîent , non seulement àiu même jour ,* 
mais à' la même heure, c*est-ià*dîre que àl li* 
noûVelfe .liiiné étôtt' al'rivée lé' lirènbler janvier' â* 
Aiîdî', elfe lie ^e rél^rouvoît le îirenîîer' janvtei< 
a mftfiV qu'au bout'de six* cents* ans; êette Volé 
«embte fa preniîére qui a dù se présenter , et' 
ik plusconfdi'mei id sîmp^^^ premiéVs^ 

teinps. ^es iîômniek diit hiéné to^|gtéràps bnè^ 
vie' e^rrante êt^aitôrâtè Vcfek'dW cùùï'Às, 



DE L'ASTtlONOlIffE Alf<ït£NN£. 3l 

darh^ léûrs îreilbii, ^otivéïrf hëeéddaired, queTAMf'o-* 
nomié a été fondée par des obsertalfôni, peut-être 
gfosidèried^ jttàh qui ^rtnt la h&se dés premières^ 
dëterminatidiid. Airant l'écrit are alphabétique , 
ib avoient 'd«^ sl^hes'hiék^^ljffiquesde qud<]ué 
espèce qu'ils furent /pour désigner lai faits dont 
ils voutoîentconsierver la mémoire* ils s'en sér** 
volent pour écrire leur^ observations ; leurs re- 
gistres étoient des pierres sur lesquelles ces obser-* 
vations ^tôi^nt gtàrêéé « 'et qu'ils latsaoîeut dans- le 
lieu méhife où ils atoieni observé } eMuiie^, aprèg 
de longues années'; Icrr^ué le hasard du le bésmiv 
les raniùnoit., eux ou leurs de^etidan^ V ^ méhië 
Heu , leÀ hôuv^ll^^ebseni^ti^iïéfc^ëht'cbmparéet 
mx ahclcfiirië^. G*é8t Atti ji*que Ijss p6U{dé3 «lomadei» 
purent arriver à dés Môttticlusions a6tnHibmiqtaes,> 
ihdtépehdàiiiestle la cennôifiisance dw méridteiu!,r 
et telles qix'^fés flut<)iéiit Iteu dans biî observatoirer 
fixé. ûe^iithaM b dyHfsati^n s'établit voii;fotvdii 
des vîResVîâirt de fttbriqùteî' ïe^fer et fo cuivre fut 
découvert. On tf^Vèù(y(â <^lqueé 'iKistt%m^s <^^ 
musSqàe ;^la mém:e itfduèl^ie fut appliquée auiD 
^éHtidès; 'étbn pten sùppbier-que> t'iAstréniHilcer 
i^t^isF^^ ii^tit^ulttëhs / nU iqué lé gnomon e« 
là ;sptièi'é;'abi^s dé^tfMllléuMè obâei^âtidn); purcntf 
dttehërHaës'réstllta{s'>^ifo>exabts. I^i'èiMétf^ ^s^ 
Aitt qvrë^houk avùAè io^i^ les yei»y H^lt^<phw 



grandes probabHiiés nous forçant 4*dttnbufr ku 

peuple, qui nous occupe inainteçant,; une; infinité, 
'^'xàées philosophiques et de découvertes ^ingu- 
^ lières. i&n conséquence nous jugeons :qu!il a jpu, 

parvenivà cpnnottreassez bien les révolt^tionâdu; 

3oleil et:.<)e la Lune, ppur^découvrir mèpn^.p^r. 

l^. calcul. , la biçUe période de six çe^ts ana^ . 

" •*• - -•' '•'• •■§. Il;-- ' . • • •^•- = • 

Oq |uge )»te<i qu'une ; Astronomie qûî, ëtoi t ;ea.- 
possefisk»^ de^Ia ooQnoUs»p<je «txabt^ d«»:f«v?juVie•T; 
alènt du SAeMi«td^ lli Lune ,' » dû £aiEe.ftt^]qu9, 
dtstribuUjQO !<^étoUe^.am9i 1« pr«mière^ e(»j9fst6JU{ 
ktiooar0B<.c«!bt0 antiquité,: oq ne peut doiitej* qu^j 
b dtYi«io» 4(i«0)iîMaque e»iviflg|%eï» ou : wingjnhjtv^^^ 

çoQatelfetio»«i n'ait é|ë iQOnpi^e Aixfi, d'at>(»çd.p^i(ç^ 
qw-ellé «efretffoiffre eNsHîW* li^s.peiiplesf.eqsuitçj 
parce queU diviaion du 3S()di9^tU!e;en dovif^e.^igpi)»^ 
qâi ndp»ut âtl^que po$téri^$uJ^e,no^«p^«^«it,dPY<>Jr 
wriaonfer .a*»-d0tà duj d^f^^l.^nipe JW.t;BW d""!», 
que l'idée id«p«rtagerlfi%odif»qWi;cqwmp r.aRR^e », 
enidou0e,tjaftieâ-, )»oîi; «Qf^^f Gepid^e»|«jnafJçs,(^, 
aàturdttw ,.^«;iii daq» tous. les ^^ps ,. pM^W ^Vf. 
k» lieuR f.jant! dû »ei|v4sÔp*(W:^i>i!?.«:4.^ 4!fiîPfÂ*> 
humain; iS.dkision d^. »pd««MÇ e» W«î1?^P.^l 
«u Yiii»é»TÎw»t |fart«e*^ .^?i^,wé«»e,«en5Pr.M:«,«) 
«u«it.:^éji^ iiia«.'.«on£i>rffi!il4 |R^r#»«?S«»life5^p «ÎW 



DE L*ASTRONOMXE ANX:iENNE. 33l 

Q4l)€ de^ deux peuples placés à de grandes dis?* 
t^nOQS'sur le^lobe , qui avoient également l'une de 
ces divisions;. combien n*est-il donc. pas plus ex7 
traordlnaire de retrouyer.ces deux divisions en-s* 
sei^bl.e, çfaezles Arabes ,les Ipdiehs , les Siamoiat 6t 
suttout{c})ez les Egyptieuset les Chinois , qui ont 
existé lodtgtemps sans se.cpnnoitre, aux deux é je- 
tf émîtes d*un grand contment » et qui né peuvent 
ay^ir rien ;de,comznun que Jeur origine? Enplaçant 
rinventîfln de ces deux divîsipns à cette origines 
en la donnant à un seul peuploi antérieur au^ pj^^ 
^iciens de ces pe uples , ^ce qu'il jr a de mervéîlleuxj 
d^ .surnaturel , même dans CQtte conformité , dis- 
paroit ; Tidentité des idée^ et des instilutions 
^'expliqu^ natui^ellemei^t^par une source unique ,' 
et Ge&pçuples,.sans s] être connus ni communiqués, 
se ressenE(|;)le.nt^ par çê, qu'ils ont emprunté à cette 
source., 

On nç peut douter jjiie.Ie ptuple qui ayoft port^ 

rAstronomte à ce degi^é.de peifection,a'eût inventai 

len des arts^qui ont été perdus pojir .lon^;temps; 



ainsi que celui des ejepmdres. et peut-êtr« celui 
du penduk, dont les Arables ont eu connoissiancei 
C^ peuple avoit cçrtain^rnept des instrumèns às<^ 
topûot^que^ quiétoipjrt^aéçessaî jes pour certaine* 



34 HISTOIRE 

• 

découvertes : l'usage du gnomon , également ni^ 
cesastirCf paroit devoir remonter à ceRe antiquité 
îjes anciens obélisques ont été des gnomons; Pline 
dit que les obélisques furent nommés ainsi , parce 
qu*ii^ imitoient la forme des rayons solaireè. i/o* 
sage d'orienter les bâlimens , conmiun à tous les 
anciens peuples , et qui n'a pu être fondé que sur 
la cohnoissance du gnomon, rapelle ces peuples et 
cet vsB^e 9 & une source commune , qui ne peut 
être placée qu'au temps dont nous parlons. 
^ Ilestpeut-êtrequelquesopinîonsdes anciens, qui, 
Biep pesées, pourroientfalresoupçonner l'usage aa-* 
tériçur du télescope : la prej^nière est cdle de quel- 
ques philosophes qui regardent la Lune comme 
ùo mpnde semblable au nôtre ; certains peuples 
àlloient même jusqu'à dire , qu^on y vojoît dlsttnc* 
temént des montagnes. Comment a-t-on vu eea 
]7iontagnesi^ comment ces peuples on t*ils puadop^ 
ter cett^ idée , sans qu elle fût démontrée par le 
télescope ? La seconde opinion , est celle de la lu* 
mièretilanQbàtre de lavoie lactée, que Tes anciens^ 
ont expliquée par la lumière réunie de plusieurs* 
pe^îtés.étpîles insensibles à la vue. La philo^pfaie, 
pour s'^èver â celte expIidat?on , a dû s'appuyer 
sur ciuelques'ïalts:ranalogte n'est d*aue^ seeoon, 
srle télescope n^'a pas fait apercevoir ces petites 
^tpiles dans quelques-uns deres nuages lumineux 



DE L'ASTROr^O.MlE AJVÇIENNE. 36- 

semé^ sur Tazur <lu ciel^ et • semblabl,e5 4 Ia voi*; 
lactée^ 

Nou3 ferons re^isu^queT quelles çor\jeçtures sur 
lesquelles ii,o,us fondons Içs coi;inois.5ançes attri- 
buées ici à la pju^ànçieiinç Astronçmîe , ne J^nt 
point de la même nature : elles ont chacune un 
grand de^ré de probabilité ; et comniie ces diffé- 
repies connoissances rentrent les un^s dans les 
autres , ^ 3upposept roéme m.utueHement , tous 
ces degrés de probabilité s*accuniulent, se prêtent 
de révideaçe , et devienaçnt , par leur rëyunion , 
la. preuve la plus co.ngtplè^e de t,*existence d*ua 
grand peuple , p9S£iess,çur dç ceUe science appro* 
fondie 9 .dont npus recueili9n3 rfaistoire, da^s les 
Cuits épars de Tantiquit^ , et dans ^obscurité des 
traditions. 

Uçe (ouïe d'usages anciens réclament égale- 
ment un peuple antérieur , et unesource coinmuQer: 
les fêtes deVefTusion des eaux, celle des saturnales^ 
lacélébratipndesinéoménies.le culte des hommes 
et leurs pèlerinages sur les montagnes, les terreurs 
qu^insplro^ent l^ grandes conjonctions des plat^ 
pè^es, les fêtes et les usages des Egyptiens, sem* 
blables à ceux des Chinois, les mystères dont hg 
prêtres envfdqppQient les principes dçs sciences et 
la vraie philosopl^ç ; tçi^^es ces id^çs au^Tpn re« 
trç^yc; %4Î?> no^4 de r^sie . jusqu'aij' ^(dl de^ 



t 



1 



36' H 1 s T O TR È 

IThde'î et deptiîs lès bords^-dii'Gange* jusqu'aux 
bords du NIl^ semblent démontrer que les peuples; 

* » » 1 

elTrayés par 'lés thèmes craintes , îmbus des mêmes 
préjugés et desmêfnes erreurs, sortoient de la même 
tîgë, et- descendôîent d'un peuple auteur de ces. 
pfréîugés et de ces erreurs : car Thomme, toujours 
semblable à lui-même , pat* ses goûts et ses sen- 
sations, diffère par ses conceptions et ses Idées : II' 
11*3 de point commun que ia vérité-; les cherrlins 
dëTen'eur sont Infinis, Ils sont infiniment diVerJ 
^éns ; lès Hommes ne peuvent s'y renconti^er que 
quand' Ils sopt •partis ensemble dû même point; 
et ce-mémè point , où naquirent tant dé* préju- 
gé3 et d*eVrèurs, est le peuplé antél'îeur qui lès a 
répandus sur la Terre': la rèputatlon qu'il s'étôît 
acquise par la philosophie et par les sciences, con- 
serva 'ses erreurs comme ses connolssances, et'les 
-Repris des unes et des autres furent l'héritage 
•des peuples qui lui' succédèrent.* 

"Nous appuyons cette opinion par une dernière, 
éonjectûrè de la même forcé ; nous la lirons' du 
véritable syàtême du monde', qui placé le Soleil 
au centre dès- moûvëmens célestes, système re- 
iibuveïé par Copernic, et dotit oh fait honneur 
âl'écoîe i?îlhagorîèîenhe ; jamais un^ pareil syst'êpié 
î?^.pu êtril^connii dans la Grèce',' ni dansPItalîé; 
dfoîraA-<^n qùirétôlt'appuye'pâr •'des iaîts^ ther 



DE L'ASTRO.N'pMIE Al^CIENNE. ^37 

^'le«.Gi*ecâ,qu!.nanjt fait aucune ob^eryalîoa? oâte- 
vj^oît-on dire que>:li*€^5pi;it humainiiifu^e^a ^lev^ir 
t seal à ce [sjrstéxnefSftns les faits qùî.j.')''^ conduisent , 
. «t qui donnent de ; la yrai5enij;}|ançf^;^ ,ijine vérité 
Çi$ntraiïef au témQÎgnfi^e de$: sens ?..Lvl[io;p|ixQe voit 
.çJmwjU«i jour et .chaqiiiè lann^e , M Sftkil pi^bf ^3^r 
.I^il^ef r^^r ses. diàvi««ouye<*eiï& ;|il,TQif 1^? é^çile», 
. €ntralûëe;s en appa/^ence par I^ ciâl ^ip^^se^K sjur-sa 
. t^ „ et, parcourii;':r,eaptiA^ J quj^ répare ^r^on^nt r;de 
: Ji'pocident : itrte ^rai^orteca poii^^iicesi'iQO^in/ie- - 
:, m^nsç, à la T^rre 'i> d^nt* it< <:ro{t rseiitiç; l'^mmoblUti; 
.^^Ul.n;^it;a|)prefc)ïMK toua^^W .foiftJ»' 4pi*î$ëstoutes 
?l*S}b>ppthèses poiw .eiL|)|iq«pr"ceSfeftîtfiî J:*^ c^e , 
..pees^jÇaiîlanéclef^ dô^ 0onciKev.fes Awi^-avjeo If s 
. .atit(\eis»/^tigt(é d^^^b^Ul^dités^ui iKEÎ^at^JaniQiii- 
i ,vei^j^4u §pl^il i5t:<^Ç«iétjufles J il ne;;S0 
.;à;Jea cpxldamtier au» repofi^v à-,Go.nfrç4ifl^ rtauUce 
. ,<m^;iL!Vpi^/ et à se.fîe>v4avantage;àisa;>^on», et à 
"Ms«afcc^U , qu'aujjtémoîgpag^ dô.wsjjfeifix 
?/flÇ ÏSHti î^t e^Urême., cfesl Ijç ; de^^ auquel on 
c *i<^ 3,yoi3ç rftGôUrsv ^, en'plàysiqne,, . Wérité, , cpn- 
\.f^^éiréfi^ d*abord, qomop^erhjpplhè^, wt .souvent 
. îl^ ijl^rnièrô qui ^ft|)<^iïJ^ à>L>^prif h^^lain^c•#st 
3f urj^ofttjrflans; l^jc^spriéfiem. I^ J^ et? le«^ 

; Çiiiajfi^ii& s»'éiant>^oi^nt^S: d'ob#«¥i^r.ks astTes ^ 

■ * * 

,nttfn9,teiUerM4>^>^u?r le* îippafjWjCes.de leur» 



I 
/ 



38 HISTOIRE 

pas dû 5ealem«nrsoùî^ç6nner que le moùvémrat 
^dè la Terre fût pôJisible.iLes^ Gi*écs, à l'épo^e^ 
Fytha^éVe, fie faiaoiént qu^ënlrer dans là caiTièi^ 
astrbàfOMiqué'; il^ ont été • éti'eore •moin^ dài^s le 
cas dé ^lé^èop^oirner. Oe j^téme , si phSosopht- 
-qae ; s'ëdt ^dtfiéèi'Vé dàfi»^ 1*1»^^ , où flùsjnUsio^- 
tiiaîi»é5 Vàiii ïiféWé. Il rfë«<pas doutèuxqœPytha- 
Çôre hè r«<lt'pui^ à'cfettè W)Uf0è ; maîssitesïri- 
'dîéris l^edt ;tMh»mÎ3 i Pyth&gdre , ce sy*éihelî*ë- 
•tdh'pëîilt Idtfr Ojuvrâgè^;;îl v€fiioil d^ l'hëfîtàge Ai 
tpettplè^tJi'à tenu le 5de{ltre dtfs sdie^nces dat^s 
TAûe:Ûëil^s\èàit, ârWsi qoè ië^tpériodés'inyéÉitëeis, 
' jtes ^éthîdiids^^ù*elte9 exigent , ne sont point lés 
teùh'féitéB éé'èt^ f§kïte. 0hiùi ^doit péiit-êtfe 
Ydtilcfd' lës'tdéës philûiophiqu^^ qui odt Maire 4e 
monde*. <jês' irbëthodeis sàVâ^rifea , prs(tiqiié«^ par 
êe^i^h6t\àtiid^. bés >sys^mes ; éës idées phil^sopbi- 
qÙQs^, dsfiis dés lélës c|ui lie ^s^t point pbrl6ls6- 
^hes^ tOttt itidique iiii^ ^petiplè ànférieur ank M- 
diétïiB, é€ ^âiix Gbaldëeite <; peuple ^i eut îSès 
'étientèèpfe§teéli0tit}éti ; urÉépbilôsopbié subKtiie 
ët^sagé/ét qt$r , en di^par^îi^sâiit de dësstis laTëfrt, 
à hv9aé*iHik peuplés 'qui Idl ont succédé^ qu^- 
^dés<vëriMsJ^ëës^dbâî^#sâ>Iadéstràcfi6^ , H 
i^tJte le haâiài^d<ftous'a'i!Offî(ert^és.'Ainsi'rfitlti^ûi^é, 
'éi <;élebré^^'^lU3te«(tis )iW}bhs 'savante , fa*oflf«^, 
dépilb4és QHftidééM'ét ieli^^dtens, ytfd^iu^'Nip- 



/ . 



0£ L'ASTRONaïUIL ANCIENNE. 31^ 

fMrqa^y que les débris ^s, connotssances ^e ce 
peuple 4 doat le noA même ^ laconxm auj^ur^ 
d*btti« 



' F ' • 



t » 



LIVRÉ lït 

premieri tèmpi après le délugay et 
de t Astronomie des Indiens £t de* 
Chinois. 

PARAGRAPHE PREMIER; 

US$it6t après le déluge ^ |e genre bumau » 
iloiiVf}(9 , se .dispersa V et Is^ Terre s^étant repeuplée, 
^ttsitre grapdes oalicHis^ s* élevèrent, saveû;, le» 
Indiens , les Cblnois et les 4^jr^iens dansl'A^ç> 
le» Atlantes dans rÂfrique » 'ou fJutôt 1^ Ethio-* 
l^eosy et les Egyptiens (|ûi leur succédèrent» 
fCItaqupe de.çes colieoies^, qui furent Torigine 
4e ^es nations, emporta quelque notion descon- 
4MM^;»}Çes.:^çbsppées au dé}ij^ ; mais les nations- 
le pUif , irijPh^nAeot parf^i;)^, daos cette snc^ssion ; 
ifi^rept^çelles de VAshfJJ^ restèrent dans le pay» 
méqie où airpi^nt babué leiS premiers hommes : les 
m»w u'iofçufot que U .tg»4|rioi»» les- autres ai^enH 



>^ 1 



« • h.^ 



■4Ô H r S T O I R E 

*iîe pTus leà monumèns;, 'car nous pemofia que lei^ 
6l)S(>^*vatIons , lés résultats /les préceptes * iastri)-» 
nomiques, tout étolt gravé sur des pierres; et la 
tradition qui subsista après le déluge, fut tirée 
des instructions écrites sur ceux de ces monu- 
niens qui résistèrent ^ri^pndatipn générale : ces 
faits, ces préceptes traces en caractères hîérogljr- 
fîhiquesvJfQrt abrégé$^apa doute,i n'étoient accom- 
pagnés d aucune. e:xplieation ; la n^énxofre s*en 
conse^a , mais rùtiliie et Tusage ^en perdirent. 
iVoilà pourquoi on retrouve chez lès Indiens tant 
de précept^ç spns explication; chez les Chaldéens, 
tant de périodes dont on ignoroit les avantages ; 
en ui)i mot , comme nous l'avons dit^ les débris 
pliitôt que les élémens d'une, science. * 

,ïl y a' apparence que les hommes qui ont *pr.é^ 
cedé'le délbgèjà hiesiiré 'qu*ils décoùyrbieht ;de 

iiouveiles'révôlutiohs; tehoient compte dé dès ré- 

» ' -tj ■' ' ' ' , ' . • 

Tdlùtiohs écoulées depuis Tépoqué de leur exîis- 
Yénce , en sorte qu'âpirès un temps quelconque tb 
poùvoiént toùjbuiVdifé'^îl s^est écbulé'tant de 
jours, tant dé Lunes,' tiant. de révolutions de 
SôTeif, tant de périodes des ëciîpsesi ëtci icea 
'différehs nombres* étbiént peut-être éèrits sur 
'difTéréns mpnuméhs! di^aque peuplade qui s'est 
éloignée dé la source àûrës te déluge; â compté 
les anciens temps q&'iif'ôm^^récédé p^^ 






'révolutions y sàîvant les monumens qa*eUe avoit 
consuNës ; de là 'est née la diversité des nombrèis 
d'iarinéf^s, quelquefois prodigieux^ qui formeqt 
les antiquités de chaque peuple, et en.mêm^e 
temps raccord de cea nombres si difTërens , lors^ 
qu'on les ramène à ces diverses manières :.de 
'cohlpter le temps. 

' Céstk la dispersion des hotaimes qa il. faut rap- 

'porter la naissaiiice des fables; les. hiéroglyphe^ 

*îhal'lnitendùs; lesriécits exagérés, et le gdût.na- 

^f urel* de Thotmile pour lé merveilleux , en sont 

les sources naturelles. On peut rdppeier à TAstr.o- 

lioffiie , cômtne a fait M. .Courti de ;Gebelin, 

Torigine dé plusieurs de ces^fablesi. Maïs, suivant 

notre principe',' que ;touté iable est t'enveloppe d^ 

-là'vérité, noua distihguerons,ce qui est, simple e% na- 

•turèl-dêce quiestcokitre la vraisemblénfce et L'ordre 

; de iâ' nature; Tûn eist* la < vérité ikistoriqiie , !le resta 

" é[5t ' allégorique î^et fabuleux : pae. a€f\ lea .oirnef^neiis 

^ doM ^*exagérafliqii,etle stjle figuréides: Otientmix 

^etnbelliSJkHent eesrécits; (elleestlaiablç d< Hercule* 

- o(é 'f on reophnbit visiblement: TaU^rie ; il est le 

's^bôle du;SbIêil toigénérali et ien'.piirticuUeff.dkt 

- 66kdl du prilitpmff^'; HébéT ipi/on bii^ domine ff^^r 
^Terrimè , est le ^5)rmboIe de là jeuiiesse;de,lfi^99|M^ 

- i]u1t rânlènfè ious>Ies ans*: ses» jdoaasie. travjwti fp^t 
Mês' doulsë s%tl6â^diiP zodôaquej^.;. . 






4à HISTOIRE 

De même les neuf mu^es «ont les neail moiji 

«de rannëe, pemknt lesquels rhomme tryaiUe & 

9à Terré ; les tnxs grâces sont les trois autres mcHs, 

'l^mois du pepoÀi de ramouk*et du pkisir : il n'eal 

pas dîfISciie . d^niaginpr comment toutes ces cho« 

^s exprimées d*uiie manière xpëtaphysique » oal 

donné lieu aux fables : les figures ont été prises 

'liéttr'ied&itst et laslroiiome devenu dans lOrienl 

te^ymbolèidu Soleil, dôint il a voit décrit la coul-sc^, 

il «subi une KiouveUè méiambl|>hoSe datis la Grèc^» 

'qui a)ypli({ua à ses anciens héros ^i^^utes les £able^ 

t^îmxaiéêt eï celle-d en psirtteilAier ik Hercule VArt 

rgonacrte^ aloils ce ne fut plus un astronome , ni 

^liA sjmbolev mais un* héros dèstrticteur dqs 

hi^Stl*es qui dévoroienft sa pe^rie^ 

' 'Le premier culte , quand les hommes envc^i}! 

^'abàndbmié le vrai Dieu ^ fui le culte des aMi^e^; 

ileisfdetaplus halut^ antiquité vchéii les Anabeà ; 

'liè^^tmnes ^ tperoiadés que leimouvemenl n'^ft 

-]Mt4ient i^*aux étires vivans, pensèrent qine tes 

«MF^Gfs «qui se «tieuveat eox^'raténies dans i*es|>aQe 

Vétihéré , éteient animés, par des int^tt^aces^ supé- 

'riétites : ^'est du nombre des •set>t «planètes, qui 

rfiM^niles sept:ptfeniièi«£e.iix^ ;qiifi naquirent 4e 

yëàpé(^, la si^^erslfitii^a de tt>«tes tes nations irt 

I^Àttieidièrenienl; des nations orientales , rpoUT |e 

nombre septénaire ; oaavoit donné aux pbmèlfi^ 



PE L*ASTRt)HOAilE AITCIENNE. j(S 

'le' nom des Crémiers hûoahes célèbres ;. on coni^» 
'fondât le génie:» ^moteur dé li^plaiaète., Âvee le(>er«- 
<dohnrage dcMat elle pocU>it le nom , èl ee fdrèat le» 
>préfinèves apothéoseaw : 

^Ce furdat les Uiérogl3npfae& qai proâuiBirent ces 
fsymcboles, et «donnènentnaissàiicè à oes*nofinreUéi 
divinités : on trouve dm tracés di^ la toatcfae ipiè 
^s anciens ont suivie^ car on sait qu'ils pètgnoiéfft 
Je 'Soleil s au selsliee d'hiver^ sow ia fçnrme dVm 
'^enfant ; au printeMpsv soUs la figaire d*0ii jeante 
ihonkme adoteteent ; 1^ /ic*éto!t im kokàme ainec 
4a' barbe pleine vraotomnè^ ce n^tokfdas qu*iiiii 
▼ieîHard :'IeSoteil;chiange6it de fcrrineHet'de VV8^ 
àchfiqiie signe dâasddKaque. On voit'éndamment 
quec^ pievfjtates Mnt la isoorce^ des idhsiaxt àes 
-équnioxeS', et des sdstic^s. 
V Une^hc^ irti-^€fmarqpiable v ç*cM qhiHl^emble 
que tes ICnntiiires édkniwëtpneà du «lord y «contre 
le préjugé reç^i -que la iTerre'è'est éùîAfée^'cômïûit 
elle s*est peuplée du jpfiidî au nord : les 6cjrthea 
sont une des plus ahciêniiës nations , lés Chinois 
' aii »cle0$éiidèiit vies Atlantes plus aneiêiis que lea 
l^gfpûemi, ^eà. desocmdent eafx-fnè|ties;; ^àdH la 
'Sibérie^ et en génél-al^soiis^ paraUèlf de 5o^, dn 
tfoutej'depuis lè'do^ ^ Idngkudis , j/m^pkâH^nSo^^ 
lèfli ve^jges de r<hab{taiidii 'd!tin^è«»ple)<}I<ri|U^ i 
Ït9 tmo^ dte plMvëarèVîâës, ^^fdblmn avenir 



V 



;f4 > y iri j T o î R*È' i 

•ét^ très^-florlssahtes , des niâiuiacrits dont leipapièr 

^loit de soie , les caractères traoés av^ec * de' Téiix^re 

' nàk la Chine; dc^Por et de l'argent , des pyramides 

qui servoient de*^ tombeaux ^ et des; inscr^)Aibi]|S 

fdans uoe ^langue incbiinue /enfin./, des figures 

'^Ihonounes ou.d*animàux^ en or^ en 'argent; , et; en 

bronsè vies ûguiies humaûues'étoient des répréseb- 

Jtaiioiif dqs -âiKÎnitiés indtenines;' les Indiens disent 

' .eùx-ffléinoés ique les^Bratnessont venus .da nord* 

ftiSL plua'^ârayante de toutes leurs pënîtieaefes,. est 

:ceUe qoiilièsirâit aller 'ea pèlerinage à laPa^cNle.dU 

igrànd ; liàfak;- de sorte qu!<ui I i:èncantre .dira i Id- 

•diôôs <|iiU'S0nt^vèni2s:à/ pied*, )iibi!tafit;dé JeàLi<et 

rdeapr^f isidn&depuis GaUcûtîtisqtJi'à Sètingenskcu ; 

^ ne pouirroit<f.oh pas^crelré que ces pélcrifiagessant 

un hommage queles.I&diejQs.reiidentà UrdSgt(;tai 

^ôù eue; jî^fenéftP la 'r*lî(giqa desliamas^îqst rëpan- 

* due pa];t but» .dans J'Asie .oriwitale , r che»; ItA M^- 

. gçk\ àji;dbiiije y au TtûhAt # daps les Indei^ 

• .^, , g. 1. !• 

i'.;l i^M^ppimoncque les peuplf^ du'nord bntpmicJai- 
I iroi; .4^ ;peupies4Béndiortftiiii;;ii. Reçoit .un nouveau 
f 4^gr/fe cte p:r6j»bilî4é deyJk.fuble du Phénix. Cet 
/ofoesiii:V < ifaïaàçbx, dans{ Kàntû^iiit^ , suirtotit ^ dans 
: t'^^^Pll^V lest'UniilueietisaiM «oijnpj^gne. ; Son pUi- 
«; loiigfêfM^qrfèticramQÎn». AfiràsiaYiûrttéQaiSki^Qtiw» 



DE L^ASTROîNOMIE. AHCIENNE,' 4J 

H Vient ;dè rArabî.e'en Elgjrpte, pouriçourir et 
retiâitre .de ses cendres' dans la vUleda Soleil, sur 
fsutel de. cette divinité. On a donné* différentes 
explications de cette, fable / et^apltisl^raisem^ 
biable est celle oili le Phénix est FemjiDléfne ^^une , 
révolution solaire , qui renaît au moment qà'ella 
expire» En effet /le Phénix, , uniiopie comme I« 
Soleil , brille des couleurs deJa iumlère/ Les àh-^. 
ciêns Suédois ont dans leur «Edda une fable^pa* 
lii^illeT; Ils parlent d'un oiseau dontlatéfeetlapot^ 
trlne sont couleur de feuV la queue et les aîksbleuf 
céleste : il vit 3oo Jours , après lesquels ^.sulvi de 
fous lés oiseaux- de passage,- il s*ehvoIe enEthlopie^ 
jt:faitson nid , s'j brûle avec son^teuf, de&cèndre* 
duquei iJ sort un ver rôuge quiV'après.avoir ré* 
<|i»ûvert ses ailes etla forme d*oisesu ,>r.epr^nd.soa 
vpl aveçleSKmàmes oiseaux vers le sépteptrion. La 
^conformité de ces deux récits, est ' parfaite-; il éstr 
tJsiblè.que les.peupl^ du nord «t les Egyptiepif 
<H)t< eu les* mêmes idées , ont peint Içimâme obietc 
soit 'én*> £aîsant voyager leur t>beau; irerç ie .midi.,, 
soit enief recevant dui nord , où de longues tén^-i 
bves^iBôitlUent placer' If empire de. la Quit> De I^ 
ii ^ est ' posfsible; dei' * distmguer laquette. des deu^ 
Sibléses^rofigiftaèe* Le JRhmfx , {irénant>spH vol 
reré Je '■ ùkîAl\ ei/sty/bin^ànt .pomr ae reniQUveler , 
0st^unlMÉmbI4i]ie^>d^)^^ainée et d4» biiMrcl»^: du. 



49^ R i a T Ô I R £ 

SoleU> qui n*a pu être inventé que par lés nalîona 
aeptdntrionaiea. Les pieuple» du midi joiuisdeiife 
tooa les >oxirs de la pré6ienèe da SoJeil} mais: ceux 
du nord le voyant s'éloigner, se perdre pendant 
quelque temps sous Thôrizon , i^enaitre , pour iAas& 
dire , en s*jr fnontrant de nouveau , ont dû ima- 
^inef , dana des lemp^ d^JJgno^aAce, rhistciré du 
nid, dii bûcher et du renoutellement du Phénix. 
Qiloiqu'en plaçant Tprigtiie des sciences au 
nord deFAsie, nous n'ayons pas eurintention de 
la transporter au pôle paéme ,'il y a peut-être 
pltisieurs fables, et inénfie des faits astronomiques» 
quierî récev'roient une explication naturelle. Tellei 
est la fable de Proserpine , qui pas^e tour àiour 
six mois' sur la Terre, et six mois dans le ïo^aume 
desr oiilbi-es. Cette fable recevrait une expUcatîofi 
aiiQ^e et vi*aisenib!able , en admettant qu'on a 
vouki peindre les phénomènes qui ont lieu vera 
les pôles , où la nuit règiie pënda^it «ix mois!, o& 
le Soleil remporte fû eflfet sur «lie une tictotrei 
, eomplète, puisqu'au jour de réquinQxet: aumio-* 
ment où i| mbnle sur l'horizon ,ii ne s'y montre 
que pour y régner à son tiour pf^dant .«jx moisi 
Ce serait peut-éire Torigine dei années de sîH 
«M^ia 9 qui alors ne serofent compôsifis que d'itlK 
jour ou d'une nuit dp pôiè. Leâ^habit^rls dp K^I^t 
ehatka ont eoicoise ces annéoi df) 4^ mpiik* 



DE L'ASI^ONOMIE ANCIENNE. 47 

ibble5,aitisi rëuniea, paroûsent indiquer difTër^nles 
habitations dea homi^es ; on crçil VQÎr l^ geqra ' 
liiimain suWre le Soleil el marchep ver» 1 eq^Meur^ 
D»is cette marche , purement hjpoth^tîque ^ 
rAatronomie n'auroît été ibndéé» ou meAt pxh 4^f 
accroissemens que lorsque les hommes, s*av^nçan|; 
ters le midi , découvrant un ciel npttvfiQu, ^M^toif^p^ 
joui tous les jours de la vue dtt.Spl^îlt Cç çlîni^t^ 
paroit être en effet rhabltatlon de ce peuple an- 
térieur et savant, et lé théAtre de TÂstronomieper'- 
fectîonnëe^ dont il ne reste plujs quede4 ve^^s. 
Un climat tempévé donpoit à 1$^ CQtiititMtipi) hu-i 
maine cet heureux mé^nge d^ for<:^ .et d's^tlviiék 
nécessaires au pro^èsde^ cOfmoiteat^^e^. JaQtsqm^ 
la science a été transplantée dan^léSif^/^ çt^^d^z 
elle est restée statiqnnàire. |!^s. homnie^ , Eorcési 
des'étendre pacunepopulationiOQiip^^^, p9^\'^ 
étreattirés par là dou<|eur de Tau* # flni l^QV^^é ^M 
ees ciiip^ts Tindol^ncd et la moUe^t^ l(# Qpi p^và^ 
le ^nié avec le ressort de leiurs prgart^ : fi^i^s 4i;i 
mérite de Leurs a^noétres , Jalouii d#s , 4ékrk ^^ 
hv^s rjckesses:, en même temps qillli élpi^t enn 
dormis et fixés par le paresse «iJU^QtKHitQP^^ 
serve aans rien eomù^b^. et sai^ mn prçj^aî^e^ 
Toot beei'n^est. qatme R^lli^ ^^iPillMxis ||y<3^% 
examiné -astionomiquiMi^Ql HHitf^ 1^ P9ffi$én 
quenoss. U est temps 4i revenir à l».>él*i<t4* W 



« 



4Ô' H i^ S W G r R ie;- . r 

faits de Plîidloire' iniliqueiit oçe aotrè àiarcho^âtl » 
genre faumaih; maïs ce que nous croyons àroif, 
établi sur ^des pr^omplioM :et des .probabiJît/éa; 
très r fortes , ç-est rèxistence dé. ce : peuple Irè^-^ 
puissant , très^éclairë ; qui a été la^souche deioïis; 
lés peuples de TAsie, ou ^du moins la:SOurce de, 
leur lumière ; c'est- son ihabîtalion au nord de 
l^Asie, sous le parallèle de*5dou 6o^ 



» ' t 



§. ui. 

' « « i 
* Quand on CrOpsidère Tétât de rAstronomiechezl 
le^ Indiens et les<!^inoiS| ony voit un'eignorance 
profonde des causes ; ici , lia pratigue des obser«^ 
vations ians résoif a ts; là i des résultats sans obserr 
vàtkif^ ; "àfé ;m<^thodes dont les plus savans; font 
usage sans 'les comprenctre, semblables, ;à dea 
étrangers <]ui (Akî retenu quelques phràsesid^unâi 
langue quils n'entendent .'pas.X'ûsage/de&.mé-» 
thodes, joint à Tignorande des prilricipes ,iprou¥e 
i^ue'ce^ âit^ho^esne sbnt^pbint Touvrage du:peu4 
pie qui les pratiqué. Il ne f£âut pas . croire mûème 
que ces princij^es^ jaient pu s^oublier v ce peapki 
peut perdi^e le 'Souvenir ;dft! ost{aiàs faits histo^ 
riquês, de certaines 'comiioissancesv'particuliÂQM* 
ét^ôlée^çmaSo c^eiSGiènceJifoirmp UO'Coips.d'i^déeisf, 
qui mtitu^lémêtit^ se eon8rrYènt's;et.^ défendent^ 
P s^ensuit doiic ipef c^$ÎJC($^piHMta:éisoDL che^ 



DE L'ASTRONOMIE ANOIENNE. ^. 

les Jixiiens de temps immémorial. Noua aVon» 
été instruits tout récemment des calculs astrono-» 
xpiques des Brames , par un excellent m.émoier. 
de M. Legentil , de TAcadëmie des Sciences. Oa 
y. verra des méthodes curieuses , des recherches 
intéressantes. M' Legentil a fait un aas^ long se--; 
jour dans TXnde ; il ii*a épargné ni soi^ , ni tra<« 
vail pour s'emparer de leurs connoissaoces et se 
mettre en état de les cpnciparer aux nôtres. Jl a eut» 
la patience de se faire le disciple d^ujn brame, qui, 
en -instruisant cet astr<7nome^ 1i;ii £siisoît rhon«; 
ikeur de lui ^trouver assez de dispQSttion. 
« Nous pensons que les Indiens foiimeni unicor^^i^ 
de peuple depuis Tao 3553 avant J.rC ; <:W Ja 
<}aie rédçiite d4^ règip^-de lear^ rob*; msAs., seAoa 
leurs calculs, leur aiiti<|uiié est bor;» de touiei 
vraisemblance. 11^ dWejcit qu^ lé JOdciiiée 4oit «durer 
43ao,ooo ans » diyi§é$ en quatre Âges. Lie pre^ier# 
lâge d^iâuocence , a duré i,7^S,ooo. ans ; le ^en 
çQod, i,^9Q,opo î 1^ troisième, SOi^^ù^o ;enai;i ; 
1^ quatrièiine, Tàge dlnfortuoe , celui où ils so«t 
préfierfi^m^nt,^ qufiU ^{^ellent càbJoug^m^ àoii 
d^iirei; 43^,000 i(ns« Il est évident que ce^ is^ldW 
Indiens ^nt Torigit^e des quatre siècle» des pOfètïiSâ 
Jamais la vérité n*a été nivelée iau nr^ensonge , dia 
mo^nsà la labFe , dveç un caractère plus piroprei^ 
1^^ f^ra,dii(ti|iguer. Le petit nombrerdes «anées du 
u '4 



5o H I f r o ï R fe 

dernier âge prouve qu'il renferme une véritable 
époque chronologique , qui remonte à l'an 3 loi 
avant J.-C II ne leur en auroit pas*plu5 coûté de 
donner à ce dernier âge , comme aux premiers , 
plusieurs milliers de siècles, s'ib n'avoient pas 
quelques mon umens historiques, quelques tradi- 
tions suivies, ou plutôt quelques observations qui 
kur servissent dëpoque et qui éXaU^Jsaent sa 
durée d^une manière précise. 
' L'année des Indiens est,>selon M. Legentil , de 
365 joui*s i5 h. 3i' i5''« Ces heures sont in- v 
diennes: le jour, qui se compte d'un lever du Soleil 
àl'autre, en contient 60; chaque heure 60 ', chaque 
minute 60". Les Indiens d'ailleurs partagent le 
jour en huit intervalles , comme ont fait depuis 
les Romains. Ces intervalles, qui sont pour eux de 
sept heures et demie , sont sans doute pour l'usage 
civil; au Keu quela division eo 60 heures est un 
usage astronomique. Or, cette manière de comp- 
ter , propre et particulière à la science , prouve 
qu'elle a été cultivée et perfectionnée : et comme 
les Indiens pratiquent sans inventer, ni riea 
perfectionner; il s'ensuit qu'ilsont reçu cette ma- 
aière de compter ^ avec les méthodes dont ils font 
usage , d'un peuple plus ancien qui en étoit fin* 
v^entéur. La généralité même de cet usage^st une 
ipreuve d« son antiquité. Le jour est également 



t)£ L^ASTRONaMlE. ANCIENNE. Si 

divisé en 60 heures chez leJs Siamôia , leà Tàr*^ 
tarej^ , les Perses , les: Chaldéens , les'l^gyptiens; 
enfin ches tous les peuples connus de Tandenr 
mondes ' 

Les Brames connoiisent le gdomon ^ et s*eix 
servent à plusieurs usages. C'est au moyen de cet 
instrument qulls orientent leurs pagodes : ils dé-* 
criventun cercleâï pied de rinstrumênt ^ et ayant 
marqué deux points d*ombre , pris dans ce cercle 
avant et après midi , ils partagent, rinte^n^lle de 
ces deux points , et tirent la méridienne. Ainsi , 
ils n*ignorent pas réalité de la longueur des om* 
très à égalés distances da méridien. Ils font celte 
ppération avec justesse.' M* Ii^ntil a4roùvé^qué 
les faces.de leurs pagodes regardoienf fort exac-* 
lement les Quatre points cardinaux. Uùssigé d'O^ 
riénter ks tiâtimens communs aux Indiens^ auis 
Chinois, aux Chaldécas» aux Egyptiens / est un 
reste bien marqué deTancienne Astronomie î et 
une prattqtte étaUie^ par quelque superslhiûli'i; 
mais qui:, cfaesces peuples divers^ a ^^mèoriginf 

■ commune* ; "• '* ' '^ ' ^"^ "■■ '■'''. "'^' '• 
, Ije. gnomon .leur sert. encore à distinguer la 

latitude des différentes villes', parkipropôit^ii 

deîlaiôngiieut dei'ombve à Jahauteiir du gnomon» 

lé jqur ;de Téqiiiindxeé Leis > doiize/niiuksônt ré^p. 

sàr iecoini^ So^etli? 



' *-^^T» W l-B 




$4 ..HISTOIRE'! 

q^e le Soleil re^te daiu* chacnxn des douae signes 
^u sSodistqUe. Ces mois sont ih^gaax; d'où ii ré'* 
fuite que ; les Brames: poniioidsent rinégalilé du 
Soleil. Cette forme de mois,oùil«ntre d^sfra^^** 
(ions 4^ îf>Wt est puriement iistrofiomique ; ils en 
ept:>ans doute; unelauti^ plu» commode dans 
ru$0g$ çiy'A i nc^MS ctoyoùa qu-iU doivent cuivre 
Fusa^eaikoién et gétïêrsA de fOthnt , de faire 
dp^si^ JiH)îsdèjtrente îours, avec cioq jours ajoutés 
^:la49v4e:l;àjinée«. . 



r.. 



.,; C^qulfllit te plus d'hcameurâ l'Astronomie 
d^fJbdi^lisr.cfë son^ lès Aiethodespour ies éclipses^; 
i}$^<;fijqfc}lânti aveié une graïkde céiëirité » avec aSseit 
d^' ipréciaiûd. lias Bfcames . aémUent des ihâlchines 
inofitéâsipeilr ^lealculer lea .éeUpses.Leuis ;r^és 
lant^^en, ryeds., qerils;:réQiteàt en opérant : ils se 
seryehtrdfiMCa^m i< eq^ésâe»coqaiUe qui sert 
dAititenQie dans l!Sn(]e:i£ettfrlBanîèi^ de calculer 
9^iVi%V0fé9f^f^4'^^^ prdmptie ei:^ex|iédiiiiire;maîs 
aussi on ne peut pas revenir sur ses pas;'OQ«ffîioe 
itoifiwre iqûjoa airat^eé , M», si rjdnrsfest trompé , 
Sl(ân9t.iracomknencer«>li!'^ e^j'i-^ •.:.<•-%' : ;si 
,r. Ja9ur4;piHDt)édés/ fiaiioissfiit'driiiaè simpticilësiii^ 
girftère ;i lat£»m:fe:3de !}a >lMJnQ% ia plifSLclo«i»pliqi|éB 



DE L'ASTR<)NOMtE i^NCIENNE. 53 

^oul emb^rra$59nt ni pénîbleé ll« troAv^at Wt 
diamètres du Soleil et de la Lune par une.'ppéY 
ra^iQp.^XQi;t .«mpl^^;qvip »,qu3 rappert^Jojwi ici 

comme up exfm^^ 9mw^. ^ Mi^.xhi^^m'i 
gfiïiàve8.,lk pr^pppi,!^ ffi§^ve«lw^ .dîv«r«î*yr^ 

de la Li«i^, le diivMiqt par.^&.: If.rfe3te4e It^^^r 

«d^r^ d». jSqleil 4 09 jaoi.iA|tîpJia«t s9^^mi9^T^rM9t 
diiwneyrai par, $ , f l la ilmP^t !^^V9^^:h S¥J0l\fe^% 
^ h ^^^lètr%^^^i 3çleil4 Qn ne peuHs'waf^éçhei^ 
dçpe^s^i! qiiç ce3;^bWRï| wçes règlfts ⫧ Gk^fi^fi 
app^rtieân.e»! A «ne. tjb^qtiiï ^vaa^a^»: i#ft pria-^. 
Qip^« ea 3ojûVcaobé^.avl)V]|0?4*b«i wM^-w^r^sotine 
iveyglb ,qm bpawpMpdyt ^ij^^s.ife^^u «JP^plQ 

: Quoique ç<5|iiç/qqj.ft|, ^fi/^\fin\ 4' J^^einqmlfi i 
Q'est-4-4îre le^Brftiwj^f ,jptiîsç^t ayaiçT »^^ »otioft 
a^Hëis jtiij^te^Q )a novii^llç ei de ta plei»w ^itfnf? i M 
peuple, plongé danslaplq6.pi!9(pn4f^;î^Qrat?çii; 
épique les pkdfies à i« iQgQiirei'ilpréHn4 <}»« 
UlfUiie est rçmpli* df simbroi&îé , ^t qqe^ le^s Pkfq^ 
viennenty ppe^idrelmif^^r^pa^, <^*^^C9 .qui fi^i» 
dimîauer:iia Ji|yaf»èi!i?; 1^6 r4g«lairité 4tf .r^jour 4^^ 



(T. 



64 HISTOIRE 

t^nouvelée \ et que les Dieux ont un appétit fort 
rëglé. • ; , 

i' Léd<Brtffii€3 placent lài Terre au centre de 
Funivers ; ils^ imaginent aept mondes^ ce sont les 
j^làiiètesV entre lesquelles la Terre , posée sur une 
tnontagile d*or, -occupe lelieu principal. - Il ne 
{)àroit'patsqùib connoissent le mouvement diurne 
6e la Tèh-é ; ils pensent îque les étoiles se^nieu- 
veilt:iis'disfent que be sont dès poissons , parce 
qc^'eirésî se méuvéïjit dans Pélhér , comme- les poîs-^ 
sons dans I^s eaux. Getteidée , qui sans doute 
n*est qii'uhè figure , eJst plus jiistë et ,plus philo- 
sophique c(ùt feéfle dés afkbi^s^ Grecs , qui s'ima- 
^inoiéht que les étoiles étaienj: attachées comnie 
des clous à la calotte- isphériqué et solide- du cieL 
Us comptent , faeuf' planètes ; kivoii*, les» sept que 
nous connoissons ,ètdeux di'âjgons invîlsS'Wes, qui- 
sont la c^use des éclipses. Il est aisé de sentir 
qu'un peuple qui, à des méthddes aL i uiJa t joint 
de^^cîauses absurdes d^s? pjiéiiomènes , à reçu 
â- ailleurs ces méthode^ , et n'a de part qu*à Tin- 
Tëntiôh des absurdités. . • v : .. 

- Quérir irôrdre des plànfèteis, tout pe qûéjnous 
éîi â^vônsi ô'ë^t qu'ils placent la Lune plus loin que ^ 
le Soleil. Cette înconséquenoe est extraordinaire ' 
et unique -daris Thistoire de TAstrohomie, peut- 
^tre .é^t^è parce que la lumiéri^de çeltè^ planèle 



DE L*ASTROKOMIE ANCIENNE. 5S 

H^ëchauffe pomt , qu'ils la jugent plus éloignée que 
le Soleil qui les brûle; ce n'est seuiement pas le 
peuple qui est dans cette opinion * ce sont les 
Brames miéme. U^ Brame de Tanger, se trou- 
vant en ptfison avec un de nos missionnaires , eut 
de longues conférences avec lui , il souffroit asses 
patiemment que le. missionnaire réfutât Tidolâtrie, 
qu'il dit tout ce qu'il voùloit contre les idbles et 
les dieux : mais , quand il yit qu^ ie mlsMÔnnarré 
prétendait que le Soleil étoît plus élùigné de nous 
que la Lune » il se lâcha tout de bon, et ne voulut 
plus lui parler ; les opinions religieuses sont cont« 
munéinent celles auxquelles on tient le plus; ma» 
sans doute que ce ministre d^s dieux étoit astro- 
logue , et que Taslrologie lui ëtoil plus chère que 
leur culte^ '' 

Les Brao^es abusent.de leurs connoî^À^ceb 
astronomiques en (àvéur de l'astrologie ; hé comè- 
muniquanJt point leur saveii , n'envidàt celui de 
personne f ils ont gardé leurs fables , leurs super-; 
stitions e.t toute la rouille de Tântiquité r chaque 
jour de la semliine, el chaque heure* dur jour et 
de la nuit, sont propres à faire- certaines choses dé*^; 
terminées dans un livre , ou espèce d'ahnatiach 
qu'ils nomment 'Fanfangarm II parott qu'ils se sont 
adonnés aussi à Tastrologie naturelle , et qu'i^ 
ont fait des prédictions relatives à r^icaUuire».lt 



:B6 HISTOIRE 

^ëtpit ordonne jiadi$ chez eux , par une loi , àb 
porter^ tou« les ansy au roi les prédictions qui eon- 
cernblent Jes. fruits de la terre , les animaux V les 

\ m * 

hommes en ^néral et ia pairie : celui qui se front.- 
poit trois fols ëtoit condamné au silence; lés 

« autres j^ouissoidnt idTuoe grande consklëration ; lés 
Brames styi^ï d'ailleurs fort attentifs aux astres qdi 
•s,e..jTOUvoient'au mértdie«i dam llnstant de h 
<f^9isSfmpe;/.d'Un enfant : mais» ito ont soin de 
;C^f;hey: le^s^cretd d*ua art qui les enrichit ou dû 
)ig]ç^in^ 1^3 f4|it vivre-} malgré toutes oeîs abtordttés, 

. jg^i^sf^ une iGonti^adictioiT singuliète aved leuiis 
.xnéthodDs salrantesy leur orgueil n'en est pas mùrn^ 
.ex^ef sif. Ils nousméplrisemr>KOUS dUtres Européens, 
^U. ]\1^ I^eg^ntîUieiiiouf re^rdent\& ^^xi près 
comme des sauvages qui n*ont point ôti pi'esquè 
^.oif]tt de coonoi^safocés ; fiers è^XeûttéhA^^ de leur 
.ani>qu jté et de leur ^aV-oir, ils ont peii^^ à' se figurer 
.qpe i^ous'CulHvÎQiisiêssdences, qu0 n<!râf5ayohb 
.€[ef lUiûyeriltés^ deâ académies:, comme' rb en onîl 
.dans, plu^eui's villèd .* surtout à Bénarës^ dans le 
JBei)g^^:j- la plus célèbre académie de- tout lln^ 
iiOiSUuat. Xj orgueil d« vlDdie»$ est la ^uité néces^ 
jSaûte.^eiJtor ancienne .supériorité; héritiers de 
çpnnois$iânoes du peuple aiitérieur quî fut M 
jSQurcejde la: lumière, ils ont )oui longtemps dtr 
|)^iyilé0erd*élfesettlviidàiféê ; leurs sages attirôlént 



DE L'AfTRONOMlÈ ANCIENNE. S7 

'' des contrées les plus éloignées, ceux qùî aspiroieftt 
à le devenir. La Tanité s accoutume aisément 'à 
donner sans recevoir ; mais , à la En , les autres 
peuples- s'éclairent , et cenx qui étoîenl jadis sé- 
parés parleur supériorité , ne le sont plusqué par 
leur orgùeilé 

S- V. 

Nous passons i une nation non moins s^ge ,noii 
moins antique, hiàis pins Iôngtemps-iiliD<innue à 
notre Eiirope. Nous parlons des Chinois, lïu 
"^peuple le plus ancren de la Terre, si Ton s'en rap- 
porte uniquement aux motilimenà authentiques; 
le plus-jaloux de son. antiquité et le plus soigneux 
d'en conserverie souvenir; s'il y a un' péupfe 
dont la chronologie et l'histoire méritent quelque 
♦crojance', c'est celui che« qui le soin de conserver 
-les faits historiques a été une affaire d'Etat, sou- 
mise à tm tribunal où tout est pesé, épuré avec 
Vécpité et le respect qui so^-t dus »à la* postérité. 
C'est le seul exemple qu'îly ait siir la Terre dl'une 
pareille institution. . . . ^ ^^ 

.Le* règffe de Pohi , le premier empereur de Ta 
Chine, est la première date d'une tradition certaine 
et fw)n interrompue, elle remonté â l'an 2952, 
avant J.-G. ; il parott que les solstices ëtoTent alors 
iconnus à la ChTùè , 'parce que Tempe rèur Foliî 



58 HISTÇfItE 

faisoit chaque année de« sacrifices d'animaux r it 
ces deux termes du i^o^vement du Soleil. I^s 
Chinois eurent une sphèf e 2700 ans avant J.-C^^ils 
n'avoient pas fait les méfies progrès dans les autres 
arts ; les caractères de l'écriture étoknt peu connus. 
Il est naturel que ies différens arts et sciences 
marchent d*an pas à peu près égal chez une 
iiatipn éclairée. On est étonné qu*un peuple qui 
avoit,à cette époque, des connoissaaees astrono-^ 
iniques si avancées , eût si peu perfectionné lart 
d'écrire se5 idées ; c*est une preuve évidente que 
ces connoissances lut étoientétrangèies , et quelles 
▼enoient du peuple inventeur quiTavoit précédé. 
. i]oang-ti , qui régnoit 2697 ans avant J.-C, est 
fauteur de plusieurs instrumens pour ' observer" 
le{» astres, et, eutr*autres, d*un instrument qui, 
sans considérer le ciel» servoit à connoitre les 
quatre points cardinaux : cet instrument ne peut 
être que la boussole qui . par conséquent, chez les 
Chinois , a plus de 44oo ans d!antiquité -, c*est 
ce prince qui établit aussi le tribunal des ma- 
thématiques et celui de Thistoire ^ deux insti- 
tutions qui feront à jamais honneur à ce peuple^ 
célèbre. 

L empereur, Yao , qui régna vers 2^47 f pro^ 
tégea spécialement T Astronomie, il ordonna aux 
mathémaiiciensd observer le cours de la Lune et 



» 

DE L'ASTRONOMIE ANCIENNE. Sq 

des autres astres , pour apprendre au peuple ce 
qui regarde les saisons. 

Sous le règne de Cbou-kang , 216g, avant J.-Ç. ; 
arriva une éclipse fameuse , parce qu'elle est la 
plus ancienne dont les hommes aient conservé le 
souvenir 9 et qu'elle sert à prouver Faulhenticité 
de la chronologie chinoise. Cette éclipse, qui 
n'avoit pas été annoncée , ou qui ne Tavoit paa 
été précisément pour le temps où elle fut observée» 
coûta la vie à plusieurs astronomes; ces lois pé- 
nales étoient trës^anciennes. Le père Gaubil pense 
qu'on avoit dèsrlors des règles très - sûres pour 
prédire lès éclipses ^ puisqu'on punissoit de mort 
ceux qui en avoient mai^qué le moment trop tôt 
oiitroptard;'nous crojrons que ces peines infligées 
^auxastronon^s, ne prouvent que Tignorance de la 
i(iatioji, et l'importance qu'elle attachoit à, une 
science qui ; : comme astronomie , réglott l'agri- 
culture , et comme astrologie avoit une graude 
influence tant sur le gouvernement que sur le 
peuple. On félicitoit leopHnces, lorsque lès écUpses 
livoiént étépIuspetitesqu*onneW avoit ahBoncées; 
les exposer au' danger des éclipses^, sans les pré- 
venir, devenoit.une crime de lèse-majesté: il jr 
avoit des cérémonies marquées particulièrement ^ 
pour les jours d'éclipsés de Soleil ; ne point pvé« 
venir de ces éclipses, exposer TËtat au danger 



6o HISTOIRE 

ê^ nfianquer la célébration de ct$ cérémonies^ 
devoit paroitre un crime aux jeux de ce peuple 
^ifpet3tit}eux él jidoux de Tordre et de la règle. 
JIAm ha asIroiiiQmes. chiaoii ausâî ignorans que 
ceâ peines font barbare^ , étoieat bien hardi$ 
d'acheter drt crédit et des bonheurs par le risque 
Sc«itinuel de leur vie. 

• • • ' ... 

§: V I. 

»« • *» . . • 

- Lea Chinma cmt tort anoiennement Tusage deà 
clepsidrea et du gnomon , il. FaHe^t bien qu ib 
eussent la méthc^e de tracer la Ugne miéridienniè 
par ies ombrés égales , ^ân^ et après midi , puisr 
que la plupart de leurs bAtimens sent exactemeni 
orientés , comme les pagodes des Indiens , et les 
pyramides d'Egypte; mais, ce qui estremarquablev 
c'est que dans la Cha)dée , les 'éclipses de' SdMÊ 
éfcoieiit né^igées, au point que la mémoire 'd*au^ 
Cttoe ne s*est conservée : à k Ghine, aii coùtlraire ), 
oh a tentt trèis-^pea compte dès éelipseji de Lune; 
celles qui j aont observées sont en petit nombre { 
ç^est que le^ éclipsés de Soleil y étoient plus liées â 
k superstition vil est certain qu^eUesont dû p»« 
roitre plus effirajantes , Thônime ' sent même ' par 
ihstinet combien le Spleil «st nécessaire; k lan» 
guevir apparente de ceti 'astre \ k diminution et 
quelquefois k perle totfile dé m lumière , <^nt dâr 



DE L'àSTHQNOMîE ANCIENNE. 6r' 

ifi^irei* d*abord Une pi w grande tertfiWTf que la 
dbp^dtlon . de la Lucie » dont on '. eoniçoît qu'on 
pourr oit se padser. ,1. i 

' Ij*Aatronomiéqula!v^t été eu honneur Maddae^ 
depuis Fohi juâquèfi v«|3ran, 4B0 avant J.-CV 
c'e&t-à-dire, pendant, quinze cents ans» sans qu'elle 
eût fait cependant de gra/ids progrès , fat tout 4 
fait négligée , et se perdit enfin : Tempire fut, di^ 
visé ; il se forma une infinité de petits Etats , dont 
ks prin<îe$, occupés k ee faire ]a guerne,>à envahir 
inuti;^lènient leurs possessions^ s'inquiétoîent peur 
delà culture des lettres et dessdences ;depuisCeflk 
faclus qui mourut îan 47g 9 ^t qui rapporté lesder^ 
«itb'esiédipses qu il avbit vues lu2^n^étoie,'jus<^dfe^ 
vers Tan 2o4 avant J.-C. , il y eut dans les obsern 
vatîons une interruption totale ; il n'y avoit plus 
dë^âlculs ni d'astronomes pour veiller sur ce qui 
se passoit dans le ciel , le tribunal des mathéma-- 
thiquesétoit détruit. L'empereur qui réunit taus 
^es pefilsËtatÀ divisés/ et i^ccmstratàit le grand 
empire delà Chiite, cf oja A t^ue répépsuffisoitpour 
conserver ce qui étoît acquis par Tépée , fit brûler , 
Tan 246|^pupledi9rres iHStodquasy'a^tto&ftimiques, 
et particulièrement les livi:es appelés j-kijf^g ; on 
i^§ ç<iX\^t^ ^pTf^x tpâ traiiMnf ntl àe V^îc^ 
ifiu*^^ ^Vast^ç^gj^^ de laoriédeckie , tre^is soiencet 
qpt'U . ^^S^dfit, îagpabeiluQent lioibme égàle»ieéill 



62 HISTOIRE 

nécessaires &m hommes. Quélîjûes pârtkuliei*^^ 
conservèrent des exem{ddîres des livres histo« 
rlques ; c'est par ces exemplaires qu'on a retrouvé 
en dgrase partie rhistoire des Chinois, et leur 
chronologie ; mais s'il j àvoit des méthodes et des> 
observations astronomiques , elles étoient déposée» 
dans les registres du tribunal des mathémathlques: 
çUes disparurent avec lui. Lieou-Pang qui com4» 
mença à régner Tan 206 avanjr X-C. , rétablit le 
tribunal, et favorisa T Astronomie i il fit recherehér 
et mettre en ordre les livres qui avoiéntMété cachés 
et conservés. Nous reprendrons 1* Astronomie chi-» 
noise à cette époc(ue , quand nous jetterons un 
nouveau coup*d*€Bil sur TAsie, dans des temps 
plus modernes. 



L I V R E I V. 

De V Astronomie des anciens Perses 

et des Chaldéens. 

PARAGRAPHE PREMIER; 

. • , . . . ' • ■ . 

On donne le noni d'Assyriens , de Chaldéens^ 
e^ de Perses « k tous les peu{des qui habttoteht 
l'Asie / depuis le fleuve Indus^ jusques vei^ la 



Di VAiTRO^OMlE ANClEIfllE. 63 

MidheffàMe. On tiié! compte ordinairement dans 
Cette p#rdÀ de TA^Ifie , que deux grands empires ^ 
ceux lie rïinive éf de Babjlone : mais il semble 
qu'd^pèut en a^uter un troisième, celui fies Perses^ 
doni fé siège lut ëtabli^^ Pers^polis, qui médie > 
ddff étfe plur ancien , si Ton s'eft rapporte à une 
chlçûifiologie bien liée, et suivie pendant un fông 
iitler^alle de 4^49 ^^^^ qui «Commence Tan SSoy 
ai^nt J.*C. Diemschid , un des premiers rois de 
Perse , bâtit ou embellit beaucoup PersépoHs. Il y 
a une tradition orientale , que sept ouvrages mer- 
reilleux , renfermés dans le palais de Dtemschid , 
furent détruits par Alexandre : on sait que ce con- 
quérant brûla le palais du roi de Perse , à Perse-» 
polis. 

Lorsque cette grande ville fut achevée, Diems- 
chid y fit son entrée , et y établît le siège de son 
empire. Ce jour remarquable , où le Soleil entroit 
en même temps dans le bélier , fut choisi pour 
époque, et devint le commencement de Tannée 
qui étoit purement solaire ; ce jour fut nommé 
Neuruz , c'est encore la plus grande fête des 
Peraea. 

L'Astronomie des^ Perses se bornoit à peu ^rès 
alors à la connoissance de Tannée solaire , et i belle 
de quelques étoiles: leur zodiaque avoit/ coihme 
€elui.des Indiens , h$^ de]ixx divisions. Ce qu'il y a 



64 HISTOIRE 

de singulier , c'est qu'ils pensoient qae les étoiles 
étoieDt plus près de nous que la Lune. Les Cbal-* 
déens n*ont point adopté cette erreur; ils plaçoient 

^ * * * 

les étoiles • au-dessus de toutes les planètes. Il n'en 
faut peut-éfrepas^ davant >^e pour prouver que l&^ 
Perses sont les plus anciens; car de deux peuples, 
dontlun a succédé à Tautre , celui qui a rdpinioîi 
la plus saine, sur quelque matière que ce soit, est 
le plus moderne. 

, Babylonefut fondée par Nemrod. Les Arabes 
disent qu'elle fut ruinée et ensuite rétablie par 
Hermès , qui naquit plusieurs siècles après le dé- 

• 

luge : on croit communément que Mercure ^ 
Hermèsi ou Tl^aut , éto^t égyptien , parce que les 
premières traditions qui le concernent , nous.sont 
venues d'Egypte; on compte même trois Hermès: 
If premier 4 qui vécut avant le déluge , grava lés 
principes des sciences en caractères' biérogljphii 
ques, que j'on appeloit alors la langue sacrée > 
sur des colonnes, ou «SteZesv, ^ui ont existé Ipng- 
temps dans la Syrie. Le second vécut 3362 ans 
avant J.-C.;c*est sans dc^^^t^ celui qui fut^ r*înveu^. 
teur des lettres ou caractères alphabétiques. Sil 
y, a ea réellement; u^n troisième Hermès., de'skrat 
l'auteur des observ^tioi^, laites 1846 ans seront, 
{lotre ère.^ ,.'>:•.' 
^ Pn commença à posipter .|)ar des amiées io* 



DE L'AÇTRaNQMIE ANCIENNE. 6S 

laires à Babjlon€ , Fan 1^7^ avant J.-C. Cette 
d^te estcelle du règne dupremierroi deBabjIone, 
qui porta le nom. de Ghaldéen. Les^ Çhaldéet|p 
étoîent étrangers ; ce fut répoque;de leur arrivée 
danslaBabjlonle. Ce roi j apporta la connoisisanGe 
de Tannée solaire ; il amena sans doute avec lui 
Zoroastre , qui , chez <ies peuples, passe pour l'in- 
venteur, de l'Astronomie. Une. foule detijaditions 
concourent à placer ce législateur célèbre dans 
rOriept, vers l'an 14^9 : on ne doit pas le confondr,e 
avec le second Zoroastre . qui fat le restaurateur 
de la religion des mage$ , et qui parut SSg ans- 
avant *J»-C. 

Bélus passe aussi pour Tinventeur. de FAstr^- 
nomie dans la Cbaldée; mais-cette tradition ne 
partit ni si bien -établie, ni si générale que celle 
qui en fait honneur àïjioroastrç. Le temple de Belles 
servoit en effet d'observatoire , c eçt là que futei^t 
faites ces observations chaldéennes , si longtemps 
suivies. 

Voilà toutes les dates qu'on peut fixer pu. con- 
jecturer dans l'histoire des Chaldéens. Nous ne 
. trouvons point chez ce peuple une çhron^plogje 
suivie con^me chez Içs Chinois: mais lestCha^ 
déens ,.d^jà inléressans par leur antiquité , Ift^qnt 
. encore dav.antage , parce qyi a notre égprd il? ,sopt 
.les resjtaurateurs de l'Astronomie. Le j^ln'est pîi^« 



66 HISTOIRE 

interrompu. Nous retrouvons les pas de cette 
science depuis eux jusqu'à nous : c^est des mains 
«des ChâJdéens , que les Grecs d'Alexandrie font 
reçue ; ils Torit transmise aux Arabes , d'où elle a 
passé eh Europe. 

§. IL 

LesClialdéens étoient' originairement un col- 
lège de prêtres, institués par Bélus sur le modèle 
de ceux d'Egypte ; la nation entière en a tiré son 
nom. Il est assez rare que des prêlres ou des philo- 
sophes aient donné leur nom à un pajs. Cèst le 
fruit du savoir et de la réputation de quelque par- 
ticulier qui à rejailli sur toute la nation. 

Ces prêtres , institués sur le modèle dé ceux 
d'Egypte , pourroient faire croire que les Cfa'al- 
déens ont tiré de TEgypte leurs premières coh- 
noissances , que les Egyptiens sont plus ancienne- 
ment éclairés; mais T Astronomie de ces peuples 
est assez différente pour faire évanouir ce soupçon. 
Ils n'ont point la même sphère /c'est-à-dire, que 
lès constellations , chez lés Egyptiens et chez les 
Chàldéèns, différemment dessinées, lie portent 
poiiil le même nom. Cette conhôîssance fondâ- 
trlëntale de rAstronoinie , décide ienliéremenl la 
question, li est simple qu'étant asseà^ voisins pour 
îfttte soijrent en guerre, quelques cônnoissances 



1>E L'ASTRONOMIE ANCIENNE. 67 

aient pu passer d'un peuple chez Tautre ; mais le9 
occasions en ont été rares. Les anciens ne paroissent 
pas avoir ponnu les avantages du commerce des 
lumières ; ignoraiis et vains , iU crojroient n*avoir 
besoin de persojane ; jaloux de leur supériorité , 
ils étoient mystérieux et peu communicati&Xiea 
prêtres ne contribuèrent pas peu à cette réserve 
et à ces mjstères'Dans rantiquité , les classes dç$ 
peuples étoient isolées , comme les peuples 'eux* 
mêmes rétoient alors sur iaTerre; ce fut un usage 
presque générai , que oeliiî de Tliérédité des pro- 
Cessions dans les mêmes familles , le3 unes étoient 
destinées à laguerre, d'autres à Tagriculture, quel- 
ques classes étoient ^réservées pour ies arts. Les 
prêtressattribuèrentpartoutexclusivementr^tude 
des sciences , et la langue sacrée qui en renfer- 
moitiés princtpe5^Sotgneux de conserver fa coh- 
sidératton attachée au savoir, ils inventèr6i»t les 
mystères, . et des préparations éfFrajrantes , pour 
•écarter ceux qui dévoient y être admis. lAti- reste , 
cet observatoire fia^e et diira)>}e , ces corps , ces 
^ollégesMtoojours subsistans.de prêtres «avàns 0t 
|>hiIosophes , furent très-utiles aux progrès dM^ 
^^ciêDces , ebaeun d'eux transmettoh le mémé-e»» 
-prit M ses successetirs : les hommesLchàngedi^nt , 
Ja constance et le zèle étoient lesiMèmes. 'Ces 
dbommes r qui des^rvoteai les temples ,-^puétoiexit 



"N 



68 HISTOIRE 

astronomes, cuftîvoient en même temps la divî*^ 
nation et là magie* Ne nous plaignor^s point de ce 
mélange d'erreurs et de vérités dont la religion 
^Stoit le lien : la |*eIigion a rendu T Astronomie plus 
respectable en la rendant sacrée ; celle - ci étoit 
moins une pratique qu'un culte. Il n'y à point 
de doute que ce ne soit une des causes aux- 
quelles on doit attribuer cette longue suite dk)b* 
servations , qui n'auroit pas embrassé tant de 
«iècles , si la religion n*en eût pas (ait un devoir , 
et si la divination et la magie, ces branches de 
Tart détromper les hommes, n'eussent fondé la 
constance suf des motifs d'intérêt et d'utilité. 

Dans ce long espace , où lés astres furent ob- 
servés avec tant d assiduité, on neut que peu 
d'astronomes dotit la célébrité soit passée jusqu'à 
nous. Le corps entier absorboit toute la réputatLon; 
les njijembres étoieut peu connus , et le mystère , 
dont les sci0nces étoient enveloppées, renfermoit 
laglpire desinventions particulières dansl'intécieur 
des temples. Sénèqu^e nous apprend que Bérdse , 
qu'il ne faut pas confondre av ec Bérosg Inîsto- 
prî^n , fut rinterprète de pélus; cet ancien roi 
.avoil. donc laissé des ouvrages; peut-être est-ce 
d'après eux que JBérose annonçoit à la Terre plu- 
'Sr0ufS'>Eléaux : il peiïsoit qu'elle seroit soumise à 
un' déluge et à uii emjbi^asement universel , le 



BE l'astronomie ANCIENNE. 69 

temps en ëtoît marqué par les astres ; Tmcendie 
général devoît arriver quand toutes les^ planètes 
se réuniroiant en conjonction, au même point» 
dans le signe de TËcrevisse ; et le déluge , quand 
les mêmes astres se troureroient aussi en con- 
;ont:tipn dans le Capricomer Cette prédiction de 
Bérose a été renouvelée bien des fois deptiis lur; 
Stofler y astrologue allemand du quinzième siècle, 
prédit que la conjonction de Jupiter , Saturaie et 
Mars, dans le signe des Poissons , en iS24i cau- 
seroit un déluge universel ; et cette prédîotîonr 
Jeta la terreur dans toute TEurope. IlyenavdUem 
une p^areille pour rannée 1186. Les Orientaux, 
qui .ont cultivé ^Astronomie , ont eu les mêmes 
idées, et ont attaché les mêmes craintes aux con« 
jonctions des planètes r ressemblance remarquable 
des hommes de tous les climats , qyû^ tombent 
dans les mêmes erreurs, aux extrémitésdu monde; 
0*est sans doute le souvenir des révolutions quo 
la Terre a éprouvées. Les conjonotions de piu* 
£^et|rs., ou de toutes les planètes , sont rares, ces^ 
phénomènes , qui ne se laissent voir que pair dès 
générations très*éloig|iées, qui se préparent pen^. 
fiant des sciècles». sont eârajrans pour les esprits 
foibles de tous les pays ;^^ la génération présente na 
les connoit pas;, Texpérieiice seule peut rassurer 
Vbom^e ^ j.eté. sur la Terre par la nature^ et iorr 



ye HISTOIRE 

quiet de tout ce qu*elle opère autour ie lui : li 
cercle des erreurs menait en finissant , comme 
celui des orbites célestes. 

LesCbaldéensconnoissoient les sept planètes et 
leurs révolutions. On dit qu*ils faisoient la Terre 
creuse et semblable à un bateau ; cette opinion 
semble extraordinaire dans un pajs où rAstro« 
nomieétoitsi anciennement cultivée. Lesbi&toires 
sont pleines dé choses Incohérentes, parce qu'elles 
flous sont rendues par des ignorans. 

Les Chaldéens étant en possession de la période 
^e deux cent vingt «trois mois lunaires , pou^ 
voient' prédire les éclipses de Lunç;m9is iU na- 
yoient qu une théorie imparfaite des éclipses de 
Soleil. Il n'est pas douteux qu'ils ne connussent 
la division du )our en soixante parties, comme 
tous les autres peuples de FAsie ; ils eurent égs^- 
lement la division en douse heures , les heurex 
ëtoient subdivisées en minutes et secondes. Lea 
Indiens même ont de ces subdivisions plus petites 
que ^nos l^ierces ; quant aux instrumens pour me-* 
surer le temps ^ les peuples d^ Babjlpne ont dû 
avoir des clepsidres et des cadrans : les clepsidres 
sont en usage aux indes, elles soAt très-anciennes^ 
en Egypte et à la Chine» 

Nous avons peu de détatb 9^r les obse^atioi:!!^ 
cfealdée^nes^ Lç père 6aul>ll rapporte c^u« le* 



DE L*AST1lOIfOMI£ ANCIENNE. 71 

Lamas ont beaucoup d'anciens livres de religion 
ou de sciences, dont quelques-uns font mentioa 
de ce qui se passoit 4 la tcHir de Babjlont , eei^ 
Iiv]:es seroient curieujc; mais les auteur* arabes, 
plus près que nousi de k soiitrce , à^eUfirom dix 
siècles , les Arabes qui habitoîen^ le pays même» 
ont eu bien des lumière^ qui 19011^ manquent ; 
ces trésors sont peut-être ^m leqrs m^^nuscrits^ 
quç nous pos^dçm , çt q^i r^^^tç^it iiiuti^s faute 
de traduction. Il seroit bien à s^uka,^^ei^ que quel- 
que jeune astronome eût a^ea de 2^^ pour se* 
dévouer à Tétude de ta langue arabe , et pçuc: 
tirer ces trésors de leur tonp^aq. 

Cette tour de Babjk)i)^ étoH ^içts le tempTf de: 
Bélus , eHe avoit un stade df^ bauteur v Pietro-^ 
della^VeHei qui , dans les çbapps déserts où fut 
Bàbjlone « croit avoir relrouvf^ le;s ri^iifies de ee 
temple t d^ que tes- n^urs re^i:d<sf|t )e^ quatre: 
parties du monde t ainsi cet usafi» des Indiens 
et des Chinois, <|*0Fienter les bàtimens, appartient 
aussi aux Chatdéen^ i ce fut f usag^ g^éral de 
ïksif et de l'antiquité. Babjlone avoît dîonc desf^ 
bâtimens égaux par teu» masse,, s^ttx pjxamides^ 
d'Egypte; les pj^ra.mide^ sont encore deb^^ elt 
la toiur de Bélus n'existe pltiftSi^ 



ya HISTOIRE 

Une partie' des observations des Cbaldëena 
étoît c,ès' (éclipses ; une autre avoit vraîsemblà-* 
blemerit'pôur objet lés 'apparitions des planètes,^ 
c'est-à-dii^e le xrioment ' où , commençant è se 
dégager des rayons du SoleiP, elles se laissent 
âpetcevoîr immédiàlement avant le lever de cet 
aslre. On observoît' encore leurs stations , leurs 
rétrogradations , et quelquefois leurs conjonc- 
tions avec des étoiles ; mais le plus grand nombre 
dé ces observations éloient des levers et des cou-»' 
chers des étoiles. Ces observations dû lever et du 
cbti'aher des étoiles , étoîent lé fondement de 
Tastrologie naturelle. Des habitansde la Cilicie et 
diî* Mont Taurus observoient soigneusement le 
lever de la canicule, ets*en serVôîent pour prévoir 
Ta' récolte et le^ maladies de Tannée; en général 
toutes les intempéries des saisons étoient liées 
aux levers et aux couchers des étoiles , autant que 
des observations vraies ou fausses avoient pu Tin-^ 
dîquer. Elles sèrvoieht encore à Taslrologie judi- 
ciaire, et Diôdore de Sicile nous apprend qu'il 
j àvoit'sans cesse, au haut de la tour de Babjlone; 
un astronome en faction, qui observoit les levers 
et les aspects des astres, au moment de bk nais- 
sance d'un enfant^ 



DE l'astronomie ANCIENNE. yS 

' On peut soupçonner que les Chaldéens avoient 
tenté quelque opération pour mesurer la circon- 
férences de la Terre ; ■ ils disoieut qu'un homme , 
marchant dun bon pas et sans s'arrêter , feroit, 
comme le Soleil, le toux.de la Terre d^ns l'espace 
d*une ainnée , à raison d'une lieue par heure ; it 
ieroit efFectivement , s'il pouvoit soutenir une si 
longue marche, huit mille sept cent soixante - six 
lieues dans une année dé trois cent soixàntè-cinq 
jours un quart. On sait que la Terre a neuf mille 
lieues de tour ; M. Cas^iniiestime qu'un homme à 
pied , marchant par un beau chemin , et du 
même pas, douze heures par jour, feroit le tour 
de la Terre en deux ans ; s'il marchoit toujours, il 
le, feroit donc dans une année; c'est précisément 
Cisque disoient l^s Chaldéens. M* Cassinî heparoit 
pas avoir songé à eux, puisquil.ne les a point 
cités, et le plus habile astronome moderne est 
ici'd'accordi sans j penser, avec le plus aitcien.' 

Les opinions des Chaldéens, sur les comètes, 
sont celles qui leur font le plus d'honneur, iU 
étoient sur ce point d'Astronomie, c'est-à-dire, 
si^r 1% nature de ces astres, aussi avancés que nous 
le aomjn^es depuis Newtop, Il y a voit chez eux 
4eu^ opinions opposées ; les uns disoiènt que les 
comètes étoient produites par un certain mou-** 
v^mexit deil'aijr agité (çt .pressé en t^^urbilloo ; lès 



74 H I s T o I a K : 

autres rangeoient les comète» au nombre de* 
étoile^ er]:a|iitieâ ou des planètes. On ajéute même 
qu*ik ëtoi^nt parvenus à connoltre leur cours* Ne 
spnt-ce pas, en effet , les deux opinions qui ont 
3?ëgné en Europe au commencement du dix-huî^ 
ûè^ie siècle ? Cest là que Sénèque ay4)it puisé cette 
philosophie , el cette fameuse prédiction de la con- 
noissance future des retours des comètes , dont on 
9 lait tant de bruit depuis trente ans, et qui ne lui 
appartient pas ; il n*a qije le mérite d*avair fagé 
et adopté cette opinion très-philosophique. Sans 
doute les 1900 années d observations suivies dee 
Chaldéens , le ciel pur de leur pays , la constance 
des observat^irs qui se rele voient et ne laissoient 
jamais lé ciel sans témoins , ont donné au peuple 
de grandes fiicilttés pour apercevoir les^ comètes ; 
mais Gonunent a'«t*il conpu leur retour ? Cette dé- 
couverte dépend d'observations que les Chaldéens 
n*ont jamais pu faire ^ et d*élén)ens qui leurman* 
quoient absolument^ Si cette opinion n est pas ^ 
comme nous Tavoa^ pensé , un reste d*une Astro^ 
nomieplus ancienne , il faut croire que le hasard 
les a bien servis. C'est ainsi que quelquefois les. 
vérités ont été découvertes. Le partage des sentie 
Moeus des^ dialdéen^ sur ia nature des eomètes ne 
lient point à l'ignorance ; nous nous condamne^ 
fions nous-mêmes en jes jjugeant ainsi idk ea 



P£ L'ASTRONOMIE ANCIENNE. ^5 

serlons-noiM , si on regardoit comine ignorant et 
barbare , un peuple ches qui aucune vérité utile 
n'a pu 6*établir «ans contestation? 

Si nous voulons apprécier le mérite astrono* 
mique des Cbaidéens, nous n'établirons point 
-notre jugement sur le globe de la Lune, moitié 
obscur et moitié lumineux , tournant sur son axe 
pour produire les phases et les éclipses , c'est Tex- 
.plicatipn de Bérose : nous reléguons cet astronomie 
^t ses absurdités aux premiers sièc|es des Chal- 
déens et a lenfanee de TAstrononiie. Nous ne 
nierons point les découvertes qu'ils ont faites, les 
opinions saines qu'ils ont eues , patce qu'iia en 
eurent de ridicules; doit on mêler et confoiidre 
ces différentes opinions, leur assigner la même 
date, et, en jugeant les unesincohérente<r, regarder 
les autres comme fabuleuses , tandis que c'est nous 
qui les dénaturons en les réunissant ? que devien- 
droit notre philosophie et nôtre métaphysique , 
si les dépôts de nos connoisaances étant péris « 
on comparoit quelques pensées de M. l'abbé de 
Gondillac, et des morceaux des auteurs scôlas* 
tiques ; notre pliysique et notre géométrie , si 
fhorreur du vide et les quadratures du eercW» 
^ùî ren^is^sent tous les|oixrs , étoleat rapprocMf^ 



76 HISTOIRE 

de la réputation que laissèrent apris eux les 
BtffTon , les Glairaut et les d*Alembërt P enfin^ 
que devien droit notre Astronomie , si l*on nous 
contestoit la mémoii'e subsistante de nos décou- 
vertes, en citant Topinion renouvelée et défendue 
de nos jours, que les comètes sont des météores 
sûblunaires P II n'y a qu'un moyen de juger ttn 
peuple dont l'histoire est peu connue, et d'appré- 
cier nés progrès dans les sciences , c*est de saisir 
dao^les opinions qu'il a eues, dans les découvertes 
quon lui attribue , Topinion la plus saine, la dé^ 
couverte la plus proff. nde , et de dire : voilà le 
terme de ses connoissanees , voilà latnesuré de ses 
lumières; cent opinions fausses et absurdes ne 
peuvent prévaloii contre une seule judicieuse ^t 
• vraie. Comment marquer le terme où Tesprît 
humain s*est élevé dans un srède P est-ce par le 
.génie qui rhonore , ou par la médiocrité qui rend 
ce siècle semblable à tous les autres p Un peuplé 
se juge- conime un siècle. Si donc nous voulons 
, établir le degré d'estime qui est dû aux ChaldéeUs 
, astronomes, nous le fonderons' sur la constance 
de leurs observations ,'snr les périodes du mouvez 
.ment de la Lune , sur la connoissanee du thouve- 
;hiènt des fixes ^ sur Topinion du retour des co» 
.mêles, et nous dublîerons'touiesies absurdités 
. doat les historiens ont chargé leur ntëmoire. IL j 



DE L*ASTRONOMIE ANCIENNE. 7) 

a encore une. autre manlèîre die juger un peuple; 
c'est de. comparer ses découvertes Au temps qu*il 
a mis à les faire. II est sans doute une certaine 
relation eiHre laUurée i£une sciante et ses progrès ; 
ce nouveau point de vue ne sera, pas si favorable 
aux Chaldéens : le&frults que nous avons recueltHs 
^nt en petit nombre , pour vingt siècles d'obser-^ 
yations ; que rï*auroit-on point fait en France , en 
Angleterre , si l'Astronomie y datôit de cette am 
tiquité ? Il paroit que les Chaldéens furent sans 
invention et sans génie. Ils suivirent constamment 
les observations qui leuravoient été indiquées, et 
Je p^u de découvertes qu'ils ont laissé, est dé 'à 
.quelques étincelles, qui ne s'étant point coipmu^ 
«iquées ^ s éteignirent bientôt : mais ces décou^ 
^vertes jsont louvrâge de la nature , elle en doit 
.conserver la gloire, Les Chaldéen^s ^: malpé le^ 
erreurs qu'on peut leur impoter '^\ doivent être, 
ref^rdés comme le plus savant des peuples connus 
uie l'antiquité. » 

. . . Om leur reproche Vaistrologie dontla nation iàt 
' tellen^ent jnfigctée^ que lestistrologueset jles devins 

de^toute. espèce furent dans la suite appelés Chaf^ 
;}dé$P^. L'astrologie est une>erreur universelle , c'est 
• une lâche quQ l'histoire imprimesur la mémoire ^ 

tous lespeuples^lçs Chinois;^ si sages ^ si éclairés, ne 



\ 



jS HISTOIRE 

s'occupent-Ib pas encore de» prédictions de cet 
art prétendu ? Il n'y a pas longtemps que nous-^ 
mêmes avons secoi:(é le joug de cette espèce de 
superstition. Il ne faut donc jfgifi imputer au:t 
Cbaldéens seul , Terreur de toutes les nations i 
peut^tre ont - ils contribué à la répandre danâ 
T^nivers ; linais Fastrologie est un abus de T Astre* 
nomie , et si Tabus est né chez e*ux, c*est une 
preuve que la scienceyestnée elle-même, ou d« 
moins j a été renouvelée: c'est une preuve quelle 
y étoit ancienne , que les connoissances y étoieni 
descendues dans le peuple , qui dénature tout , et 
que les prêtres, conduits par leur intérêt, ont 
trompé la nation , pour la dominer plus aisément ; 
^^ailleurs nous devons dire que chez eux-mêmes^, 
chez ces prêtr^squiabusoient ainsi de la crédulité. 
Terreur ne fut pas générale. Parmi les Chaldéens , 

•dit Strabon » (^ J'JK^ ^ 9^^j9J}Lff!!9f^?ld9^j^^:P^^^^ 
aux hommes leur destinée sur les eirconstançes 

de leur naissance . mais les autres ne les apj^Uf* 

rent pas. Il seroit injuste de reprocher aux 

Chaldéens !de qu'ils condamnoîent 6ux-mémes« 

Dominique Cassini commença sa carrière par 

l'astrologie «et si; la jeunesse d'un grand homme 

a pu tomber dans eette erreur , le peuple , qui e^ 

toujours dans l'enfance , doit atsémeqt s'en laisser 

iafecter:il ne £iat donc pas juger cette natieh 



DE L*ASTRON0MIE AMCIENNE. j^ 

4Sur les 30tjs qui la dégradèrent , ni sar les fripon» 
^uî 1 ont trompëe. 

. Nons n'ayons point parlé en particulier des coii- 
aoissances a^tronoiiàiqq>es des Phéniciens, qnotqnte 
ces; peuples passent dans Tàntiquité pour y avoir 
été très*versés. Le commerce , dont ife^dnt donifé 
le premier exemple; la navigation, qui a pôrfii 
feurs colonies dans la Gaule,, dans TËSpagiie, daiib 
{Irlande et dans lâ plus grandepartie de PEùrope, 
les ont conduits, d[it-on,àfinvéiitiofl[de Faritbméttv- 
que et de T Astronomie. lUnavigadient'à Taide des 
étoiles de la petite ourse , qui en a reçu le nom de 
Phénicienne. Mais on^ut^juger-^e^euple^^r 
sa réputation même ; ce sont les entreprises de 
commerce qui l'ont rendu prinéipafement fameux; 
ce caractère dominant de la nation est peu com- 
patible avec les progrès des scie»éés.-il est naturel 
de penser que les Phéniciens ont attiré , établi 
chez eux tes connoissances ùtfléfs âti commerce, 
qui faisoit le soutien de ce petit Etat, mais ikne 
Jes ont point inventées. On peut croire «eiilemelil 
ijiver Astronomie, née mi niUleudu; grand cooK 
(inent iie TAsie , s^ét^nt avancée de |)mçhe eii 
proche ijusques aux bords de la ix^er , fut avide- 
ment embrassée. par les Phéniciens , qui e^ firer^t 
aussitôt rapplication au commerce nuaritii^eé Cette 
application est une véri(^ble invention ^ qui leur 



8o HISTOIRE 

fait honneur , sans cloute : mais Jes notions ptim!''' 
tives, les principes, venoient delà Chaldëe/trop 
voisine déi !l^éniciens , po^ur n'avoir pas été la 
source de leurs lumières ^ cet égard ; les Phéni- 
ciens enseignèrent à léuc tour ce qu'ils avolent 
appi'isyet comme leur commerce embrassoit pres- 
que toute i^X^rre, les vaisseaux transportèrent pai^ 
tout les connoîssances astronomiques:, et acquit 
rent au^ Phéniciens, une réputation plus grande 

4 

que celle des Chaldéens , qui furent indubitable* 
ment leurs maîtres. * 



L I V RE V. 

# • » • ) 

De T Astronomie des Egyptiens. 

* \ 
. I • »/ » • . » • f 

PARAGRAPHE PREMIER. 

1« » « ♦ - ' 

JES' Egyptiens prétendent qulls dont enfans de 
la Terré, çt les plus anciens des homknes qui Tha- 
«bitent Chaque peuple en peut dire autant; on 
n*e^t pas réçti à déposer selil de sa noblesse. Les 
Grecs > peuplé toujours exagérateur^ qui avoifirit 
tbut tiré de TEgjpte , de qui les villes éloient des 
colonies égyptien nés, ont vieilli leurs prédécesseiu*3, 



DE L'ASTRONOMIE ANCIENNE. 8l 

pour se rendre eux-mêmes plus respectables. Mais 
ce n est pas être fort ancien , que de l'être plus que 
les Grecs; les Egyptiens considérés comme hab^ 
tans de TBlgjpte , sont |?^ut-êtfe les plus modernes 
des peuples qui nous ont occupés jusqu'ici ; ce 
sont les Ethiopiens, leurs ancêtres, qui sontvrai^ 
ment anciens. L'Ethiopie qui est un pçvs fertilet 
fort élevé , fut habité presque. aussitôt aprèjSt le dé- 
luge ; l'Egypta alors n'étoît pas aussi étendue qu'elle 
l'est aujourd'hui ; les Ethiopiens prétendbi>nt 
même qu'au commencement du monde, TEgypte 
n'étolt qu'une mer , m^îs que le Nil entraînant 
dans ses crues beaucoup de limon d'Ethiopie, 
en avoit fait une partie du Continex^. II; est cer^ 
tain que TEgjpte inférieure a été habitée la der- 
nière. Le débordement du Nil a dû p^roitre^uri 
grand obstacle à l'agriculture, avant querindus|rie 
humaine eût reconnu qp'elle poiivoit t'y rçofdhs 
favorable. Les Ethiopieps, quand leur population 
devint plus nombreuse, s'avancèrent vers la haute 
Egypte j, et leurs colonies la peUfii^èrent. 

L^ nom d'Inde que portoit jadis l'Ethiopie, les 
Gymno^ophistesou le^ Brames que l'ony retrouve, 
comme aux Indes, indiquent que les peuples» qui 
habitent ces deux différentes parties du monde V 
peuvent avoir u<ie origine commune. Onres2arqu0 
^même <^ue beauj;oup,db villes et djs contrées oitf 



8â HISTOIRE 

dans rinde et dans TEthlopie , xles noms sem!^ 
blables.. Certains traits de ressemblance entre le 
zodiaque égyptien du P. Kirker , et le zodiaque 
indien inséré dans les Transactions philosophie 
ques , confirment singulièrement cette opinion. 
♦On a regardé le zodiaque du P. Kirker , comme 
Buspect ; mais ce soupçon tombe par les traits de 
•ressertrbbnce que ce Père n'a pu deviner. Nous 
n'en citerons qu'un, qui est frappant ; c*est celui 
dusigne du capricorne. Les Indiens le représentent 
parunbélieretunpoissonséparés; les Egyptiens en 
ont fait un monstre, moitié bélier , moitié poisson, 
que nous avons conservé dans notre zodiaque. Ici 
Timita^ion est évidente : on peut même aller plus 
loih 7' il ne semble pas naturel que les Indiens, 
^d*uti' animal en aient fait deux, et peut-être doit- 
on c6iiél\xre'q\xe lé peuple chez qui Ton trouve ces 
deux animaux réutiis , e^t le peuple imitateur. Il 
est probable que la mer Houge a été formée par 
une irru{>tion deTOcéandans les terres. Strabon 
nous apprend que le détroit de Babel-Mandel fut 
autrefois fermé , et quei la communication étoit 
ouverte eptre l'Arabie et TEthiopie. C'est par là 
sans doute que ce paja s*est peuplé. TJranus vint 
le civiliseï* et jr enseigner les prernières notions de 
l'Astronomie; Atlas y apporta rinyentièn de la 
sphère. On connoit là fable d'Atlas chargé du 



DE L'ASTRONOMIE ANCIENNE. 83 
. . ♦ • .• « 

pôitls du ciel. Cette fable désigne- visiblement 

l'invention de la sphère.' A-t-on voulu niarquer 

• • • 

par là Ife poids des occupaiîons qu'îî's'ëtoîl'Fïnpô-* 
sées y en veillant jour et nuit à. i observation des 
astres? A-t-on voulu peindre l'entreprisfe îni- 

• ■ 

mense delà recherche des causes, cbmrhé un far^ 
deau qui accable (a faiblesse humaine Vf^i*deau 
dont Atlas séloit chargé, et qu'on a' figuré par 
le monde pesant sur ses épaules ? H tf j a guère* 
d'apparence que le peuple, réce'mmdrit civilisé 
par Uranus , ait enveloppe des idées métaphy- 
siques dans cette fable ; il se présente une expii^ 
cation plus naturelle : Atlas inventa^ la sphère , 
c'^st-à-dire , il fît des dîfférens cerdes du ciel uneî 
rcprésehtatio» portative; H en démontra Tusage.' 
Oh lui vît porter cette figure du monde: Les tO'- 
cîts de l'admiration furent exagérés V suivant la 

coutume; et depuis, la traditîôik' qui Confond 

~. ' ' ' 

tout-, a dit qu Atlàâ avoit porté l'univers sur se» 

épaules/ • '••' '-^ '**-" '. '''* '■•■ ' \ ; 

* Là mesure .du tempî et de Tannée a subi 

beaucoup' de GhangèméTàschéz'lés Egyptiens', et 

fût fort àiflfererite' dans lés dîfféreriis tetrips , d'où* 

hait la confusion de leur chronoîd^eiEh lisant 

leurs histoires, ou plutôt les extraits qui' nous en' 

re^éiit, on voit quWont Compté égâlèrtiê^t^et sanâ 

les distinguer, par des années qui n^éfoiient point 



/ 



94 HISTOIRE 

semblables; îl j a apparence que les provinces 
d^igypte , qui avoient chacune leurs Dteux » 
s^volent aussi leur manière particulière de compter 
le temps ; les Egyptiens eurent des années d'un, 
de deux , de trois , de quatre et de six mois ; les 
sonnées d'un mois étoient les révolutions' de la 
Lune à regard du Soleil ou à Tégard des étoiles; 
les années» de deux mois étoient lâ période de 
soixante jours, connue dans TAsie; les années 
de trois fmoi^, des saisons, et celles d^ six mois , 
rintei*valle d*un solstice ^ ou d'un équinoxe â 
Tautre , que Ton retrouve chez les Indiens et cbe^ 
les Tartaresj; mats les années de quatre mois^ont 
plus singulières. Nous n'ignorons pas que les an- 
ciens auteurs nous disent qu'il ny avoit autrefois 
que trois saisons à Tannée , qui par conséquent 
4toient de quatre mois ; cependant le temps n a 
d*autre règlç que l'Astronomie , et nous n'ima* 
ginons pas quelles observations pouvoient faire 
le partage de l'année en trois saisons. On dit, 
ce qui n'est guère vraisemblable , que cette divi- 
sion de l'année en trois parties , étoit réglée par 
ie Nil, qui croît pendant quatre mois, déçrûU 
pendant quatre autres, et deipeure quatrçmoîs 
tranquille. 

Les quatre principales phases de laLuneonl 
indiqué à, tous. les peuples la division du ipois 



DE l'astronomie ANCIENNE, 85 

OU de , la révolution de cette planète en quatre 
parties de sept jours chacune , qui furent appelées 
semaines : on attribue aux Egyptfens Tldée d*avôir 
dédié chacun de ces sept jours aux segat planètes, 
ou aux dieux qui les gouvernent; cependant 
cet usage se retrouve chez les Indiens et les 
Chinois I et nous en avons conclu que cet usage 
général leur vient à tous également d*une source 
commune. Quoi qu'il en soit, il paroit que lés 
Egyptiens réunirent , très-anciennement , cin^ 
quante-deux Semaines , pour former une année » 
à peu près lunaire ; dç trois cent cinquante 
jours» 

§.11. 

Hermès, Chaldéen, né à Calovaz, passa dans rELi- 
ihiopie , vraisemblablement 3362 ans avant J.-C. f 
il j fonda toutes \^ connoissancës , il régla, dit-on» 
le culte des Dieux', parce que sans doute il y ap«- 
porta les rits et les usages de l'Orient , les hiéro*- 
glyphes, les principes de la religion et des sciences 
qui y étoient cachés , et institua dans les temples 
les mystères de TAsie. Il plaça dans les sanctuaires 
ces tables de pierres gravées, qui de son nom fureM 
appelées Stèles^ en égyptien ThoU, parce que 
l'Hermès des Grecs et des Chaldéens portoit ea 
Egypte le nom de Thaut. Il indiqua le «fuite d'Her^ 



86 HISTOIRE 

cule, symbole du. Soleil ; et delà ces villes, ofc ce 
culte fut établi, qui portolent le nom de DlospoUâ 
et dHéllopolIs; enfin, îl fut Tlnventeur de l'Astro- 
nomie , Dârce qu'apparemment il avolt recueilli 
les restes de lanclenne Astronomie déposés dans 
les monumens d'Asie. < 

Une colonie d'Ethiopiens passa dans TEgjrpte 
supérieure , et y fonda la ville de Thèbes, fameuse 
par ses cent portes. Les Thébains, qui les pre- 
miers cultivèrent l'Astronomie en Egypte , s'aper- 
çurent que leur année de 36o jours, s'écartolt 
de cinq jours de la véritable révolution du So- 
leil , et ces cinq jours nommés Epagomènes , 
furent ajoutés à la fii) de Tannée aux douze mois 
de trente jours. 

Ils remarquèrent bientôt qu# leur adnéeétolt 
en défaut d'un quart de jour , por le changement 
du lever de la Canicule. Cétoit pour eux le plus 
Jntéresisant des phénomènes astronomiques. Les 
.prexn,iers hommes qui se hasardèrent à descendre 
dans la basse Eg)rpte, virent détruire leurs ca- 
banes , entraîner leurs troupeaux , périrent peut- 
être reux-mênies en partie, parle débordement 
imprévu du Nil; dans le temps Ye plus sec de 
Tannée ^ sans aucune pluie précédente , le fleuve 
grossissoit, sortoit tout à coup de son Ht, et em-* 
portoit avec lui tout ce qui se rencontrolt dans les 



^ 



»E L'ASTRONOMIE ANCIENNE. 87 

plaines. Ce malheur ne sembla d abord qu un ac* 
«cident , mais II ne falloit que quelques années 
pour reconnoitre quil étolt périodique ; dès que 
ces calamités] suivirent quelque règle, on espéra 
de parvenir à les prévoir; on éftidia les vents , 
l'état du ciel , et Ton s aperçut que , quelque temp^ 
avant le déb^yi-dement, une.très-b'elle étoile semon-^ 
troit le matin , du côté de l'orient ^ av^ant le lever 
du Soleil ; elle ne faisoit que paroitre , elle étoit 
presque aussitôt effacée par Téclat de Taurore 
naissante* Comme elle ne sembloit se montrer que 
pour avertir , on la'nomma Taaut , c'est-à-dire ^ 
le chien, d'où elle retint le nom de Canicule. Cette 
étoile devint le signe public sur lequel chacua 
devoit avoir les jeux pour préparer les vivres né* 
cessalres pendant le temps de Tinondfttion , qttt 
duroit plusieurs mois, et pour ne pas manquer le 
moment de se retirer sur les terrains élevés. 

Le commencement de Tannée civile arrivoit» 
tous les quatre ans , un jour plutôt que lerenou- 
yellement de la révolution du Soleil ; cette année 
étoit donc vague* , c'est - à - dire ^ ses différentes 
parties répondoLent saecessivément à différentes 
saisons de l'année splaire;.elle servoit de règ^e pour 
Jes fêtes , pour les sacrifices qui se célèbraijen ta cer- 
tains jours marqués ;. ainsi pes fêtes et ,ç^ sacrificef 
rétrogradoieni continuellement, et parcoaroient 



/ 

88 HISTOIRE 

les différenj jours de Tannée. LeijEgyptîens, bien 
loin de corriger ce défaut, y attachèrent une sorte 
de superstition; ils avoient'en horreur toute espèce 
M*intercalation , et crojolent bénir , faire prospérer 
chacune des saisons, en les faisant jouii' tour à tout 
delà fête dlsis, qui se célébroît en même temp# 
que celle de la Canicule. Ce dérangement delWdre 
civil étoit même si respectable à leurs jeux , que 
dans la cérémonie du couronnement et di^sacre 
des rois d*Egypte, les prêtres les introduisoient 
dans le sanctuaire d*Isis , où ils leur faisoient jurer 
de conserver Tusage de Tannée vague , et de n« 
jamais souffrir aucune intercalation dp jour ni de 
mois , quand même ces jours ou ces mois seroient 
-destinés' à être consacrés aux dieux. Comme les 
!Perseë leur^ voisins, et quelquefois leurs maîtres, 
avoient T usage de ces intercalations , les Egyptiens 
craignoîent qu'on ne lés introduisît chez ^î(jx; 
Cette année vagife ne jpouvoîl servir à f4^èr les 
travaux delà campagne; Tagriculture dépend deî 
saisotis qui ^ dans cette forme d*année , étoient 
nlobiles. Le terme des labours, des semailles , étant 
déterminé par celui du débordement du Nil , ils 
avoîent une autre année qui comm/pnçoit le jour 
du lever de la Canicule, et annonçoit ce déborde- 
ment. La première étoit civile et religieuse, celle-ci 
ètoit rorale. . ^ . . 



DE l'astronomie ANCIENNE. 89 

En supposant quq ces deux années , religieuse 
et rurale , eussent commencé ensemble à une cer-<^ 
taineépoque, le commencement de l'une devoîts'é*- 
loIgnerd*unjourtou$ les quatre ans^du commence- 
ment ie l'autre, et Tannée religieuse rétrogradoit» en 
remontant Tannée rurale ; il s'ensuit, qu^au bout 
de quatre fois 365 ans , après 1 460 , ces deux années 
dévoient recommencer ensemble; c'est cette pé- 
riode de 1460 ans, qui fut si fameuse chez lea 
Ëgyptiens » à laquelle ib avoieni donné le nom 
de grande année. 

Nous ne devons point passer sous silence deux 
traditions singulières , mais fabuleuses , que les 
prêtres égyptiens racontèrent à Hérodote. Ils di-^ 
soient que dans l'espace de il,34^ ^^9 , on avoît 
vu changer quatre fois le cours du Soleil , et deux 
fois cet «stre se lever aux mêmes points de Tho-« 
rizon où il se couche maintenant. Us ajoutoient 
que Ton avoit vu Técliptique perpendiculaire k 
Téquateur. Nous ignorons si ces fables renferment 
quelque vérité cachée; mais on n'a pu la découvrir 
îusqu'ici. 

§. III. 

lies Egyptiens conhoissoient la rondeur de là 
'Terre , la cause des phases et des éclipses de Lune. 
On ajoute même qu'ils annonçoient fort nettement 
ces éclipses , ainsi que celles du SoIeiL Thaïes qui 



90 HISTOIRE 

avolt appris d*eux à les prédire , ny a pas été fort 
habile , et il en faut conclure que les maîtres étoient 
des ignorans » ou que 1 élève leur fait peu d'hon- 
neur. On leur attribue un grand nombre d*obser-* 
Tations; savoir : SyS éclipses de Soleil , et 83a 
éclipses de Lune» Telle est effectivement la pro- 
portion qui règne entre ces deux espèces d'éclipsés, 
yuessur un même horizon, et, pomme le remarque 
Ihistorien des mathématiques , c'est une preuve 
qu*elles ne sont point fictives , et qu'elles ont été 
réellement observées. L'ignorance » quand elle in- 
vente des faits» île rencontre pas si heurei.oemenf « 
On peut estimer qu*un pareil nombre d'éclipsés, 
90US un ciel sans nuage comme celui de lEgypte 
ou de la Chgldée , peut être vu en 12 ou i3oo ans ; 
or y comme ces observations avoient été faites avant 
lie règne d'Alexandre , elles remontent | i5 ou 
1600 ans avant J.-C. 

On dit encore que les Egyptiens observèrent 
les planètes avec assez de soin, pour avoir re- 
connu leurs mouvemens , tantôt directs , tantôt 
«tationnaires , tantôt rétrogrades, et pour en avoir 
dressé destables de temps immémorial. On peut 
croire quils eurent Tidée de la pluralité des 
mondes que M. de Fontenelle a si ingénieusement 
rajeunie. Us appeloient la Lune une Terre éthérée ; 
d'ailleurs c'était l'opiaion des Pithagoriciens ^t 



/ 

) 

y 



DE L'ASTRONOMIE ANCIENNE. 9! 

lâes Philosophes de la secte d'Ionîe, dont les îns- 
titutem;s, Fîthagore et Thaïes , avoient tout puisé 
en Egypte : à Tégard des étoiles , les Egyptiens 
pensoient que ce sont des feux , dont les émana* 
lions tempérées forment, par leur mélange,' tout c0 
qui nait sur la Terre ; car ils furent infectés de 
i'astrologie. Il seroit à souhaiter que leur savoir as- 
tronomique fût aussi bien constaté que leur erreur 
en ce genre. M^néthon , prêtre égyptien , a publié 
six livres de rêveries astrologiques , et il est asse£ 
singulier qui! n'|ît tiré deTintérieur mystérieux 
des temples, que ce qui faisoit peu d'honneur a 
sa patrie, taâdis qu'il a laissé dans Toubli ces 
observations nombreuses que les prêtres citoie^t 
et que personne n a jamais vues. 

Les Egyptiens essayèrent d'estimer la distance 
des corps célestes , ces déterminations sont ab- 
surdes; ils en conclurent que Saturne n'est 
éloigné de la Terre que d'environ 164 lieues, 
le Soleil de laS, et la Lune de 82. Nous aurions 
honte de les rapporter, gi Thistoire des erreurs 
de l'esprit humain ne devoit pas accompagner 
celle de ses découvertes. Les sciences, comme les 
hommes ont leur enfance. Quand on voit marcher 
un adulte fort et vigoureux, on oublie quil s'est 
traîné surlaTelteausorlir d^sorl berceau; quand 
on arrête ses regards[^sur les premiers développe-. 



j^3 HISTOIRE 

mens de V esprit humain , il faut lui pardonner 
ses erreurs, ses essais maladroits, et jusquesaux 
faux pa^ qu*il a pu faire dans une route où il s est 
acquis tant de gloire ; les siècles s*accumulent 
comme les pferres d*un édifice ; le dernier siècle 
iia rien à reprocher au premier, la pierre qui est 
au faite est de la même nature que celle de la 
base y et la base contribue à la hauteur, du faite. 
Mais ce qui fait infiniment d'honneur aux 
Egyptiens , c'est d'avoir suivi Mercure et Venus 
dans la partie de leur orbite yjoù ils ne sont pas 
Yisi{)Ies4 et d*avoir deviné leur véritable marche ; 
ib sont le seul peuple de l'antiquité qui se soit 
élevé à cette vérité. On deipandera s'ils en sont 
réellement les inventeurs, on s'ils n'en avoient 
pas puisé la connoissance dans une antiquité plus 
f'eculée : c'est un problème que le 'silence de5 
auteurs ne nous permet pas de résoudre ; on n'en 
trouve point de trace chez les Orientaux : on a 
douté qu'elle appartint aux Egyptiens , parce que 
Ptôlémée n'en parle point dans son grand AI-* 
magesie , parce que Platon qui voyagea chez eux, 
qui fut instruit par leurs prêtres, en rapportant^ 
l'ordre des planètes, place Mercure et Vénus au 
dessus du Soleil. 

La source de toutes ces contradictions est le 
mystère dont les scientes étoient enveloppées che% 



DE L'ASTRONOMJE AltCIENNE. $3 

les anciens en général , et chez les'Kgypiiens exi 
particulier: ils avoient deux philosophies, Tuno 
claire , intelligible et simple , qui étoif abandorlné^ 
au vulgaire ; Tautre cachée , réservée aux prêtres 
seuls , qui n*étoit écrite qu*en caractères hiérot- 
glyphiques, et queTop n^enseignpît que, parades 
emblémes^^ celle-ci contenoit sans doute les conr 
noissances les plus sublimes. C^est dans cette phi- 
losophie qu*on ne pénétrait Nqu*avec peine ;/le| 
prêtres en éloignoîent sojgneusemefnt les et rangers} 
il fatlpit des recommandations et le crédit des /oi^ 
d'Egypte pour y .être, initié. 

Cçs mystères devoien t être très-anciefisen Egypte, 
et^enf ore plus en Asie , qeux ojËieusis en Grec^ 



nen sont qu'une, copie.. Au reste i ces mystères 
consacrés des la plus haute antiquité par un long 
usage , n'étoient poi||t une. afFectatipn ridicule ^ ni 
peut-être Teffet de Tintérêt seul ; pourquoi ni^ 
seroit-ce point le fruit d^la sageçse et de Texpé* 
rifençe de^ anciens ?. Le peuple est s^p^vqnt ingrat 
eny,ers çeu^ qui réclairerU* ]L'ignor?nce se défend 
aye|€ vigueur 9. elle a, toujours en ré^^rvc; d^s armes 
offensives : CQmlNen de grands hommes auroient 
véçuti^^nqqillesy aùrol€^t%été hoÇiP^^s eltserorent; 
morts dans leur pafriç.» ^i une langue savante eût 
renfermé les vérités qulls avoient d^qçuyertes! Il 
«si def temps où il faut déçober; i Teuif ie les l^ieat 



Ç4 ' HISTOIRE 

faits de l'esprit, comme ceux du cœur, cacher $d 
vie^ suivant {e précepte des anciens, el n instruira 
les hommes qu'après sa mort. 

§. I V. 

Les Egyptiens s'occupèrent beaucoup de la 
mesure du diamètre du Soleil; ils bht employé 
diverses méthodes qu'ilfàut sans doute attribuer 
à des teibps différons. Les rois d-Egyplè se ser- 
virent de la course d'un cheval vivement excité ; 
ils savoîént le nombre de stades que' ce cheval 
parcouroit en une heure. Ik nlaYqûoîent lé nombre 
^de^çeux:,q4'i|,^a3gjt^|^ ^^«l4aoiXè t^\ps 

l'horizoïl , et ils en concl\ir^t4Q .^^I^PQlÀ^.^i^Wt" 
mètre dé ce disque à là circonférence du grand 
cercle que le Soleil décrit (^ns son nioâvertiénï 
diurne. Après rînvenlîbh^ dés cadrant et de^ 
clepsîdres, tantôt ils se serirôîetit de respacepâi:- 
couru par Toitibre pendant que le Soleil se levbît ; 
comparé à l'espace qu'elle parcojirt' dans lihë 
heure ; tantôt ils niesurotent' bar la chute de Peaii 
le même temps et le même rapport. Ces méthbdei 
étoient sans doute très^défec^tiëùsèiif; mais ce' Sont 
les essais qui b"ïït produit des' essais* pîushéifrénx; 
on aime à voir tes premiers efforts de l-indùstHe] 
on y retrouvé le méme^ e^pirit qtii notas aniixie au«f 



/ 



DE l'astronomie ANCIENNE. 9$ 

fôurd^ui , les moyens iseulement sont difTërens ; Il 
falloit employer ces moyens pour apprendre qu on 
deroîtles rejeter. Si lesEgyptiensne s*ehétoientpas 
servis , peut-être nous en servirions-nous encore 
nous-mêmes. N'oublions pas que les iavans de 
tous les temps forment cpmme un^ Jxation qui 
voyage; si nous , qui vivons actuellement , sommes 
nés au milieu de la carrière , c'est que nos ancêtres 
s'y sont transportés. 

Les cadrans et les clepsidres parôissent d'une 
très-^grande antiquité en Egypte, ^ous pensons 
que l'usage des cadrans a précédé celui des clep- 
sidres ; soit que cet usage soit né daris le pays 

même , ou qu'il y ait été apporté d'Asie. Nours 

• 

en jugeons paroles, déterminations du diamètrW 
du Soleil , qui lurent faites en se servanl.de ces 
deux instrumens. Celle qui résulte des clepsidres 
^st beaucoup plus exacte que celle qU; on. obtient 
parles cadrans. Gètte mesure doit donc être pos- 
térieure , ainsi <jue rinvçntiQQ on CiJisage de 11|i|- 
truftient. 

Les clepsidres ; quoique iious les supposioxîs 
plus modernes , sont cependant d'une date trë»- 
ancienne. La fable, reçue en Egypte, du Cyiid- 
céphale , qui ,' urinant douze fois par jour, a in« 
diqué la ^division du jour, én/lai considérant 

• . ■ • 

comme fable | dénote une antiieane ori^iie; Ce 



<S^ 



$6 HISTOIRE 

n'est jamais que dans des temps très -reculés, que 
des fables pareilles se mêlent et s*fdentlfient avec 
les faits. Ijcs Eg;yptiens , pour conserver celte 
tradition , plaçoient toujours un Cynocéphale sur 
leurs horloges d'eau* M. Goguet pense que les 
obélisques des Egyptiens furent des «rnomons; 

et mstrument dut être le premier Inventé ; les 
édifices, les arbres, en avoient donné l'idée, et 
lart bientôt y ajouta une forme plus commode 
avec une plus grande élévation* De*là ces ma&ses 
de pierres si élevées, taillées en aiguilles, que l'on 
nomme obélisques. En effet, le choix de cette 
espèce de monument ne paroit point fait au ha- 
sard : on a pu donner aux pyramides la form^ 
qu'elles ont , comme la plus propre à résister aux 
intempéries, des gisons, et à prévenir Téboule- 
ment de la masse; majs la forme alongée d^s 
obélisques, leur base étroite , relativement a le^ 

uteur exces^iv^ ' -^vment beaucoup de poids a 

i» , T^_ M I I 1 i r < - I -~ - - - j , ..1,1 , 1. — ^ , 

.la conjecture u^ M. Goguet. On place finvention 
des obélisques vers le temps de Sésostris, qui ré«* 
gna, suivant M. Fréret, dans le seizième siècle 
av^nt rè;re chrétienne. Us soat plus anciens chez 
ie^ Chaldéepf, s'il est vrai qu'on ait dressé une 
aiguille njTfamidale sur {e chemin de Babjione , 
. paf les or,dç!;s . 4^ Sémiran^Is* Le^ pyramides , 
.Ç]ps .moïmi9€## :<J# U, Jf!ammc^ çt de, la vanité 






y 



DE L'ASTftONOliflË À^GIENNE. 97^ 

des rois d'Egypte , tùùi *aufisi pn monument dct 
kUr Astronomie. La j^lu^' grande à ses quatre 
faces exactement dirigées vers les quatre partiel 
du monde. Or, comme cette direction ne peut 
être Touvrage du hasard^ il s'ensuit que, dans 
lé temps où les pjrramides ont été construites , 
les E^ptiens savoiént tracer une méridienne»* 
Voilà \Ia preuve la |>lus complète que nous ajoiis' 
des observations é^ptiennes. Ces grandes massea^x 
semblent h -avoir été élcfvée^ , n^avôrr réalité' auac 
outrages du temps, que pour déposer de leur 
savoir astronomique. Dîoddre de Sicile dît qu^eHes 
exxstoient de son temps , depuis 34oo ans , selon^ 
les uns , depuis 1000 ans , selon les autres. Gette^ 
dernière date seroit trop récente, comparée à l'o-^ 
ptnioti de la haute antiquité de ces pjrramides.^ 
Peut-être ces deux dates pôutroient^'élles subsister! 
ensemble, en supposant qu'elles am>arfientièni' 
aux différentes pyramides bâties près -de Mem*^ 
phis'et près de Thèbes : celles de Thèbes sesolent^ 
les pius anciennes. 

. ' , §. y. • 

• « 

Li'opinion presque générale des Musulmans est' 
que ces pyramides ont ét^é bâties par <9Iah*ïfeft- 
Gton, monarque universel du monde, -avahlf 
Adam. On ne peut assurément leur assigner tiMf 

I- 7 " 



9^ H I s T 0,1 HE 

plus grande antiquité , que de placer leur con^* 
trucUon^au temps où rien n*existoit. Les. Copias 
disent «qu*elies furent élevées, arant le. déluge», 
par un^ roi nommé Saurid , et ils apportent en 
preuve une inscription gravée^sur une d<q qqs py- 
ramides. Tout cela prouve seulement qu*ejles s.ont 
très-anciennes, et qu*elles pourroient bien en effet 
avoir 34oo an^ d'antiquité au temps de Dîodore 
4e Sicile. 

Au aompiet de ces pyramides étoit une plate- 
forme », où Proclus prétend que les prêtres fai-. 
soient leurs observations astronomiques. M^is il 
ne parott guère vraisemblable que » dajns.un pajrs. 
plat et découvert comme TEgypte » on fit usage 
d'observatoires si élevés , où il auroit été si long 
et si pénible de monter, tandis qu'en rase ciam- 
pagne^.ou du moins, dans des bâtimens ordi- 
naires 9 on embrassoit facilement le .spectacle du 
ciel entiei;. II ne faut pas croire qu'on y nionta 
pour prévenir et voir plutôt lever les astres; car^ 
dans ces climats heureux , où le ciel est serein , 
l'horizon est bordé d'épaisses vapeurs , et Ton ne 
voit les étoiles qua trois ou quatre degrés iê 

hauteur* 

L'Astronomie avoit dégénéré chez losEgjrptiens 

vers le commencement de notre ère. X^orsque 

Stfabp^ voyagea enËgypte^ on lui montra, à Hé-i 



tiopoIU) lê lieu où avoiéntrésidé tes â^onomeâ} 
tnaîs ced astronomes n*jr.éiListoIenl pliis;,'i^ njr 
livoî^ (|tte des prêtres ^iniquement cDnsda*és au 
icvltt de la rellgtom C^ipi^étres ^e ri^oquèrent 
de Çlieiriraion , pfaiiosopiie grécj rensë: dans la 
coqnolssaiit^ de T Astty>m>mre , qui' accompagnoit 
09Slius;6aitu8«nBgjpteVtant ils ëtoiënt«%lu)rans 
âk>i<S'> et vams encore du* siavoîr qu'ils havoieht 
|)las«^IIs5ô souvbnoîent que leurs ancélres^^ aydiBnt 
ël^ 4iii'pèiiple téciairé , et la source dé laviuimère 
pour l«s'|k€Ù pies de itEurbpe^ Ils moRtdoîèfit avde 
cbm|>li»isarice^ ies «HÛsètis'où^avoienti^a&ité Su-* 
doJtâ et Piéton, qui j. passèrent treifle.anfi) à j*Ins^ 
Iruifef barMî eux. G'étoieni les' restes de leùf 
gl<»re passée ; ils ne «pouyoieiittpItisaeiTâ&terquô 
dés* élèiire^ qu'Us avoîént faits. Straboarn^ dit point 
les eahsiss de ce dbangément'j itxaisrohipjeut soup-^ 
(onnet que Jés pt^catstions iquiils aroîent prises 
de tout ^emps , poUc rendre les sbiences inâc» 
te5Bil)leds^cimtribuèi*ent à tes faire lotibKer.Ij'es^ 
prit djd corps 8*altè^/.méme à la longue i.rîiH 
dolencé. àiaccéda sahc^ doxite au zèle et à Pacti-' 
Iriié. On peut.oroirë qd'ik^nVroidnt point dé. dic*> 
tionnaire de la langue sa^rëe» Le sens x]e ce» 
ktéro^ljphes:^ n*étanC eoafië quà la mémçiv^ des 
koinhles,^ae pierdàt iside«isiblemehl çt en- «datait 
lia •i*9dlèrent. biealdt tapéctateurs;JinuUiis.:d^QC8S 



lOO . HISTOIRE 

çiAoaûLnessttrjaLDtei , qU*il$ n*entendoieAt pl\^; C>^ 
fe(^i pfduve quil» it'ayàîeQt point ^r^4e iQon*^ 
noisskvces de .pratique, qu'ils ne, faiioient point 
dlefatemttioftt , dont ru3dge* se setroît ctoèervé 
piuaÊtcibxRient. :Qn peut croire encore que * la 
jalQuaie ,i qui dut s'élever entre le. coUëge dea prér 
trea -et récolè d'Alexandrie , ferma. laiiOe. coxn- 
tnukuGation. aux luniièi>e5k Les prètcea étoiciiifc un 
ancieniétablisaeineiil i-ojalnlane durent point voir 
aanâ «aokié Lëtablisaemént du Mu^iim'd'Alexàn<^ 
cb-ie ; tïùL <di33' ëftr angera; joulsiso teni de la £aveur: dé* 
daréè'' dkx ^rince^i i;<esc pi^èlrë&tt'eiè'ejtkl isana! doute 
ftuôttn commerce avec euiq : ilâ redoublètisftt de n*- 
gilancépooif cacher lepéu qu ii& aavoièni;} et, tandis 
qu^llsTèatDieatdà^sIeur ignoraDce, IçsGrecs appri- 
rentà se pasaer decéf qu*onlèurrefuspit. Blenldl 
le génie et L'inTèntioU des Ëratostliènes 'etdeaTi* 
mocharisieur. donnèrent uEne- grande réputation ^ 
qui effaça celle djés prêtres astronomes. iCeux * ci 
perdirent de la considération, publiquej^. et hëtar* 
dirent pas & aè d^oâter , d'ùtie scipnœ qui :ne 
leur valoit pas Ia> mêa»éjesdtne; il& négligèrent 
Fétude et l^si lumiè'resa'étefgmrent; tout J^. l'ait 
jparmi^ax. • » ••.';•-' -I •.- •• - 

Noua avons- ' rassemblé icin «but I ce épie l'aiill- 
quité nous- a laissé passer ^e traditions. surl-Aa*^ 
ttonomit ég^cptienne. Nc^s U'àronà exposé, qu'an 



DE L^AStROHOMIE ANCIENNE, ipi 

^^etit nombre de faits, et, comine ify eaape^ 
qiu soient bien pr out^s , on pourrait presque , à 
3ôh cboix^ eàtimer ou dépriser lesaVoir des E^jp^^ 
liehs. Ik oi^t été dans l'antiquité les rivauk dea 
Ghaldëens , avec , ce sentie , une plus grande 
TépûtàtiôH ; mais les Chaldéens nouis paroîssênt 
nïéiritier plus d*estime. Si les Egyptiens ont eu danm 
le secret des temples une Astronomie étendue et 
perfectionnée > ce que nous ignorons ne dok pae 
influer sur notre jugement ; nous ne devons pro* 
nonce'r que sûr des faits* 

Nous ne voyons pour eux que la position de 
leurs pyramides , qui suppose des méthodes astro* 
nomiques ; la connoissance très - ancienne de 
Tannée de 365 jours un quart, et la découverte 
du vrai mouvement de Mercure et de Vénus» Lea 
Chaldéens ont a leur opposer Tancienneté et la- 
continuité de leurs observations , là mesure très- 
exacte de la longueur de l'année et des différées 
mouvemehs de la Lune , leurs périodes iuni*s^ 
laireè, la connoissance dû jbtouiremellt dés fixés 
et cette du cours dès comètes! I^es Chaldéens, et lés 
Orientaux , eh généiral'; ont donc tine supériorité 
très-makkjùéé su^ les E^ptiéns. Si ceujc-ci ent élé 
également et mëtiie plds célèbres danéraûtiquil^, 
c*èst uto préjugé queles Grecs ont établi. Ils \x96ieat 
font aptflris déa Egyptiens ; ils n'ont connu de 



1[03 H I S T Q I K E 

peopld. Fi^îment savant, .que cel^i qui aypk.pii 
k$ ia5ti*alire. lis avoI^At surpassé les' Egypiièlis ^ 
elVintéfét d^Ja vaaké nationale engage :s^crète« 
jnenta élevd* par la louange un peuple qu,'on a 
iaîssë loin derrière soL Les Greca , qui les pipç- 
-miers ëcrivirent rhistoire , .o|it bien senti que ce^ 
deu^c notions nauroiept d'existence que par eux 
dans les siècles à venir. L^s peuples n'ont * ils paa 
les m^^ fqible^Aes que les hommes ? 



I. I V R E V I. 

'X}e VAstranomiç des Grecs ^ et ^sPhi-^ 

lowphes dç Içb secte ionienne % 

?ÂR A GRAPHE FREMÏER, 

ES Grecs sçnt tont à fait modernes dqns la car- 
rièr^e astronomique , en comparaison deâ^Qriej»taux 
et des figyptiens; longtemps barbares » ^ ils ne 
firent civilisé^ que par. le^ colonies d/EIg)rpie et 
i^e Fhénicie, qui , e|i échange du sol , apportèreiiit 
leMrs dieu^, leura ari^ et leurs conjvoissançes^ 
]U' Astronomie ne date , che^ eux qu9 du quar 
<9r?it^me siècle ^Y»nt Tèçe çhr^tienpe j^j'ç^t ^m% 



DÉ L'ASTRONOMir ANCIENNE. loj 

€[U*tIs reçixrent la description de la sphère. il paroit 
^ue ce fi|t un des fruits du fameux vojrage dë$ 
Argonautes. Alcëe , depuis nommé Hercule , rap* 
porta* dans la Grèce la sphère des Perses et des 
Chaldéens j qu*il avoit prise en Asie: d*estcequ oïl 
a vc^lu exprimer par la fable du monde qu'il 
porta sur ses épaules. Diodore de Sicile le dit 
expressément^ : il y a apparence qu*il rapporta 
également rallëgorie de THercule oriental, inveii'^ 
leur de; l'année solaij;/e et* des douze signes du 
zodiaque. Sans doute le nom d'Hercule est un 
surnom, qui lui fut donné eq reconno^ssance de 
la sphère qu il avoit fait connoitre, et dont il 
étoit rinventeur à l'égard de la Grèca. Gfaîron, 
qui en expliqua les principes et les constellations , 
Musée , qui j ajouta l'histoire des dieux, en furent 
atfôsi regardés comme les inventeurs : les constel- 
lations, à peu près les mêmes dansla sphère chai- 
déenne et dans la sphère grecque ^ représentoient 
des figures dhomniesiet de femmes sans nom, 
d6S*atiimaux, etc. Les Grecsj firent quelqueschan- 
gemens pour an déguiser* l'origine ; et Musée 
irai^ina "de; donner . aux figures, qpi y . étoient 
placées, des noms tirés de rhistoiiè. vraie ou fà«^ 
kuleusQ.de la Grèce;, d[y coôsacrer le !rcK^0ge^ea 
Argetnautés^^' qui idèArott' être alocs^ tràs?.qélèhrje^,; 
«t de ^donner ain«ivJ'âmmo£laUt4;jau|:> t^éros de 



toi H î s T O I m E 

son pttys , en natarali^ant là sphère dans la Grèeev 
Musée étok poète , ce sont lès poètes qui fontlea 
»pothëbfes ; on ju^e l:>tén qu'Hercule ne fut pçint 
ottbUë : cette idée hetireuset satisfit ttlfiniffient les 
Grecs ^ dont Tp^rgueil se plut it regarder le ciel 
fcbmmë le développement de leur origine » eft 
Vhîstpirè dé leurs giraiids hommes. Si depuis on 
a attribué ^invention de la sfrfière à Musée ^ tpjti 
y avoii fait tous ces changèménsi on ne s*:eat pas 
tx^op écaiHé de la vérité; i^fiA Tauteur du :glol>a 
csiest& 

Plusieurs autres connois^ntes aktronoonîquei 
|)a$sèrënt '^en même tefnfls de lOrienfe daxis la 
Grèce ; bn attribué h Orphée une Âistronômie et 
ime Théogonie , 6à il explîqaoit , eh poète , la 
f eligîàn et PAshx)ndmié Drietitrie^ hti Gréés ont 
tbujoufis éU {i^rétiadés cfm les vei*s orphiques 
rètïfermBi'ent tine infinité de vérités phtloaophi-^ 
ifixès et de (.«tncipes d'Astrononiie ; Orphée fut 
ufi de ces Argomiutés i il doit aVfoir ptrisé ees 
«ontkotseanbes! dans VA^ie; il lei décrivit en yere, 
parce ijijle 1^ poésie conservoit afors lo«t ce qni 
Inéritbit d'éti^ mstefnu , lespréeeptéi dek reGgion 
et Ido la fAOfdftt'^ les T&itb^ dé là tiarure et de iMà-^ 
ft»)^'; . c'e^ 4 ^mt omrragb qa'il Ai«i rappot%e« 
tom€À^estidéé»< i^^ndulb éànslfi Grèbe, sur Ik 
ft^meli^l) 4if '^nrth<r(ô , 4ur^ Jès ' trévolutiom qiiïl :a 



D£ L'ASÏR'OKOJtrit AKCIENNE. 10& 

ëprouvëes, les élémeps^dorit il est composé, les 
diffërens peuples quiThabkeat, et sur lesphëno- 
xnëniefr deid diverse io^aeiir des fours daiii les 
éiiSèrefns climats: fos Grdcs étoiëiit trop.ignbram 
alors pour âVcir.aéqài»'Ili> èb&nbîsisaiK» de cet 
phénomènes pkr Ie<99lcul; Us né pocnnoôent donc 
Favoir qUe polrla tmditibo. Léestel^tàonàdnvojàge^ 
«('surtout du retour dei> Ar^iuiutes ^ . ùe sont 
qtse des fables; rmiîs daÂs.cèsrbm^shs antique* 
|)}eihs/dé inèrveiileus: èfc dbititiirés' de Waisem^ 
blahce ^ xm vxÀt qnie leuhs autisurs » pomr embellir 
rôuvragé , av^ièidt recocdlli toutes Ibs ibonnois^ 
sanbes acquises: par les. tcaditions ânmgèresjjfte 
qui e^ vrai ^atia ces récits, lie Teft pàsMsbims pouir 
être rtiAlédè'f&biiswLêiattciens avoîent dôhcdéià 
lait de longs voytigeê Vers le nord s >otL platôf lot 
penpl^^ deFAsib', létkriréB ft^ar le jimpie qbl babhi 
le &oy d:e latitud e sgptieiirtritonaje^ ancBèbt éèn- 
sérvë Ik tradition deb pKënbmihça d» la rmrt?iire^ 
âii^ddà tde te ièliniat. Mats ^ dans 1*^ et da^ 
Tatitre cas^ pbisqoé lies Grecs hVivelent peiàl 
vioyagé vtrs le tiord avant Pythéâss -^es teOn^ 
boisfiancéBiétefSsnalèrieiktales; elles lu i^oitK^aattëei 



par ^Orpfcéei ^t de^iblmc le ^miiê deéenf^ié 
|>hîlosophîé grecque* - ■ 



/ Uam^ peile^comme Orphée, et son eonleii^ 
porain , aycMl fait une Cosmégoûie et de» livres 
MUT le x^oaraild Soleil eide kLuae. Il se présente 
«né réflexion à faire sk^r '€eux->cl: ou ces l^rèi 
étoient barbares/ et né répondoieiit nullement à 
leurs ' titres; otfJ*on doit s'étonner da peu de 

* _n_ 

|Mrqgrès.qtt'avoît. fait T Astronomie dans, la Grèce , 
iraisqu'elle nV semble née. qu'avec Thaïes. C*est 
que ces vers étoient rendus! obscurs. -par le: stjrle 
figuré des Orientaiix^ transporté dans la poésie 
€1 dansVune. bn^uê qui- nerfaisoit: que de naître. 
I«e penéletsaistt avidemeiitleshistcHresTabuieuses 
de^Ia Théogonie; on négligea lés ^idéés-dst-rano^ 
niques', et Tintelligehce s'en perdit inseniible- 
ment : il eâ resta seulement' quelques traditions. 
On 'cité encore ^ pou r les connoissances astr^no* 
xmques, Ancée, fils de Neptune; Hippo, fille de 
diiroii'; NaSusica , fiUe d*Aleinaîis , qui régtfeit à 
Cotfcjrre ^ Jaquelle apprit d'Ulysse les cercles de la 
«pbire. li'Astrohpmie n'étoit alors ^ que-U :con« 
iaolasaiioe de. la t. sphère et celle du /mou veinent 
|û<ittK^egy Tiresias > que Ton regar<)e côfhitfe un 
prophète du paganisme , jyA^ selon c^uelque^ 
auteurs ^ un astrologue qui enseîgnoit que les 
astres étoient aniqiés» et ^u'ily en avoit de 



DE L*ASTIIOKOMIB JlMCIENNC: JO7 

rens sexes. Cela n'est pas plus f xh*aor<]inaire que 
d^animer les fleuves elles fontaines ; les-.preihiea^ 
hoipmes ont .donné une vie et une ame à toi^ 
ce. qui avolt du mouvement : au reste,, c^ëtpit 
fncorë une idée orientale; bn dit que Tiresia^ 
devint aveugle en punition d'avoir pénétré dans 

le àècret dés dieux. Dans un sièc]e moins éclaiçé 

< ■ . 1^ >■, .^ . . I» ■ -^ 1.^ ' ' *- 

que celui de * GaiIlëe» on eût dit la même chose , et 
à bien plus juste titre, de ce grand homme qui 
perdit la vue comme Tiresias ; mais, au temp3 da 
Tiresias, on ne V^t pas persécuté. 

On rapporte à T Astronomie rorigine de plu^ 
sieurs fables de la mythologie grecque, dont nous 
allons dire un mot, sans ajouter foi à aucune de 
ces. explications. Promet hée, selon ia fable ^ fu^ 
attaché sur le mont Caucase , oy!i un vautour li4 
rongeoit le foie, à mesure qu*il renaissoit. Mab, 
sel ofi rhistoire^ Promé thée , prince ambitieux ; 
et parent de Jupiter, qui régpoit dans. Vile 4fii 
Crète, fut chassé. par ce monar<que; il ^J^^ 
•dans la Scvthie, où il se livra à la contemplation 
desastrgs^ il moi^toit sur le Caucase pour observer^ 
et , par Je yautour, la fable figure ou l-esprit d^ 
méditation et de recherches dont il étoit déyoré» 
,ou Kénhui de son exil. On intei'prèle la fablci 
.d'Endimion, amant de ûjane, par v^n astronome 
dont Tassiduité et Vindvistrie démêlèrent le^ irr^é-t 



Iô8 "ii t s T 6 î fe k • 

î 

gulariti^À ^u mx^ù^émetit de làLun^. Pfaàétonv 
éôûduuMt le char du Soleil el'priicipité dans lè 
fà , àpirès aVbtl* èMbf ^é là Tttri , ^t , telon 
Plutai^que, bh ^iâde qui tépià iut \é^ Moïi^toeè', 
i^tinkitdërAsVtôii^itoié, i U toit prédit titiè ^rtfni!é 
^Hâlèûr qui désola tout i$ôi!k. M;f atome ; et $\si\6û 
iiUcièn ; uh homme qui iTët^it applique partir 
eùlièretherit ià connbitrè lé cdub iiù Soleil : H 
AiôUrut fort )étthe , et laisaa àes ôBservatioiis Im« 
jpàk'faited; ce qui fit dire à quelque poète , qù!ii 
n'aroit pu conduire le.chài* dti iSàlteit juÀqu*à la 
fih dé da carrière : ces èxpiftà^ttè l^ëUVènt être 
plus 6ti taùim Trài^emkablM. M^kis là pldà té'-- 
roltante est cèUè de la fiible Skk • SéIeH Mciilànl 
d^horîréur â 4^ ^6 dû festih Vl^Atrëé. SiMripldé et 

• 

quelques autéUril dttribUëtità^ëpfiûcé lA dëcou^ 
?èrte du moulV«kÀe«U: propre des ^àitètési et de 

I y . 

leurs rérdlAtibtis dbecidënt en Prient, contraire^ 
km tof^ui^éï^àï 4iàtMi OA lajoilie ^U'il cbdntU 
les câiMe^dés ë^élipséë , t^l que, coMmè leSbbil, 
Jstï s'iclip^atlt , ^éhiblé èé dérober à la vUé et 
régler en quelque torté itiixh rhbriâon , an àvoit 
lépbâsentë pat* béate table , 1 effet natdrël dobt 
Atrëe avbil péiaétré la cause. Pieut^en ^rblre que 
lëè homixies aiétit eAvetoppé une detduterte in- 
tëreisante, utile , tous un embténie atroce ? Indé- 
pendamment de eë que Tembléme ne pemt pas 



DE L'AS^ROf^^^M.!^ ^TfjCIENNE. %pQ 

fideUement Veffet dof\t il ^, qg^^tioa, q/»W 
liaisoi^ jr a^i4\^^t fèces i^esy^m Vim.mn^ 
tlon ingéo;eitôç.,,/et le3 crim^^ qui £(^i4 (r^Y^iv hi 

§. ML 









guerriers qui périrent devant Troje , ja, 4ivi6{o^ 
df! U nuit ^n jdu^î^rjpartî^^ . PW 1^ ha^t^ur des 
Btoîiç^ aqf l*}ipqzcMa ^^afip.qpç Ij^ss^^tint^l^s pM^awjt 
^eîller,ejt fljf: reppscjr ^aîfBipj^rla.mèi^^ 
ajouta quePalaj(n(àde, lapi^cHitra aiu^i,4^u^,i^ àj^ 
cond cuire p^ la ço^s^lfis^lïon de iQursj^t ^ p^A: ^ 
coucher de Sjrrlu*.e^,hîv§r, Ap^ IgQgèceCQiyy 



rgoggjUQi, 



êtparVtong séjour: iqaec^s gq«r^f{ E^enl ^99 
Asie et devant Troje ; cçscotinoisilini^ wifif^M 
se naturalt^^rent ^DSrMt;Girèc€i:, elpe^.qiiaiTles 

ftvpîent rapportée ,(5»/fwent regv4^ Mffijçneiff 
inventeurs. >DâM 1^4 di/Gérm]tfi#; 44ite|i|^;i^inati9qf 
qiieifiaFlport^^vWlaiï^^iis. aitfeiK^^ 
^i démirent lesUinbeaUx^d#«.44ff<^eii(^yÇiJf3ii4i^iej{« 
apportés suceéssùrçnft^ofc dapa ]a.<?X'èi^î ie|t donii; pii 
|)e^t; même fixei) Itft dates par J$ fCnIçiii}. ! >- 

Le premier de ious est celw .q^û^^ Ué ;à. ^4 
aphice décrite :^ar Cbii^tin^ ^t -pay ' Musée. Panjt 
Léo siècles hèroïqï^ de Ja Grèce, aùj^valapr étoi$ 



■ 



tto n t i r.éi a « ' 

qmtëtidH célébré, on cuhîvâ pév rAitrt^iîtomîev 
qu&. ëloit Vtnvte d^ti pays ùtiieé^oSnts^^iotëàt ptùs 
formées et le» peuple* plus trahqmWes. 0ti ne 
^f'aperçat que cette èphè-e étoit défectueuse, ou 
du moins on n'en contint une autre , que rets U 
temps d 'Hfetode. d'est féperijâè rfuri riottVéail 
caléndriéi*- > . •'- ' 

Ce pôèté r jgybit âtojf été' fort •ïMrt i^^ 
part des levéï^s et deS c^ache^-è des ëtoHésf ; ' qui 
%bnt ii^diqués çlans^n poème, féponderit e^jéacte^ 
toent à sott4émps; Oh petit jttgèirftfiênié, en rartie* 
tiaht fcés observation* âkiev^t dés étoiles , râp* 
.|)r)!rtée5 .psat«ésîcyde , qu'elles étoîené faites dànâi 
çSfiiét^pédhàtkg^f.B^et lirii^^jfeâctkude :^dî doit 
étonner." Il en récite qu^ell^s peuvent êtte'utilei 
jpburVéglerfâ^tfb^bnôlogîeif .,.,._. ^ 
' ^ Hdmèi^e ifi'ëtoit paé isî îttstrtffl> cjtfHésîëdëj -il^af)-^ 
plique hiâil te»^érltlè!9saii<îés detift il fait Usage y il 
parplt , par exemple , qùll iï*tgiw>rb(t pas tjtté iii 
^c¥rë à de^îfcliiîiHts bù le plus long '- fmt ^dlélé* ^ 
Ôe rîngt-cfiàtre Heures v^d'itt^tt^i^ où le âbleilèéil 
{ilUsiieurs^MoissBiis se moniret't^mm» |[j[£^||qi4^ 
cette dernifepe'ô k-coitf Ma&Ce auxiGimmé riens }^u\ 
hàbitoient les environs des JPdlus^'Méôtidesi €^te 
ignorance d'Homère, I«un des hortimes^ le$ pfojl^ 
ëclairëi^ son-'sièclev prouvé que les Grec^^ '^ooà 




fi£ L'astronomie angienhc 

Gins avant J.«-G« ^ ne cotmoisâoîent .point! ces 
nomèaes 

técit ât quoique iTQjraj^ilr témoîn ocuisûre , -tnatt^ . | 

qulla lea coaDoiasoient jdon&uëment par; ûnetraK. 
djtiQava^e, incertaine, étrangère a^ pBffsiaièaûu^ 
où ils favoient puiaëie. Kien ne fait nîieiixL votb 
que cette id^e de^ pays aeptenJt|ri0hatix,avott été» 
apportée de rA$ie;inais que les noms desi lieux^eli 
des peuples s!étan t perdue » on avisait : relenu ciecD*) 
lameni <|ue.ces pbéhamènes avoientiliesi ^tpest iaf 
^lord ^ etonjes ath*ibuok aux Gimmériepa» parce: 
que. les Grecs Ae. connoissoieni point tappànimM» 
menltdfe Qatioa.ptus 'Saptentrionâlé. < i'^ : :.*^ 
•^ Alors» cçst'^dire au tèmp^d'Hésiode>€(bid*Ho>* ? 
mère. Tannée fut^dé do«ise moisf et de36ojour» 
Q^. quiita.jgaqs dortte. lînsage : d e V^mtêé è lunairey 
fM^ fi0 rapprocbèif .dU foours du SoleE.iii)omnw> 
on aïK^ik ^utume.d*afoa)er ii^inuxUtpuâlésdeak; 
aiAS à Viaqi^e luAàirei,' on est ajouta ^é^fenimt. 
tous les deux ans à Tannée de 3&)iJ0urjsipètfeeia^ 
lercalationvicieuseproduisoitdeserreursénormes; 
mais ce qui doit étonner , c'eât qu'elle a subsisté 

dHij>p<wrg^ 




ren^dia .en pairtÎ9-A;ce i défaut ^ieoi»Î0ltradiiiaan|i 

• '• - * • * ' 

n^tiir^aiient ;dea^.ett|lftâo jours!; :« A*aimée ^ede^^ 

T^PJ^Ûi^i^^nt Jl^i^^ Mais WOl^ipasrabilinoi«iit; 



/ ttz . ; H I s T O I R c . 

y i garder Iftar^ntaée de S6o joorfi i et leui^ moHin-^ 

teroaUive tous les' deàxi'aa$.i La cori^ûtion-de 
Sdpp ne j*élablit <|a^ Athèye j. lua^cienfk^ forme 
prévahii plu^ ou moins de 'temps dans le» différ 
Mntes* viUea de la Grèc^. Sa;tis les Olympiades» la 
chronologie grecque aurolt été daps^la plus {grande 
confusion, Jphitus > roi d'E^idp , qui établit ou re^ 
tiounelà les jeux olympiques^ voulût qu'ils ibssçqt 
oélébrés cliaqàe> quatrième at^ilée , au mjliei| dô 
premier nklis qiic suit le sok tice (l*été. Maïs Tan^ 
née olympique* iB*éfoft que de 362 ou 56ï }à\xtsi 
e&quat]*e<ails eilf sb sereti éosvtée de quatorze jouiy 
du cours du Soletl , et aa l^ocit de six alns/lês^uj& 
olympiquei aoroiént été' transportés au solstice 
d*liiver, slles Grées n^avoieni^ pas 49u quelque signe 
céleste qui ka avertit- clu: moihent du sokiiep ,> éf 
^ raoâèniâi la^télëbratien dte jwsix à ^ réritflblcf 
plaeei Nbua pensons /quoSqiie les auteurs aneiens' 
n'^enaie^t rieisdit, !qa*ils se:régioieiit par lé lever 
de qu^aeiét<|ilie. ^ :: . • 



...... ^ . — ^i-o 






I > I < 



^flinoiarifetoii|s jesjretasiar ritalié, a cette époque 
quisoil iaffftfiidaiîoti des jeuoc ^élyiii^iques , iiott^ y 
pemamqn^^Mê tofi# steguiarft éîiarfe daM l^hiinoilte' 
de r Astronotoiiie': ;ies ancienspëUDles de lllâtië M 






gjjjajent ^koMwfs mou stor4» xf&mdée^ fa 



d autres^nieQàvoîent treatecinqel ^ù«;x*e£it pres^r 
que le s^ul exeihpie ^ d'une inesuk'ede tenij^ qui 
)i*^it pas son origine dangl* A^tfortomié» Remttligy 
par unegingularitë ncfû tooins fefla&rqaabte , donné 
feiu^ Romaîas Une ft n née, de gikmi ai5>,«i de 5 o4 jom^ 

^ —Il M "Il ■ Il . I II '^■'■' ' " ' - " " ■ ■ ^ ■ — I .1 .« f ■ «i -p 

On penae quts iltiilîe ^ouvoit tenir cette coiinôiip 
sanced'Ëvaildré» qui., sléldn la fable, {lassant e», 
It^ll^ quelque tenipe ûvèmt la gùetrre de.Troye ^ 
îtiairuisit les Aborigènes, et leu^^ e36m)mHaiquii> 
rusagediB» lettres, du labourage, etic^; ou d*Etiér 
qijii 4 5* il a fsmiiis mené en Italie! lés. <Sébris:^ sal 
n%troi)»i$.pti y porter quelqisies^^ilnfis des iconàeis*' 
^nce^ réipanduies en Aoiei. ^. 

I^umb, le second roiid'e Roixke^ voulut quiK 
i'atinée tà t ^téf^lé ë eut le ebui^dk SqJeîl pdt, cènkiiiè 
la révolution ! du Stiél eiicède ïisainiû Idnaiim 
dVnzejou ts, il fit 4feteircàier^ tow iea deiix «ngy 
un moi^ de yingt^detix lou rag, Naai^ ignoa^ oni oA) 
Nuftia avoît reçu des. cojinoiflsa ncigs' al leiiactea 
pur son te mps>^ On a prétendu qu'il n'ignoroit 
pas le véritable système dît monde , et qu'il pla- 
^it le 3pieil au o^Mre de* Tâhivârs ). èe qui ^i\xs 
|>{iroit diiEcile :a cijoè*e> M«U oe peinoe gl^ta Jk 
bei; oindre qtk'iï avoit éCabli, en btaiant.adbmle^^ 
|]iar reipéÈt povirlt nombre imj^i/, ^^ipJ^^P^^^ 
qM'eniiier dopt fmm^Awidke éCoit tiropi Ionisé» 

!.. 8 



il4 H I s T O î R É 

Il en l'^sùka qu^au boutde troris'péfîodès de ïiuit 

ans , H y ayoii yîngl-quatre jours d'erreyr ;' ûiissr 

Youlutrll <[\xe , dans la troisième de ces périodes»' 

;|a lieu, d'intercaler (juatre mois ou quatre-vjngt- 

dix joqrs', on n'en intercalât que trois de vîngt- 

dfiux'^ûûrstGhacun. Ainsi, ce prince philosophe 

qaiL^onna des lois sages, cet homme qui assî- 

gfioit peut-être au Soleil aa véritable place, qui 

^\st moihsrlcOnttoissoit le^mouvemens de cet astre 

et ceux de la» Lune , avec assez d*exactitude, fit 

piLétër'la'nrévoluAion du Soleil, <celle de la Lune, 

tordre.:c2v3, il lia vénérai ion qu'il a voit pour le 

nombre Impair* Cette inconséquence , au reste, 

îi étonne point , quand on pense qu'on -en re-^ 

trouve des exemples chez les peuples les plus 

éclairési Le ijoar. chasse. les ténèbres' <^ la nuit, 

mais les ombres restent :• tant qu'il existera des 

qorps, l'o'mbre sera à côté de ia lumière; tant 

c^ily aura' des hommes,^ Terreur aura àa place 

Hràsdes connoisiancêssuBlimes; 

§: V. ■ ., . 

l 

' Le premier des Grecs que Von peut regarder 
comme un astronome, celui qui porta dans la 
Grèce les fondemens de l'Aslronfomie, fut Thaïes^ 
qui ^ naquit à M îlet,:64i ans avant J.-C. Il^étoil 
d'une famille' illustre; et descendoit des^ois de 



s^ 



DE L'A^STRONOMTE ANCIENNE. îl5 

JPhënicie.. La première parlîé de da vie fut «errante: 
il $e retira d abôrdjenCrète!, pour- cause de relî- 
îon;. ensuite y étant déjà avancé en âge-, h goût 
dfes fiotences le conduisit en^Ejqrpte; Il y véc«Pt 
avec les prêtres, qui Tin^tTuisirent et qulhirtsi^ 
truisit lui-même , car il leur enseigna à déteriAÎ- 
fier la haute ur des pyTamidtgè par la lonj^eur de 
leur ombre - . Il vînt terinibebsa carrièrpausein^de 
sa patrie, oà il forma des disciples, qui furent 
(^spliîlosophes de la éet^ ic^nientie; Ses opinions 
ëtoient_ que les étoiles -étbient de la mcme-siib- 
iStanceque la Terre, maïs de' eelte suhsismeêiin^ 
flammée ;^ qcf^ la LurieenipruWfe sa ilimi^i^e''dtt 
Soleil, qu^dldestia causera wéclipes^'deiSbteîlV 
«t quVllë «'édipseielle-''fliême«n ëi}trant> àst/is 
4 ombré de là iTerre y «que àiH'erre' o^t t^on'de;^ 
peut être partagée en ' dnq 'i6\fe$ ^ au nfiêyén^ék 
cinq cercles) qu^^slxnt ^'arctique et i antarctiques 
les deux tropiques et réqu&teur' ; q«e ce <îerniw 
cercle est coup^ obliqdetnéftt par réet>^itp^ ^qt 
per pewdic ulaïrement jjyaft'^e méridien. Géscùtif 
fidi^arkie* ne$e répartdlwntfièmt, et , deux sîè^ 
clés après THalèflf; Héiwjotie j «h des p\M beaujç 
génies de .fe Grèce ; ew élott- îfôse^ pe« instruit 
pOj«r dîiie;, cti '^parlant d'une éclipse : leSoled 
àbandâHùa *^ ptece, khx Nuit prit la plaîcè dà 
Jour. Thaïes ^st femfe^^ pour avoir le^^i«emier 



:il6 HISTOIRE 

:prédil imè éclipse dé &o)etI ; mais cette prédîc* 
tion si £iineuse se IxH'né à avoir amioncé Tan* 
née. oi ce phénomène arriva, et elle paroit avoir 
•ëlé faiie preaqtie au hasard. Cela prouve conv- 
-ment kl. célébrité sTacqoiert dans un pays d*igno- 
laiiiee* 

' Oa attribue i Anaxi maindre , saccesseur de 
' ThaJès y r|aventioD delà Sphère et la: première 
leofinoissaifce du sodiaqiue ; Tinvention des cartes 
; gédgrapb>gaes m érité particulièren^ent à Anaxi- 
niandr^ la reconnoiasance de la postérité. C'e^ 
^ans* d<Hite u nW lrè»rbelîe idée que celle de dé- 
yelap^r 1& surface? ^de la Terre, pour l-exposer 
flwt yegaKrds ctirîeuat. des Jbommes> On pense bien 
:<f^h é0 tout leanpsJes- voyageurs ont eu uae 
Hlpèce dergé€igt*aphi0 , pou)* se diriger dans Té- 
ttenidu#dea pays-qftyils» avaient à.p&rcourir. Quand 
Hk au ront; acquis un eectmik nonibrç d*i dées> locales, 
"peux qui avoîent fait une route , lés aurontjn^es 
par écrit pouk* rinstruction de ceux qui. ne Tavoienl 
pas^ encore faite. Xês* sauvage» de l'Ajziérique 
tracent laussî sur des pedUiK dès' espèce» de eâ^ftes 
géogJtapbiques. Celui; qui le premier rassembla 
lies tradition», le^- réeils 4^ vejageura, et disposa 
aur Un i^lan les différent ^9 ç^ntvéea dej[univers, 
iîU vraiment linT6i]tei4< de la giéographié et des 
i»u*tes« Cette invenUon peut dppsu*letlir ariginal-f 



DE L'ASTRONOMIE AK^IIENNE. ^17 

rement dux,Eg;ypiien3. On parle d^ çptomio 
dressées par Sësostrîs. dao^ la vilte d'(Sa ëb CoT^ 
chide^ .Ojijii |e^ J>f>yn€s des ti^rres et d» jiger 
etoient marquëes. 
. Apq^^imandre eoseîgoa la pluralhé des n^oades ; 
cette opinion .contenue dans les vers orphiquest 
uft adoptée par ceux des philosophes grc^fs jqui 
ei^re^as^z de génie. pour sentir couibiea elle 
est grande et digne de Tauteur de la nature* 
. AnMiinj^nep as^ pour linventeur d^ cadran 
solaire^ : ceUe invention seroit une suite assea 



^ i< > >i 



naturelle de celle.. du jnomon; mais il est fort 
Coûteux que Tune et Tautre appartiennent aux 
pbilogQpbes grecs. NpuMions pas que ht plupart 
des découvertes qui leur softt attribuées, ne soni 
[ue deff connoissances communiquées ; on les^ 



r " ■*■ 



ouUia; les deux jnsUrumens restèrent s^iis. usage 
chez wr peuple qui o'avoit pas assez d'»ptitude 
aux sciences , pour s'approprier des instrument 
étrapgçrs et incopnusw Anaxinoeuidre et Annxir 
in&ne en firent revirre,la.connoissaACie: et, dans 
lun et Vautre cas , les Grecs ne manqi^ièrent p^ 
de leur en attribuer tout i hoimeur ,. ou par jus^ 
lice qupar vanité. Jusqu'à cette époç^e, TesGr ecj 
qui n*avpîent point de cfidcans ; mvd'boiloj 



« ■ I* 1^1 1 ^1 



çoD^joissoiei^ les divisions du jour , ou jes heures^ 
1 ombre du Soleil.^ JL'heuxe du dîner éloît 




iï8 • '' ^ H r s T a i R E ' "" 

fixéc^.fofsque rofhbreélok de ro,de 12 preJs, etel 
On, kjpj^t tîes esclaves dont Jfj:jfonct/op'éU)îl'dVxa^ 
nûtiÈh: Tôtribte.ét ^V.eî*i^ilt*-'*^uifltetft'o^ elfç 
avoit la longueur fixëe, ^.^;,.,. :.'•.. _ 

»>. Anax a ^te t ut le dl^jciplèet fe suiccés^efar d'A- 
jiàxIrçÊîrie ': en ntédifant.^/-. 1(^ phén^iiiles dfe 
la hatiiVe, îFriegKgèa !sés Intéi-êts-parMcalfers, ëf 
Àe 'se'mêfîa point 'des'aflfiiîres yrutrKqtiéS: ' Ônr lui 
repr ocha qi i Ml buKHb it'èbrt paygf : « niés j'éii5tvdjt-ît, 
«èii'xxiôii'tfànl le cî'el' V5dri¥'sah's cèsse^chiiJtyià vers 
jiialdatTJé î^ On Im'diéniandâ eneôrëqwlleçlqîilj 

dbMinalîob tiaturètfed'éX&oH^n^^ ; ^ p'^l»^4ltiÂl* ^.? 
Crôriisidérey te cîel.et léi' àsiré^ >^ Ges ttf«ès'pla?sertt 
par rÊ^pApusîàsrne qui l'es a drcl.éêauOfi sëqif|ué 
jcre gôùL èxpjusif pcrar cërtàrnès çohïïoîisèajiceJi 
belle péiJgUaitjJji jritihie qu'elles métite.rit.èeu|^' 
ffâttdcher ; sdnt toiijocifs K'cbmpàghés d'effort» 

* » r • • • » 

• " Ah'axâ^bre diséit'qufelie Solèit ëtqiUiofejnassé 
"de feu^ptos '^-^hâécfùé-té Péloponnèse; PfiitaVque 
iafssuVe '<i[iiHlé'régardÔîf*cômi¥ïe t*ne pierre» en-' 
flammée ôiu comme tftf'fti^^chatic). Ces ôpiAîbns 
abisurdii^àbnt èvîvfém/néht* Héfîgurées*; niafe'dDiV 
^jpn c^oirt5 CTtfîaTiisucce$se»ti''de Thaïes-, cjur de- 
SWit tô^noîtrift i^. .'ruuÉé^ oblique dit. Jâijî.diraît 
|)êï)5é' que.éét açtre jlè s'avançât pas verdies pôléjr 
au** delà dei l^ropkjttè5',par h difficufté depqjrcet 



DE L'ASTR^N^UftEf ANCIENNE. IT^ 

m aîr ti-op dense^ej '}K^ ^^ çéi^ S^.f^Xi^KiA^ 
4^broii5Sér chemins: Qesf^-èe |)endanLjc?eqtfj& nôjjs 

• pilàttoir tn^igcjste d g^ O0im<)ite^d€g^^ 

• A^akaig^i«e f«i;lë preir>îèVqt|î -éc^Wf-stii^t^lii 

^xnihalioii' de ia Ltrne^et dé Isied écJPpsés ; il avança 

^ême qu'elle ëloît hfebiliàfbté'^^m^ê feiTèrre? et 

^ueller dm(À\ avbî^V fi^ôittriite -nbl»é "gfèfbe V^ dés 

eaux , des montagnes etr-dë^ Valiëëil ri ffiui;louefr 

Jla sagadîré'^U{>hiÎ06ëpbè-^r»a prétènu îès'd^ 

^uvertesr d«i î4^leôcope. 'Nous fiaîrbri^ oétâHîcte 

par un mot qui donne une grande î'dée^d*Aiifaxa*> 

gore. Un homme lut demandoit si les montagn^^ 

3^DaiTipsSrêiierfévtéMi%î?ht poîrtl mer' un^'brr 

Om, dit-^,^sî Ze t^mp^ ne finit ^oinù. Ainsi 

Pesprtl hunîâln a des niom'ens prophétiques. Ana- 

::t^aeore. éclaifé par -une- éliiirelle du ^^^ier^® 

BuUon, ^ deviné liliusti:e auteur , de «Viii^tolre 

naturèlîè.'^' ' •' ' " ' ^'^ . ..:v;.. .., 

Attâxagôre: eut J3èTiiociî*\ë *poùr 'enhémî^^^ qui 
t'accusa de s'être approprié sur les ^astres et sur 
te mOEide , àes opinions beaucoup plus anciennes 
que lui t nistis ce n'esf pas a là Haine qu'il faut 
isVn rapport«?r : d'ailleurs c'étoit l'histoire de .tous 
^tei Grfec^élf^de' DémWri»«nLfi*mêmè. Anâj^agom 
-fclt pê^déi^lé : dftilùiHriin^riWéy'àVoîr^^ 
b candé ' Ak^' é^ipses de- Lu lire* ,' parce que , àé\ohu 



t^0 , H ï 5 T Q ï R » ' ~ 

U Mupla I U$ philosophai ^ttribuoient a éjts et 



l«: ii9xa^d iippiêtéi W <Je tra- 
JhÎ3C|n ?PY:^fs sa pairie. U fut proscrit lui etMs 
^pf^iM ?. gMo4 Qn M prçQQnca aa sisnti&Qoe' U^ 
»<WU * H 7 ^ jQwgtjeB^iiiSiiditriil, qpe là Aatoje mjr 
a, çondl^pé « jet ^ l!figar4 d« roe3 exiianf , quand 
j^ l^p^' ^1 dppn|é la ^fiissp^ç^, je »e.dpWoi«pa« 
jque <:(e ne fi^t po^ripiipurirun jour. «Pëificlèa, soa 
difpjple,,. Iq. d^l^pdit ^t.lui sauva la ¥iej u fut 



-rf- 






'^^ 



ï. X V R ^ -=V^ Î'I. 



••-, « 



r ^V». 



* '•• V.' 



./ 



T Astronomie des Grecs dans la'TSVatt 
de Pyihagorëy dans la secte éleatique ,* 
et dg9 o.pmiçrnfi de quei^msmtré* 
jgihilcf^Qjphfisl 



\ , . . J ^ I ... 4 . 

« 

J^qxjS veoaj9s d^ parcourir ce que 1^ aeiotl» 
ÎQxi{îexjne ^QVI3 fouraijt dp oonpaUs^npf $^^^Mr Tib- 
U.^içioiD^jç f m9is da^s le mém^ u?3»ps âpràMoit eo 



fe4>«> 




DE L'ASTRÔ>^OMïE ANCIENNE. 121 

Itaji6,,,ia ji^cte cji^e Pytha^ore fonda peu de tempa 
après la mort^dç . Th^Jèa^ 

Pytbagore 
fat un dea 

x^Qxn ^t plus doi^nu que «on origine : il n avoît pas 
encore dîx-huUaii9i quaod il alla entendre Thalèg; 
^e philosophe lui OQMeiQa le ban..u3age du tempa 
at la tempérance, cNioome le soutien de Tëtude* 
Ge précepte est la source de ra bAijficrice devenn» 
4cé)ébre. sous le nom de régime de Pythagorew 

ThaïèsTjPirtbairore entreprît 

jûrj^^ — ^— ^ ' '* x nA»^' '; r^i — >-^ — h^ 

diUerens voyages» pour acquérir des connois^ 



■«■MM 



aances. L*instru€tli(xi,ne se répandoit pas alors 
faciletment d'un bout du monde à Tautre , comme 
aujourd 'hui : Us .honunes placés, dans des climals 
4Ldignéâ,. êtoîept le seul livre quonnûlcony 
suU^r*; Il lalioit d^counage et une véritable voca^ 
jlion pour acquérir. la science avec tant de p^ne^ 
{^ythagQre.paasaiea Pbanicie, dans la Chaldée» 
.dans les indes.oiii la mémoire dé son nom sub- 



iste encore ; fl passa ensuite en E gjpfe » où il 
^^ta , dit ^ on , vingt «. deux ans , ce qui est peu 
vrais^emblable ; il ne .paroit pas j^ avoir puisé asses 
de epnnoissances pour un si long séjour. Polycrate, 
lyran de Samos , Favoit recommandé à Amasu 
roi d'Egypte, qui lui donna des lettres pour Tes 
prêtres; il s'adressa d'abord k HéUopolb. Les 



M22 'H I y T O I ft E - "' 

prêtres de cette ville s pour s'en déferré, leren^ 
vojèrent à ceux de Mewip'bîsv cofftrte à «leur» 

texte, le renvoyèrent à* Diospotfe ou àThèbe^J 
ceiii-ci ji osa;ttt 1« refuser ,à caiMe au roi , se pro^ 
gpsèrent de le détouraer di» son dessein, bar iâ 
gran^deuv destravauxet "desfttligues quiis lui itn^ 
poseroîent. Ils lui prèposèi^è^m* doue les préps^va^ 
tiens les plus dures el les^ plus cirâ^ffère* i 'là 
religion des Grecs ; la circon&tfsioh étort -la pre* 
ihièie. Il fallort* pendant pi uisieurs jours dé .9«rtte, 
traverser à la sistsx im 0spqc<^''d^eau cansidé'^ 
rable^ passer à. t^aver Je feu ,îtivre queîqiieilèftwp* 
dans un lieu âésert , s absfrefcir de^ nourm^nre» *el 
cependant Vaquer à différews exercises; etc. ;• C0,tiià 
ouï n j pérîssoient pas^étoijfnt^adnïîs. Il esvé^ 
dent que les prêtres, pour st' réserver leurs ^j" 
erets, vouloient faire» périi»i,' par. ces «épilewres 
datigereuses, ceux qui avôTent' la^ntiérîté de s*1r 
Jjasarner,tei n'adnaeitre qiieiltf& hommes assez 
jGOurageOx. pour/le* tenter et-a^sez fort5 pouVjf 
fesistpr; ce qui.De.pouvoit étre^ que 1res --rare. 
îMaîs Pjth^ore ayant tout aGOompiî avec autant 
de célérité q»^ d*exactitude^ ils farent.fottîés» de 
Jui ODvriir hss.^eorets de leups seiencesv et' cela 
ir*étoit arrivéa nul étraiieer ava>nt lui, Reveni» 
Il Samos, qui. étoit sa patrie d'adoption , il ^toil 



DE^L'AS^TttOiNOMlE ANCIENNE. 123 

-.- » ' , 

jeft éftfl d^cnseigue? ; maïs U ne trouva point d'au* 
dileur&:qiiî'Voultïsséiïr l'entendre'; c'iest ce qui le 
àék^'mma à paàsèr en ïtâUe , à Co r tone » v ltle dct 
terriioîre de Tia rente , où il se fit besiucoupdi 
^ dUoiples et une gmnde réputation, il est le pre- 
jfnierqui se soR fait appeler philosophe ; avant 
lui , l<^s hommes qui se lîvroîenl à la contempla* 
lîon'de la nature, portofent le nom ide sa^esj ïï 
prit deluî de' philosophe par modestie; il fui 
'erf grande, vënératron chez les^ Romains , qui 
Voultrrenf lûi-^ttribuér la morale et les' préceptes 
de Num a , qu'ils faiso^ent pythafironcien, quoiqu'il 
fût m'ort plusse cent ans avant la naissati ce d< 
Pvthâgore. ^ > • » . . ' 

^jthagore rappbiïa'de ses vbjagés ; la connoîs- 
^ônoe-^e robliquitë dé récliptîqùe ; îl apprît aiissî 
à 1 italie , que les-deùx^ étoiles du matin ♦ He^pêr 
et Lucifer, n'éloîéht qu'xm seul et rÀême astre, là 
•planète de Vénus: ' ' 

* Pyth^gbre ëtablTssoîî douze sphères différente^. 
' Le firmament ou la sphère dés étoiles, celle de 
^â!ufiiei de Jupiter,' de Mars, de Mercure ,^e 
"Véhiii, dii Sèle'tl .-deiila Lune;ensaîte h sphère 
êùFëal'êe rÀV, de l'Eau ; enfin ; le klobje de fa 
^eVre*. De rîdéê* 'des 'étoîleis 2^t tachées à la voûte 
cétèfeié ,' on paéisa'àcélléqùé chaque planète avort 
une sphère, ou un cîeï solide où elle étoit égale- 



/ 



»?4 » I s T O i:R E 

ment atiachie* Les ancien^ ne pouroient contên 
Toîr fji^pn a4trepûtétrera3pendu,etsemotf?otr 
de lai-inème librement dai;»; Teapaee, i noiiit 
quuf ne rrft at!acS?a une caToitesalide et sphérîqiie^ 
Voilai origine de ces axes concentriques, et rou- 
Uns les uns dans les attires» qup J-on fit ^e^'cn^'tàf^ 

te a *■ ^^^^^ ^K^ ^^a^^_ 

afin devoirTaciIement au tmver» : mais tes:idëe| 
naturelles , }e^ systèmes sîm^s ^ sQOt fouToar^ Us 
%IemPeS qui se présentent à l'e^rlt humain. 

laT^re 




rvapoiir ses dîsr 
cîples de çKoîx , 1 opmioô du mouveroeot de^la 
Verre , et de T jïRm<3^aité' îlii ScleX'tfSi ïît cho- 
*qtte le vùÇâîrc^îl^^'dîn^îtort ktv^snaf^ 
mondes. Plutai-que ajoute que , selonlSs PjîËaî- 
j^rtci^ns,, ie^ anioxaux qm so^t dans ta Lune;, sont 
.quatre fois plus forts que ceux de notre gloflie^el 
jque les nuits y.spxili dans la xnêavd proportion avec 
les nôtres. La Lune n'a en eflet dans cbaqu^ révo- 
lution » qgi*un jour et qu'une nuit» égaux à e»viroa 
quinze de nos }ours. 

. Ce qui nous paroit ap^^rtenir particiiiliièrenieni 
à Pythagore, c'est la musique désastres. Ce phito^ 
aophe esl justement célèbre par tinrenlùf^ de tft 
théorie de la musique ; il donna naissaïK^e^ une 
nouvelle branche des nuibématic^s , en établis^» 
sasQt les proportions pour la source et Ie£»adeinan^ 



des accords : frappé de celte découverte et en* 
trainé par la manie philosophique des Grecs , qui 
vouloient to^^urs géfiéraltsef^ U pensa<}u il devbît 
retrouver celte harmoiaîe ,dàiis W ciel^ et que le 
mouvement désastres e|t des sphères dèVok remlra 
un son> qui, étan^ proporlîontlel à leufà distânceâ 
mutuelles » ibrnfK»t un concert céleste ^ conceci 
que nous n*ei]Aeo((Joiis paa » psàrce que tes sona eti 
sont trop forts et trop élevés |>our 6ute saisis par 
noire foible organe> Il pensa apparemment que 
lessensariofis des infinîmetot grands, conuliecelleJ 
des infinlmeat p^tita, échàppoteot à noa séné 
bornés. li posoit la dislàncé de la Terre à \a LuM^ 
pour un ton ; de la Lune à Mercure , un demi-ton \ 
autant de Mercure à Vénuis *, de Vénus au Soleil ^ 
un ton et d^mi : dû Soleil à Mans , un ton ; de 
JVlars à Jupiter » vm demi-^on ; :de Jupiter à Sa^ 
f urne^ un demi-kio; enfin ^ de Saturne à la sphère 
des étoile^ ^ un, ton et demi : ce qui Gkit Toctâve 
de sept tons ^, ou le diapason. Il n'est pas néeessâii'é 
de dire que ce^ raf^rts des <£étaffcea sont fadji^t 
on ignore si Pytba^oré avoit ét4 conduïit à cette 
idée par les distancés tnàl connues di^ planètes; 
ou si , préveau dé rbarmome c&ilrïéviqué éti 
astres , il avoll dédurt la pinpportiod de ledr^ diV 
tances t de^ îotervattea qui suât entre certains àc-« 
ço'rds* 



126 HISTOIRE 

S. II.. 



■ • • 



Pythagore pensoît que le rriontle aroît cam* 
mericé par lê feU fi\ api^îqua la figure des cîn<î 
corps réguliers aux quatre élémeris et à l'univers.^ 
lie cube forma lâ Terre ; la pjrarnîde , le feu ; là 
figure à huit fàfce^ , Taîrf \û Ggcire à vîtigt faces, 
l'eau ; la figure à douze faces fut la forme de li 
sphèresupërieure de runîvers. Pjthagore, célébré 
par sésdécouvjerles mathématiques , vojoîl par- 
tout de la géomélTieet des rapports. Il oublioil que 
la géoméirie'p'est point une sci^hce puisée dans là 
nature; elle est héeret elle n èîsisle qtie dans lesprît 
humain /il.n y. a rien dé semblable dans la nature^ 
c'est un insi ruinent , et rien* de plus* ,.^^ ; 

Pylhagore pensôît que la Terije étoît. ronge,. et 



arloutTiabitéé ; car il admetloit Tes Antipodes » 



et il savoit qwe les. hommes pocrrolént être droits 
sur leurs pieds*, dans line direction- opposée à celle 
que nous suivons dans notre bémrsphère. Il estlè 
preniier philosophé qpi fait pçnsé,^ el si cefte opr- 
nioA ûe, lui a pa^étélournie par les étrangers qu'il 
Oftnsult'a , s ils'est aélevé de lui-même à cette îdéçi 
elle doit lutfarre beaucoup- d'hohneur. II;jfello7l 
alors un grahd • génie pour écarter le ' préjugé , si 
iraturél, que.la-^ pesanteur agit toujours dans Fe 
même sens. Ce préjugé même avoît desi profondes 



DE L'ASTROAOMÎE ancienne! 127 

rdGÎriÇs, qu'elfes se «ont'élencjjif^fji'e^qiift jusqjies 
à^nosijôui'is. Ap'rèsvîtigt siècles , Galilée fut con- 
âampë pour àycûvpu t^u la vérhé c^ue Pythagoré 
«<roîl aperçue. ; ^^^ ., ..^ 

^ Pytliagore n'a rîea écrft ; îl càëhoît avec SQÎn 
sa véritable doctrine ; îl rie proposoît aux étrangers; 
à^a foule de ses 0udIteavs, que de^ emblèmes, et 
U Qe découvroit la vérité qu'à ses disciples choisis. 
Tous les phîlosopbeSi aiiniéns ont été persuadés 
que la vérité devoît être voilée. Ce n'esit pas elle 
qui rougît de se montrer , ce sont lés hommes qui 
crargneht d'e la voir nue. 

C'est peut-être cette -affectation de mystère; 
poussée trop loin , qui fit haïr et craindre Igs Py- » 
thagprîcîcns ; ils furent dans la suite chassés 3e 
Cortone el de l'ItaKe. il v a de Tinconvériient sans 
doute à ^efiseigner publiquement certaines vérités-; 
mais il est également dangereux d'enseigner en 
secret des opinions inconnues *: elles peuvent pa- 
roître'j-edoutables an gouvernement, quel qu'il 



soit. LeS' Pythac'oriciehs sqi voient l'exemole d 
EcArptietis , des Cfeafdéens , des Indiens ; mais cn< 



des 

\ces peuples, les scîèneës étoiênt dansles mains des 
[•êtres; le mystère les pen«oit respectables, sans 



les rendre sus{>ectés ;.C(MiiTAe les dieux soi^t iri-r 
connus , 1^ mjrstère' semble le partage de tout ce 
qui les entoure; ... 



r 



laB B t i t o ttit 

Em pedocle^ le p fe mier disciple de Pytbajtdfg» 
fameux par k curiosité qui le. fit périr ^ditroli i 
dans la bouche de rStita < jaaQtiit ^ ^ ^tog la Sicile ^ 
A^ri ^ente | On sait seulement qu41 fut admi s à u« 
leçons secrfetSiâe j^y^^gy^- Woas ne savons f jeu 
de lui qui ne soit au iclessous itje la réputation qu'il a 
laiAée. Selon lui, le véritable Soleil , le féu qui isst 
au centre du monae^ éclairoit Tautre hémisphèi^e; 
celui quenou^ vojoafi) n en est que 1 imagé réflé» 
cliie , qui suit tous les mouvemeDs du Soleil ^ invi^ 
sihie pour nous. Il pensoit encore «que lorsque le 
monde avoit été créé» le mouVertient du Soleil étoik 
« letit, que la longueur d*un seul )dur égaloit celle 
de dix mois : cette durée se restreignit peu à peu 
à'sëpt mois ;. c'est pourquoi » ajoute jPlutarque , lés 
éiitans ûui naissent lae ùeuVent vivre quaux 
époques de' sept ou dix skK\%\ ''."tous avoné honte 
de rappôrier Oette concluéion.de X\in et de lautre 
philosophes ; itiàisces erreurs'sont Thistoiré de Tes^ 
})rit hjumain^Âu reste,, il fa«it observer que d^ 
hiloipphes qui caehôient leUr véritable doctrine^ 



*r»«iii 



^ne pavent paSjfttre jugés défiùitiv c mgnï sur c^ 
Ijcm rap|>arte dé leurs opinions* Ilimpeaocle 
étqit poetb -y n nous reste' de lut un poëme iHlibi^le la 
Sphère 1, qui lui est attribuée On dit qu il iie p^^il 
point daaiis ïBAûa ; d'âuirès prélen dent qiie ce ^t 
pour cacher sa mort et se faire passer pour un dieu ^ 



DÉ L'ASTRONOMIE ANCIENNE. l2f 

nais on dit aussi qu il refusa la couronne qui lui 
fut offerte. U faut que lenvie s'accorde avec elle»? 
même; celui qui na pas rouiu être roi pendant 
sa vîc , voudroil-il être d«&u après sa mort ? 

Pbilolaâs, disciple de Pythagore, Horissolt 
environ 4^ ans avant J.-C. ; il pensoît, dit-on» 
que le Soleil étoît une niasse de venre, qui nous 
renvojoît par réflexion toute la lumière répandue 
dans Tuniverâw Mdis n'oublions jamais que ces 
opinions nous sont rendues par des histo riens qui 
ne les entendoient pas . et qui , dans les expresr 
«ions des philosophes, ont peut-être pris à là lettre 
ce qui n'ét<H t que. comparaison et figure^ 

L'opinion qui fait leplus dhonneur à Philolaûs^ 

et à laquelle on a donné quelqtiefois son nom 

dans nos siècles modernes » est celle dtii mouve^ 

ment de la Terre autour du Soleil. Noû» aroo» 

déjà ditqite la découverte de cette vérité suppôt 

jin e Astronomie défi fort avancée , qui ne fut 

.point celle de Philolaûs, de PjtEagore, ni même 

^ des anciens Egy tiens, il y^a lieu de croire* que 

Pyt hagore l' a voit wisée dans l'Inde ^ où elle et oit 

restée comme tradition dlune Astronomie qui 

n'existo4t plus^. Pythagore a eu' assex.de génie 

pour en sentir le prix, et pour l'adopter '^ niais il 

la cacha aux yeux du vulgaire !pirôfane. Son dis- 

.<;iple Philulaûs eut le courage de la révéler et d» 

1. 9 



iSo B I 6 T O I It s 

Tékiielgner publiquement. Il serait astes singulier 
que cette irrité fût la cause de la persécution; 
qui obligea Philolaûs à prendre la fuite. G&lilée 
perdit sa liberté pour elle : le sort de cette vérité 
6eroit donc de rendre malheureux, dans lousles 
«ièdej , ceux qui Tont enseignée les ^remiersi. 
Plusieurs philosophes grecs , desquels on ne peut 
assigner précisément Tâge , mais qui sont à pea 
prép djs celte 'époque, parlerait aussi du mouve- 
ment de la Terre. Seleucus d'Elrithrée disoit que 
"la Terre tourae comme la circonférence d*une 
toue ; Héradides de Pont et Ëcphante, qu'elle se 
meut sans changer de place ; par ce. ils enten»- 
ÂJloiént son mfouvement diurne sur elle^raéme ^ en 
4excluant sans doute son mouvement annuel ou 
^é translation autour du Soleil. Mais aucun ne 
a'est mieux exprimé^ur le mouvement diurne que 
Kicétas de J^racuse : voici ce que^Gîcéron rap* 
Dortc dans ses questions atcadémiques , « après 
1» Théophraste , ancien historien de4*Astronomîet 
:m Nicetas, dit-il ^ pensoit que tous lesasfer^ sont 
M en repos « et que la Terre seule est en mouve- 
a» ment dans l'univers. Par son mouvement rapide 
f» autour de son axe, elleproduit les mêmes appa- 
M reoces qui auroieot lieu, si la Terre étant e|i 
» re^dS , le ciel lui-même étoit en mouvement », 
jQoperfilë" xf elin pu 'rien dire de plus exact. On 



DE L'ASTRONpl^Ii: , ANCIENNE. uZl 

:fenwmSpHI q»^ g^ fot ficp^^age de Cicéronquî 
doiipaiqçt ^s^nonom^ lipi-^m&r.^ i^ipéilîi ^/iAê/iw 
;qii'îi a fait re^iyre. , 

(E^ppide^ 4^*CIïîq, ^ÊblUîla' grwd^ w»fe 
,4e $9 aiM , »QftQwyie ^J^lçl^s ; gç cjiftle de $9 aw 
jfiit jv'Qposé pcHir réglf r rfe ,C3Wndrifi.r„i l^^f^mhifp 

.d«^ j4eM3^ plympîqu^ei^ M^i? i) w pArpit pa^ qia 4I 

jgitéié adppt4 :«pp dwa^ 4^ (S^nopiiepV\^§ qu^ Iji 
l>:pie Jia<:l^e^oit ja»e,^wi/eftnç ^ou^^ du^oleil ,q|i!U 
M^oil ^qi^ixté^ poiar décrire |« ,zpdi^qiiÇt Ce pbiiof- 
éçjphfi p^n^p jqjlïl j^avoît dans le <ç^ptr^d<^'If 
T^rxo w^e ch^Jpm? qwi / «wUsUte tpHJpHrs ^ Inàfir^ 

|a^eQd«M3^fD«^ d^ iCeUe du t^c^Il. jll e^^pliq^o^tpaiv 

blent si chauds enhiVèr, comment Teau des puits 
paroit plus chaude dans cette saison. On sait au* 
joui?^>ji^i qm la fiHf^eiJiry sit «to^iîojiFs 4g^le ; il 
est assie?; ^DgMlîçr qu'iJ pijt ^té d^vîjrjer frétée çh^ar 
UxJkT centrale ; .qui ,est jJp^ yér^ié plyr^îqjiAÇ , ppijir 
}!^pliqvi<^r iml ;i^t ipndfer jwç f/a.ii^se fippiipMioo» 
Jpî^ c'(Wï-î^-dvr^ ^ QÇftppidc^,,s'v<é,teignirwt Jp^ 
'ne^t^ â^UiLftBçt^'d^ JPjrthsjgpr^ q^w fi^ubjsîrta pf«- 

^g^terrSlftW^^ 

tiKgraa(^*i:^piipt1ifift^7 

eAacfic. Sacrat^ ,lSM^ 
dëfcrjs f^j^jécoleÂonfepjfte . j jijge wt gye . }^ ^^.fàj^ 



J32 



H I s t O I R E 



l'étude de sor-méme à celle de la nature , 61 

iToublia rien pour y ramener la philosophie; 

' aliisî le pvthagorisme vit baisser son crédit* Mab 

cette secte se"^' perdit par le mystère dont elle 

«envelbjjfpoh*,* qui la rendît suspecte; par la 

réparation totale de ceux qui n*j étoient point 

admis : séparation qui est une source de haines; 

mais surtout par lestîme quelle faisott d*elle« 

liiême , 'et*' par son mépris pour le reste des 

hommes. Quand le petit nombre méprise la multi*- 

ttft l^ ',** qO artd il a rintprûdénire deie-laî«&ei»-voîr , 

'<8rtyuHtrrd il est^pf>rîitré*ou^étwrît; teiis^ieua: 

^ui 'ïf éfbfent pa^'pjihagorfcictis<é » oi ea t tr ppclés 

les morts , mais les morts accablèrent les nvan^. 

§.111. 

Ciéostrate de TenedtM vîroil rer* l'an 53a, 
avant J.-C. ; on croît qu'il avbit fixé les équinoxes 
et les solstices au 8« des signes. Mats celte dé- 
teiTi^ination appartient au 8« siècle avant l'ère 
chrétienne ; ce qui prouve que tous ces prétend us 
astronomes empruntoieiît de ta Qhaldée, ou d ait* 
feurSt. des* deterSRnajiùns qui ne ç on venôient 
plus à Jeur temps^€ léôstrate s'occupa de la ré- 
ibrmedu ^caléndiïerj, ^qialff^ ^^* réiformes, les. 
érreuj^^du calendrier et oynj j^«| \^)[[^ ^^ftf Jj^ 
râbles lenfin Métonjgarut, Méton ^^dîseiple de 



DE L* ASTRONOMIE ANCIENNE. t3^ 

* 

J^hdinus,, né & Leucoaée « village de' la campagnol 
d*Athën^ Il propo3a san cycle de dix ^ neuf ^ 
années solaires, pendant lesquellef s éçoMlentK 
dix - neuf années lunaires, et sept mois intérca-^ 
lairés. M changea aussi b disposition des mois; 
et au li eu d e' les fair e altern ative ment , de ^ et: 
d e 3o |ourft^il voulut .que , dans leg| .335 jnoÂs qui 
compose nt sa période ,;il jf en eût i jo sej^emejat 
e 2Q^ours, et laadeSo* e n comnlaxitj es sept, 



' <« 



mtercalaires. 
. II étoit i mpossiMe d'inT^ntgr pour la concalialien 
des deux mQuveinens du $oïei] et de la< Xjqne;^- 
V'? 9y , Ç]^. P*^^ exact » plus <çourt et pl^^ qpmmode^ ; 
Cette découverte dut étonner |es QirçiqS|/et leur, 
paroitrç qn des. p]i|s gç^ds eiTorts^ xle lesprit . 
humap ; aussi son utiliilç.Qàéjm^ ,4t^u£(a . toute^. 
^^spèce d'envie^ On nedîipolnt qu^eUe.ailessujé- 
^ucuhe, cpntradiction ; eUe fut reç;ue- , ay.eç ua 
applaudissement g^flçi|aL. Qua^id spfl.jî^f^ljBuP en: 
TO^entad^s tables. <çt. pnci: expjlicatioa dans Tas^ 
sez^hlée de la Grèce, pour, ies jpux çlymipîqueis , 
quoi<pi'il chang.eàt;L'9r.<^rie>pubUc , oa plutôt quU. 
en établit un où il.n.*e^<fxistoit pas, sfi;,i^fQrnle^ 
fut adoptée sur le çharnRr z^,. . . , ,, ^ . ;: 

Jamais succès xi^e fut. pfceux mérUé , pi pju» 
TOR^plet , que celjji -^da, Métpn \ la pénp^4$. i*ul. 
fdpptéq par toute» ^Içsjilles.e^ cobniftfgE^cquéf^ 



' 



iTif . ' H ! s Y 6 I H M 

et re^nt tmaiilmefr^ént le ïiùm de cjcie' où Mttihre 
d'oT) pour marquer séii^èx-cétteitcje, nom (}ti'eHe 

petîpl* dé I^Eui'opè cfdi étf it)iïf eû^ot^ Usagé. 
Agrès là ri?6i*l .dife>I:étp'np.,:lé5raS|,^^ 
riiièréht d'ahrtoncér, par dèataMds'expxe&^i^ 'é^àm^ 
IW.gr^ttdes ville» de te Gfèdè, lé tiuàntihhè.àg. 

• • • 

1^ ^âq|è;id<i^ ^ôur5 i*^ ïômI?oîe;^t lés fél^s é^ 

les cérémonies réglées suivant les saUb^i^'* - - ^ 
(!;dih¥tfè^ âi^ùÀ'^s^ïiiyôilëiré^f diflTéf de 

phHo^piii^^ùf dht iUùAté lâf Grèce. r.iUi«>as'f;â(.iit 
rétjidhtër à' <fes téM.jpi4 jfdtëiiieurs $ .ceuxqutàbiis 
oWnpèhl ihïiiiitetlaAt', 'pùixt ^&/tér dé 'là' kécte 
élëôti^qé^^r^^te qài ,- mxAài b(lHéti$6 â'ëtuTdiér et 
a^ik\^lki itiètiteitéé'lii zi^àrë , 'âvoii'HïôM 
j^Ut i6«î 'objet là diiilëètî^é' ; abhtZëttbii â^Efê^; 
fut Ikt^ëntéù/} l'AstrôtiômJé? dâm céil'é? s'èb^ë jî# 
borilâ dbtac A- qi^Iquë^' o^hfàhi , dddt ^ ptn'j^ 
[tirent ksiUei i\â\ètiïé$7MHo]p\iàtiés,\iè (àtiâ^ièiitf 
qui vîVfift Véi-yeSo âviaiif J>G:', fclfrfiit pài^ , ^Wtfiffi^ 
OA lé i:i:h{t Uéh-, è^lutiqUl èûh^s àT^lnîdtàUà pYvii 
«aioÊ^-JU 'Pon' ëè «dit' PhJftàt^faè ,' iL]ieÀλîtiiâg 
les'^étoiles s'étdgneaU^'^ti'-foili' Jjp.iMlIjiiW^ 
1« «dii»v c|%i« h Sb\^' 'eà'unë ftaë é'nifàfÀtflée , 

qvii «0 faBtimë «n^^tè • i^ë là l.uKkë èiskl Habitée; 



DE L'ASTROKOMîE ANCIENNE. l3& 

mais dix- huit fois plus grosse qqe la Terre; qu'il' 
y a plusieurs Soleils et plusieurs Lunes j^oUr- 
éclairer les difUérens climaÉs delà Tenre.; Quand 
on lit ces sottises » on croit que les bistoriisfis ont 
touIq C3l«>mnier les philosophes, d*at;ttant plué' 
4n^elles ëtoient nées dans la tète de Xénopiianeé^ 
un siècle après Thaïes. 

Parménides fût discifde de Xénophanes; il 
divisa^ ccmime Thalàs, la Ter)re en noiieâf. ïle^> 
rauleuv du préjugé que Ta Terre n*étoit hs\Alit él- 
Iiabitable que dans les deux 2ones tétnpérées ^ il 
Fegarâoft }a Terre comme sphërique, placée au 
centre du monde ; il ajieutoil qu'ette étoil^suspen*^ 
due au miUeu à& TuniV^s , parce qu'il 1^.^ avoik 
pas de raison pour queUe dàt se mouvoiif.bu péh^ 
cher d'un c6té plutôt que d*ufn autre». On Toit id 
lespremiers pas qu'on a faits pour explique!! lépbé* 
Homèné incompréhensible de kTeiY^ suspendue 
au milieu de l'univers^ sans que rieii né )a sou^' 
tienne dains un fluide plus léger que rair , tandilf» 
qti'on voit tomber les corps sur la Terre ,.lorsqù'oii^ 
tes abandonne à eux-mêmes. Avant r^ttractiom 
ne wt ôniennés^ a vant d^avoir reconnu que la pesan^ 
teur est diriârëe au centre de la Terre, cfîb put dbn*^ 
ner longtempsàpensev aux meilleurs esprits; ^*exp)î^ 
eàtion de Parménides est assesphilosOphi^ne ;ellêi^ 
est fondée sUr le principe de la tsiaoù, suffii^nté n- 



l38 HISTOIRE 

éixiplofëe depuis par Ârchimèdef€t dont LeibiutÂ' 
a fait dans ù dernier siècle un si grand usage. 
. Leucippe n*est connu que pour avoir été Tauteur 
de la philosophie corpusculaire ^ et le précurseur 
de Démocrite. Celui-ci voyagea et vit ce qu'il j 
a;voll de plus savant aunionde;ilavoit faitungriand 
nombre d'ouvrages qui ont péri. Métapl^^sique , 
niorale , médecine, physique, agriculture , cosmo- 
graphie, Astronomie, géométrie, musique , gram« 
maire, poésie, etc., cet homme univerael avoit 
tout embrassé: pour nous borner à ce qui concerne 
TAstronomie , il avoit fait un ouvrage sur les pla* 
nètes , un autre sur les causes célestes , et un traité 
intitulé grande année, ou Astronomie ; il est Tau-^ 
teur du système des atomes, où plutôt il donna de 
la célébrité à ce système , imaginé avant lui par 
X^eucippe. 

. Lldée la plus philosophique de Démocrite , est 
celle qu'il eut sur la voie lactée; il e^t le premier 
qui Tait considérée comme un amas d*étoiles infini^' 
ment éloignées, et dont la lumière se confond» 
pour ne former qu'une lueur blaiicfaâtre. Cette 
<^mIon subsiste encore aujourd'hui, et si Ij^t-* 
mon n'est pas suffisanimént satb£itsante , ' lés mo^ 
derpesi.n!ont rien trouvé de mieux a lui subs* 
iiluer. Quand on considère la variété des opinions 
l)uipdines , comme elles se succèdent, et se Aé^ 



■* #«•. 



DE L'ASTRONOMIE ANCIENNE. iSy^ 

trfiiseilt, combien il est difficile d'assigner aux* 
phéiron^ènes oa aux apparenc«$^^;ph^5U]ue5^ uue 
cause qui soit vraie pour tous les tempa? On senl; 
<]u*il y a de la gloire à laisser après sol une opinion- 
qui se trouve à l'épreuve dés slècle;4,^t({uif^ègne 
à jidniaissur la Terre. Démocrite ^i.ei)idit cette idée 

aux comètes ; U pei^sa^qu^elles ^éloient. produites- 

« 

par la rencontre de deux ou de plu^eurs pl^^tes» 
qui se trouvent si. voisip:es ;, que leurs. lumières 
réunies n'excitent que. 1» sens^tioki 4'^I9 ^eui astre ; 
en conséquencjs , Démocrite «établisâoit. que Toiiine; 
connoissoît pas encore le nQmJ^f.e.fd^^ planètes,. 
^ il supposoit qu'M. pQuvoit y ^p ;^\Q\t lan asse|& 
grand nombre p<Kir; que œ^iirçnç^t ires eussent, 
lieu au^si iréq£}èn»infbt. q|2eJ*app^fHi.<^ri des ça*; 
mète^ ; Dém<^icrile pi^(!^n.dpi.iiifn^i99»e .qiu'on ayoI(; 
V4i ;qae]qviefpis: p9^Qil4:é des iifi\\e»^k Idr place oi!^ 
U9i^ comèt« Si'ét^) ^vwoMi^. ;. m^i^ i^ çqmxsu^levfi^^^ 
mafqu^ Aristotj$s,''<^l$^:n6 derpirp^ç^prciver quel- 
quefois , mais toujours. 3i^44èqft^ a très-biea 
réfuté cette idée ^e Démocrite, il a eu tort d avan- 
cer que , ni ce philosophe , ni les Grecs de son 
temps f n€ connoissoient pas le nombre des pla- 
nètes , où bien il faut Tentendre de la manière que 
Démocrite Tentendoit. Il ne seroit nullement vrai- 
semblable que la Grèce qui avoit comme rcé 
r Orient depuis dix siècles; avec rEjg^pte depuis 




l38 HISTOIRE 

Thaïes, n*éùt pas^connu les sept planètes , qui sont ^ 
pour ainsi dire, la première connolssance def^s- 
trpnomie , et ccHe qui a été le plus généralement 
répandue. 

Métfddore fui le plus illustre des disciples d& 
Défttôcrite ; il adopta comn^e lui la ploraKté des 
mondes. Nous ne Parons point fait remarquer ea 
parlant de te philosophe, parée que cette opinioa 
fut celle dé pi'esque tous les philosophes grecs» 
^étrodore abandonna son mattre dans texplica- 
ifoint dé la Toie iticfée ; il pen^af Comme ŒnopideSy. 
qu'eilé^avoit^té autrefois Jaii|>iite du Soleil; peut- 
être avbit-il ef^lehdu jdi^â qt^, seloii une tradttîoii 
égyptienne V on âVôît vu fëcHptiïjue perpendicu- 
laire à'réqualéur; ilpouvéit croif^e que la voie 
lactée , qui f(>riAetiik asse^ grand angle avec ce 
éèrcle,éto$i une dés positions {intermédiaires de 
Fé(^l!ptiqué^, èù éNé àvôit peut'-ètrë resté davdtt^ 
tage, et donné; lé témpSF aô> Soleil^ d^ imprîiâier 
ilYié marque in^âifçâl^le.^ 



.•« 



1 ; 






»»• 



**•*. 









DE L'ASTRÔliciMtE ANélENNE, if3$ 




3LI vk É tiîï. 



1 ' / 



t • > 
i » 



2^e Plation^SÉu^oxe, et dea.gkiîor. ' 






«'■a ' 



££k. 



^« < < ^ 



1 



*-',« j 



'Xji'.4 iSrèèé^ éomftiença i s*ëclàirër avec î^atoni 
I rélinit to utes les sectieg' dtans la sienne. La ph y - 
Siaiië dèi Pyihafi:ôricieris. 1 Astronomie dé ta sécté 
loùiéhne , là niorafè"^ ^e oôcraté / et ^ ait 3é raî-^ 

s son écote ;*en etâïîîïsià'nt âtô pWri?îp?4 ideri 
fains et eviaens , fournit des^ secours qUi ihaH- 
quoiieht aï TAstronomie-, et àoûài' àé fe justesse 

ei lés mathématiques ; 'tïè^ fiit pàkt idibhbtiié î 
iii^îs îf fut utile à là àii{ëVc%jSàiJllA^tfèrice d^ 
^ënîe. I^rappë de fanoÉ^îi^se et de i utiïît^ dîe i À^^ 
tronomie , il disoit que la vue n avoil été donnée 
à rhomme que pour connoiiré^'àdAurerïkté^ùr 
U^\\!é èï la constance' ^s m6\iyéhiëniiikk^ corps 



j4o histoire 

célestes, pour apprendre d*eux à aimer Torclre 
e| à régler sa conduite. Platon pensoit queies 
corps célestes avoient d*abord été mus en ligne 
droite; mais que. la gravité. changea ce mouve» 
ment et lë rendit circulaire. Il avoft des idée5 
exactes de la cause des éclipses : quant à Tarran- 
geinent. des planètes , il les plaçoit ainsi : Saturne-, 
Jupiter, Mars , Vénus , Mercure, le Soleil , la 
Lune 9 et la Terre qu II plaçoit au milieu. 'On dit 
que Platon changea de jentbrïeni dattàs ;sa vieil- 
lesse , et qu'ilcrut que la Terre nlétoit pas im- 
ipobile. Platon même ^ dit Plutarque , riint en m 
vfëîllesse ^ qùVla:Terre*étoit •eh iîne* aùtfç fplatifc 
^ue cçflle dunmlrenv et qu'eiVeSntr^* du^nflpwdt^, 
Wmroç Je'-^plus'^^lfonorabte Végèy*appartendft^ 
oûelqu'aùtrè t)1tfs* dîeâf subslân?6* Besrintëï®» 
aant de voir par-^quelle ^alsph "leS^pWtosopfhes^SÇ 
décidQieiit ^Içrs. Quand pn leur présentqjt unç 
vérité , IIsj Tadmettolent par des raisons cbiméri- 
ques et étrangères : il est bien question de di-» 
^nité ^de 3ubj$lançe » où, les.observations et les ex^ 
pUcations Tes. plus naturelle^ doivent décider. ^On 
dît que.piatwi, voyant que lès Grecs n avoient 

pi^nt 4X"^''^ i^P'^'^ë^ ^^^ w^l cadrans solaires, 
jnventa un instrument hydraulique pour mesurer 
le^ heures delà nuit. 
.11 paroU.q^^.platpn proposa, aux astroni>ix)ie5 



DE L'ASTRONOMIE ANCIENNE. l4i 

le problème de satbfaire aux phénomènes du ih6u^ 
' vement des corps célestes , par un mouvement c!r^ 
ctilake et régulier. Cette idée de là recherche 
àes causes étort digne du génie de Platon. Jus^ 
qu'ici TAstronomie grecque n'avoît'été quune 
suite de remarques faites au hasard \ ramassées 
sans liaison , auxquelles s'étoient jointes quelques 
opinions philosophiques. Le discours de Platdn 
annonce qu'on commençoit à ta regardei* conune 
une science. 

Cette révolution fut due à Eudoxe ^ ami de 
Flaton , et le plus grand astronome des Grecs 
avant récole d'Alexandrie. Le désir d'étudiei^ 
1* Astronomie à sa source , le conduisit en Egypte. 
Il porta des lettres d'Agésilas à Nectanebus , roi 
d'Egypte, qui le recommanda aux prêtres d'Hé- 
liopotis. Il puisa dans leurs entretiens la doctrine 
dont iléloit avide. Il recueillit, dans ses vôj'iages, les 
observalîons des levers et des couchers des étoiles, 
faites en Asie , en Italie , en ^retle et en Egypte , 
et il composa un calendrier qui portoit son nonti, 

Sénèque dît qu'Eudoxe tFa»;§porta dans la 
Grèce les élémens du mouvement des planètes; 
tl faut entendre par-là leurs temps périodi(]^es, 
et peut-être la durée de leurs stations et de leurs 
rétrogradations. La récherche des causes est une 
pensée qui n'est venue que f<^*t tard aux Inxnuâes^ 



t^» H I s T O f H E 

"Le^Çltsàldé^s^ Ie;$ Ëgyptien^i le^ stncieoa peuple^ 
£1) .gén^s^lv^np sl^ ,$ont, point .occiipé3 : cile étpit 
ré»efv4^ .aux ^prec^ ;; aoît qùe^ dans Tordra de^s 
choses, la redjiençhe de? causes ,ae dût 3e pré- 
$eM^^v à l>5^it jiumaijQ i}u!à j-^pçque d'une cer- 
taine maturité de^ connoisJiaQces , et lorsque les 
KÎècIes a^rpient fiéuui un^rfaind nombre de f^t3; 
•oit {Jutôt <^*:eJJe tint au génie de$ Greca« et 
qijiVIle dfHinwà^i une inguîétwde jet wne ?tctîviré 
qui manquoient aux peuples de TOrieiit et d.Q 
Mîdî. 

J^udoxç ayoît ppropo^^efix^uvc^g^^ întljtul^ 
V^n le Mirx>ir ,* M^^ire iles phénowfène^: Il p9^r oUf 
mivant ce. que jdijL.HJ^pparque , qu^ les avQÎt .sou$ 
les jeux» quie I^ fotnd de ces deux .ouvrages étoit 
le même^C'éioii une es^pèce >de tableau du ,ci|el^ 
déicrtit ,d*une,inw^èrte popialAU^. Dans le premier) 
iLsetoii aMaché vraisemblablement à désigner la 
p9aitton 4e^ consieUatipns^ les unes relativen:ient 
aujx auitr^a ; idan^ Je ^ecopd ,. il expliquoit If 
temps de ifeiur levar €t 4^ leur toucher. Ce.s d^ux 
ouvrages aoni piefidus ; il n^ nous ^n reste que 
des fragmens ; conservés par Hlpparque ,. dapi 
^D Commentaire sur le poèiçne d'Aratus; mais 
Cù$ fragmieais sont prépi>iix : ils renferment un ç 
description assers! détaillée dierançimne sphère, 
fil le poème idiAiraMP# çofÂé ^r çfs .deujc oi{i<- 



DE L'ASTRONOMIE ANCIENNE. l4J 

vràges, remplit ie^ vides de ces fragmens. Omjl, 
tire de ces ouvrages mètne une conclusion sin-, 
guliène, c'est que cet £udoxe, lû fameux parmi 
les Grecs, leur plus grand astronome avant Hip- 
parque, n'étolt pc^nt observateur ; pQiar peu qu'il 
i'eût été y II se seroit aperçu qye la ^p^ài'e , les ap^ 
pare^ces qu'il décrivoit , uavoient plus lieu de 
son temps , et qu'il «pus tra^oit i'état du ciel tel 
qu'il éiolt avant lui. Ainsi, quoi qu'on puisse dire 
de ses observations , le fait démoat^re qu]il n'a-« 
voit jamais observé. Màisj ce qui doit faire bon* 
neur à Ëudoxe, c'est d'avoir n^éprisé les rêve- 
rie^ des astrologues, et d'avoir averti qu'on m 
dey oit point ajouter foi aux prédictions des Cbal* 
xléens. C'e4 donc au teixtps d'Ëu^dpxe , ou pej» 
auparavant , qu'on doit^ placer la séparation de4 
deux sciences célestes dues à la curiosité hu^ 
jxiaine , Tastrologle et l'Astronomie : ce sont deux 
filles dune mêmfemère^ dont la dernière «st. 
seule légitime. 

Aristote, quoiqu'il ne soit pafs cité cpmfne as- 
tronome, est peut-être detoi^slctsphilqsopk^s grecs 
celui qui en a le plus mérité ^e nom. Il rapporte lui- 
même pli;^ieurs de .s^ observations : il a ru une 



z44 HISTOIRE 

éciipae de Mars parla Lune, et roccultation d'ane 
étoile des' Gémeaux par la planète de Jupiter. 
Ces phénomènes, qui sont rares, prourent que 
celui qui les a saisis, étoit allentif à tes chercher. 
Son opinion sur les comètes étoIt qu*elles sont 
produites par utxe exhalaison sèche et chaude , 
qui s*élèye dans les régions supérieures , s'y con^* 
dense et s*y enflamme. Aristote rangeoit la voie 
lactée , comme les comètes , au nombre des më" 
téores ; il croyoit que les taches qu*on voit dans ^ 
la Lune sont Tirnage de TOcéan , qui s'y repré- 
sente comme dans un miroir. Il avoif très-bien 
iconnu que Tombre de la Terre devort être co- 
nique , parce que le Soleil est plus grand que la 
Verre, et il en concluoit que la distance du som- 
met du c6ne d ombre au centre de hi Terre, 
'étoit plus petite que la distance du Soleil à la 
Terre. On ajoute qu'Arîstote a cru les astres on 
^le& creux animés : il est certain quil pensoit que 
chacun de ces astres avoit une intelligence iihmor^ 
telle qui présidoit àsa mairche. 

En étudiant les ouvrages de ce temps , on voit 

que TAsIronomie avoit fait quelques pi-ogrès, 

•peut- être étoit*- ce l'effet des réflexions et des 

reproches dé Platon; cëtoit un aiguillon pour 

-la tiédeur y un encouragement pour la foibUsse. 



DE L'ASTRQNOMiE ANfilENNE, 145 

yn gf^nd homme a mosHiré que les progris $ont 
pQssii)J,e$ : cè$t beaucoup pp^ur l*e$prit humain , 
qui craint surtout de se fatiguer eri .elïbrts inù?^ 
tiles. 

Nous ne devons pas dissimuler qu*Aristote n*a 
cité qu^ p9Vf. \^ icombattna l'opinion (jes Pytha- 
goricieiis y q^e jie^ cççiètes $^nt des pl^a^tes. Il 4^ 
refusa éir^ement à croire le n^ouvenient de M 
Tegre, que ces » pfaîfa^spphe;S avpipnt eQsejigné, 
Ici 400 |gérïie semble |>voli: aban^panë ; ]çn,iiis il 
£aut songer que ces pl1H0s.cp.he5 nléitabUssoiefjt 
poijpt c^es ^evt^ opinion^ &jaf 4e3 faits; jls dbpient 
ce qu'iU jayoieAt appris des étran^er^ daiiS/lem*3 
VQjageâ. I^es PythagQjricienyS n^ doja;qoîent p as 
d*au ^ re pregvie du m ou ^njbeffj: de la Terfe^ et du, 
SpjjeU iffimob i b au m îlje u du nfipnde , que la di^*^ 
gnijLé d.e^ubgtajace, qui assig^oit au feu la pf*,e^i,i,èr€^ 
place. Un bon esprit comm^ Aristo^e, ayojl-i^ ior( 
de rej.eter un système qui Q*avoit point d'autre 
9ppui ? et j autoit-il au jptird hui beaucoup ^p.Qon 
perniciens , . si ce systén^e n'étoit prouvé par d^ 
meiileurea raisons ? Tel est 1^ sort des vérit4s quti 
Ton montre dénuées des faits qui en sont 1^ fpn?*, 
deai^^a ; eUes deviennent f^ee préjugés avgc le 
temps, là raison Ips ditoute , et elles spftt b9i?ni^j^ 
i/fijuÂtement parlr- plnlospphîe spéculatîvp. YçU^ 

I. .10 



l46 HISTOIRE 

rhistoire et sans doute la justification <]*Aristote« 
Il naquit 384 ans avant J.-C. , et mourut Tan 32 1 ^ 
â^ de 63 ans; 

§. III. 

Nous réunirons ici plusieurs philosophes grecs,' 
desquels nous avons peu de chose à dire. Hélicon 
Cizicènè ^onnu patia prédiction d*une éclipse de 
Soleil , qu il annonça au roi Denis , et qui arriva 
comme il Tavoit prédite.L*histoire ne cite que trois 
Grecs qui aient prédit des éclipses ; Thaïes , Hé- 
licon Cizicène, et Ëudème qui fut Thistorien de 
TAstronomie. Cette histoire est perdue , ainsi que 
celle de Théophraste. Ces deux morceaux pré- 
cieux deTantiquité nous auroient é^^ d*un grand • 
secours dans rouvrafi;e qui nous occupe rhainte- 
nant: nous aurions des faits où nous n'avons sou- 
rent que des conjectures. 

_ • 

Théophraste, historien de T Astronomie, pen- 
8oit que la voie lactée est Tendroit où s'assemblent 
les deux hémisphères du ciel. Ce Théophraste est 
celui qui avoit écrit les caractères dont la Brujrère 
nous a donné la traduction. 

Autolicus de Pitanée , nous a laissé deux ou- 
vrages qùr traitent de la sphère, et du lever des 
étoiles. Philippe Opuntius , disciple de Platon ^ 



t)E L'ASTRONÔMÏE Al^CÏENNE. 147 

Sivoît composé des ouvrages qui pouvoieiit être 
ititéressans , sur la distance du Soleil et de la Lune , 
Iieurs grandeurs et leurs éclipses \ ces ouvrages 
sont perdus. Opuntius avoit aussi traité de l'op- 
tique , et II est le plus ancien fauteur qui s'en soit 
occupé. 

Calippe a fait un recueil d' observa) ioils du lever 
des étoiles , et II j a joint les prédictions météoro- 
logiques qui en dépendoient. Comme nous avons 
souvent parlé de cette espèce d'observations , si 
communes dans TAsIe et dans la Gthce , nous 
devons dire que les anciens, du moins les philo« 
sopbes , ne regardolent point les étoiles cfomme les 
causes' des changemens des saisons , qu^elles sem- 
blolent annoncer par leurs levers, et par lewxs cou- 
chers ; ils s'éAoIent fort appliqués à connoitre la 
accession de ces vicissitude^ , pour l'avantage de 
Tagrlculture : Ils avorent reconnu qu elles dépen- 
doient du Soleil et de la Lune. Quant au nombre 
des observations annuelles sur lesquelles ces pro- 
nostics et oient fondés, nous n'en pouvons rien dire 
deposltlf; cependant, si on considère que lesanclens 
ft'ont jamais observé les levers et les couchers de.s 
étoiles^ que dans la vue de connoitre et de prédire 
les temps favorsâ^les aux travaux de la campagne ; 
que çonséquemment ils ont dû accompagner cba- 



^ j4* h I s T 9 ! r s 

cune de ces observations , de celle des renf s , des 
pluies, du froid et du chaud, etc.; si on considère 
en outre cjue ces observations étoient répandues 
dan^ la Grèce, dès le temps de Chiron, et au 
poins jusqu'à Hipparque , ce qui fait un ii^terv^lle 
d'environ 1200 ans ; qu'à Bab^lone, CallistènQ 
trouva une suite d'ob^çrv^tipp^ f^iiçs pendiint 
J900 années , q^i étoiept I9 plupart Yf^is^fnbl^ble- 
ment des observations du mém^ g^pre 9 on con- 
tiendra que ces pbseryatioqs suivies pendant tact 
de siècles, pouvoien^ être utile^ ^n effet pou|: pqnr 
noitre lescauses des intempéries des s^lson^ , 911 4}) 
moinspour ep assigner la réyolutiQn , quelle^ qa*ef> 
soient les causes". On c<>nvîendr^ qu^noiis devpp^ 
particulièrement regretter ces observations m^-r 
téorolôgiques , nofisqui n!en ayons 4>^^ upe ^ufff 
de 100 années , nous qui uaîypps c^'auf r^ avan^{« 
à cet égard , que Texactitude d|^ np& i^strumen^t 
et celle de^ observations qfii en )*ésijiltçpt , avaiftagji 
gui ne compense pas toujppf^ ran^çi.çppf ^é de^ pi^r 
8efv£)tiops, Ces r^^f ipns doivent ii^pqs fairç re^^ 
pecter le travail des ançjens. Si nqus Ips fiypns spr-; 
• passé3 en be^ucpup de parties , U s'éçQi^lp fa encprt 
bien des siècles^ avant que noi^ ^^^^i^ns d^P4 
celles-ci , le point où les Çhaldéens e( j^eut-étt^-lêf 
Grecs éloîent parvenus. 



I 



DE L*ASTRokOMlE ANCIENNE, f^^ 

§. I V. • 

Dans lés écrits des ancîehd, particûriéremènt 
chez les Grecs, il est souvent question ae la grande 
ajinêéf et lés grandes années cju'oh y trouve citées; 
souvent fort différentes lés linès dés autres , èhi- 
brâsséht un ndmbi*e coilsid(erâl>leadnnéës solaires. 
Il n'est pas inutile d^éntrér ici dans quelque détail 
h cet égard : là grande année étôit , éri gérîéral , 
une révolution astronomique d^ùn.oû dé plusieurs 
astres ; mais les anciens y attachèrent une sorte de 
superstition : voici comment lé préjugé s'établît. 
jLies premiers fiommes qui étudièrent Tétàt dit 
ciel pour les besoins de ragrîculturc , remar- 
quèrértt que là révolutfon du Soleil ramenoît lek 
saisons dans le même ordre : ils crurent reconrioitre 
que certaines intempéries dépéndoient dés aspects 
de laljune,et en attachant les dlnérens pronostics 
dé ces intempéries aux levers et aux couchers 
ces étoiles , ils se persuadèrent que les vicissitudes 
des choses d'ici bas avoicnt dés périodes réglées 
comme les mouvemens célestes. C'est donc dans 
TAstrôTogie naturelle que Ton doit chercher lorî- 
giné dé ces pérîo'des. Maïs on voit que toute 
espèce dé révolution leur présenta Fidée d'accom- 
plissement et de renouvellement ; dé là naquit tè 
préjugé que lé mtêmé aspect , le Même arrangée 



iS^ H I $ T p I K E 

ment de tou5 les astres, qui avoient eu lieu à la nais- 
sance du moode^ en amèneroient la destruction^ Le 
temps de cette, longue révolution étoit la durée 
prédestinée a la vie de la nature ; un auJLre pré- 
jugé qui dut la même source , fut que le monde 
ne devolt périr à cette époque , que pour renaître, 
et pour que le même ordre, dç choses recom- 
mençât avec .le . même cours des phénomènes 
célestes : les uns fig^èrént ce renouvellement uni- 
yers€^I à la conjonction de toutes les planètes ; lei 
autres,, qui avoient çonqotssancQ du mouvement 
des fixes, fàUçndirent au retour des étoiles au 
iTiême point de técliptlque ; .d'autres, en réunis- 
sant ces <îeux espèces de révolutions, marquèrent 
le terme de 1^ durée de toutes choses • au moment 
QÙ les étoiles iet les planètes reviendroient à la 

rnèime situation primitive à l'égard de Técllptique; 

•. . . ' * ..... ' " ^ 

c'est-à-dire, qu'ils coqcevoient une période qui 
reiifermeroit une pu plusieurs révolutions com- 
plates des étoiles , et de même un certain nombre 
de réyolutîqns complètes de chacune des planètes; 
période immense: le mondepeut durer des milliers 
de siècles sa^s qu'elle s'achève ; toutes ces périodesi 
s'appelèrent g^rande année ^ c'e^t-à-dire, grandfe 
févolulion: ce préjugé a pris sa source dajis l'orient. 
Qnj trpuve partout de prétendues tr^^iUons^ur 



ï)E l'astronomie ancienne. r5t 

là situation respective des astres au moment de 
la naissance du monde. Berose avoit annoncé que 
la Terre serait submergée , lorsque les planètes 
•e réuniroient dans le même degré du signe du 
capricorne ; et qu'elle soufTriroit un embrasement 
universel, lorsque ces planètes se troiicveroient 
rassemblées dans le signe de Fécrevisse.^ 

Aristote disoit également que la graûde' année 
étoit celle qui ramenoit au même point du c^el le 
Soleil; la Lune et les cinq planètes , année dont 
Thiverestle déluge, et Tété Fincen die général de 
la Terre. Suivantles anciens, la Terre périssoittour 
à tour par Teau et par le leu : c*est enôoté cette 
année qu on appelle la grande année de ï^làton* ; 
les anciens Egyptiens pensoient bien que lemonde 
avoil péri par le feu, mais on ne voit point qu*iU 
aient cherchée enfermer dans dès périodes, toute» 
les révolution» des planète^ ; leur grande année de 
i46i ans, étoit purement solaire; çHe h^ mcndçoit 
}a Terre d'auûun malheur, elleramenok aueen-*' 
traire Fabondaneè et la fertilité. La superstition 
attachée à cette con^onctiion généra^ de toutes les 
planètes , s'étendit aux conjonctions parti>ei»lièi'es 
de deux ou de plusieurs |>lanètes ; les périodes qui 
vamenoient ces conjonctions^ .i^vo^rables ou cônr 
traires.au nuxmlet annoncèrent différentes: i^érob»^ 



\ 



HonSf et prirent en consé<juence le nom dé grande 
ttrmée ; delà le soin d'observer ces ooBJonclions^ 
€t d*en iâiFë noie dans l'histoire :. de là toutes lej 
périodes asixdlppques des.coh^rïttlonsde JupHer 
€lt de Sfoivtne^ àa^ns lé même signe du zodiaque y 
ùù doQs .isfMTtênie pdial de t'éolipti«{ue. L^usage de 
rAstronomie !et lea liesoîns die la sçcîëté civile 
avolenl fak chercher , pour là règle du calendrier , 
des péiûôdes' qui re&fermassent un BQistkhre dé 
iséyôluttGOïs .complètes du- Solleil el de la Lûrie t 
eés péjrlodes'fàrent attssi de gratideis années* Tefleâ 
furent }a période de 600 ius.de^ paUtatfçlMts, le^ 
pértodetflumjsoi'airiâs de- Â2i3 el d^ 66|9.mo!â^.dt 
Qoo^ide 36o0 ans dési Gh{)ltJ<^éns. Çesi ppur^ok 
les Grecii, diftclp^ des Ëgyplien^ et d^sOrleD-' 
taux, ont appèl^grandes anné^c^sioules ks;pérlf)fde« 
qu'ils ont imaginées pour concilier l^s ihquy Qmerift 
du Soleil et: de la Lune,; ils y avoîent méané 
fà'mi mk préjugé assez siâgtdier. Imbus de;». idées 
erientalesi, que la grande année embrassolC 1^ 
révolutions i de toutes lés pls&ètes ^ trompé» par 
lapplioaHon quon avoit faite de ce nom aux pé- 
riodes, purenpent.lunl^^solaires:* ils erui'eutqUe cjsi 
périodes i:arpjenoient tott^^s les planètes au mféme 
point dur cie[hGe.préjug.é .prouve que le premier 
obji^t d^ jce^ j^rîodes ^(ppelées gtai^des amaéeA^ 



/ 



J>E L'ASTRÔWCTMIE INtlENNE. iS3l 

fUt dû régler la chronologie , et ée concïtiet }€ 
tnùuTs du Soleil avep celui de kiLuné. Cette itié9 
nouâr portéroit à croire que h grande atinéé de^ 
600 ans fut la pcemrèré et lé modèto d^ te^ieitf 
les autres. Quand on erût apercéi^dir MtétéHaine 
dorres0o»nd!ance ^ntre les révolutions tikesièsl et le" 

"•^* • . - 17.,,. •. . 

retour des intemfyërie^ de^ saisom 1 (M niveàlà àë 
nouyelies périodesX*e|t dsifèrastrolojde nattirelli^ ' 
qui les multiplia , et si de{]luis rdsfrologie judP 
çîaire s*en est emparée» cet iijage ne doit point 
les rendresuspe<î<es. NouiS eroyons que cês grandes)^ 
années' étoiént fondées sur des mofife t éeté cfuiH 
Kté, et i^elles renfermoient ptii9 de Cforlnois-» 
sanèes «btronomlques qu'on' ne' Ta cru ^usiju^iGii 
Recueillies par les'Grecsi, ettes âoiit lea dépouiller 
de Tantiqmté , les i^estes et ^ut'^étre fes pcèïiÊ^e^ 
de cette Astronomie aiicienne, qui étoit Kée k 
Vaitrologié naturelle , cultivée plus de Vin{^ siècle^^ 
avant notre ère chez les Chinois ^ lea Indiens el 
les Chsldéene. 

S. y. 

Pythéas , à strbnonte et géographe cëlèfere ,- fut 
de Marseille ; celte tille alors i^épilièlicâiné, fofn-^ 
dée par les Phocéens, 5oo ans avant J.-C.*Ohésé 
kioértain Mr le teznps'oA viVoît f^lhéa^ ; àia^ il 



l54 HISTOIRE 

semble que le plus grand nombre des auteur^ 
concourt i le faire contemporam d'Alexandre. 
Oest pourquoi nous le plaçons ici le dernier as-» 
fronoDie'grec avant Técole d*Âlexandrie« 

• ^IZlMS^ ^^^ ^^ ^^^ P^^^ anciens voyageurs qui se 
soient avances rers le p6Ie boréal. Il alla iusqu'en 
Islande. It prouve qu'il y a pénétré réellenaent » 
»a racontant un phénomène qu'il nepouvpit de- 
inï^e r, qui est quelle j o ur du , sobtice d'été , t e 
Sofeil / le joir a ne fait que toucher à l'horizon ; 
et reco m mence à s'élever aussitôt Ce jour-là n'a 

point de nuit en Islande : c'est en effet le premier 

* ^ ■ - I --> ■ ■ . .1 .1 -I ■ ■** 

climat où l'on trouve un jour de vingt -quatre 
heures. Straboç . et Poljrbe l'ont en vadn traité de 
menteur ; cette observation est Ire témoin de la 
vérité de sôb. récit. Pofybe s'étonnok qu'un, par- 
ticulier sans richesses eût entrepris un si grand 
Tojrage ; mais , comme le remarque i'histonen àe» 
9iathématiques ^ rien n'est plus ordinaire ches 
une nation maritime et commerçante, que ces 
entreprises de découvertes, protégées par le gou- 
vernement ou par des'particuliers opulens , et exé- 
I çutées par des'gcns icurîeux , intrépides; et sur* 
tout sans, fortune; ceux qui en ont^ sont moins 
bardis. 
11 parolt que Fjrthéar étoit dbsfervateiir. IL ^ 



DE L'ASTHONOMiE ANCIENNE. i55 

lemarqué qu il n jr avoit point d*étoiles près du 
pôle. ; et en eflfet , de son temps , il n jr» en avoit 
pas. L'observation , quiTa rendu le plu» fametts » 
surtout depuis la contestation élevée parmi les 
astronomes • oiodernes , sur * la diminution de 
Tobliquité de Técliptique , est celle de la hau« 
teur méridienne du Soleil au temps du solstice 
d'été. 

Pythéas , en se servant d!un gnomon fort élevé » 
trouvjaque la longueur de Tombre ,,au temps d^ 
solstice d'été , avoit , à Tégard de. la hauteur du[ 
gnomon» la même proportion à Marseille qu*à 
Bysance. Cette proportion étoit, dit* on , à Bjr-* 
eance, celle ^ei^^ak^t tr^u , en nombres entiers» 
de 6ooàA09« 3i Tobservation étolt afutlientique « 
il n'y auroit pivis de| différent parmi les modernes^ 
qui observent aujourd'hui l'obliquité die réclip^ 
^ique beaucoup plus petite ; mais B ysance et Mar» 
^eiUe ne sont pas sous f j même parallèle ; la pro- 
portion de la longueui; ae l'ombre^ à la ha^teui; 
)^^ gnomon , nj pçut être la ménie,. Il n'est donc 
nullement probable que Tobservatiota ait été faite 
à Bysance; mais l'a-t-elle été à Marseille FJ'a-t-relIe 
été par fythéas ? Q\çst pe que nous .penchons à 
croire , maisi ce qpe. iious jxosqvs décider, II es( 
iâ<;heux qu U n'y ait pas plu3 dci certitude sut; 



156 HISTOIRE' 

le Heu , ni sut i*ë|^Gqtie de • celte dbser^altdn ; té 

temps f eifï détruisant les ouvrages origtnatiXy li'a 

laimé qile des fràgmens epdrs , où les faits sont 

mutiles y défigofés^ afiilsl^ des ohoieis les plus intë- 

réssaaatèSf . il lië reste souvent k la mémoire deè 

l^nimids ,' ^u*uiàe ntrtion confuse qui)edr ë^tpre^-' 

que inutile. 

§. VI. 

* Noiife Vetiàtt^ êé pdrdèltrrît fa Grèce ; tiôus 
è^bhs illrt passer eh révùèlës- Mctès dés phi-> 
k^opheè, lèui^s opinions ; hôus si^ôns vu des idées 
àbsiirées sé-lraûgèr dàtié les^ niêmés têtes aVeo 

• • • • 

dès IdééÀ scibKm^s : (ël èéV ^ dans .cette partie 
du nionde , lé f afetea'u dé V'èàtifti hdmaiil , déji 
mût pour fès âth , là riiôr^é et là législation, 
maiÀ encore dkriâ Tetifince U Tégard de TAstro^ 
nomie; reténu par Fiiiéhiè de l'igi!it>rarricé , en- 
ti'aiilé par Pactivité dé rima^infatioti, Il ne marché 
pàfr^ il s'à'gitë'âans. sortir^ dé ià placé, il n'a d'autre 
Mouvement' qûé deè éklris et dés éhutes; noii 
éricdrè conVafn^u dé lia nécêsbîfé àës faîfs ijiA 
Sont lès seules coiiriôîssahces , il .croît icju'ôiï peuj 
en raisonris^fit, en conjédu^ant, approfondir ji 
Aature salis rôbserver, et ^trelqbfefors le hasard 
eu le gériie fait Sortir chi' dh5d des op7niotii 
ies éiî-ncellc5 qui éclaîrénl êéttef nuit profonde; 



'*^ 



\ 



DE L'ASTRÇWÔMJH ANCIENNE. »! 

Sî 90115 J3ei(ans vP ppijp 4'^1 gtoénal «ur fej' 
I3 que HQU5 avQijp p;u^2ppru«^.i»pp« rerroos 
jgue tout ce qu} S3j ^l(^^m^ fi^lrpnoppique fut 
lét ranger à la iSc^cf. I<i'Rrdji*Q0Vr.a)*i!Migefni9ol<k$ 
pUiaèt|3^9 le§ Pf^^e^ ^^.édîpa^, là mëthodff 
|)oui* les prié^ir^t i/9$ d^M^ ^t^ii^ fiu malm el 
dit; spir , r^pnJiQS fJ^ns «9^ ç^nleplftoète , la daré^ 
^e3 réyolqtipn^ id^i SpIçU ^t de (a Lune « ta pë-- 
ripdia fam^VK^ 4^ M^tç» , j'Q^^uîté de Tiéciip*- 
tîqvie^, la ^b^jr^ , ^wi \tm vî^t de F Asie oa de 
rÊ^y^ple. ' 

Le^ Grefîs t^e firent presque point d-çhsec»» 
Tâtipp3 i celles du lever et du coucher des litoilef , 
utiles pi^iar régler Tannée «t les trttvaux deTagri^ 
ci2Ïtur0 9 pe so^t pour ainsi dîn» paa des ^bser«- 
vatioQ^ astronomiques; d*ailleurd, la plupart des 
ol^servatian/ç détoijeâ , '. cématiès dans lears. tcalen«> 
drlers, pelem*appai*tienneckt point, pe s£ rapport* 
^ent ppÎQt ^u ^ècle oh ils les Q(n| publiées, et cef 
tecp^U i^e prouvent qi^e leur ignorapce. I^es 
Gr'^O^ , pés pyec beaucoup de pjsnchant pour 
pb.il{)soph'ef , n avoient pqint encore, à Tépoquf 
p)k Q0U9 «omHies^ la constance n^essaire k lV>b»- 
àevyailon. Ils n'a voient point le goât de la recherche 
des faits ; ils ont tenté d'élever un édifice sapi 
fyndérpens ; ils .n^éloienl point doués 4^ iâis<7eri> 



\ 



\ 



N 



xS8 H t s T 1 R e 

nement et <le la critique » indispensables pour 
apprécier ces faits ; aussi ont-ils crq nombre, d'ab* 
sut'ditési et dit beaucoup de sotises. On est étonné 
de voir naître , dans le même temps , ou même 
quelques siècles après Thaïes , des idées contraires 
aux vérités que ce philosophe avoit apprises aux 
Grecs. On peut croire qu'il y a de la faute des 
écrivains qui transmettent ces idées; Figtiorancé. 
des historiens peut avoir étrangement défiguré 
les opihions des philosophes ; mais si Ton doit 
quelquefois admettre cette cause , elle ne peut 
être générale. II est impossible de justifier plei-- 
nementà cet égard les philosophes ; il faut croire 
que la communication des lumières étoit difH-« 
cile 'Me mjstère régnoit partout; les maîtres ne 
parloient que par énigmes : les véritab !es opinions 
d'un homme n'étoient bien connues que de ses 
disciples. Après sa mort , ses ouvrages ne se ré- 
pandoient pas, parce que les manuscrits se mul«« 
tiplient peu ; d'ailleurs , les sectes et oient rivales , 
et par conséquent jalouses. De là naît Tenviede 
penser différemment , à laquelle on se livroit 
d^autant plus facilement^, que toutes les idées sur 
les astres et sur leur nature ne sembloient que des 
i)pinions. . 

- Pn ne peut disconvenir que les philosophes de 



\ 

\ 



DE l'astronome ancienne* i5g 

la Grèce ne se soient élevés quelquefois à des idées 
très-heureuses. Telle est celle des Antipodes , de 
la Terre ronde et partout habitée^ malgré le pré^ 
jugé si naturel , que les hommes ne pouvoient jr 
être drbits sur leurs pieds , dans une directioa 
contraire à la nôtre ; mais les observations , cm 
les raisons d*analogie qui rendent aujourd'hui 
ces opinions oa démontrées , ou probables, n^exis* 
toient pas alors. Les astres n*avoient pas été rap- 
prochés par le secours du télescope. Il étoit peut* 
être aussi difficile de croire ces vérités que de 
les découvrir. Qu*on se rappelle Tétat d'ignorance 
où étoit alors la Grèce à Tégard de TAstronomie ; 
qu'on se représ<ente des hommes qui j accoutu*- 
mes à juger des objets comme ils les voient , n^ 
considèrent la Lune que comme un corps solide 
d'une médiocre grandeur ; qui voient mouvoir 
le Soleil ; qui croient que la Terre , leur de- 
meure , doit être immobile et stable ; et qu'on 
imagine un homme qui vient leur dire : cette 
Lune est un globe immense habité ; cette Terre, 
où vous errez , erre elle-même dans Tespace de 
Téther ; le Soleil est sans niouvement , cet homme 
fie sera pour eux qu'un visionnaire , à moins 
qu'ils n'aient beaucoup de génie et de philo- 
sophie. Tel fut le partage des Grecs , i qui l'obr 



/ 



^»r^9tipa mdlHjAii?. lU n'en sentirent poiot MseaK 
1^ pjrjy ; îljf méfi^nnweni la vraie route de la cavn 
lière a^trpiiow(]uejuaqu*à la [onààûon d' Alexan- 
c|ria Quel peii{^e on aurait fak , quel progrès 
QH juirioit obtenu « si Ton eût réum les Chal'- 
dÀep* aux Grèce , c!eit*à'dire .» la cboâtance «u 
trurail 9veç le génie 1 



Pi/K de t Histoire de P Astronomie ancienne* 



» « f 



DISCOURS 



SUR L'ORIGINE 



DE L'ASTROLOGIE. 



AVANT de quitter rAstronomie ancienne , et de 
passer à l'école d'Alexandrie , eu naquit une nou'^ 
velie Astronomie, nous croirons devoir parler de 
r Astrologie; cette science vaine etmensoitgère n'eslt 
pas de notre objet. On n attend point de nous que 
nous détaillions les règles par lesquelles des friponis 
ont^, pendant tant de siècles, trompé les hommes 
curieux et foibles. Mais cette science fut long^ 
temps confondue avec celte dont noqft écrivons 
rhistoire ; etie a éouteou TAsIrenonâe da^s des 
siècles barbare^ , où les sciences n'aveient point 
d'attrait ; le désir de conndlre J'avenir , la persua^ 
eion qu'on pouvoit le prédire , ont lait muftiptieret 
conserver les anciennes observations. -Nous nfbtis 
proposons de découvrir Torigine d^une erreucqai 
semble chère à notre fdiblesse ; c'est la malà^âie la 
plus longue qm ait affligé la raison humaine ; ôa 
I. Il 



ft6l DISCOURS SUR L*ORlOll!^£ 

lui reconnoit une durée de près de 5o siècles ; ce 
n'est point la maladie de tous les temps , ni de tous 
les esprits « mais elle est incurable* Ses accès ne 
passent que pour renaître , elle s'alTôiblit par lel 
progrès de la lumière , disparoit quand la lumière 
est^univei^selle \ mais 3i la lumièire souffre quelque 
éclipse , Tastrologie se remontre , aussi hai*die à 
débiter ses impostures t aussi heureuse à les accré^ 
diten 

L* Astrologie est , dit-on , fille de Tignorànce , et 
mère, de T Astronomie. C'est ainsi que Ton confond 
les idées. l'Astronomie est certainement la pre- 
mière ; c'est elle qui est la mère sage dune fille 
folle : il a fallu connoitre les astres , avant de leur 
attribuer quelque pouvoir sur nous; il a fallu avoir 
une idée de leurs mouvemenset de leurs révolue- 
lions , avant d'j attacher la destinée deÀ hommes, 
et la chaîne des événemens de la vie. Oh ne se 
trompe p^ moins en faisant, naitre l'Astrologie 
.de, l'ignorance. L'Astrologie a s^tns doute plus de 
vogue et, de crédit dans les. tçmps de barbarie » 
où la crédulité se joint à la citripsité naturelle de 
}'hpminç;, l'Astrologie croit et s'étend au milieu 
de lignorance^ comme dans le sol qui lui convient. 
Mais l'igAorance n'a point produit le germe du 
mal qu'elle nourrit ; Tignorance est un état passif 
et stérile ; sciences, arts , fables » erreurs,* préjugé», 



DE L*ASTROLÔGI£. 163 

superstitions , le mal comme le bien , tout vient ^du 
génie; un astre unique , par sa chaleur et sa force 
attractive, répand la vie et le niouvement dans 
Tunivers physique ; le génie est la puissance active 
qui donne le mouvement au monde politique . et 
naoral. 

Oti distingue deux espèces d* Astrologie : l'As- 
trologie naturelle et T Astrologie judiciaire; Fiine 
se propose de prévoir et d'annoiicer les ch^n* 
gemens des saisons, les plufes, les vents, le 
froid, le chaud, Tabondance, la stérilité, les 
lâfiala'dies , etc. , au mojen de la connobsance des 
causes qui agissent surja terre , et sur son atmos-»' 
phère: lautre s*occupe. d'objets qui seroient en- 
core plus intéressans pour Thomme ; elle limite 
au moment de sa naissance ,.ou ^ quelque moment 
que ce soit de sa vie, là ligne qu'il doit parcourir 
dans le temps; elle détermine le caractère dont il 
sera doué par Tauteur de la nature ^ les passions 
qu'il^éprouvera ; elle lui montre de loin la fortune ; 
les malheurs, les périls qui l'attendent, toutes 
ses actions sont prédites , et, si cette Science étoit 
vraie, l'homme, trop instruit de sa destinée, ne 
seroit plus qu'un acteur , qui répéteroit ^ur la sçèae 
du monde le rôle qu'il âuroit.appri^ .... 

X' Astrologie naturelle n'a rien que de raison«% 
nable dans ce qu'elle suppose ; il n'j a point de 



A 



}64 DISCOURS SUR L^ORIGINE 

titlasitddea dans Tatimosphèrè , qui n'aient leurs 
causés 9 et ïhàiAtne qut cannoîtroit ces causes , 
ainsi que k manière dont elles agissent en se com, 
binant , seroit dans le cas de prédire lés change- 
metis dé tem^ t «t leurs elfets sur la nature ; 
mais ces causes sont si compliquées , que cin-* 
qiOiUte siècles d*obserfatioD6 ne suffiroient pas 
sans douCe piAjir d^éler lA part qu'elles ont cha- 
cune dan^ces phénomènes naturels. Peut«étre aussi 
le fil de ce Ubjrinthe oà sera jamais donné i 

Vhomtaié. . 

Nous soupçonnons que les anciens avoietit fait 
beanuîoup d'^orts pour parvenir & ceèconnois- 
sances; ils avoient oblervé que les orages arrivoient 
plutôt dltns certain» niois^ que d^tis d'autres ; que 
telles saisons étoiént plus ou moins pluvieuses ; 
que les mêmes vents soùffloient essta régulière* 
tfient pendant certains intecrsUeé» que telle époque 
éorannëe étoit propre aulx labours , auK moîssonsi 
sans qu*oé pât infervertir J'Otdre établi par, la 
Bature : ils avoîertt recodna la tori*espon4anc4 
existante entre les phénomènes oélestes , et les in- 
tempéries des saisons; ils bbservoient assidunieiit 
ces phénomènes, pour découvrir les retours. dee 
mêmes intempéries 9 et même fondés sur laoon-* 
Boissance du piouvement des leorps célestes « ib 
ont "été jusqu'i enchaîner ces xefours dans dilEi^ 



DE L'AiTROLOGIt. l6S 

rentes périodes, relatives aux dilFëi^iis aspecte 
des astres. Voilà ce qu! yient du génie. 

Mais cette idée philosophique / lifrée ail vu(- 
.gaire » ne tarda pas à être corrompue ; on regarda 
les Hiades comme des astres pluvieux , parce que 
les pluies arrivoieot dans le temps où ces étoiles se 
levoient ; Sirius prit le nom de Tardent Strias^ 
parce que son apparition étoit suivie des grandes 
chaleurs de l'été , et deméiiie à l'égard des autres 
étoile^ ; bientôt on les regarda comnie la cause des 
pluies et delà chaleur , e^étpic reffel àfis influencée 
qu'elles versoient sur la* T^re. VoilA l'ouvrage de 
l'ignorance. 

On croira peut*éf re que TignoraBce , en déna- 
turant ainsi les principes de l'Astrologie naturelle ^ 
a donné naiss^nceà l'Astrologie judiciaire; qu'.elie 
9 soumis rhomnne aussi hmx que iafinosphère, 
au pouvoir d^ loties , et qu'eue a fa^ dépendre 
de leurs infkiences Jes «^ages des passions i le» 
inaux et les biens de b vie , aussi l>ieti que les in«- 
tempéries des saisons* En «IFet , ^f^aroît tpuit ^simpi^ 
de dire ; ce sont lee étoiles , les astvesen général » 
qifi amènent les ymm^s ^ les pimes et fes cirages ( 
4eurs influences inélées à l'action des rajFons dit 
Soleil , modifieflit }e£ro|d ou la ehalecp'; la lerHlité 
descampagnes, lasanté ou les malacfios dépendent 
fie ces influencée bien£sûsaatesou.aakiMes> iina 



r 



ï66 DISCOURS SUR L^ ORIGINE 

croit pa3 un brin d^herbe ^ que tou3 les astr^ 
n'aient contribué à son accroissement.: l'homme 
ne rè.spire que les éinanaUbi>s , ^foi , échappées de 
ces astres , remplissent l'atmosphère : 1 homme, 
^insî que |a nature entière^ leui: est donc ^ssujéti; 
çe$ *às.lres_ doivent ipflUer sur sa volonté ^ sur ses 
passions.^ sur Içs biens ei lés maux semés osais, sa 
carrière , en^n , déteri:ni]:içr sa mort ainsi que sfi 
vie; c'est h'i^n ainsi qu'çoi a pu raisonner; mais 
ce n'est pçiitf Vignorançe, ce n'est point le peuple 
qui à fait cç pas. J^ldée de cejt assujétissement , qui 
ne fait pJu^d'u&hôrnmeqU'i;in iXisUument aveugle, 
est ùri abuÀ de 1 esprit; c'est rimaginati.on qui 
Ironipe la raison. H' faut bieji faire attention que 
l'Astrologie judiciaire çst une observation «l'Astroir 
logie. naturelle est un sjrstéme ; le peuple ne fait 
point de système , c'est fouvrage des gens éclairés, 
des philosophes qu'égare . quelquefois le louable 
motilde la recherché des vérités; la passage de 
lune 'de ces Astrologiès à l'autre suppose ua 
principe qui n'a pas. étd aperçu ; celui qui confond 
l'ame avec le corps , l'esprit avec la matière : un 
principe est-il l'ouvrage du peuple.? est-ce lui qui 
a raisonné stir les deux substances, pour les conr 
fondre ?.Le peuple ou les ignore, paies 4i>tingue. 
Le désir de connoitre l'avenir, n'est pas inné 
à l'homme: dans Tét^t spjitdireet«^vage;le,cj^cl0 



DE lUSTRGLOGïE. 167 

ded-^idées ne s'étend point au-dëlà des besoins 
actuels ,rligt prévoyance est inconnue , te lendemain 
n'existe pas ; l'ignorance dé cet avenir » qui nous 
cause tan|t danquiétude , est telle ches quelques 
sauvages de V Amérique, qu'ib vendent leur lit 
le matin pour en pleurer fei perte le. soir. Dès 
qu*uné société commencée , quelque espèce diè 
civilisation, eurent donnéde la 'suite et deFétendue 
aux pensées y dès que ^industrie eut assuré vn'é 
ai:d3ststanceiPacileyrhomme débarrassé de cessoins^, 
connut les hiaux dé l'esprit , les plus grands de 
ses maux ^ le préseQt ne fut plus rien pour Itii*. 
la crainte «t l'espérance attiËichèrent ses regarda 
sur l'avenir , îi sentit le désir de le coiinoitre ;. 
mais il dut sentir* en miéme tenips que les moyens 
n'étoient poiïit en sa puissance. Quel que soit Is 
penchant que les hommes aîent, les mis à la 
crédulité, lesiautres^ à en ^db^ser , Part de prédire 

f 

Favenîr , n'est point né du dessein de tromper 
ies hommes; Tidée de cet art est une pensée 
hardie, rinvenlîoa des moyeuis, tout erronés qu'ils 
sont^, ne peut être que'k découverte ei l'erreur 
du génie ; le • génie a des imitateurs, mais il 

est seul auteur dei idées originales; quand il a 

• • • 1 ■ 

eu fait * connokre une fbis aux hommes qu'on 
pouvoit tenter de prédite Favênîr parte mouve- 
ment des astres, le désir de troinper , et de 



|68 DtSC01JrB5 ^UfL I*ORfGIN£ 

tromper sBns science et san3 calcti{, afâitim»* 
gmer difFérentes espèce^ de divinations, ptar le» 
trail3 du visage, par Itss ligp^s d$}fL main, pair 
cles^ grains de sable jetés au hasard , pAT le roi 
^ps. oiseaux et l^s entrailles defs vittitnes ; enfin 
pu .a évoqué les morts ^ et on a ^ieman^é k ce 
gui ji*étoit plus , la connoissance de ce qui detoit 
^tre i ce$ diiTérentes divinations ont eu leur 
premier siëge dans TAsie. , d'oà elles se sont ré- 
pandues <)ans rAfiriqtje . et dans TEtirope; mais 
$]|es t^ sont que dies copies altérées et défigurées 
d'ufie j^Tenùkre idéeii qui appartint; ^dis à des 
c^noi^s^ig^ces élevées» et i un système rayonné» 
. ifji'Astrplogîe/^dppléepar.la mi|)titu4e crédule 
fit curieuse y n*a pas été primitivement l'erreur 
dé; tput ^in peuple ; elle est née S9^$ «doute au 
|lliHe^ <^*unie claiss/e ,d'l%ommeè édaii^ésquii âjant 
admis une fois un faux principe y. ^»Mt é^ .^Irainés 
4| ,des iQonisiéquences , d'il se p'eu^,^plus (àoe^ek 
encore; elle est peut - être l'c^UiVirage d*un ^seut 
lix^mnie^; I) jr ^ eu cbes tous lespe^pL^^^sphîto* 
sQphes quî n*ont reconnu d^autr^e . ;dîeu qi^e la. 
fiat^ro f en niant la liberté de }*hopiti^ eUinilietlt 
d*i|n naonde oùviSetoi) eux; ftobt étoit nkit par^ 
des lois nécessaires et è\emplle^'i leS(pfétfês d» 
toutes les nations orientales , ceux des £)|;)r.ptien5ii. 
n'^nt-jls pas professé la dpabW dpctrifiiç , n'avQJeat 



HE L^ASTItOLOGtE. 169 

ils pas des codnoissances élevées et sublimes, c|u*î!5 
réservoient àeux-*seuls ott à leurs initiés, et slux^ 
quelles le peuple n'étôit jamais admis. Si ce» 
prêtres chaldéens, brames ou lettrés, se sont 
égarés dans leurs doctrines mystérieuses , jusqu'à 
anéantir la liberté de Tbomme , malgré le crî 
du sentiment ikit^lrieur , s'ils ont pu croiire que 
tous ses adea étoient nécessités par les agens 
extérieurs, mus et pouàèés fous également par la 
cause unique , quelle qu'elle soit, du mouvement 
général de lunivers; ce faux principe une fois 
établi , ii est clair que la vie entière d'un homme , 
sft destinée, dépendent du moment où il voit le 
;oinr , où il entre daiis le courant qui entraine tous 
les êtres matériels ou sen$ible5: Puisque ce moment 
fait le sort d'un homme, et nécessite toutes lesr 
circonstances de sa vie , ii y a ^onc des causes 
qui les détermkiefït *, ii ne s'agit plus qùër èé 
connoitre ces. esaises pour annoncer tout ce qur 
doit en résulter. 

- I/astrOlogie judiciaire, dans son origine, est 
d€oc la suite -d'un. 9)rstéme profond , qui fut i'ou-i 
yrage d'un peuple* édai ré , d'^n peuple qui s'égara, 
comme il arrive à Thomme qui veut s'avancer 
trop loin dans^lesmysières deDieu et de ki oàture: 
Il seroit aisé de faif« voir q^ie toutes les erreurs 
Tulgaires 1 les préjugea du peuple naissent d^é 



I70 DISCQUHS SUR l'origine 

idées phiIosophiqi;^s mal entendues, dénatar^ea 
pair là tradition orale. Les divinités lœales et (utéf 
laiees! n*ëioient sans doute .que des emblèmes pap 
lesquels Içs philosophes ont désigné les causes 
secondés qui dépendent de la caMse universelle,, 
Les deux, principes, adorés, ou redoutés dans la 
Perse , représentent i. au. phjrsique , les élémena 
qui se combattent !; au moraL, les intérêts: qui se 
croisent , les passions humaines quisont ennemies;? 
cette idée est k)ée: d^u Spectacle d*un monde oik 
tout est en guerre } la circulation de la matière,. 
et les êtres qui. renaissent sous de n^uvell^s formes, 
^lilit produit la métempsycose , q^ue Ton a, trans-f. 
portée de la. n\atière aux esprits, quand oa a vouli^ 
çoiaciUer ce dognie siveç . celui/ de TimmortalitÀ 
4e lame. 

M. Tabbé le Batteux fait, voir d*une manière 
très-vraisemblable , que la fable de Vénus et de> 
V^mour son fils« ne sojat que les anciennes idées 
physiques sur la formation du monde.Vénus est la 
9uit qui précéda toiiteç choses, et dont la prer 
mlère, production fut b li^mière^ la chaleur > 
Tamour ^ ces idéçs sont étrangement défigurées} 
e*est ce qui doit arriver, lorsqu'elles sont entre les. 
plains d*un peuple qui ne les a pas inventées. 

Nous prévenons ici le reproche qu-on pourroil 
Hfiqj^s fjairç , de rejeter Sjujr la ghtiospphîcit Thorr^eup 



f DE l'astrologie, 171 

fft le mépris .qu inspire T Astrologie judiciaire. U 
faïU. distinguer rorigioe. de la science, deTabus 
qu^on en a fait pour tromper. les homfr^es. Les 
prêtres qui furent' les pretniers philosophes , cou- 
pables de cette origine , ne le sont point de Tabus ; 
conune hommes. ils furent susceptibles de tomber 
dans Terreur. La diiFérence qu'il j a du philosophé 
au vulgairei, ce n*est pas que l'un soit iftcapabl» 
de s'^arer, maisc*est qu il examine sans cesse, tan- 
dis que Tautre fermant les jeux à b lumière, se 
tient op^iatrémeAt aux opinions qu*il a embras-r 
sées sans examen. ' . 

On peut dire encore que TAstrologie judiciaire 
ii*a pasét^ préjudiciable aux hommes» tant qu'elle 
ja*a été qu une opinion philosophique ; elle resta 
renfermé^ dans le secret des temples >d où les 
prêtres n*avôient pas intérêt de la faire sorliru 
L^honime leur eût échappé., s'ils lui àvoient confié 
le dcgme^faux., qu il est un être dépendant ,«^don£ 
la destinée est irrévocablement £xée; ils naui^oicfiit 
plus eu d^offrandesni de sacrifices ; 01^ n'eût pki^ 
songé àdes^dieux qui auroiènt tout réglé d'avance v 
pu qui n'extstoieni pas. 11 y a apparence que dans 
ces temples on faisoit un vœu du silence/ conimè 
dan^s les. naonastères , on en faisoit lin de pauvreté 
ejt de. chasteté. Nous voyons que Pjthagore.^ qui 
%y oit puisé sa 4octrui.e cbies les. Bramesi « pcescri^ 



i^Z DISCOURS StJR L^ORÎGINE 

volt le silence à ses disciples» Les mystères , fameux 
dans la Grèce , étoient sans doute une imitation 
des usa|;e6 de F Orient. 

On ne nous reprochera point d avoir tilustri 
Torigine de cette science prétendue qni mérita 
ravilissement où elle est tombée. Nous avons dit 
la vérité telle que nous Tarons aperçue ; mais , ea 
la faisant naître d'un sjstéme erroné , nous n* avons 
guère ennobli son existence; née d'une erreur ^ 
elle est digne de sa source. Cette science est ab- 
aurde, même dans le système du matérialisme, 
par les combinaisons infinies qu'il seroit néces- 
saire de soumettre au c^tlcul ou i Tobseryation* 
Son objet embrasse l'univers , l'éternité » et , pour 
une telle contempbtion » il ne faudroit pas moins 
que l'Etre suprâme^ o'est<>à*dire rÉître que ce sys- 
tème n'admet pas. 

L'A^rologîe n'est pas moins absurde dans la 
supposition des influences. G>mment a-t«-on pu 
toncevoir que les émanations des astres, afToiUies 
^ar le long trajet qu'elles aurmént àiaire^ pussent 
conserver assez d'énergie popr produire de si 
grands elFets? Certaines influences étant supposées 
vraies, les astres placés au méridien , c'est*à-dire , 
^ans le cas de leur plus grajsde puissance^ pro^ 
^uiroientles mêmes effets pendant un certain in-^ 
tervalle de temps. Combien d'enfans , nés dans ia 



DE L*ASTROLOGl£. i^3 

même heure , auroi^nl donc le inémt caractère 
et la ménie destinée ? Mais en admettant encore 
tous ces agens occultes , qui n'exiatent pas , FAs* 
troiogîe ne pourroit indiquer que le caractère et 
les passions déterminés par ces influences au 
moment de la naissance ; elle ii'apprendroxt rien 
aur la destinée qui dépend non seulement des 
passions, mais des circonstances où fhomme sera 
placé. La pratique de cet art mensonger , étaUyi 
sur de faux principes, a donc été étendue plus 
loin que ces principes même ne le permettent. 
Dans un siècle où les sciences et la raison sont 
également Cultivées , V Astrologie est méprisée et 
n*a poinl de partisans; cependant sur la fin du 
dix» septième siècle, un Italien envoya au pape 
Innocent XI » relativement i la ville de Vienne, 
alors assises par les Turcs , une prédiction qiiî 
fut très4>ieB reçue. Presque, tde nos jours le 
coittte de BcMikânwUiers , homme de beaucoup 
d'esprit , étoit la&taé 4e TAstrologie judiciaire, 
sur laquelle il a iieanceup écrit ; les espt'its foibles 
sont de ious les temps , et la bréduHté , quelque* 
fois honteuse et cachée. «est toujours la mênie ; 
le princen*a qu'è avoir la foiblessederAstroIogiev 
les astrologues et les crcn^ans naîtront de tontes 
parts , tel est le ilaa|^. des erreurs qui flattent 
les passions ; la maladie en est incurable ; que 



174 DISCOURS iSÙR L'ORIG. DE L'ÀSTRÔL. ^ 

d'erreurs en physique et dans la plupart des 
conooissânces humaines ^ se sont ëvahouie de 
dessus la terré, sans bruit , comme elles j étbiènt 
Tenues,' et sont éteintes pour ne jamais reparoiti^e! 
mais celles qui viennent des passions sont durables 
comme elles; les hommes de chaque âge à' en 
emparent successivement ; ilsles regardent côm'ine 
des vérités négligées , réservées à la génération 
actuelle , qui seule sait les connoitre et en faire 
usage. Ainsi on cherchera la quadrature du cerôle^ 
et.le mouvement perpétuel , tant que le vulgaire 
croira quil j a des récompenses attachées à leur 
découverte ; Fintérét avide essayera, dans tous le^ 
siècles , de changer les métaux, et de traiisibriner 
la nature. L*amour de la vie , le désir pressant del 
la prolonger , demanderont la panacée ùniversëUe^ 
et rinquiétude non moins pressante de Tavenir , 
rimpatience d'ajouter à la jouissance dû préisent^ 
la connoissance de cet avénic, embelli par Tes* 
pérance, précipitei*ont toujours' les hoîniheâi foibfes 
dans rAstrologie. Mais le sage bornera ses désirs 
à se rendre content du présent, ce qui est'^û-<t 
yent assez dilBcile \ et >il ne regrettera point une 
prescience que Dieu s'ebt réservée 4 et que la 
sagesse* divine a refusée à Vhùmme , parée Qu'elle 
eeroit un grand mal sur la terré. i ^ 



/ 



.-^ 



filSGOURS PRÉLIMINAIRE 

Sur la manière décrire Vhistoire de 

• . * - 

V Astronomie et d exposer les proff^s 
de cette science. 



JL A N DI S que lès grands hommes font marclier 
les sciehèés , augmentent le nombre àes vérités 
par dés découvertes nouvelles , Thiâtoire répand 
\ies vérités , elle tait descendre les connoissances, 
comme lés eaux amassées sur la cîme des monta-^ 
^nés, que là pehté distribue dans les plamespar des 
canaux. Ce bienfait des hauteurs appartient aux 
bampagnes ; les connoissances les plus élevées àp- 
(>artiehneilt également à tous les hoxhmes. Nous y 
sommeÀ parvenus par degrés ; les moj^ens de re- 
cherche oilt été pris dans la nature , nous Tàvons 
isoumise en employant sa puissahce contre elle- 
inêixiezles découvertes sontlesceuvres deshommes. 
Il ny a donc rien dans ces connoissances , dans 
ces mojetis^ dans teé découvertes ^ qui ne puisse 
être skisi par des lecteurs attentifs. La lecture dé 
rhistoire ne demande pas que Ton soit savant ; 
ièlle est un l!noj'en de le devenir : la vérité a des 
traits qui doivent frapper tout le mon^e , quand 



i'jB DISCOURS 

elle est exposée sans voile ; ce voile qui la cache ; 
qui rend son accès difficile , c'est un langage nou* 
veau , c'est Texpression abrégée qui écrit cette vé- 
rité dans la tête des inventeurs. On peut la dé*« 
pouiller d*une expression abstraite pour la mon* 
trer sous une expression sensible : tout est phjr- 
sique , tout peut se revêtir d'images; le stjle peut 
être animé , vivant, en décrivant un univers pleift 
de mouvement et de vie. L'historien a devant lui 
un grand tableau; les traits , les couleurs j sont ; 
il n*a besoin que de le copier fidèlement, pour le 
placer sous les jepx de ses lecteurs. L*eaprit hu- 
main a été jeune ; il a été pauvre avant d'être 
riche ; il a été ignorant de ce qu'il né savoit pas , 
comme ceux des hommes qui lisent aujourd'hui 
pour s'instruire. Les idée$ se spnt successivement 
amassées , mutuellement engendrées ; Tune a con^ 
duit à l'autre. U ne s'agit donc que d^ retrouver 
cette succession , de commencer par les idées 
premières ; la route est tracée ; c'est un vojage 
qu'on peut refaire » puisqu'il a été fait L'individu 
doit marcher dans sa lecture de quelques heures^ 
comme l'espèce a marché dans une longue suit? 
de siècles. 

Cet ouvrage a plusieurs objets ixnportans : ij 
appartient d'abord aux astronomes ^ curieux dt 



P B ]É L I M I N A I R E. lyy 

voir Tensemble et Tenchaînement des faits qui 
leur soDt connus : il est^ encore destiné aux jeunes 
^etis, qu'il faut enflammer dé l'amour dé la science. 
Quand iIsyeri*ont la nature , ils l'admireront ; eîk 
a des secrets qui leur sont réservés; la gloire passée 
laisse à Tâi^enir beaucoup de gloire rtant de mys- 
tères approfondis i expliqués , tant de réponses 
favorables de là nature enhardissent à l'Interroger. 
. Ce spectacle doit exciter 1 émulation , développer 
le génie , et s'il est un jeune homme qui / lisant 
éette histoire de l'Astronomie , puisse voir , sans 
une admiration active et ambitieuse, les ressources 
et les succès de l'esprit humain , ce jeune homme 
n'est point fait pour entrer dans la carrière; mais 
lâ principale utilité de Thisfoire d'yne science est 
de convenir aux gens instruits , qui veulent s*ins- 
truife davantage; elle doit faire comioifre la science 
à ceux qui n'eïi ont aucune idée. Les hommes se 
sont partagé les soins et les travaux ; chacun a 
son district , ses devoirs et sa gloire : Thlstôlre est 
tin mojen de communication entre les dilTérenles 
classes ; c'est un compte rendu devant l'espèce 
humaine, dès travaux de quelques individus ; elle 
^st un témoignage de la hauteur où Tèsprlt hu- 
lïiain e^t parvenu ^ et en communiquant à tous les 
idées acquises par un petit nombre , elle élève la 

U 12 



syS DISCOURS 

génération vivante au niveau de connoissancet 
qui fait les siècles éclairés. 

Ces dl/Térens objets d*un même ouvrage en 
rendent la composition difficile ; ils multiplient 
les écueils dont Técrivain est entouré. Il faut 
des détails pour les astronomes consommés qui 
veulent y retrouver tout ce qu'ils savent , ' pour 
les jeunes gens qui ont besoin d'apprendre 
ces détails ; il faut à un autre ordre de lec-* 
teurs des vues générales et intéressantes, qui sou-» 
tiennent la cuiîosité contre la sécheresse de ces 
détails. 

Mais les faits de la nature sont infinis comme 
elle, et les récits de rhistoire ne peuvent lem- 
brasser toute entière : Tétendue des explications 
est également difficile à fixer ; cette étendue 
pourroit varier autant que les lecteurs, suivant 
les degrés de leurs lumières-, il leur faut une ins* 
truction plus ou m'oins développée, il faut leur 
présenter des faits plus ou moins serrés. Ceux 
qui ne sont pas encore éclairés veulent une pein-^ 
ture circonstanciée ; il ne faut point supprimer 
4'idées intermédiaires, il faut leur montrer com- 
ment de petits pas en préparent de plus grands , ' 
comment lesprit d'une génération se compose 
de lesprit d'une génération précédente; il faut' 



P R i L I, M I.N 4 IR E. 17g, 

développer (devant eux Tesprli humain '« me point 
s*ennujer de suivre sa marcbelorsqu elle est lente ^ 
et dè3 ^juelle devient rapides 9 il faal ^montrer 
qu*elle ^'accomplit encore, piar des niîouveaiiens 
enchaînés. • " ' ;. • 

Les progrès que nous allops suivra , confirment 
une vérité, déjà conni;)e ; c!çst que r^spritiiuinaiii 
ne. s'avança point par des pas réguU^r^v par<de3 
idées greiduées, d*ah^rd simples ,. ensuite. pla9 
composées*. Les phénoi^^nes:, les êtres, omis enT 
touren^ , une variété, in^me brille de toutes f^rts] 
la nature e^t riche ,. . m^is ^ cfi^menj; .nonf^brer et 
classer se$ richesses? Il a^fall^.devinér/eette.nature» 
la considérer sou^ ^iverfii ai^pecis , p^rlâger . ^sé^ 
phénomènes, en dififi^entes {classes, et •les^dîrfé'i 
rentes scieaaçes sont p^ç^-Q^e^t ainsi qiJiel?1^0|Bmc| 
s'est faîtj des .içéthpdes;, 9R}iTj iCon$idéi*^r:: d^n^ 
sesparties.ee vaste ^^nsen;ibj<ç dp riii;;ii,versvqû*H 
n'a pu, d'abord embr^asser 4ân^j5on ,§|^tieif :; anar 
Ijsçr pQur connoiti;p,.ré^nIr,;çe. que .nous çvon^ 
sépar^y.povir imîtef: ou.poi^r décrire la nature; 

voilà notre marche. . . : . 

, . ■ ' • ■ • 

M»s lorsque po^is avo^s 4soté les sciençe^„ pour 
les j^roportionner à, notre attention ,. uqas, |i*avQi]^ 
pas encore écarté toqs les obstacles ;^^ la difficulté 
ile voir,, de compter les phénomène^, sgps ,1191^ 



tSo DlSCOUltS 

bre v3*€al joint la néceasité de les ordonner. Une 
science est une somme de rentes ; enchaîner ces 
Yérités t les présenter dans leur ordre , depuis la 
plus sin^e jusqu'à h plus compliquée , c^est Tob- 
jet. des élëmens ; mais la chaîne suivie de tes vé" 
^itësn esr pas Tordre de leurs découvertes : les ëlë- 
mens^èôrivenl une screnée déjà faite et construite; 
tïonB rendons compte îci du travail et dés projgrès 
de sa' conètl*udtioti. La nature île se développe 
point arec suite à nos regàhls; elîe se Tâisse voir 
|>ar i$tei*ràlles et par pffrties , ses effets fe^ plus 
composés sont les preniîers aper^qs. Les planètes 
OUI paru <l*dboi*d tdUf hér autour de k Teri'e ; 
fien n'éloit plus bizark*e et plus irrégulfer que 
leuiri'ihôuVemens : il a faRù'des siècles pour dé^ 
eoùtrlrlerrâï ttniréde ces iiiouvemens , et pout 
ksvoi^dans' leur réalité. L'arrangement des corps 
céleste^, qui est une- des première^ Vérhés que 
Ton ehsëigrié, est une èeà dernières é[Ue leshoûinles 
Dut apprîée; Xi'Ordre'qite ùoùs ^gtidtii duic 
^oses n'est donc p0{ht ;essehtiel à là nature; cet 
ordre est notre manière de voir , et la méthode la 
^lus. Arbi^able à'notrë fôible côhcéption; L^his- 
foire , cottime lès élémebs, déWlbppë nos con- 
àoissances^ niais dans un ordre Contraire: elle 
làantre ia liature comme les hommes l'ont tue , 



\ 
\ 



PRÉLIMINAIRE. ^1 

d*abord vaste et compliquée » ensuite devenant d^ 
plus en plus simple par les travaux d^ (loipmes et 
avec les siècles accumulés. 

Les sciences , comm^ les événen^ens , 4opt lea 
ouvrages des hommçs ; mais la multitude 'n'y a \j 

point de p^rt. La multitude les igpprf^ pu les re<- 
garde avec indifTérenc^ : c&ux qui le3 cultivent 
font une classe isolée* Danç le monde pplitique » 
comme dans le monde phjsfqite , le mouvement 
tie cesise jamais, les hommes y ^on|: toujpurs 
agissans comme la nature; Tétat présent, ei^naish 
âant du passé , enfant^ Tétat futur ; m^is, dai^^ le 
monde savant , la classe éclairée e% pro4u|[;t|ye n'a 
pas un mpuvement contipq. Q|ioiqi|po puisse 
considérer le genre Jiumain copime i|n individu 
toujours subsistant , ^ui epibrasse les siècles par 
la vie et Tintelligence de l'espèce, cet individu 
a des momens d*iner.tie et de sommeil. ISepprïi 
humain est la somme des pensées fie tous les 
hommes instruits ; c'est le génie a)outé au gépie 
depuis le commencement des choses ; mats il » 
se 8 repos et ses stations ; et , comnie sa marche 
inégale est interrompue, ce sont des ipdividuf 
qui renpuçpt le fil des travaux et des recherches ; 
ce sont eux qui font renaître ou préc^i^ent le 
mouvement. Ces ipdlvidus, à qui il est dçtui^ 



jBt DISCOURS 

.de conduire et d elèvér Tèsprit humain, sont donc 
les 5éuls auteurs des progrès ; c'est en eux seuls 
que cette faculté réside» Un homme a Inventé une 
science ; jusque là l'histoire de cette science n*est 
qùé là suite ^e ses pensées : un autre homme 
saisit son idée ; il Tagrandltpar ses méditations: 
des hommes*, séparés par des siècles , se trans- 
mettent la science ; elle est mûrie , étendue, dé- 
veloppée dans leurs têtes. 

Hipparque parolt être le premier qui ait vu 
rAstrbïiomié dans son entier , qui ait copçu Tidée 

9 

d'en faire une science régulière ; il montra ce qu'il 
falloit faire , il le commença. Ptolémée reprit son 

dessein et Texécuta dans toute son étendue; il 

• • • ■ 

construisit l'édifice qui eut ^^ssez de solidité pour 
durer quatorze siècles"; cet édifice fut admiré, 
Tespécté , mais o;i n'ôsfj pas y toucher ; à peine le 
seul Albategnius y ajouta - 1 - il quelque chose. 
Copernic eut le courage de le détruire ; il se 
montra eh'législateur des esprits, qui vient changer 
le^ idéès^ et diriger Topinion. Tycho, plus astro- 
nome que philosophe , en amassant un trésor 
d'observations, s'éleva contre la vérité ; il en re- 
tarda les progrès : dans le moment où la nature 
venoit d'être dévoilée , il osa prbduire un sjstéme 
encore plu^ défectueux que celui de Ptolémée. 



PRÉLIMINAIRE. {SJ 

Kepler, appuyé sur les obdervatîons de Ticho 
même , maU plus philosophe que lui , rappela la 
vérité qu'on alloît proscrire. L'instinct du génie le 
persuada de la simplicité des causes , il la chercha 
partout; il ne laissa rien subsister de l'édifice des 
anciens. Copernic avoît placé le Soleil au centre 
du monde , Kepler plaça dans cet astre la force 
ijuî domine et gouverne tout. Il bannît les môuve- 
mens circulaires jusqu'à lui trop respectés ; il 
montra la vraie forme des orbites , et, depuis Iui|.' 
nous voyons les planètes marcher dans des ellipses 
dont le Soleil est le foyer commun ; il força la 
nature de lui révéler les lois de ces grands mouve- 
mens ; en un mot , il changea tout. Lorsque 
Galilée , Huygens et Dominique Cassînî , revêtus 
d'un nouvel organe , eurent Récrit les merveilles 
du ciel, lorsque les accadémrès furent fondées, 
et que la nature Investie f assiégée de plus de re- 
gards, sembla s*abandonner à la curiosité humaine; 
un plus grand nombre d'^hommes devinrent ses 
observateurs ; mais on compte encore fe petit 
nombre de ceux qui furent ses vrais înterprèteSé 
La théorie des causes cotrrmençoit à naitrè: Galilée 
montra la loi de la chute d'es corps , Hujgens 
celle de la force cent rîluge ; ilappKqua le perfdale 
aux horloges , et rAstronomie reçut de sès^maiûs' 



\ 



c 



î84 DISCOURS 

un instrument pour mesurer le temps et l*espace; 
cet instrument devoit révéler les variations de la 
pesanteur et la figure de la Terre. Enfin, on voi{ 
Newton s'élever comnieun chêne, au .milieu de 

* » • 

ces grands hommes , dominer tout par la force de 
sa tête, tout embrasser par Tétendue de son 
génie; doué surtout d*gn ensemble dans les idées, 
pareil à celui qui réside dans Tunivers, Newton 
assemble devant lui les phénomènes , remonte 
aux causes qui lui étoient réservées , et développe 
le phénomène général de la nature. 

C*est dans ces grandes têtes que lesprit humain 
a vécu ; c'est là que ses ressources sont nées , que 
les efforts ont été produits , les succès obtenus; la 
science a été moulée dans leurs conceptions, a 
reçu l'empreinte de leur esprit ; c'est doifc là que 
réside réellement son histoire. Nous ne voyons 
que des hommes qui se Succèdent , qui ajoutent 
plus ou moins à ce dépôt , qui embellissent ou qui 
dégrfident Tédifice des sciences ^ mais ce long 
travail de l'espèce est le résultat des travaux parti* 
culiers. La science n'est que le produit , la succes- 
sion des opérations du génie , et son histoire est 
l'histoire des hommes et de leurs pensée^. 

L'Astronomie considérée dans son ensemble , 
est le. plus beau monument de l'esprit humain > 



P H É L I M I N Jl I R £« t83 

le titre le plus noble de son intelligence. Séduil 
par les illusions des sens et c)e Tamour propre , 
il s*e8t regardé longtemps comme le centre du 
mouvement des astres , et son vain orgueil ^ été 
puni par les frayeurs qu'ils lui ont inspirées. Enfin, 
plusieurs siècles de travaux ont fait tomber le voilé 
qui couvroit le système du monde. L'homme 
alors s*est vu sur une planète presque impercep- 
tible dans la vaste étendue du système solaire qui 
lui-même n'est qu'un point insensible dans Tim- 
mensité de l'espace. Les riésultats sublimes aux- 
quels cette découverte l'a conduit sont bien pro- 
pres à le consoler de l'extrême petitesse et du 
rang qu'elle assigne à la Terre. Conservons avec 
soin , augmentons le dépôt de ces hautes connois- 
sances , les délices des êtres pensans : elles ont 
rendu d'importans services à l'agriculture, à la 
navigation et à la géographie; mais leur plus 
grand bienfait est d'avoir dissipé les craintes occa- 
sionnées par les phénomènes célestes , et détruit 
les erreurs nées de l'ignorance de nos vrais rap- 
ports avec la nature, erreurs d*ai}tant plus funestes, 
que l'ordre social dpit reposer uniquement sur 
ces rapports, vérité, justice; voilà ses lois im- 
muables. Loin de nous la dangereuse maxime , 
qu'il est quelquefois utile de sen écarter , et de 



386 DISCdURS PRéLIMINAIRE; 

tromper ou d^asservir les hommes , pour assurer 
leur bonheur : de fatales expériences ont prouré 
dansions les temps , que ces lois sacrées ne sont 
jamais impunément enfreintes. 



•■ 



HISTOIRE 



D K 



^'ASTRONOMIE 



MODERNE- 



LIVRE PREMIER. 



JPe V Ecole cP Alexandrie ei des Astro^ 
nomes qui ont précédé Hipparque* 

PARAGRAPHE PREMIER. 

HiN cherchant les premiers pas de Tesprît hu* 
main , en parcourant rhistoîre de T Astronomie 
ancienne, nous n'avons aperçu que des débris; 
nous n'avons rencontré que les vestiges d'une 
science détruite, d'une institution primitive, dont 
les restes attestent l'éclat et la splendeur; sans 
doute ces débris se tenoient par une chaîne au* 



l88 H I 8 T O I It E 

)oui^d*liui brisée et perdue , ou du moins cacliée 
dans Tobscurité des temps : si nous avons conçu 
ridée d*un ancien étjftt des sciences, changé, 
efTacé par les révolutions de la nature ou de la 
politique , cette idée n*est pQint qée de Teaprlt 
(le système ; c*est le résultat des faits soumb 
i la critique , et rapprochés par Tanalogie. 
L'exemple des révolutipos conservées par la tra- 
dition , démontre la possibilité des révolutions 
passées, ^lont l'antiquité Surpasse la durée du sou* 
Tenir : nous avons fait comme un homme qui seroit 
transporté subitement sur les rives de TEuphrate ; 
au milieu de ces plaines nouvelles et inconnues 
pour lui , le spectacle de vastes ruines , en partie 
cachées sous Therbe , ou couvertes par le sable ; 
ces colonnes superbes qui restent debout pour 
montrer la hauteur des édifices, ces débris de la 
magnificence et de l'industrie, cesmarbres sculp- 
tés, chargés d'inscriptions, lui feroient concevoir 
tout à coup ridée d'une grande ville ; il n auroit 
pas besoin de savoir que là fut Babjlone : le plan 
et lordonnance des édifice^, le génie deTensembi^ 
et des grands effets , ont disparu ; mais aux détails 
qgi sont l'ouvrage des arts, à rîmniensitéd(?s édi- 
fices qui est le produit de la richesse et de la puis- 
sance , il reconnottroit lanlique demeure d'une 
nation civilisée et nombreuse* 



DE l'aStRoi^omiK Moderne. 189 

Une preuve <}ue les scie nces o rientales n'étoient 
composées <|ue des déb ris de connoîssanc es plu> 
ttncîennes conservées , ttiûîs non augmentées par 
leurs possesseurs , c'est que l es Grpcs, étab lis à 
Alexand rie , ont tout recommencé ; îls avolent 
renversé Tempire de Babylone , ils s*étoient em« 
parés du trésor de ses sciences, en succédant aux 
Gfaaidéens ; îls ont fait usage de leurs longues ob- 
servations; ils atifoient pU profiter également de 
leurs travaux; ils auroient dû suivre le fil de leurs 
Idées; mais ce fil nVxis toit pas chez les Ch aldéenaL 
U tiles à TAstronomie en accumulant les faits , en 
préparant des matériaux pour l*édlfice du monde « 
ils on t conservé quelques conn oissances, quel ques 
détermi nations qui leur ont été transmises , sans 
fen soupçonner tii les rap ports , ni la valeur : la suite 
des îdéeô , où la marche de Tesprit inventeur étoît 
entièrement perdue lorsquon recùeiOjt ces con- 
noissances, et les garants , les témoins de leur exac* 
titude avolent disparu. Les temps du règne des 
Chaldéens , des Indiéhs et des anciennes nati.oné 
connues de TAsie, sont donc des temps d'oubli; . 
c'est une lacune dans 1 histoire de la science ; les 
temps d'ignorance ont mis une séparation absolue» 
une véritable barrière entre la première Asfro-^- 
tiomie détruite dans des siècles très-reculés, et 
lAstronômiè ri^nôûVélé» âàm Alexandrie ; la 



I- '^ 



igo H I « T O I K E 

tout a été recommence ; 1 édifice a été reconstruit 
'par ses fondérîîeîfs , et ces^'fondemens sont encore 
'aujoard'huî ceUx de TÂstrononûe que nous avons 

perfectionnée. 

^' ^'§. IL 

Après I^ mort d'Alexandre , après le partage de 
sa grande succession, Tambltion tranquillisée;, 
c'est-à-dîre , épuisée pa r ses efforts , forcée à Féquiî- 
libre par les résistances réciproques , laissa respi* 
rer sous différens maîtres,. les peuples de ce vaste 
empire, et Ptolémée*^Sbtér 'se reposa surje trône 
d'Egypte ; c'étoît le pajs des sciences , Tes Grecs 
étoient accoutumés à les j venir chércHèr/Il étôit 
liaturel que Ptolémée se proposât de lés cultiver'; 
'îl-c'ommença des établissemens utiles , et Ptdlëtfïeë 
son fils ,^en lui succédant , acheva son 'ouvragé ; 
il annonça des bienfaits et surtout déshonneurs; 
tout ce que la Grèce avoit de gens célèbres ac- 
courut en foule pour illustrer son règne; illeur' 
prépara un asile dans'le Muséum , dont le projet 
étoit d'un homme éclairé , et la fondation digne 
' d'un grand prince. C'étoit un superbe bâtiment ^ 
composé de grandes salles , de galeries pour con- 
férçr des matières de littérature et de sciences ; 
les savans y étoient logés et entretenus ; là étpit 
cette lameuse bibliothèque, et ces nombreux ma^ 

\ 



DE t^ASTRONOMIS MODERNE* 131 

nuscritsqueD^mëtrlusde P^alère rassembla avec 
tant de soins et de dépenses ; là ^ans doute ëjtoît 
Tobs e rvatolre des Hipparque et des Ptolémëe. Ce 
prince aîmoît ce sanctuaire des sciences, comme 
Bon ouvrage, et comme le fondement de sa gloire 
dans les siècles à venir ; disons que cette immorta^- 
lité justement méritée, fut plutôt la récompense 
*que le motif de Ptolémée Philadelphe ; il pareil 
avoir aimé les lettres pour elles-mêmes, et par une 
contradiction qui n*est pas rare dans les hommes , 
et surtout dans les princes , quoiqu'il eût fait périr 
deux de ses frères, et ce DémétriusdePhalère^ 
qui avoit osé dire la vérité à Ptolémée Soter, il 
ëtoît cependant né avec ces inclinations douces ' 
qui font le bonheur des peuples; ces inclinations » 
^r^ éloignant le souverain de la gloire dès ariffieTs ^ 
loi en mofitrent une autre plui^ réelle dâns'le'bbiiP 
merce et les art^r^uîMaît 'fleurir, dansTabbn-^ 
dance qui naît à leur suite , et dans les lettres qui * 
donnent de Téclat i tous ces avantages solides» ' 
Lessavans qui habitoient le Muséum, étoient ho- 
norés de la présence du prince , après Tavoir été 
de son choix ; il conversoit avec eux , il erïtrete- 
noit Témulation dans un lieu où Taisapce , ToublI 
de tous les soins, auroient pu introduire le relâ-» 
chement et Toisiveté : les bienfaits, les récom«. 
pensés» sont des encouragemens poj^r- tous les^ 



\ 



ïqX histoire 

bomme^, mab ils ùe suffisent point k Thomme 
dé lettrés*, il a rdOié plus délicate; la faculté dé 
penser» chez lui plus exercée, une connoissance 
plus Vraie de la nature des choses , lui font dédal- 
^er ceâc vulgaires objets des désirs humains il 
sent que la tlaturé Va fait pour être distingué; V es- 
time élevé son ame ; c est le coup d^œll Immédiat 
des rois qutdoilne à la puissance de Tesprlt toute 
son énerve ^ et force le génie à se déplojrer ; il 
échauffe , il remue les esprits , il transforme ïes 
hommes ; cette magie est la seule qui existe sur la 
la Terre : heureux les rois de répandre un charme 
autour d'eux , et de n'avoir besoin que d*une vo- 
lonté pour faire de graùdes choses. 
' L*école d'Alexandrie , fondé e par Ptoléméé 
Phîladél ùh é, sabaista pendant prés de dix sièc les, 
et jusqu'à rinv asiofi des Sarrasin s, qui , soumettant 
l'Egypte h un nouvel empire , dispersèrent les 
sa vans , brûlèrent la fameuse bibliothèque , et ra- 
menèrent à jamais le règne de l'Ignorance et de 
)a barbarie. 

Cette école, qui a produit de très-grands hommes, 
qûoiqu'étâbiie en Ëgjrpte , à Alexandrie même , 
est vraiment une école grecque; ce sont les Grecs 
qui Vont illustrée. Piarmi ceux dont nous. allons 
rapporter les travaux , on ne trouvera d'Egyptien 
cjue Manéthoa , qui fut plutôt astrologue qu'as* 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. tQ^ 

troqome , et Pto lémée, qui^fa ît beauc oup d *hj 

neur à gpn p ays , mais qui fut formé 

ses jrédëce gôeura. Ce peu pie | né pour :perfec-, 
►rtner lotfll'^trittfîî n'inVghtoir plis ^ ' ^déW rasaa 
tA^ratt^g tit^jà ti Yôfle doqT*lés prêtres égytJtîens 
r avôifenl cOoviBt^fe ^ «"et pàr^aes" écrits , paF séTdé^, 
couvertes » fit naitre la lumière pour le reste d# 
TËurope. 

|. IIL 

On peut être curieux d'examiner pourquoi 
TEgypte, sicélèbre dansPantiquitépariesscienceSp 
Ti*a cependant rien rait''poûVeIles pendant tant de 
itècles''; ^giôufquoT les prêt res ^clè " ThSbês jÇ ^e 
Memuhis. oui i^nt connu « 2800 ans âvan£jibtrê 



1^ •* 



ère y la durée de Tannée de 365 jours et un <|n^r^» 
n^ont pu p depuis , rectifier cette connoissance et 
faire un pas vers la perfection. Il a fallu que de* 
étrangers y après trente siècles , vinssent retrancEei^ 
quelques minutes de cette durée, pour approcher 
plus près de la véritable : c>st que les prêtres 
d*£gypte étoient alors ce que sont aujourd'hui lea 
Italiens. Ils montrent des chefs-d'œuvre de pçin« 
lure et n*en font plus. Ces prêtres, riches de quel* 
t|U8rdépouilles étrangères ^ communiquoientaveo 
béaiacoup* deTnySère "le'^pé'u qu'ils savoieat, el 
laiaoient croire par ce mjstère qu'ils en savoient 
lé j3 



i^ H I s T O I R '« ' 



ï 'i 



bea4u:.àupdavanjdge...ljDÛ3 ces pays qui avolsinent 
lia js^né .tQï'rî46^ i3*X)ni jamais été favx>rabl«s a«i 

péjifes. I mperfection del*e5pfede humaine se tr oinre 
^x^t& tes .places du nord elles ard^ws «l^u mkil^ 
également éloignée de la féroeît4«des hommes 
dâiisles cllmâts'durs ,'et dé leur mollesse d'ans les 
climats chauds; rinvention, l e génie, son t les 
enfans de la méditaiioû et du loisir. La nature / 
qui atout nuancé sur le globe « a placé les progrès 
des. arts,. le développement entier de Tesprlt 
hilYnain , dons un milieu qui sépare lés cK t nats où 
tout'forcéaa'tràvaH, étcBux où tout invite à la 



i I ■ 



mresjêj |à^ je trayâU. et léjôîslr'se touchent et se 
Suçcè^^ntj et là réfl^xIon^d^^Xhc^ 
pose ji^ g^ide l'Indust de de Ihûmme qiai.toavaillat 
ArlstlUe tt Tlmbchôris furent les premleris ob- 
servateurs de Técole d'Alexandrie ; Ils flôrissoient 
s(bû8 Ptolémée Soler, vers l'an 3oo avant X-C; 

r I 

Hs 5*occupoient!parficûlièrement de l'observation 
descelles , pour fixer leur position dans le ciel, 
éttton pour annoricèr leur lever et leur coucher, 
Sulvàntrusage des Orientaux et des anciens Grecs. 

L'^tyÉspectibndesobservàtitmschéldéénnes, l* esprlt 
de' Taîsonnement d ont les'Grécsérérent doués i 
les conduisirent à ce travail. La route des vojageurs 
sui' la Terre est marquée par les villes qii^ils ont 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. iqlS 

trarersées , la route des planètes danS le cîél est 
désignée par les étoiles qui se trouvant sur leur 
passage. On 'se contenta longtemps' d'indications 
assez grossières ; quand on voulut connoître la 
position successive des planètes avec plus d'exac- 
titude , on employa la méthode des alîgnetnens. 
Qn joignît les étoiles voisines par des lignes qui 
déterminoient le Heu de la planète dans leur în- 
*tersaction ; mais il est évident cjue ces méthodes 
demandoient que le lieu même des étoiles l^t fixé. 
Si JorsdeJa gloj^ieuse retraite des dix milles, la 
position des villes où Xénophon passa , n'âvoît 
pas-^té conhue^ son itinéraire seroit entiéren^ent 
inutile. Les Chaldéen^ ne songèrent point à ces 
méthod e s , et ri en ne prouve mieux qu'i ls n'ont 
jgmâjTeii ridée de là science qu'ils ont paru cul- 



tiver. AYJMille et Timocharts se de man dèrent s ans 
doute quel étoit le but de l'Ast ro nomie, Ils virent 
que TA^tronomie a pçur objet de connoître le 
ciel, de d'éièrmîïiei' felieU des astres qui sont en 
repo^, et dohrlés c!on0gurations réciproques ne 
changent jamafis | tes astres sont les étoiles fixe*'; 
Le but de TAst'rdnomîé est encore d'observer le 
xnbuvérhéht des planètes, 'de décblivrîr le sens-ét 
la ciDurbùré dé leurs orbites. La trace invisible de 
ces planètes est niarqûée par les étoiles dont elles 
«'àppYocfeeïit; il faùfl donc, avant tout , déterminer 



/ 



196 H I 8 T O I R I 

la position des. étoiles. Cette connoissance est 
donc essentielle; c'est la base de toutes les re.- 
cherches. Ces travaux ainsi combinés, et dirigés 
Vers une connoissance fondamentale, annonçoient 
la vraie route et une Idée juste de la science ; c*est 
réloge de TImocharIs et^d' AristiUe. . 

Jjes observatI o_ns d\ArIstI lle et de Tîmocharîs,, 
quoiqu'elles eussent sansooute rinéxactitude des 
premiers essais, ne furent pas inutiles à Hî[>^ 
parctue ^ et servirent» de base à quelques-uns de ses 
travaux. Nous n*avons point leurs ouvrages ; peut- 
être existent-ils encore dans l'Asie ; ils existoient 
au moins du temps de Ptolémée qui les cit^ Le 
recueil de cet astronome , magnifique dépôt des 
^ çonnoissances astronomiques deTêcoIe d'Alexan- 
'drte*r<^' livre nommé par excellence Filifhdgesle 
l>tcbrgrundrOtwragef a sans doute fkit USgtlger 
les édrits des anciens astronomes , et léS srfiilfdtf* 
parottre.Semblableau fleuve grossi du ti^but de 
mille ruisseaux , dont les eaux sont confondues et 
lés noms ignorés, TAlmageste a été considéré 
longtemps, et avec raison, comme un recueil 
complet de toutes les connaissances astronomi- 
ques : de là Tidée qu'il étoit le seul nécessaire^ Oa 
a regardé les observations antérieures commç des 
échafauds qui avolent servi dans ce livre à oona<- 
^ traire la machine du monde. L'ouvra^ Ëmjim 



»É L'ASTRONOMIE M01>ERNï:. ig7 

ftneténs recueils t)nt paru inutiles , on ne les a 
plu^ consultes y lis se sont détruits. Nous ne dou- 
ton»pas que Testime qu'on a faite de rAlmagestev 
ne nous ait fait perdre une infinité d'autres reste» 
précieux de TAstrononlte ancienne. 

Dans le même temps > Âratus , un poète, nais« 
soit pour l'Astronomie , i Solis , ville de TAsie 
mineure. Quoiqu'il ne fût pas de l'école d'A)exan«^ 
drié , Tordre des temps exige que nous en parltont 
ici. Il fieurit vers l'an 276 avant J.^G. , sous le 
règne d'Antigone , surnommé Gonatas , Iroi de 
Macédoine. Ce prince Rengagea à mettre en vers 
les deux ouvrages d^Eudbxe» et àr embellir du 
charme de la poésie tout ce qui étoît connu aFors 
de la science astronemique. On ajoute qu' Aratus 
<étoit médecin, et qu'Antigone ajrant auprès dé 
lui un astronome nommé Nicandre, cbargear ce 
snédecin d'écrire sur F Astronomie, et Fastronome 
sur là ihériaque ; Hs firent l'un et l'autre un assez? 
mauvais ouvrage , ce qui est arsé àt^roîre. L'auteur 
anonjrme de l'a vie d'Aratus détruit cette histo-^ 
riette, en prouvant que Nicandre étoitfort postée 
xieur à Aratus. fille se détruit d'elle •* même par 
son peu de vraisemblance. ^ 

* Antigène eût été fou , comme ce grandseî^neue 
qui distribua par le sort à sies domestiques/ le poste 
^o*iIs dévoient occuper dans sa maison, D ailleurs^. 



ïgS Jî I s T O IRE 

l'ouvrage d'Aratus étoît-lpon pour son.4fiiT)p5î>;€e 
sont'de beaux vers traduitsfidèlement de la prose 
d'Eudoxe j 5Îïl Y aMes erreurs, elles appartiennent 
à rastronome.Ctcéron a donné des éloges à Tau- 
teur, comme poète'; selon Quînti^iew , le poème 
d-Aratua manque demauvement , de chaieur , de 
variété (Çt. d.';él9quençe : ces défaut^ appai^tienn^nt 
au sujet plutôt qu*à la manière dontilesttraltét La 
description ^.u ciel est un ouyragç atu^si monotone 
qu'utije j laiable qui y estmêlée peut introduire 
quelques p^în tuf es agréables ; maïs :k sujet n'est 
susceptible;, ni de mouvement, ni de.cbateur,m 
ijîQme de yî^riété. Le véritable éloge du poî^me 
d'A ratus , c'est qu'il eit yesté , landis que d'autres 
ouvrage^ d.U:méme genre -sont oublié^ et perdus: 
le'terops nexonseryet qw les , ouvrages. qui^e:dé- 
fendent contre lui. ... ,* 

Aratus décrit les- figures < ou les qQijistç^lar^ns 
que les anciens astronomes ont t racées dans Je ;cieL 
leur .position réciproque , > le^ principales' .^Ipile^ 
qui j brillent, l'origine de leurs iiohis;i les faites 
qui, suivant les Gr-Qcs, f doi?|ièrent,]i|eu>. Arfitus 
décrit ensuite' les saisons , pu les inte^ipériçs i>ées 
du mouvement^du Soiqil dans le zodiaque* ainsi 

4 

quç leç levers et Jes couchers de^éto^le^, par les- 
quels ces intempéries étoieat alorS' annoncées ; il 
liqit par.rappprter les^ifègles qui servofent.de -fon- 



DE L'AS-lÇILpîîÇtM^^ VOjDERNE. ^ jg^f 

dément aux prédictions ; les anciens tiroient des 
présages. de la Lune/ide'la couleur du Soleil , de» 
nuées „ des. parhélie3 ou^ Xai« SglejUs^ in^esr de 

cet aslre, réfléchies par^.quçlqvÇ P^^A^^^^ B^'^^ 
selènes^ ou fausses Lunes, pro4uit es égaleinei^ par 
la réflexion des vapei^rsjî'é Tî^ir T^e^ étoiles iomr 
bantés, du vol des oiseaux, etc^.Cj^^.^ÎBsi qi;iç 
le sjstéme qui ixe f^i^t qu'an, tout d^ ÏMjjtSiU^re , 
tt sjrstême qui ^sùppoisè que tous lei^iv,éwmen$ 
sont liés , et que les qontîpgens peuveiji !eiV§ reçHr 
proquement Tes sjgnçs <^i les. ânhpn'fésTeÎTirriS dès 
autres ^2iprès avoir produitrastrologie^'aiVit naître 
différentes espèces de divinations, qi^i f^esont que 
des branches de^cetti^premi^reisciepçis pfétçndue,. 
et qui toutes leur doivent [eut Qngiiie*^ , . . 

Le ppème d'Ara.tus 9 jouj à'vLue/si^grmde 
réputalion , qu'il eut ;dç3 . conu^ealateurs et des 
traducteurs illustres ; JHJpp^^rg q le / le > le jug<^ pas^ 
indigné de ses remarques.. Cicér9n„;dan^sa. jeu- 
nesse ^ ^n fit une tradMCtipn en vers,, dont il ijie 
lious reste que quelques fraginens. £n£n,, Qerma* 
niçus César, ce prinçe^einley^.Sii jjeune à uu^ natioa 
dont il faisoit les délices , ce prince qui étpit, homme 
de lettres , comme Cé^x dont il portpit tç nom , a 
iait une Uraduction dupoëine d'Aratqs.rlaquelle.^ 
ainsi que sa mémoii:^ chérie , a passé tou^6 entière 
Jusquà nouSi^ ^ 



1 



ao« HISTOIKI 



§. I V. 

•F • • • • 



^ Le premier ftstroiiomé qui se présente ^ana 
Tëcole d'Alexandrie; après AristlIIe et Timocharîs, 
est Aristarque de Sàmos ; îl fut contemporain de 
'Cléanthes'; dlôïcîen , <|uî iuccëda à 22énon , vers 
la 123^. olympiade, ou 264 ans avant J.-C; 
' AriafiHè et Timocharié ne furent que des oIh 
eervateurs ; Aristarque , qui leur succéda , com- 
mence k nous donner Hdëe d*un astron ome; îlfùt 
Vraiment recommandabfe par là subtilité de ses 
observations » et parla-méthode qui fut son guide* 
'On aime à voir les premières voies qui ont con« 
duit les hommes à K^xplication des phénomènes 
célestes , et les premiers traits de Fesprit métho- 
dique qni seul peut en donn^er le fiiL Nous avons 
passéen revue uAe infinité de philosophes , qui n V 
•voient que des ccuinoissantpes étrangères, qui n'ont 
formé que des ^Conjectures vagues; s'ils ont atteint 
d'eux-mêmes à quelques vérités , que l'e temps a 
depuis confirmées, elles n'étoient point fondées 
sur dès démonstrations. Aristarque est le premier 
qui ait fait une observation indiquée par une mé- 
thode raisonnée , une observation qui reculoit tes 
•bornes du monde; il étoit choqué de hi propor- 
tion ridicule que Pythagore et les* philosophes de 
sa secte avoient établie entre les distances du 



PE ^'ASTRONOMIE MODEttNE. àoï 

Soleil et de la Lune à la Terre : selon eux , le 
Soleil li'étolt que trois fois , ou même une fois et 
demie plus éloigné de nous que la Lune. Il entre- 
prit d'en mesurer le rapport d'une manière sus-* 
ceptîble d'exactitude et de démonstration ; et si 
les modernes ont appi^oché plus près que lui dé 
la vérité , c'est qu'ils possédoient des instrùmena 
plus exacts , et des lunettes , qu'il n'avoit pas. 

L'observation la plus délicate et là plus curieuse 
d*Aristarque , est celle du diamètre du Soleil. 
Archimède nous apprend que cet astronome avoil 
fliesqré l'angle qui a son sommet dansTcsil^ et qui 
f^Hibrassjet retendue de ce diamètce; il Ijg. trouva dp 
la, 720* partie du cercle que le^^obil décrit :c9 
résultât n^^'élpigne pas beaucoup de la vérité , el 
lobservation est difficile. 

Arist arque , dans une école où Fon cherchoii 
& s'instruire , où les progrès étoîent à peiné comr* 
jmençésj n'ga se permettre de former des sys* 
iémes ; il âypîi ^^z de génje pout^'égarer. dftiùF 
des conjectures nouvelles ; il eut le bon esprit de 
bien choisir dans les systèmes des anciens ; mais 
en adoptant l'hypothèse du mouvement de la 



lerre , il heurta l'opinion consacrée par les siècles 
^t par la multitude ; aussi fut^il comme Galilée > 
accusé d'impi été p ar le stoïcien Cléanthes , pour 
woir troubï ile repoade Vesta. c'est-i-dîre , d« 



r 



la Terre pt des.dieux Lare^, .protecteur^ dé Funî^ 
y^rs. On trouve le même en\jfvç,ss^m/^nt à pf oi- 
crîr^ les nonyesmtés ^ surtout quand elles &ont 
utiles et glorieuses; cependant il ^^ vraisemblable 
queraçcusation ne fut point juridique ; alors le 
pl^ilosophe seul est coupa^^le^ et la natiop est jus* 
tifiée : ces querelles particulières rentrent dans 
Tordre cpinmun;; les imputations calomnieuses 
sont la ressource de Tenvie ; la baine en a renou- 
yelé 1^ scandale datas tousJes siècles ^ et Cléantbes 
a jeu bien des imit^Lteiirs. 

^ L'opinipp çfui pktce leSoleil au centre du monde^ 
et notre globç en mouvement autour de lui, trangr 
mise par Pfailolaus > adoptée., p^r Aristarque^ ne 
fut point $aivije, ^ans Técole d*AlexandrIe ; tettè 
idée trop gi*ande pour la portée^des esprits de ce 
^emps^y niie trouva.qu-une seule tête où elle pût se 
placçrr ; rieii pe prouve mîeuj^ que céttçl^pothès* 
ne fui jamaisrqâ -une opinion, soit dans Técole de 
gytbgigore ^ soit dans l'Inde et dans la^Babylqnie 
09 n'oublia pasqu'eli/e avoit été regardée comme 
iUne^ vérité ; elle étpit respectée çoxnmoces familles 
illustres dont Tor^ne se perd dans la nuit des 
4emps, et dont. la noblesse an^que n'a d'autres 
fondemens' que l'incertitude qui naSt de cette ons- 
'icurité,.une ancienneté reconnue, et la çi'ojrance 
d'une longue suite de sièdes. La venté du mouver 



/ 



DE L'ASTRO»NOaME MODERNE. 20^ 

• 

Q)f jit de.laTerre ne put produire ses titrer» quand 
Hîpparque .vJBt tout jgpumettreà rexamea, ea_ 
r ecommençant T Ast^'onomie; ce grand honune la 
rejeta coxnmfi une vieille erreur , adoptée trop lëgé-* 
renient par son célèbre prédécesseur : on verra 
combien de siècles il a fallu pour détr.uire ce sys- 
tème si naturel , si conforme ^u^ rapport des sens 
qui déposent pour le . mouvement du Soleil ; et 
par le temps et les efforts nécessaires au retour lie 
la vérité déjà connue, mai^ bannie , on jugera com- 
bien de siècles» d*efforts et de cpunolssances » ont 
dû précéder son établissement : c'est alors qu*on 
poqrra prononcer si nous avpnseu tort d'attribuer 
cette découverte à une Astronomie ancienne et 
primitive :.la.pensée da mouvement de la Terre , 
descendue du pays o ù l'Astro nomie fut perfec-; 
Uonnée. a été reçue co mme étrangè re dans, la 

^~*^^~- - - 1 É — — "J- f* — — 1111,7, - - -^r - T"**^ ■~i.r "^ 

(^haldée et dans l.Inde, où Pythagore vint la cher- 
cher ; d ailleurs Jes élémens qui doivent fonder 
cette opinion » n'exis^oiept pas, au temps d'Aria 
tprqi^e. , ; 

, L'expérience .rjoqs^feît connoitre la progression 
de l'esprit humain; quand il a fourni une partie 
de sa carrière, sa force épuisée le. contraint & 
^arrêter ; il est, pour lui des; stations nécessairet. 
et des intervalle^ qu'il ne peut franchir qu'après 
plusieurs repos;. qu'on se .représente la manière 



1 



"^64 / KlSTOIKE 

èonl nous concérons rinfini , ce n'e«t qn% pKiè 
j|es iu>gmenlaiioii5 r é p^t ë ^s-eLdcs additxû05 suci 
ceMyes ; c'est parce qu'une UQuxeM^ jaràxi peat 
eans cesse être ajoutée à des sommes d*Mnités ; 
e*est pour terminer ces opérations sans fin, el 
cette possibilité qui est toujours la même , que 
fhomme borné dans tes facultés, et dont la foi-« 
blesse demande* un terme où elle puisse se reposer, 
d imaginé , dans le lointain de ses pensées , cet 
infini qu*il ne peut atteindre ni concevoir: on 
s'a donc pu y arriver tout à coup ; il a fallu des 
idées préliminaires, et suivies d'idées plu^ grandes; 
il a fallu que des découvertes eussent fait des 
additions successives à Tétendue du monde* 
l^!univers^ en dilTérens sjècles«»j9,j>arn de difTé- 
ttnfes grandeurs ; U Vest -étendu . par Jfis ira va ut ,' 
par leA découvertes >, . comme.ku Terre «devient 
immense aux ^eux. dtt.Toy;igettr-igQPJ:ant.qui 
abandonne ses foyers et son horizon : enfin, rools 
vers n*a atteint sa grandeur majestueuse et incom- 
préhensible , que lorsque Tesprît humain, Ia$sé 
d'ajouter des espaces à des espaces , arnommé 
infini ce qui se refusoît à ses sens et â ses mesure% 
Ce n'est pas sans raison que Ton dît figurément 
la marche de Tesprit humain ; il avance par des 
idées liées* comme nous nous transportons par 
des pas répétés; Tinfini^ est le gouffre où s# 



DE L^ASTRONOMIE MOD£|l!fE. SoS 

lardent 5€s pensées ; il n'est point naturel de w 
jeter dans les prëcipices ; si l'homme est descendu 
da^is cet abîme sans fond , il ^ fut entraîné par 
une pente« 

Euclide fleurit ^ous le premier des Ptoléméej 
Euclide f célèbre par ses BUéoiens , réunît toutes 
les vérités géométriques élémentaires, et posa 
des fondemens durables aux sciences mathéma« 
tiques. Ce livre, quoique très -ancien , n^a rien 
perdu nî de son mérite ni de sa réputation ; après 
vingt siècles écoulés , Eruclideest encore le pre^ 
tnier Instituteur des jeunes gens appelés k la 
carrière de la géométrie ; nous avons de lui lia 
cmvrage Intitulé^ des Phénomènes: cVst un traité 
de la sphère ; mais , quoique ce traité ne soit ni 
cité , ni connu , nous croj^ons qu'il fut le modèle 
de tous les autres ouvrages de ce genre ; peut-^être 
Kuclide est -Il le premier qui ait expliqué d une 
inanière géométrique les phénomènes des dlffé* 
rentes inclinaisons de la sphère. • 

Ijesnoms avolent changé aux temps d'Ëudoxe^ 
de Chlron, et sans doute plus anciennement encore 
dans l'Orient. La sphère signifiolt la descrlptloa 
du ciel, des constellations , de leurs positions , 
Unt entr elles qu'à l'égard des grands cercles du 
monde; on ns soupçonnoit seulement pas que. 



ao6 - HISTOIRE 

les' phënomèiies du lever et du couclier des 
astres fussent dIfTérens dans d autres pajs; les 
voyageurs instruisirent les esprits attentifs. Des 
qu*on eut reconnu que ces phénomènes n*étoient 
pas partout les mêmes , on en chercha la cause 
générale ; les Grecs construisirent à Alexandrie 
de grandes armilles d^airain , composées d*un 
ëquateur et des. deux colures , mobiles sur deux 
pôles, sous un méridren fixé et perpendiculaire 
à rhorizon ; cet assémbla'ge fut nommé sphère ; 
ces Grecs avoîent puîsé daps l'école de Platon 
l'esprit géométrique et la méthode de résoudre les 
questions les plus difficiles , en les considérant 
dans lés cas extrême^; ici naquît la théorie de la 
sphère parallèle , droite et oblique , c'est-à-dire 
la conrioissance des grands cerclés du ciel' et 
de leur position relatîrément à lliprizon , d'où 
résultent les phénomènes des levers et des cou- 
chers relatifs au climat. Cette science est due à 
Técôle d'Alexandrie ( les Orientaux ne -là con- 
nurent point , ou du moins^ ne la connurent 
qu'imparfaitement; ce fut l'ouvrage dés Grecs, 
qui, toupurs prêts à généraliser , procédèrent par 
des règles plus sûres dans cette école , avec le 
secours de la géométrie ; Euclide recueillit ces ' 
règles et en forma les élémens de la théorie de 
la sphère. ' ' • . . ' • * 



B£ L'ASfROAdMIE JRIoDERNE. ioj 

Nous plaçons iei Mânëlbon; Egyptien célèbre 
dans la .science de râstrologîe; il est connu pà^ 
lès extraits de son- Histoire des rois d'Egypte^ 

• 

insérés dans Josephe et dans le Sincelle; tous ses 
ouvrages sur TÂstronomié Ja physique et la chro<« 
noiogie ont péri; un seul fut trouvé dans la biblio^ 
thQq[jyi£ des Médicis, à Floreiiee : c^e manuscrit 
étoit très*ahcien ; on doute cependant de son 
authenticité. .Mais Gronoyius jf^ a ti:puvé des? 
signes d'antiquité si manifestés , qu*il a levé tous 
les soupçons; au reste, en le traduisant, il n*a pas 
fait un grand présent au public ; c*estun ouvrage 
purement astrologique, qiiî renfermé la Science 
de la divination égyptienne , par le -secours des 
astres ; mais, puisqu'il dit lui-même qu'il à consulté 
les colonnes de Thauth , si , au lieu des rêveries 
astrologiques dont son livre est composé, il nous 
eût donné l'extrait de tout ce qu'il j avoît d'astro-* 
nomique sureescôloiined, nôUs aurions desmonu^ 
mens précieux : dé la plus haute antiquité ; il 
auroit rendu service à rAstronoitiié. 

: §♦ vi. 

Eratosthènés , sucicèsseur d*Aristardue dans 
Fé'cole d'Alexandrie, naquit àlGjrène. Justement 
célèbre par des travaux utiles et glorieux à T Astro- 
nomie ^ il fut instruit dans- la philosopËiie *par 



ao8 H t s T o I R £ 

Ariston de Chio, dans la poésie par CaIIîmaqtte« 
car les philosophes de ce temps dévoient être en-, 
core poètes. Les institutions antiques s*étoieal 
conservées , et la poésie , que noud appelons le 
langage des dieux , étoit jadis consacrée aux mer* 
veilles de la nature. 

Ptolémée Evergètes appela Er qtosjhènç s^ à 
Alexandrie , où il fut chargé du soiti de la,bîbli(>« 
thèque : on dit qu'il fut Tinventeulr des a r mllles^ 
C'est avec ces iustrumens qu' Erat osthènes entre-* 
prit de mesurer Tobliquité de Técliptique» ^*est-à- 
dire , la distance des deux tropiques , son obser-* 
vation est authentique et précieuse ; elle ne laisse 
de doute que celui qui peut naître de Terreur de 
ses observations. Quoiqu'il nous reste peu dc^ 
détails sur ces temps , encore anciens relativement 
à nous t nous y voyons cependant ce que nous 
avons inutilement cherché dans l'Inde et daps la 
Chaldée, c'est-à-dire, un développement successif» 
une marche constante vers un but , des progr&s 
enchaînés et des idées liées par la parenté avec 
celles qui les précèdent , et avec celles qui lei 
euivent. Le froid , la chaleur » la lumière , la cou** 
leur, la dureté ila.grandeur, la force , le mouve- 
ment ^ toutes ces qualités des étres'TnaîérieUne 
sont que des rapports; nous savons seulement que 
1*UQ est plus grandi ou se npieut plus ytte qu« 



s. 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. ^09 

Tautre,, G est en rappijoohanl , c'est en. comparant 
ces êtres ^ que nous parvenons à la connoissapce 
relative qui nous est permise, La oomparaisQn,^st 
donc lepremier pas de toutes le5 sciences: elle e^t; 
dans tous les temps, le bpt de toutes les opérations. 
Les astronomes d'Alexandrie avoient conwu..ce 
principe ; ils'. en avoient fait le guide de.Jeurs 
travaux. 

* 

Une au tre entreprise. plus extraordinaire , plus 
délfrcate et plus difficile que la détermination de 
Tobliquilé de Técliptîque, fu t celle de la* mesure^ 
de la Terre. Elle 9 immortalisé Eratosthènes ; 
quoique les modernes , en la compar^n^ ,a" Jeur^ 
mesures, et ^nse trompant sur. Tévaluation des 
ôtades , Taierit cru fort éloignée de la vérité. Oï» 
retrouve ici la suite des progrès enchaînés /que 
nous avons déjà montrés. Aristarque, .£|v;oit déj^ 
estimé le rapport de la distance de la Lune à celte» 
du Soleil ; il savoit , ou par la tradition dune cor^ 
noissance plus ancienne , ou par une obseryallai^ 
dont les détails ne nous sont point parvenus, que 
la distance de la Lune à la Terre et oit égale à SjÇ 
demi-diamètres de notre globe. Ces grandeurs 
entre lesquelles l'homme établissoit des rapport^, 
lui étoîent tout à fait inconnues ; il ne cor^noit que 
ce qu il a vu de ses jeux ou touché d^^sa maip. 
U falloit donc ramener ces grandes mesures à dejp 

1. ' '■ j4 



2ItJ HISTOIRE' 

mesures qui lui fussent plus familières, i desin^ 
fervalles qu'il eût parcourus, tels que le stade^ 
Ha coudée, qui lui servoient alors à dëlermîner Iak 
longueur des chemins et des distances dans les 
Keux de son habitation. Le sein du globe est inac-* 
eessîble pour en mesurer le diamètre; mais lé 
rapport ra}>proché de. ce diamètre à la circonfe-^ 
rence , connu par la géométrie , réduisoit îa diffi- 
culté à celle de la mesure de cette circonférence : 
ilors les rapports de toutes ces grandeurs étoîent 
connus l'es ans par les autres : la dislance du So- 
ikrîl par celle de la Lune ; celle -cî* par reten- 
due dti diamètre du globe*, et ce Jîaniètre déter- 
miné pafr kl circonférence,, dès quelle serort 
toesurée. 

Ce ri'étoîfpas la première fois qu'on aVôit tehiê 
de me^rer l a T erre. Les anc iens Chaldéen^ 
ravoierit' faît par une sorte d estimation ; le projet 
d'Erâ^osihènes ri'étoit donc pas nouveau; mais il 
àf)oata à l'idée des anciens la niéthode et la dé- 
ihbnstj^tîort qui matiquoiént à leur mesure, ou du 
moins^ il renbuviela l'esprit de cette méthode in- 
ventée dans des temps fort antérieure ; car* une 
détermiriaVton précise , telle que nous- la ferons 
iconnoître, suppose une rhéthode e!xacte. Ceh*est 
pas le seùï exemple, dans l'histoire dés sciences ^ 
d'inventions* plusieurs fois renouvelées et dû Tes- 



DE L^ÂStïlbKOMtE MO&EHNË. stt 

)pr\{ hiimam repavant ses pertes paf de Vioûveaux 
lefforts. 

I>e la coiire^n<hince eicacte des loercles de ïa' 
sphère et des cercles du gtèbe , il s*ensuit qu*ua' 
degré du tnëtîdîen terrestre réporid à un degré 
du méridhed céiesbe ; de sorte qu* en mesurant à 
la ^rface dé la Tètre , la dbtarice dé deux villes 
t^ uetcoTitiaés , placées sous le même méridien, et 
mesurant en même temps l'atc céleste intercepte 
«ntrè les zéniths de ces deux villes, c'eSt-à-dire» 
^ Atre les deux p^oints du ciel qui sont verticale*» 
m ent au dessus d'elles, on aura l'espacé qui ré^ 
pond sur la^erre au tiombré de degrés compris 
dans cet arc céleste. On aura donc , en mesurés 
èonnues , la longu eu r d*un dejt^'é : voîtà' le fo n dé- 
frisât et le principe de la méthode d''Eratoist1iènéfi. 
il eut toutes les fticilîtés nécessaires pour là 
grande opération qu'il enlreprehoît. Le t^rraia 
de TEgyplé étoit mesuré par un arpentage qui 
dévoit être exact, puisquelés impositions y étoieni 
liées, et que, lorsque lés inondations du Nil avoîenÉ 
fait fort à quelque particulier, il avoit soin de faire 
arpenter de rtouveau son héritage , pour qur*oa 
dîmîtiuât rimpôt à proportion. Ohpoûvoît, dïé 
M. Freret, être assuré der.éteiidué^erÉgjrpte â 
utaé coudée prës;avec ces ressources pour connol'tré 
les distWnées itinéraires , Eratosthènes possëdoit 
les instrumens que Ptolémée avoil fait coostrturé 



212 HISTOIRE 

pourlui et placer dans lobservatolre d* Alexandrie. - 
Ces instrumens lui répondoient d'une certaine^ 
exactitude dans Tobservalion des dislances cé« 
.lestes " ' 

Eratosthènes remarqua que Syenne , ville la 
plusméridîonale de l'ancienne Egypte, et Alexan- 
drie, étoient à peu près sous le même méridiefi. 
On ne nous dit point par quels moyens il s'en 
assura. : .il. savoît que le jour du solstice d'été, lès 
corps ne jetoîent point d'ombre à Sjenne, ainsi 
qu'à cent cinquante stades à la ronde; avec cette 
particularité, qu'un puits très-profond placé dans 
cette ville , étolt entièrement éclairé, ce qui mar- 
quoît évidemment que. Sjenne étoît sous le tro-» 
pique, et qu'au temps où le Soleil j arrive, il étoit 
à plomb sur la tête dés habitais de cette ville; en 
conséquence, Eratosthènes mesura , le jour même 
du sol$ticç, à Alexandrie , la distance du Soleil au 
zénith de Sjenne, qu'il trouva de 7® la'. Le Soleil 
au zénith de Sjènne, et en même temps éloigné 
de 7° 12' du zénith d'Alexandrie, montroit que 
l'arc céleste intercepté entre ces deux villes , étoit 
de 7^ i2'oudela5o^ partie de la. circonférence; et 
çomipela distance Itinéraire avoit été précédemr 
xnent trouvée de Sooo stades, par les arperrteurs 
i:ojrauxd'j^lexa^ndreet des Ptolémées,Eratosthène« 
çn conclut que îa circonférence de Ja Terre étoît 
de 25o,ooo. stades, et ]e degré de 669, ^. Gettç 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 2l3 

'me5uri|n'a pas été jusquici évaluée et rapportée 
i nos mesures modernes , par la difficulté de fixer 
l'espèce de stades d ont E ratosthènes a fait usagé . 
Nous croyons ayoîr trouvé le moyen de dîstîn-* 

-^ — ^.^mJl— ^«^ ^■^—^i^— . — ^.— ^ » - 1 I I III ' If m II ■ 

guer tous les stades anciens, et d'en fixer la 
valeur; nous en donnerons le détail. Il suffira 
de dire que le stade dont il s'agît ici , éloit de 85 
toises 3 pieds 7 pouces ; le degré qui résulte de 
lopération^d'Eratosthènes, étoit donc *de 50,44^ 
toises, et plus grand de 2,400 toises que celui 
qui a été mesuré aux envîrons^ de Paris. Cette 
erreur n'est pas considérable pour un premier 
essai. On ne peut pa^ attendre de celte détermi- 
nation une plus grande exactitude : le mérite est 
de l'avoir imaginée, exécutée, et la gloire de 
l'astronome est que les modernes n'ont rien ajouté 
â 8S^ méthode; s'ils ont mieux réussi , s'ils ont ' 
approché de plus près de la vérité, c'est parfesgro^ 
grès dés arts et par la perfection des irisirumens. 
Eratosthènes n'avoit pas des notions si exactes 
sur la grandeur du Soleil, car il pensoît que son 
diamètre étoit seulement vingt-sept fois plus grand 
que celuide la Terre. S'il eût su déterminer le* dis- 
tance du Soleil, il ftiuroit comparée au rajon de 
*Ia. Terre mesuré par lui, au diamètre' apparent 
du Soleil déterminé par Aristarque, erilm àiurbit ' 
•conclu^^qûe ce diamètre étoit aa moins ^afois plcrs 
grand que celui de la Terre ; mais l'Astronomie 



di4 n i S r o iR t 

n*étbUpas alors stssez, avancée pour qu*(^fîi ets 
rapprochemen3 et ces comparalsous, et par coa-- 
sëquent^ellçétoit encore bien loin de permeltre- 
des recherches aussi difficiles que celle de la 
distance rraie du So}eil. 

Une justice qu*^ii convient de rendre à Eratosr 
ihènes , c'est ^'il semble être le premier qui ait 
cnti^pri^ le diénombrement des étoiles; îl avoit 
I^eaucoup écrit sur la géographie ; tanjt detrpyauj: 
Tont irninortalisé : aucun de ses ouvrage^ ne nous 
est parvenu entier ; il ne nous en resl.e que quel-* 
ques frag^ens. Après avoir poussé sa carrière 
jusqu'à quatre-vingts ans , il perdit ]a vue ; c^ 
grand homme afHigé de cette perte, forcé d^ 
quitter et le travail et le spectacle du ciel, ^e laissa 
piourîr defaîm,. 

Çonon.de 3amos paroît avoir vécu vers la i3o^- 
plympiade : il rassembla toutes les éclipses conr 
servées ches les Egjpliens y on lui attribue la 
constellation de la chevelure de Bérénice: cette 
^i^ine étoit femme de]?tplénckée Soter; elle fit vQsq, 
de ppn$acrer à Vénus ses cheveu:^ , qui étoieni 
d'ifne beauté singulièjr^ « si $oh mari revenoil 
triomphant de la guerre d'A^i^. Elle aceomplil 
son vteu et suspendis ^es ch^veu^ dans un tempIe^ 
de Vénuç» Comme ijs di^pat'nrent au bout de 
quelque tefnpf ^ on dit quils avoient été enlevés^ 
jp^^ les dieu^^ et jCpAOxi. » attache à Piolémé% 



^ 



DE L'ASTRONOMIE JMODERNE; 2lS 

Pfaîladelphe 9 fils de cette rfiiiie* le^ plaça aii 
, ciel dan$ un amas d'étoîles et «ou^ |e pOm d# 
cheyelpre de Bérénice* 

Arcfaîmède^ contemporain de Conpn , cetanf- 
cien et fameux géomètre^ le Newton 4e Técole 
grecque^ a mérité ^u^i lepom d'astronome* Nqu# 

' produîroi;is la sphère qu'il construisit « où les moni 
yemens du Soleil , de ta Lune , et des p^'nq pla**^ 
iiètes , étoierjtt représentés cb^cun avec ta vitesse 
qui lui est propre : on sait <|u*Ai'chimè(fe t médi? 
tant profondément au ^milieu du iufnuke , périt 
lorsque Syracuse fpt prjse par Marcelius* 212 ans^ 
;avant J.-C. D^u^ ces fùoniens de brutalité et d'i- 
vresse^ où une soldatesque eiFréi^ée a le droit de 
tuer des citoyens sans dékn^t u^n soldat disposa 
de la vie d'un graÀd h^mme^ et termina des )out*5^ 
utiles à Funivers* MarceUiis dont il avoit retarde 
.la«conquète, le regretta , et Fen4k cet honneur à 
sa mémoire , qu'il m;siudit son ifysur{Ki^f et ne 
voulut Jamais le voir* 

I) seinble qi^il y ait des temps où la nature soit 

• plus féconde, tfi^nt par le nombre q^ie pârTéneiv- 
gie de se^s prodp.ctions; -il est des époques où elle 
fait i^re les grands hommes it côté les uns des^ 
.ai;^tres , réunis. Qonune d^s f^îsceau^ de rayons ^ ' 
.pour j^lt^r 4l^ins le ^este des siècles une lamière 
l^fi^ .e^ dtWftWe^ Amuw é]^qw ne fut plos 



tti6 H I s T O I li E 

^ • • • 

màrquable à cet égard , que 'telle de Técole d'A- 
!eXar>drie. Aux grands hommes dont nous venons 
de parier, se joint Apollonius de Perge , qui fut 
leur 'contemporain ; les disciples d'Euclideluîou- 
vrîrent la carrière des mathématiques; il fut célèbre 
dans la géométrie , par son Traité de^ Sections co- 
Tiiques , où il étend et démontre la propriété de 
•ces cpurbes ; il doit l'être dans l'Astronomie, pour 
^vôir tenté le premier d'expliquer lés causes des 
5latiôhs et des rétrogradations des planètes. 

Malgré la vénération que nous inspirent le mé- 
rite et la mémoire d'Archimède , nous oserons 
ïui faire un reproche, c*est de n'avoir pas dérobé 
à Apollonius, Tidée d'appliquer la géométrie à 
l'Astronomie ; il ne manque à sa gloire que cette 
application, faite sous ses yeux, et cependant si 
digne deson génie icetle idée heureuse et féconde 
a fait une révolution dans la science, en lui don- 
nant un^ marche plus sûre, et des progrès plus 
rapides. 

Il ne parolt point que la géométrie ait été jadis 

-Cultivée dans l'Asie ; quelque haute-idée que nous 

ajons des connoîssances du peuple antérieur , qui 

•a mai*ché le premier vers la lumière^ nous crojons 

que la géométrie a pu manquer à ses progrès; 

infiniment utile pour la tèchetéhé éeis câuâes^ elfe 

'tie Tèsi pas égaflement pour la cciijtocfissance des 



, X)E L'ASTRONOMIE MOûEllNE. '217 

faîls : les anciens y suppléèrent par la patience et 
surtout par le temps. L* Astronomie ne sji ppose 
nécessairemen t que la connoissance du _cercle , et 
cette figure étoit donnée 'par les mouvemens ce- 
lestes même ; la première, connoissance géomé- 
trique appartient peut-être à T Astronomie, la 
plus ancienne de toutes les scierices : rhistoriea 
des mathématiques nous est témoin que le savoir 
des Chinois en ce, genre, et celui des Egyptiens, 
■à qui l'on attribue l'invention delà géométrie, se 
;Téduisent à fort peu de chose ; nousic'oncluonsque 
la géométrie, lors d e la f ond ation de Técole d'A" > 
lexandrie , étoit une science nouvelle qui tenoit 
^on exist ence des phi losophes gréôs , et surtout 
de Platon; son application à l'Astronomie ouvrit 
une vaste carrière : en avouant que l'Astronomie - 
abesoin.de son appui , nous sommes loin dattrl* 
buer la supériorité à la géométrie ; indépendante 
de toutes les sciences, elle les dirige toutes, mais 
ce n est pas comme souveraine; les autres sciences 
sont p hysiq ues , elles existent dans le seind eTa 
nature ; la géométrie est née dans l a tête de 
çl'homme ; elle, est le. résultat de sa. manière de 
voir; M est naturel quelle soit applicable à tout 
La géométrie et rAstronomlie se jto.uchent par des 
ri:a.ppQris directs, par ;yn^ liaison intime ; elles ont 
;pour ol^j et retendue eC le mouvement: ce sont 



/ 



\ 



lieqx fiœurs qui doivent mutuellemeiat 3*aimer et 
i$e servir ; la géo|i>éitrie, p^r une mariçbe plus sûte^ 
ppnduità dea yérit^és, peut-être Ipaecessiblea^san^ 
«11^; mais le tljnéàtre d,e sa gloire « est f ouvrage d« 
jon ainée : $1 rAatronomie.a besom de.soo secpur^, 
]a géométrir eRe^méme nest qu*ua inMrumeol 
4;a)5 le$ m9¥^ de raatronome* Quand îl a'agijl 
^'e^pipUquer 1^5 phénomènes, le choix des dbaer* 
votions , et } adit€fiise du .cajpul y <;c>ncourent éga* 
lemepty et Tar^ dfi les inettr/e en œuvre apparr> 
lient au génie, qui ntest pas plus étranger à Tastrch 
j^oixie, qu'au géomètre. 



j. I V R :e Ji. 

JDes Instrumens dont on a Jait usag^ 
daiis VEcçlp d' AlçQoandrie. 

F.AR AGK APJIE PREl^IEIU 

x^*ESPAC£ et le temps , roili ce que Thomme s» 
*p*opose de mesurer ; Tuneiirconscrit son existence 
momentanée , l'autre accompagne se^ existenoe 
successive ; c%b deux étendues sont liées par une 
xdblioa nécessaire , qui est le mouveineot» D4» 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 219 

qa*!l est constant et uniforme , {espace est connu ' 
par le te^ips , le temps est mesuré par Tespace. 
Nous l'ayons dit, rhomme n'a point en lui la 
constance et Funiforinîté : différemment modifié 
a chaque instajat » il est changeant , in^ai*, et trop 
peu durable, pour iêtre la nieaure 'de la durée. 
L^A^f rpnomie, en étendapt la sphèr^ de ses peii- 
séçs 9 luj a montré Tunivers commeun espace sans 
borner, où se perd la conception humaine; 
taj^dis qiJie le temps , revéti^ du même caractère 
de grandeur et d'Immensité , proportionne la 
durée .du monde à s,on étendue ; cependant, 
placé , perdu dans ces ^deux infinis , Thomme |a 
voulu connoitre Tunivers par ses rapports, res-* 
serrer cette grande idée, sans laltérer , poiir ta: 
placer dans sa tête , et se figurant Ift marche 
insensible du temps par des rapporfis semblables; 
il s*est fait une idée du passé , qui n*est plus , de 
Tavenir, qui ne sera peut-^rer jamais ; et il ft 
posé devant lui le tableau de Tétat passé , présent 
et futur du monde. 

Ce SQnt là les fruits de sa curiosité et de so& 
génie ; nous devons développer ici les mojens 
qu'il a employés ; la sphère de nos organes est 
très-bornée , elle ne suffît ni à 1% volonté, ni stttit 
desh's. L* homme , si intéressant par les progrès 
de sa raison , par lef produits de son imB^natiothi 



^20 HISTOIRE 

est surtout dîgne d*étre admiré dans TinventioBr 
. ^es instrumens , qui sont les plus utiles ' et ea 
même teitips les plus grandes de ses pensées ; il 
a multiplié sa force et s'est aidé de celle des 
élémens ; il a augmenté le pouvoir de ses sens ; 
il en a rectifié Tusage , assuré le rapport , et il a 
ajouté à sa puissance physique une étendue et 
une exactitude que la nature sembloit lui avoir 
refusées. 

Cependant, en acquérant de nouveaux organes, 
nous avons peut- être affoibli', diminué le pouvoir 
de nos organes naturels; moins exercés, ils ont 
•perdu la perfection qu'ils pouvoient tenir de 
rhabitude. Seroit-ce un paradoxe d*avancer que 
cette perte a été avantageuse? Nous sommes 
dévenus plus capables de méditation , Tesprh s'e^ 
.plus développé, lorsque le physique a été plus 
circonscrit. La nature nouis entoure de se$ opé- 
rations ; tout est sans cesse en mouvement autour 
de nous, des sens trop délicats nous retirent 
souvent hors de nous-mêmes; ils troublent la 
mémoire et! le retour d« nos pensées. Lame 
sensible est toujours en action , Famé raisoi>- 
nable B*a rien à faire : un Tmomme qui auroit 
à -chaque* instant des sensations, des idées noW 
y^Uea, serpit^eomme un avare, qui augmentéroit 
un Ijrésor dont il ne jouiroit pas ; il est donc un 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 22t 

znîlieu nécessaire entre 'des. sens sul>tîl5 , qui * 
fourniroîent trop dldées^^et des sens obtus , qui 
n'en donneroient.pas asse?:J Les inatrumens ont 
cet avantage » que ce sont des sens dont l'homme 
ne se sert pas toujours ; U n*en use qu a son grë ; 
il les interroge pour s'instruire , il les éloigne pour 
méditer sur leurs rapports , pour copibjner leurs 
produits: alors réduit. à ses sens nus., Thomme 
qui se retire en soi ^ lest maître de contempler ea 
paix ce qu il posède ; Tesprît observateur cesse , 
la retraite et le. silence produisent le. géni^. 

» 

§11. 

L'Astronemie semblq, ne dépendre que delà' 
vue ; c'est le sens le plus étendu , le plus prolongé c 
Il nous transporte partout , et notas fait jouir da 
spectaclp de lunivers. Mais si rbomme navoît* 
employé que ses jeux, la science :n*eût pas fait 
tous les progrès dont elle est susceptible. En yojant 
les astres semés sur ta voûte du ciel y nous- rece-^ 
yops.des sensations séparées, des idées inexactes 
4e lieu, de grandebr et de distance; Nous n*a-^ 
vons quun guide sûr ; c'est le tact ^: lé plus fidèle 
de nos sens : il falloit donc atteindre les astres, 
pour s'assurer de leur, position: ;:iiTâllpit lestoit't 
cher pour le£^ mesurer et les espacer. Cette en- 
treprise de lesprit humain est d'une hardiesse qiaî 



^dl » t » t I k Ë 

étonne : elle eut un plein succèd: Il en réiixhtk titt 
premier lûstrumenth On pensa qu'on pouvoit se 
servir du rayon visuel ^ qui atteint râstre le plus 
éloigne t on Smagina VaU4ùdej c'est-à-dire , une' 
longue règle de bois ou de métal , dirigée suivant 
le regard, et qui en Êxé ta direction. Le rajon 
visuel, se propageant tou^rs en ligne droite , est^ 
aemblable à tme corde tendue de Tobjet à Toeil; 
lues petites inventions servent de degrés à déplus 
grandes» L'homme sonde, examine, totiCjbeavec 
un bâton les choses qu'il ne peut atteindre; ralr-^' 
dade n'est que ce bâton prolongé jusqu'au terme 
de la portée de la vue. En mirant à un astre, en 
conduisant, en couchant le rayon visuelle long' 
de l'alidade, en la touchantpour régler sa direction» 
on touche l'astre qui est à son extrémité ^ et on 
d*assure qu il ne s'en écarte-pas. Cet instrument si 
simple ^ cette règle de bois est donc un mojrert 
lrès--ingénieux , produit d'une métaphysique piro^ 
fonde» cachée dans la simplicité des opérations. 

Ce bâton, prolongé par le rajon visuel , sUfEt 
pour atteindre un objet siÀiple ; mais lorsque 
Tobjet est double ou qu'il a quelque étendue , il 
ne suffit plus pour embrasser la distance ou la 
grandëu^ ;ilfaût-un' instinjiment à doublés bran* 
ches^pour saisir ces distancés et ces grandeurs , 
comme par une espèce de pince. £b décrivant 



I 



des invètïiioM nrobtés, nous hôus^ servons dnù 
exemple» peut - être un peu Valgaîre-; iViaissiToit 
ennoblit te* petîteij choses pai^ de grandes com- 
paraisons, les choses élevées et diiBcIles sont éclair^ 
€ies par des exernpleis Êmîliers. On iihif a ce qui 
se passe dans Tœil , où les rajons visuels , partis dé 
deux objets serves, i^iennenr aboutir, cm formant 
un angle d'autant plus grand que là distance ré-^ 
dproque des objets est plùsf grande. On aVoit déjâi 
fait usage d un rayon vîsnél,en fn^vehtant f'àUdade ; 
on vil qur'i j^alloit e gnpioje r deux ra;f orîs et u nit^ 
deux alidades par Tune de leurs' é:xtrérAités. Oùt 

I ■ ^^""^ I »ll '» T llll_._ I • • -f 

pointa vers les deux objets ^ en dirigeant h vue 
5iiccessivement le long des deux règks , et leiit^ 
écartement fut la mesure d« la di'sfanloe. Qu*oit 
se i^pr^senfe les temps où la géométrie n*étoit pai^ 
née , <^n sentira combien^ if Mlùi de gjéi^i'e poui* 
résoudre ces difficultés. On y partie par uh6 
Sijite d'idées et dlnvénfions, difficile:» parce qu^elléS 
sont lesprem;ières, et sublimes parée- qu'elles sont 
simples. La simpircité est encore aujourd'hui le 
mérite' suprême des invention» riOiJiVeHes ;- c'est le 
partage àe$ esprit» supérieurs; On n'y parvient 
qu'après des eSsàis , d^scomplicâtionS ingénileuses , 
prélimitiaires^sonvent indispensables de là siihpli^ 
cité, et par ce qu'elle coûte d'efFoi*fs : acrjoùk^d'hut, 
^ue la- lumière est gl^andeét universelle^ qijieles 



234 HISTOIRE 

arts sont frères , que les esprits se communiquent 
et s'ëclaîrept> on peut juger de ce qu'elle a coûté; 
lorsque les arts isolés commençoient avec la lu-, 
mière, et que le génie , solitaire au milieu de la 
foule des hommes grossiers ^ existoitseul contre 
les difficultés. 

, On examina le nouvel instrument , on en étu- 
dia le jeu, on vit que pour des astres plus distans> 
il falloit' éloigner davantage les deux règles pair 
un' mouvement.de rotation sur l'extrémité qui 
leur étoît commune^; on acheva la révolution, 
entière autour de ces astres , et Ton connut que 
cette révolution devenoit une. mesure fixe et inva-* 
riable; quelle que fût la distance, grande oU petite 
de;s astres; l'intervalle des denx règles étoit toujours 
>une fraction de la révolution entière, il étoit 
toujours possible d'en assigner le rapport. Les * 
auteurs de cette invention ont été capables de 
cultiver les sciences et d'en étendre les progrès; 
pos instrumens les plus ingénieux , les plus per- 
fectionnés dans ce genre « ne*sont que cet ins- 
trument pi*imitif ; nous pouvons sans doute nouj 
applaudir de nos effoits » de nos succès ; mais 
en corrigeant nos maîtres par les progrès des 
siècles, nous devons dire qu'ils ont créé ce que 
nous perfectionnons. . 
^ Dès que l'instrument circulaire fut inventé , on 



DE L'ASTRONOMlt: MODERNE. 22$ 

passa bientôt à Tinvention de la sphère d'airain. 
Nous avons appliqué sa construcllon, sa position et 
son usage ;elle étolten tout semblable à la sphère 
céleste ; chaôun de %q^ cercles s*appeloit une ar-' 
mille j à Alexandrie, et la sphère entière portolk 
Je nom d'astrolabe ; mais elle ne fut point louvrage 
de cette école célèbre ; elle appartient à T Asti'o-* 
nomle primitive , et elle a nécessairement'Ia date 
des déterminations astronomiques auxquelles les ' 
anciens n avoîent pu parvenir sans son secours. 
On la retrouve à la Chine , dans la plus haute 
antiquité de cet empire ; mais on n'en aperçoit 

aucune trace chez les Indiens et chez les Chai- 

t 

déens ; cette invention fut renouvelée par les 
astronomes d*Alexandrie: Aristille et ïlmocharis 
ont eu des armilles; Ëratosthènesen Jl^nstruire 
de plus grandes ; nous ignorons les^mensiohs 
de cesinstrumens, mais nous pensons qu'ils n'a- 
voient pas moins de sept à huit pieds de rajon. 
On sent qu'une sphère formée de quatre à cinq 
xercles d^alrain ,-4e quinze à seize pieds de dia- 
mètre , avoll uiie masse énorme et pesante, dont 
les- .mouverhens exîgeoient beaucoup d*art , la 
contruction beaucoup de dépenses, et qu'elle ne de» 
voit se trouver que dans un observatoire fondé 
par un grand prince. 

Cet Instrument étant mobile , comme la sphère 
I. i5 



a26 HISTOIRE 

céleste, pourla suivre dans son moavement diurne 
en vingt-quatre heures y il falloiti a chaque obser- 
vation, diriger l'instrument et le conformer à Tétat 
du ciel. On ajoutoit des alidades à ces cercles, 
pour conduire plus exactement le rayon visuel à 
Tastre observé. HIpparque perfectionna Talidade en 
y plaçant des pinnules : quand on dirige la vue le 
long d'une règle , on s'assure bien que Tobjet n'est 
ni au dessus, ni au dessous; mais la direction de la 
vue est incertaine dans le sens de la largeur de la 
règle : on plaça donc à ses extrémités deux petites 
pièces de métal , percées chacune d'une fente per- 
pendioulaire ou d'un petit trou dans leur milieu , et 
Von eut d une manière précise la direction de 
Tangle visuel. 

. ;*♦» §• II I« 

La mesure et la connoîssance du temps ont 
été le premier but des travaux astronomiques, 
et le premier &uit que les hommes en ont recueilli. 
On compta d'abord par de s jSoleils ou par des 
jours; on aggranditles mesures en faisant usage ' 
d'abord des révolutions de la Lune , ensuite de 
là révolutio n annuelle du Soleil, puis enfin de 
leurs révoTutions combinées , pour embrasser de 
plus longs intervalles, ou pour avoir une idée 
numérique de cette succession continuelle et 



DE L'astronomie moderne. 227 

Tapîde qui engloutitiies générations des êtres , les 
durées des empires, et dont les grandes périodes 
de la nature ne sont que des unités. Mais ces 
siècles accumulés tle serrotent qu'à la curiosité et à 
rusage deTesprît: avant ces l'echerches, les besoins 
civils avoient demandé de plus petites mesures 
pour partager la journée et les travaux. La nature, 
parralternative de ia lumière et des ténèbres, avoit 
réglé celle du travail et du repos. La première 
division du jour fut simple ; elle étoit en quatre 
parties : le matin , le midi ou le milieu du jour » 
Je soir , et minuit ou le inîlieyl de la nuit. Il paroit 
qu'on subdivisa ces divisions : de là naissent les 
quatre parties du jour et les quatre veilles des 
Romains, division qui se retrouve chez les Indiens. 
Ces mesures étoient vagues et incertaines*; mais 
lorsque Tari vint y appliquer sa précision , lors^ 
qu'on voulut partager la journée en parties égales, 
nommées heures, on employa deux mojens; les 
ci epsidresd ans lesquelles la chute de l'eau modérée 
et dirigée par certains artiticés , indiqua les heures ; 
. les cadraiissur lesquels Fombre d'un stjle marche 
en suivant le mouvement du Soleil , et sert au 
même objet. Les clepfsldressonfla plus ancienne 
de toutes ces Inventions. 

Les heures furent d abord égales ; elles n*au- 
rolent point été proposéespourla mesure du temps, 



528 HISTOIRE 

slelles avoientétc inégales; d'ailleurs, rinstrument 
même, le cadran, les donnoit telles; les heures ne 
devinrent inégales que lorsqu'elles passèrent de 
Tusage astronomique dans Tusage civil : lestistro- 
nomes appellent jour ou jour artificiel , la durée 
d*unerévolution entière du Soleil. Le jour artificiel 
embr^^se un jour naturel et la nuit consécutive* 
Le peuple, qui veille pour travailler quand le Soleil 
réclaire , qui dort c^and il Tabandonne , ne put 
concevoir qu*Qn appelât jour un assemblage de 
lumière et de ténèbres , de travail et de repos. 
Il dénatura une division utile , et Tignorance la 
rendit inexacte, pour la plier à son usage ; die ne 
s'embarrassa pas si le temps sécoule également 
pendant que les hommes se livrent au sommeil.: 
elle appliqua les douze heures au jour naturel , au 
iemps de la présence du Soleil. La multitude ré- 
siste par sa masse et par sa force d'inertie; elle 
fait la loi au petit nombre d'esprits supérieurs; il 
fallut céd^r à Tignorance qu on ne put sans doute 
éclairer ; et Ton doubla le nombre des heures , 
pour que la nuit fût mesurée comme le jour. On 
'eut donc vingt-quatre heures; mais la. science fit 
plusi Aprjès avoir laissé la victoire i son ennemie » 
elle fut obligée de venir à son secours et de re- 
médier aux suites de son (d>stin$tion. Les jours 
étant inégaux, les heures deviennent inégales 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. i2^ 

comme eux , dans les difTërens temps de lannée. 
Le peuple avoit sans doute , comme nos pajsans^; 
quelque mojren grossier, produit par rinspeclîon 
habituelle du spectacle du ciel , pour faire le 
partage des heures du jour ; mais ce partage se 
feisoit mal : les heures de chaque jour dévoient 
être égales entr*ellés , elles nie rétoieht pas ; la 
acience^tira de ses mëthodîes et de ses Inventions 
tiouvelles^ la construction des horloges et dés 
cadrans composéis, qui partageoient la durée 
inégale des jours enî douze portions égales. Cette 
perfection fut Touvrage de Tëcole d'Alexandrie» 

^ §. I V. 

Lés pi^emières horloges d*eau ont été simplet 
et même grossières : on aui-d d'abord voulu me- 
surer le temps par Teau écoulée d'un vase'; mais^ 
on n*aura pas tardé à s'aperceVbîr que lés quant ités^ 
d'eàn n'étoîent pas proportionnelles au temps; et 
après avoir reconnu que Terreur naîssoit de la 
chuté 'inégale de Teau, on aura cherché à y re- 
médier , en employant au contraire le temps 
dé limmersron des corps dans Teau. Le petit 
bateau des Indiens, percé d'un trou, qtii surnage 
d'abord , et s'enfonce au bout d'un certain témps^ 
•fixé par rexpérience, a peut-être été dans ce 
genre , le premier iriojen] qui fut employé , et 



23o HISTOIRE 

le premier degré de perfection des clepsîdres; 
L*expénence pouvoit apprendre à construire dif* 
fërentes machines de cette espèce , qui mesuras-* 
sent différens intervalles de temps, et qui fussent 
des subdivisions les unes des autres : mais alors la 
division du temps en très-petites parties , comme 
on ne peut douter qu'elle n*ait été en usage dân» 
TAsie 9 auroit demandé un attirail immense de 
ces différentes machines, des soins multipliés 
pour les faire succéder les unes aux autres , et des 
erreurs énormes et forcées par les pertes de temps 
inévitables. 

Les anciens auront eu recours à lanclenne 
méthode de la chute naturelle de Veau, et, pour 
des opérations délicates, telles que celie^ de la di- 
vision du zodiaque , ils auront , à chaque inter- 
valle, reversé dans le vase L'eau qui en étoit sortie, 
afin que tombant toujours de la même hauteur, 
et avec la'^méme vitesse, elle mesurât toujours 
des intervalles égaux. 

Llexpérience leur aura peut-être appris alors 
à construire un cône ou une pjrramide renversée » 
où Teau écoulée en parties inégales, pouvoit ce- 
pendant descendre par degrés égaux , marqués 
sur une graduation appliquée à Tinstrument. Nous 
pensons qu*on a dû inventer cet instrument, quoi? . 
qu il ne soit décrit dans aucun auteur* 



DE l'astronomie MODERNE. aSl 

Cependant , on peut croire que les anciens avoîent 
quelque mojen pour rendre toujours égales la 
vitesse de Teau et les quantités écoulées; dès qu'Us 
• auront remarqué que la vitesse de leau , dépend 
de la hauteur de sa chute , Ils auront cherché les 
mojens d'entretenir le réservoir toujours plein , 
et à la même hauteur. Nous imaginons un expé- 
dient qui est peut-être assez simple pour être em- 
ployé : ce sonj deux réservoirs , dont le premiçr 
verse dans le second , avec une décharge à la hau- 
teur où Fon veut entretenir Teau; quand le pre- 
mier donne une quantité d'eau plus grande que le 
second n'en peut dépenser , l'excès s'en va par 
la décharge ; U suffît de régler les dimensions et 
les dépenses des deux réservoirs , de manière que 
Tun en fournisse toujours autant que l'autre en 
dépense. 

Créslblus est regardé comme Tinvenfeur des 
clepsidres ; on tul doit plusieurs arts, tels que celui 
des pompes , et cehiî des orgues hydrauliques, ou 
Ses machines qui, mues par l'eau, rendent des 
sons. Ces inventions ont beaucoup d'analogie 
avec J'horfogg .Qtre_Je calîfe Haroun ^^ Alrachid 
envo ya ei3^ présent à Chartemagne : cèlfe hor- 
loge sonnoit les . heures pai; le mpj en de balles 
échappées et reçues bilans un vase d'alram : on 
dit que ces balles et oient au nombre de douz^e^ 



23a H^I S T O I R E 

d*où nous concluons que cette sonnerie n*!nd!- 
quoit Theure que par un coup. Il n j pas d'appa- 
rence que rîndustrie des anciens jait été jusqu'à 
marquer par le nombre des coups, celui des heures 
écoulées ; . telle est la progression des désirs de ^ 
rhomme, e,t la marche correspondante des arts. 
On a voulu mesurer le temps ; les horloges ont été 
inventées , et l'on s'est trouvé heureux d apprécier 
le? tntervajlles égaux de la vie et de l'existence : 
cela n'a pas encore suilî ; on a désiré d'entendre 
pendant la nuit , la suite des heures ; il a fallu , 
pendant le jour, se débarrasser du soin de regar- 
der le cadran ; l'homme occupé ou distrait a 
voulu être averti par le son ; mais le temps ne 
fiécoulç. pas moins à son insu ; quand il médite, 
ou quand il jouit, son ôeîl ne voit point , son oreille 
n'entend plus , et lorsque l'inquiétude le dévore 
au dedans, lorsque l'espérance demande les con- 
solations du temps ^ la sonnerie est ausçi lente que 
TaiguîUe qui semble immobile. 

S-V. 

Les çlepsîdreçonté'téeQ u^ase dans toVte l'Asie» 
a_la Chine, dans l-][nde , sans dpute_ d ans U 

Cfesljgej jaf^ rPgyptet ^A^ ^^ Grèce^ qù Platoa 
les introduisit; Césa|r Igg trpijva m^ri^Ç 1^ Angl e- 
terre , lorsqu'il j porta se$ arqiQS ; ce^ ^n£!trpme^| 



DÉ l'astronomie MODERNE. ^33 

oouveau hui donna lieu d observer que les nuits 
de ce climat étoîent plus courtes que celles dltalie. 
Les cadrans au Soleil n'ont pas été d'un usage si 
général ; on ne voit des traits de cette mventioh , 
[ue chez les Chaldéens , et chex les J»ife» c{ui le^^ 
reçurent de Bàbylone ; c'est de là sans doute qu'ils 

' paissèrent dans la Grèce , dans TËgjpte et dans 
Rome. Vltrure nous apprend que les anciens 
^voient plusieurs luttes de cadrans, dont il donne 
la description et la nomenclature : un si grand 
nombre de cadrans d'espèces dîffàrenles indique 
un art cultivé et approfondi ; ainsi nous en pou-p 

^ vons conclure , que la gnomonîque , non seule- 
ment n'a pas été inconnue aux anciens, mais que 
peut*étre , ne nous le cédoient-ils pas en cette ma- 

. tière. Toutes ces connoissances. rapportées dans 
louvrage de Vitruve , n'appartiennent pas aux 
Romains, dont le sépie n'étoit point tourné vers 
les arts ni les sciences ; à peine connoissoient*ils 
les cadrans solaires ^ trois siècles avant J.-*C, et 
à l'époque où nous sommes maintenant", ils n'ont 
jamais assez cultivé les mathématiques ; ils n'ont 
pas eu un mathématicien assez célèbre pour £»ire 
penser que ces progrès, et cplte perfection de la 
gnomonique soient leur ouvrage ; d'aïUeurs Vi- 
truve en parle d'une manière trop superficielle p. 
pour ne pas croire qu'il parle de connoissances 



/ 



.» 



±3^4 HISTOIRE 

étrangères , qui ne lu! étorent pas farniHères à lui-' 
même ; n'étant point Touvrage des Romains» Hs 
'ont dû les apporter d'Egypte , où elles oirt été , 
' dans Técole d'Alexandrie , sinon inventées . du 
moins perfectionnées. 

Le cadran , inventé par. Berose^ é^o it hémr- 
5phériqu e , et creusé dans un carré, de manière 
que le grand cercle de cette demi-sphère, fût per- 
pendiculaire à i'équateur ; ce '<||idran nous paroil 
devoir être le cadran orgîr>al , le premier inventé, 
parce que le Soleil marchant dans un cercle sur 
la rondeur du ciel , les anciens ont voulu que la 
concavité de cet instrument le rendit semblable 
à la voûte céleste f et que lombre opposée^ au 
Soleil , marchât comme lui sur une sphère : on' y 
retrouve une certaine imitation, qui est en tout 
genre le premier pas de l'esprit humain.. Il jr avoit 
a ussi des cadrans portatifs ^ que Vitinave appelé 
pensilia , parce qu'il falloit les supendre pk>UF s'ea 
servir; iJs dévoient en conséquence avoir beau- 
coup d'analogie avec notre anneau astronomique. 
Quand une fois les cadrans eurent atteint ceile 
perfection , on imagina^ pour les rendre plus inté- 
tessans et plus utiles, dy ajouter différentes autres 
indications. 

Tels étoient , avec le gnomon , les instrtimens 
dont les astronomes - d'Alexandrie firent usage 



DE l'astronomie MODERNE. 233 
jusqu'à Hipparque et Ptolémée , qui en inven- 



tèrent de nouveaux* On reconnoit facilement cô 
que, dans lart des clepsidres et des cadrais, ces 
asti*onomes durent à leurs prédécesseurs ; on voit 
la perfection que Tart reçut deleur génie# Vitruve 
décrit ces machines comme étant en usage a 
Rome; mais cett e ville célèbr e domina Tunivers^ 
s'enrichît de ses dépouilles, se para des produc^* 
tiens des arts, san s en per fectionner aucun; 
FEgypte nournssoit Rome et perfectionnolt les 
arts pour elle. A Rome , où la prospérité éloit 
née des orages, les âmes navoient de res s ort et 
de mouvement que pour l'ambition , la guerre et 
la t yrannie ; en^Egypte ; sous la foràe unique et 
l e gouvernement d'un seul , les Gre c s déployèrent ^ 
tranquillement leur génie, pour occuper, pour 
embellir le repos de la paix. Jj' Astronomie renais* 
soît enméme temps que la géométrie; à la lumière 
de ces deux sciences , lart des clépsidre^ et celui 
des cadrans faisoient des progrès semblables; on ne 
volt point cet ensemble et cette correspondance 
chez les anciennes nations de l'Asie : le sol y 
dessèche les gèrnies étrangers ; si quelques- uni 
se montrent, c'est en individus solitaires, qui. 
meurent sans postérité : chez les peuples in-^ 
venteurs , tout se vivifie à la fois ^ les arts et les 



aiZè HISTOIRE 

sciences marchent d'un pas égal , ce sont }e9' 
fruits de* la même Teçre et ^lûris par le même 
SoJeil. 



LIVREIIL 

ly Hijpparque et de ses successeurs 

Jusquà Ptolémée. 

PARAGRAPHE PREMIER. 

USQU*ICI rhîsloire de T Astronomie ne nous 
offre que des faits isolés, des observations sou- 
Vent peu exactes « faites la plupart sans vues et 
sans méthode. Nous n'avons pu présenter encore 
le tableau d^une science marchant par des pro« 
grès plus ou moins rapides > mais successifs , et 
où les hommes , en se succédant, reprennent le 
fil des mêmes travaux. Les Chal déens avoient 
obser v é avec constance les é clipses , les di ff(érente» 
révoluti ons du Soleil , d e^ la Lune , et peut-être 
des planètes : les Grecs d*Europe , qui ne les imi- 
tèrent jamais qu'imparfaitement , adoptèrent de 
cette Astronomie ce qui étoit utile à Tagriculture , 
et s'occupèrent seulement des levers et des cou-r 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. aSjf 

chcr^ des étoiles. Les Grecs d*AlexandrIe , Aris<- 
tllle et Timocharis , paroissent avoir considéré les 
étoiles relativement aux cercles de la sphère , et 
commencé à fixer leur position dans le ciel par dé 
bonnes observations. Aristarque et Eratosthènes 
inventèrent des méthodes exactes ; ils enchaîne* 
rent quelques vérités ; mais la science , dont ils 
donnèrent quelqu-idée , n*^toit encore ni connue , 
ni développée : il falloit un homme dont Tesprit 
fût ass ez vaste I assez profond pourla concevoir 
sous une idée générale et métaphysique , pour se 
former un plan^ y ranger^ es vérités déjà dé* 
couvertes, et montr/er , en découvrant les vides , 
le mojen de lier ces vérités les unes aux autres ; 
cet homme parut enfin dansTécole d'Alexandrie, 
et ce fut Hipparque. 

Avant cet astronome, la science n'avoît point 
été embra ssée dans son entier. Il vît toute Téten-^ 
due du champ qu*il avoit à défricher : sans s*ef- 
frajer de l'entreprise , il commença l'ouvrage et 
traça la route à ses successeurs. Hipparque seroit 
le véritable fondateur de l'Astronomie . si cette 
science n'avoit pas été déjà perdue et retrouvée , 
comme un fleuve qui , s'enfonçant dans le sein de 
la Terre ^ pour se remontrer à des distances éloi- 
gnées, paroh avoir des sources différentes. Mais 
tpette question n*intéresse point la gloire d Hip^* 



238 H I s T O I H E 

parque; il est au moinâje restaurateur âe VA$^ 
tronomie ; il fn est même pour nous le fonda-* 
teur ; et si , relativement à Tespèce humaine, con^* 
sidérée comme un individu toujours subsistant , 
les véritéâ qu il enseigna n'étoient pas nouvelles , 
ensevelies dans Toubli d'un grand nombre de 
siècles , elles étoient perdues pour Thumanité , il 
les tira de son génie pour leur donner une nou- 
velle existence. 

., L'esprit de combinaison et de rapport est le 
promoteur des découvertes; il ne manqua point 
aux Grecs. Hipparque le reçut. en naissant sous 
leur ciel favorable ; mais il faut des faits qui ser- 
vent de base aux conjectures, et des moyens 
pour vérifier par de bonnes observations ces con- 
jectures , qui deviennent dés découvertes. Les 
Plolémées avoient réuni ces ressources dans 
Alexandrie; les faits, ce sonl les observations chai- 
déenues , et celles qu'avaient laissé les premiers 
astronomes grecs ; les mojçns , ce sont les grands 
inslrumens que ces princes avoient fait construire. 
Les pr ogrès r apides de TA stronomie dans les 
trois s iècles où parur ent Hipparque et Ptoiémée , 
$ont dus à ces instrumens. .On ne rena pas assez 
$le justice à ces inventions précieuses.; on n'en 
estime pas assez les auteurs ; ce sont eux cepen- 
dant qui font les révolutions dans les sciences^ 



Dl l'astronomie mqdeRne. aSg 

' él qui amènent les progrès. Si les sciences ont 
spuvent une marche lente i si elles paroisseni 

> quelquefois stationnaireà , elles attendent de 
nouveaux moyens pour accélérer ou pour recom- 
mencer leur course. Khomme a atteint le terme 
de sa puissance, ses organes ne lui apprennent 
plus rien ; il faut que son industrie invente des 
instrumens et lui crée de nouveaux qrganes ; alors 
un vaste "empire se découvre, Thomme reçoit à 
la fois et la connoissance de pet empire et la força 
de le cohquérir. Imitons, pour éclairer le monde,- 
ce qiie tant d'hommes barbares ont fait pour le 
dévaster; si vous méditez la guerre , vous prépai^er 
l|es moyens, l'argent et les soldats ; si les sciences 
sont stationnaires , si vous voulez en reculer les. 
))Ornes , examinez les instrumens, perfectionnez,, 
inventez , et vous redonnerez dlb ailes au génie. 

§• I I- , ! 

• 4 

• Hip garque vint , comme Descartes , ppur sou^;^ 
mettre à lexytien toutes les idé es reçues. Il 
ri admit que les observations, et rejeta toutes \es^ 
déterminations anciennes, comme produites dans 
des temps oùks.ïpoyens étoient insuffisans et ley 
esprits peu éclairés. Lorsque les connoissances 
sont un amas d'erreurs et de vérités indistinç-^ 
tement mêlées, .lorsqu'une longue ignorance et 



2^0 HISTOIRE 

beaucoup de siècles lui ont laissé jeter dei racines 
profondes, la séparation en est difficile ; Tancien'^ 
neté «éprouve rien. Le respect, la croyance de 
plusieurs âges , ne spnt'que des préjugés; le doute 
eist d*un sage, et si un sage veut avoir une opinion , 
le doute le conduit à Texamen. Descartes et 
Hipparque parurent dans des circonstances sem-t 
blables; Aristote avoit un trône dans les écoles; 
TEurope admettoil sa; philosophie i sans pouvoir 
ni la juger , ni même l'entendre ; Descartes n'é- 
couta pas les scolastiques qui n avoient que la 
raison d' Aristote , et il pesa les raisons de leur maî- 
tre, dans la bsdance de la raison universelle ; Hip- 
parque rencohtrà dans Alexandrie les opinions et 
l'es détermination» chaldéennes; sa sagacité ne leur 
trouva point de titres sufBsans; si la fameuse 
période de six cents ans , si les opinions du retour 
des comètes , du mouvement de la Terre , de la 
distance inÊnie des étoiles , la mesure de lacir-» 
conférence du globe, avoient été appuyées comme 
elle§ le sont aujourd'hui sar tle^ observations , 
il âuroit jugé les résultats par les preuves , il les 
auroit appréciés ce quils vîiloient , il n'eût point 
douté , il n'eikt point entrepris de tout fonder , 
de tout'recommehcer; ces grands résultats tse 
lui flirént présentés que comme des opinions très- 
anciennes 9 mais vagues^ incertaines et dépouillée^ 



DE l'astronomie Moderne. 241 

ûe preuve^. Il vit que les Chaldëens et les Grecs 
n^avoient fait que des observations g^ossiètes^ 
bien inférieures à celles qu'Aristille , Ti moch ariii 
Aristarque,EratosthèaeSî avoient faites » et surtout 
à telles qu'il se proposoit de faire daçs Tobseif^ 
iratoire dont il étoit possesseur. La défiance de ce 
grand astronome prouve qu*il avoit des peuplés 
de Babylone, la même opinion que nous avons 
proposée dans cet ouvrsijgeîil les a regardés cboime 
'^ës. écoliers Ignbrans ^ qui n'entendent pas. ]ear 
^eçoh ; et il les traita; comme Descartes traita 
depuis les scôlastiques% . ^ ^ 

§. lit 

t 

Hîppafque ne coniptant que sur lui;- même et 
aur ses travaux futurs ^ examina les méthodes qui 
étoieot en usage dans T Astronomie. Il vit que Tob.^ 
ae^vàtion du lever et du coucher des étoiles ne 
dounoit qu'une connoissance imparfaitje et peu 
précise dii mouvement du Soleil dans Técliptique; 
H Tabandonna iceux qui s*occupoient de T As- 
trologie iiaturelle ; on n'avoit point tiré des éclipse^ 
le psurti: qu'on en pouvoit tirer, faute d'avôikr 
examiné les circonstanceSé Le lieu des étoiles dé« 
termiaé. dans les cppstellatioiis qui partagent le 
^^.el\;nef étoit pas avec asse£ de précisision : les 
observations de l'apparition des planètes, c*êst-*à-* 
I. 16 



^4^ HISTOIRE 

' dire » du temps où elles se dégagent Te matin des 
rayons du Soleil, et oient également assujéties à 
:rincertttude d*an 6\x de plusieurs jours. Les sta- 
tions éi les rétrogradàtion^-n!é|pient pas moins 
'difficiles à saisir. Il seofit qu*il fklloit chercher 
- d'autres méthodes, capables de donner des détc^r- 
minatiohs précises et sûres , qui pdssent serrir ' 
d'époque aux siècles à Venir. 

Il commença par yerifièrJ[ob|î quîté de FécHp* 

tique observée pair Eratosthènés ; il trouva cette 

détermination bonne , il la conserva ; depuis elle 

fut confirmée par Ptolémée , ainsi ce résultat est 

fondé sur trois observations et garanti par trois 

astronomes célèbres. Mais la première recherche 

intéressante dont il dut s'occuper , est celle de la 

longueur de Tannée : c'èétla rùesure fondamentale 

du temps et la base de la chronologie. Hippàrque 

'pensa que la méthode la plus directe pour dé^ 

couvriria révolution du Soleil, étoit d'obâetver 

^intervalle* de se$ rétours aux mêmes solstices 'et 

"aux mêmes équinoxes ; points qui sont dahi la 

route même du Soleil , et qui en sont les dh^ions. 

11 conçut tout de suite qu'en 'émjJoyànt'dâh)^ cette 

recherche, deux observations éloignées d*ùn^^and 

kiombre de' révolutions , Terreur seroit partagée 

sur chacune de ces révolutions', et la dét'er* 

tniuation d'autant plus exacte quelle nombre '64 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. a43 

seroûr plus grand. Il est donc Tinventeur de cette 
méthode que Ton suit encore aujourd*huI; et que- 
les modernes ont appliquée i la recherche de 
toutes les révolutions mojennes^ 
' Hipparque et Ptoléméeauroient^u recours aux 
observations de Babjlone , si les Cbaldéens en 
avoient fait de ce genre ; il est certafn qu Hip- 
parque n*en trouva pas. Les Indiens connoissoie&t 
cependant très^bien la révolution du Soleil , les 
Ghaldééns conservoient une année sidérale ; ces 
années, établies chez les diiTérens peuples de 
TAsie, avoient une exactitude qui n*a pu être 
fondée que sur des observations bien faites. On 
ne peut contester qu*au temps d*Hipparque, ces 
observations avoient disparu , et de ce qu'on n'en 
regrette pas la perte, il s*ensuit quelles étoient 
oubliées : mais si l'oubli couvre de 3on voile les 
choses anciennementpassées, son règne ne s'établit 
• qu'avec lenteur , il couvre « comme le temps dé- 
truit, insensiblement. Qu*on juge combien de 
siècles il a fallu pour ces deux grands passages de 
lexistence à la destruction , et de la destruction à 
Toubli. Les résultats sontrestés; mais sans aucune 
mémoire des temps, ni des observations » ni des 
hommes. Il est donc de toute évidence qu il j a 
eu une lacune assez longue , pour que les temps 
aient absorbé les détails et lés preuves ; et comme 



^44 HISTOIRE 

l^ombre n'est que Tabsence de la Jumière , commo 
J'ombre n'est seDsible que par la lumière qui lia 
précède «t qui la suit , cette lacune » suivie d ua 
renouvellement de 1* Astronomie , a dû être pré^ 
cédée d'une Astronomie détruite. Nous rencon- 
trons ainsi en détail et successivement toutes Iqs 
.ptûbabilltés qui nous ont conduits à lopinion d'ua 
peuple ancien , aujourd'hui inconau , mais jadis 
possesseur d'une science perfectionnée. 

En iobserv2(nt assidûment les solstices et Jes 
«équinoxes , Hipparque s*aperçut aisément , que 
ces points œ divisoient pas rannée^njjuatra 
•parties égalés. L'intervalle entre Féquinoze td|i 
printemps et celui deTautomnesetrouvade 186 
jours, plus long d'environ sept jours queFinter- 
^yalle entre Téquinoxe d'automne et celui du prin- 
temps, c'est-à-dire,, que Je Soleil reste envirqn 
:sept jours de plus dans la partie de récliptique. qui 
-esl du côté du pôle boréal Le mouvement du Soleil 
<n'étoit donc pas toujours égal. Mais comme les 
• anciens. tenoient au principe de runiformité dans 
unorbecircul^ire.Hjrpparqueeut un génieassezfé- 
cond pour imaginer une bjpQthèse qui satisfaisoit 
-également bien aux phénomènes de l'inégalité du 
Soleil; c'est celle d'un cercle. excentrique. Le prîn- 
;cipe de l'uniformité y est.cojiservé dans toute son 
intégi^ité. L;inégalité apparente naît de, ce qu^ 



I 
I 
i 

I 

I 
I 



D:E L*ASTRONOMrB MObERNE. ^45 

h luette n'est pas placée a» centre ; en conséquence 
iei distance^ âa Soteil varient i lorsqait est plus 
loin , il parolt se mouvoir plus lentement ; lors- 
qu'il est plus près ^ son mouvement semble plus 
rapide. La distance Je la Terreau centre du cercle 
décrit par le Soleil , s'appelle VexcentricUé^ 

L'invention de cette excentricité est heureuse 
«et digne de nos éloges; elle doit £aire d'autant 
plus d'honneur à Hipparque, qu'eUeest devenue* 
la base de nos théories modernes, et qu*Il est dé- 
niontré aujourd'hui qu'elle a^lleu dans la nature^. 
Cette inégalité du mouvement du Soleil est tantôt 
plus grande^, tantôt plus petite; ri fut facile à la 
géométrie et au calcul d'en déterminer la quani» 
tité relative aux dlfférens points de la route du , 
^iel, Aldrs Hipparque se trouva en état de dresser 
pAes tables du mouvement de cet astre : on* doit 
faire d^autant plus d'attention à cette explication» 
que cette forme est générale ; les tables de toutes^ 
les planètes , les tables modernes dont nous faisons^ 
msage aujourd'hui, sont faites sur ce modèle. -Les 
iables du Soleil ont été les premières étahKed , 
-parce que le Soleil est t*astre auquel on rapporte 
tous les autres : son mouvement ^elst la mesure de 
fous les mouvemens ; il est aisé d'en faire sentir la^ 
raison. Les espaces pareourus, nous l'avon» dit,, 
^e sont connus quepar4e temps « le Soleil est l» 



a46. H I. s t X) I R E 

règle du temps : il faut donc, avant tout, ijonnottré 
son mouvement i pour qii^il serve de mesure et de 
modèle à tous les autres. 

• 

Hîpparque sentit que les erreurs inévitables 
dans, la détermination de la durée de l'aonée, 
étoîent une imperfection qui devoit croître avéo 
les révolutions et avec le temps. Aussi semble-t-il 
limiter à 600 ans Fexactitude des tables qu'il com- 
posa. Mais n'est-ce pas line entreprise digne d*ad-« 
miration ? n'est-ce pas déjà un succès singulie» 
que celui de ces longues prédictions? Le pre-^ 
mier qui dit au peuple : Tastre que vous vojes 
dans tel point du ciel , sera demain dans tel autre, 
dut être regardé comme un insensé. Il fut. plu» 
quun sage^ lorsque Tastre se rangea à la placo 
marquée par l'astronome. C'est alors que Fhbmme 
paroit éclairé d'un rajon de Fintelligence su-^ 
prême ! Dieu a devant lui les phénomènes de lova 
les^ temps ; il voit lés astres où ils ont été , eii ila 
sont , .QÙ ils seront. De méitie , mais^ airèc Vka^. 
perfection qui tient à la nature humaine ^t'ordre 
des choses se restitue à la volonté de l'astronome ; 
quand il le veut , il devance la course du temps 
pour faire paroitre Tordis des ehoses*futures: Lesr 
écarts de Tastrologie judiciaire so^t nés de cea 



A 



DE l'astronomie MOjDr.RNE. ^47 

toccès ëtonnans de rAstronomie. II a paru simple 
de prédire les événemens de la Terre comme du 
cieL Le charlatanisme, qui est une espace d'hypo- 
crisie , est toujours plus en^pressë à se montrer 
que le savoir et la Tçrtu. Dans tous les temps , lea 
fripons ont profité du mérite def sages. Tandis 
quecçux-cîse perfectionnent pour éclairer, ceux* 
là les contrefont pour tromper les honunes. 

L' inégalité du Soleil conduisit Hipparque & 
une découverte importante , c'est cdie de l'iné* 
lga|ité des jours , . Tune en effet yéstJte de Tautre t 
un jour artificiel de vingl*qtiatre heures , est Tin* 
tervalle de temps écoulé entre un midi , ou U 
passage du Soleil au méridien , et le midi suivant; 

mais, dans cet intervalle, le Soleil s'est avancé ^ 

• • • - • 

par son mouvement propre , d'un degré vert 
l'orient, de sorte que, pendant la durée d*ufi jour» 
les 36o degrés ^e Técliptique passent au méri* 
dien , plus ce degré dont le Soleil s'est avancé* 
11 n'y auroit point d'inégalité à cet égard , si •!» 
mouvement du Soleil étoit toujours, te mémei 
mais il varie depuis Sy jusqu'à 6i % et c«s quatre 
minutes dé différence rendent les jours in^ux : 
ces in^alités, en s'accumulani, forment ce que 
nous appelons aujourd'hui Yèquatiifn du; tmtps , 
c*est-àrdire , la différence du temps rrai au temp»* 



d4S HISTOIRE 

moyen , du temps marqué par le Soleil» an temps 
marqué par une horloge bien réglée, et qui marche 
d'un.mouvement toujours égal et utiiforme. 

Cette difTérence des jours seroit bien plus 
considérable, si on comptoitMe jour d*un lerer 
ou d*un coucher du Soleil à l'autre , comme fai* 
soient quelques anciens peuplés; il j a plus, elle 
ne seroit pas la même dans les différens climats ; 
c*est ce qui décida sans doute Hipparque , i 
compter le jour d*un midi à l'autre ; il j trouva 
deux avantages, celui d*avoir une différence plus 
petite y moins sensiUe dans les observations» et 
celui d avoir une différence, qui est la mémt 
dans tous les pays de la Terre. Voilà Torigine 
de noire jour astronomique : jadis , les peui 
de r Ombrie pr enoient ainsi» p our la duf ée d 'un 
j our , Ilnter\talle^d'un^nï3^ fautre* Il seroit inté* 
ressant de savoir ce qui a pu fonder chez eux cet 
usage : la nature enseigne que le )our commence 
au matin , et pour compléter la révolution » on 
y ajoute on la nuit suivante, ou la nuit qui a pré* 
cédé ; le milieu d|i jour*, n*est connu que par ob- 
servation , ce n'est poiiit un signe sensible , comme 
Taurore ou le crépuscule du soir ; ce choix semble 
^ annoncer un peuple savant et policé ; nous sérient 
tentés de croire, sans oser Tassurer , que cette insti- 
tution est la tradition d'un ancien usage, ^strono- 
' mi^uë ; mais comment se trouve^ t-elle isolée , 



DE L'ASTRONOMIE -MODERNE. 2^^ 

z its peuples grossiers ? On en pourroît don- 
ner des rabons probables; les émigrations ont dis- 
persé les connoissances ; des traditions se sont 
âiFoiblies, perdues, tandis que d*au très se sont 
conservées : nous indiquons cette origine natu- 
relle et féconde , elle peut suffire à tout. Un grand' 
fleuye s*est débordé, en descendant des ^mon- 
tagnes , et les débris, de leurs productions sont 
'épars dans les campagnes jadis inondées. 

§. V I. 

HIpparque passa bientôt à la recherche des 
mouvemens de la Lune , il en observoit les dis^ 
tances au Soleil, dans différentes circonstances;* 
il observoit sans doute également les diistances 
aux étoiles : il fut frappé aune inégalité singulière 
de cette planète ; ces distances vatioient dans le ' 
cours de la journée ou de la nuit ; elles n*ét oient 
pomt au zénith telles qu'elles avoient été à tho- 
rizbn, même en tenant compte ^u mouvement de 
la Lune dans Tintervalle : ces phénomènes repaî^ 
foisisoient tous les jours. Hipparquésavoit encore 
que la même "éclipise du Soleil 'n*étoit pas vue de 
la même g'raiideur dans différens climats ; um 
éclipse visible d&ns un pâ^s, ne Tétoit pias.dané 
un autre ; lés difficultés excitèrent son génie , il 
Raisonna sans floute ainsi sur ces a[^ârenc6s : pui»* 



a5o H I s T o I R t 

que les variations des distances de la Lune, phit 
sensibles à Tbomon , s'étendent depuis ce cercla 
jusqu'au zénith , elles dépendent donc d'une 
cause quelconque , cette cause est l'étendue da 
globe de la Terre ; un astre répond à difTérent» 
points du ciel, lorsqu'il est vu par des obsenrateurst 
placés en.dirférens points du globe , cet effet est 
facile à saisir ; si deux personnes regardent u» 
arbre qui s'élève au milieu d'une plaine , le9 
rayons visuels dirigés à cet arbre , se croisent , 
et. étant prolongés jusqu'à l'horizon , font que ces 
deux personnes j rapportent l'arbre à différens 
points; l'angle formé par; les rayons visuek dea 
^deux observateurs, la distanceî des points du ciel; 
où ils rapportent le même astre , est ce qu'on ap« 
^ pelle la parallaxe. Hipparque conçut que , puis^ 
que cette apparence étoit due à la grandeur de^Ia 
Terre , il falloit regarder cette grandeur comme 
nulle, ne considérer que le point qui est le centre 
du globe , et réduire toutes les apparences À celles 
qui auroient lieu pour un observateur que l'on y. 
supposeroit placé ; cette réduction fonde le calcul 
des parallaxes , grande et belle découverte qui 
fut un pas vers la perfection de l'Astronomie ; ellei 
suiBroit pour immortaliser Hipparque. 

La découverte delà parallaxe valut à Hipparque 
une seconde découverte ; une méthode égalemeal 



DE L*ÀSTROKOMl£ MOlDERNE. :i5l 

importante, c*est celle de mesurer la distance des * 
planètes à la Terre ; s II se tronipa sur les résultats , 
la méthode excellente ne lui fait pas moins d^hoa** 
iaeur : il dit que, si la parallaxe est formée par les 
rajrons visuels de deux obsenrateùrs, qui regardent 
le même astre au même instant^ Fangle .de j:ett # 
parallaxe se ra d'au tant plus petit , que Jastre s era 
plus élpighé ; vn a stre une fois plus proche de la 
Terre qu'un autre, aura une parallaxe double* 
Voilà donc un mc^n de connoitre les rapports 
des distances dea astres à la Terre ; Tangle de la 
parallaxe d'un astre étant observé , une géomd^ 
trie fort ^mple , la trigonométrie, enseigne à trou*^ 
Ter le rapport du demi-diamètre de notre globe 
à la distance de cet astre ; on pouvoit donc con*^ 
noitre cette distance en stades sembbbles a ceux 
[u*avoit employé Erat osthènes, c'esi-*à«*dire , par 
des mesures qui sent sou^ la main de Thomme^ 
et qu'il apprécie par le plus intime el le plus exact 
de ses sens, Voîli la méthode générale que noua 
devoai^ à Hipparque : ellene fut appliquée par lui 
qiy'à la Lune , la parallaxe de cette planète , étant 
la plus grande de toutes , fut la première sensible, 
les autres n*étoient pas mesurables par les tnstru- 
mens de ce temps : l'entreprise de mesurer fa 
distance de ces a^es, qui roulent au loin sur 



2Bz M f s T a i i E 

• 

•nos tètes ^ est peut-être la pkis extraordihaire qtre 
Tesprit humain ait jamais tentée, c'est celte qui 
étonné le plus ceux qui ne jiont pas initiés dan^ 
les' mystères de TAstronomie; leur suiprise aug- 
mehteroit encore, s ils connoissoient bien là pe- 
titesse de noire globe comparé à ci^s distances. 
Les savans ont de quoi admirer , quand ils pen- 
^nt que l^homme, si petit sur ce petit gipbe^ a 
Sju^ en s aidant de nouveaux organes, applfquer 
ks siens à. des objets que la nature a placés si loin 
de lui. Cependant là méthode v une fois inventée 
«t connue 4 rien né jparbit plus isimple. Maià 
Hipparque , tout habile qu il étoit , is'àrrêta à la* 
théorie du Soleil et dé la Lune ; il n*osa point 
aller au - delà , et toucher à celle de& cinq pla- 
nètes. Elle lui parut trop difficile , d'abord par^# 
quil n*j avoit pas longtemps qu'on avoit com- 
menée à les observer { ensuite parce que leur 
mouvement étant bien plus lent que celui de la 
Lune , il ne -s'écoule qu lin petit nombre de révo- 
lutions en beaucoup d'années ; Ferreur 'de Tob- 
servàtion est moins partagée ^ et la durée de la 
révolution d'autant moins exactement i:onnue. 

'C e qu i a justement immor talisé Hîpparqa e, 
c*est Tentreprise magnifique de compter les é toîles^ 
et d-én laiss er 4es positi ons observée s, etledénom- 



&E L* ASTRONOMIE MODERNE. .a53 

bremeiit à la postérité ; une . qourelte étoile t 
.aperçai dans le ciel , eo fut foccasioD. Hîp« 
parque sentit tout ce t[ue co. pfaéa(»nène a?oit 
d extraordinaire ; les étoiles sont ce qu'il y a de 
plus permanent dans le ciel , tant dans leur po^ 
tion que dans leur grandeur ^l leur éclat : dea 
astres semblables pouvoient 4onc être allumés ou 
créés tout a coup; s'ils oot pu naîtréi ils peuvent do gjc 
périr : un seul fa it détruit à jamais la divinité de s 
:^astres ^ et les^ range dans la classe de tous les êtres, 
,en les soumettant à la loi générale de la nature, 
celle de naître, dex^hanger et de mourir; Hip^ 
parque jug^a que ce phénomène , déjà arrivé 
plusieurs fois ,. ppuvoit arriver encore , et, .poiir 
^que dans Tavenir les astronomes pussent s'assurer 
6*il n a ppiat p^u de nouvelles étoiles, cetfaommê, 
«qui ne peut être assez loué , dk Pline ,. osa>enir€H 
prendre une chojse difficile, même à un*dîea, 
41USUS rem etiam deo iitiprobam , c*esli décompter 
les étoiles), de marquer l eu r distance, et, au moyen 
j d'mst rumens inventés exprès , de les dési^p>er pair 
l euriS positions et- par leur grandeur , .afin qa*on 
put r^coqnoître si elles naissent >ou. périssent ,^$î 
etles sont en trépos ou en mouvement, enfin û 
leur éclat est susceptible d'augmentation ou db 
diminution; le ciel, ainsi décrit par Hipparqu e» 
fut un héritijge; qajl laissa kïa pqst^^ité. 



aS4 H I s T O I & E 

Hipparque partagea, le ciel en quarante-neuf 
constellations « douze dans Tëcliptique , vingt-une 
au nord et seize au midi ; cette sphère étoit celle 
des Chaldéens, mais Hipparque j changea quel- 
que chose, il j. introduisit la chevelure de Bérë- 
nice : il paroit qu'il avoit construit une sphère 
ou globe céleste « oi)Lvil avoit marqué ces posi- 
tions et dessiné les constellations ; . ce globe fut 
aàns doute déposé dans le muséum d'Alexandrie, 
comme un monument utile autant qu*honorable à 
TAstronomie et i Hipparque. Ptolémée , pour 
prouver que les distances et les configurations 
respectives des étoiles n*ayoient pas changé , 
demande que Ton compare ses, propres détei*mi- 
nations à cet ancien globe. Hipparque porta cette 
idée plus loin, et conçut que les constellations 
pouvoient être projetées sur un plan : il pensa 
que le ciel pouvoit y être représenté ; comme la 
Terre Tavoit été par Anaximandre. lia méthode 
des projections, récemment inventée, lui en faci- 
lita lexécution ; Hipparque avoit tout ce que 
caractérise le génie , un coup d'œil général pour 
saisir les rapports , et un tact juste et sûr pour 
Élire toutes^ les applications possibles. * ^ 

§. VIL 
Ce travail qu'Hippar^ue avoit entrepris Qt 



D£ L*ASTRONOMI£ MODERNE. aiS 

* _ ^ 

achevé t sur les étoiles , leurs positions consignées 

à b postérité , le conduisirent à la découverte du 

mouvement des étoiles; ce fut en examinant 

quelquies observafions d'Aristille et de Timo« 

charis, qu'il commença à le soupçonner; il. les 

répéta sur plusieurs autres étoiles , et il trouva 

que toutes s*étoient avancées de Toccident vers 

l orient*; 

^' Ce qui est remarquable » c'est la lenteur avec 

laquelle les connoîssuncès se répandent ; ce sont 

Jets fausses applications 'qu'on en fait. Lemouve** 

fnént des étoiles étoit découvert ; il est vrai que 

ia découverte a'*ea fut pléinemeiit.. confirmée 

que par Ftolémée; mais on ne isoupçonnoît pas 

que. ce mouvement pouvoit être là cause de la ^^ ^^^^ t 

faussetétiesàncil^nftcalendriers, de la discordance - 

i^î exîstoit entr'eux« Columelle qui vivoît 180 ans 

aprèi^Hipparqué , connôissoît si ipéu ie.mouve-^ 

gh^aZ annoncé par qet astronome, qu'il «n a ttendoil 

«tn i^hmigéltyEkkl' dans les climats i. idans. leur fertirt 

ilfé et dané la tempérâeure dp l'^r ;! mais ce qut 

di/stingijietes climats ^o^qùî fait varier la chaleût 

et.la.&rtiUié de la lierre, c'est la présence plus 

ou moids longue du^SolèiL G^lte présence dépendi 

de rinclinai^on'^é/Ia ^hère sur. Tfaorizon, et 

deJoUsquité de Técltjpttque. Tant qi|e ces choses 

jie changer ont pas, ..du jmpins fiettsibleflàent, la 



fiBS H I S T O I ft C' 

fertilité des climats sera la même , en supposant 
que la Terre ne s*ëpuise pas par la production* 
£'est ainsi que les grands hommes instruisent} 
ils parlent, on ne les entend pas; les ombres 
restent après la naissance du jour ^ et un long 
crépuscule précède la lumière générale* 

Hipparque transporta dans la géog ra phie le 
p lan qùjravoît suivi dans T As t ronomie . etcommé 
il avoit rapporté les positions et lesmouvemens de 
;tous les astres au^ cercles fixes de la sph^ère y û 
pensa que la géographie devoit rapporter à Téqua^ 
leur terrestre la position deis lieux sur la surface 
de la Terre. Avant lui , les anciens ne p&roissent 
s*étre occupés que de connoitre la distance à 
Z^,,/i^tt£ifc>./J/ équateur ; ils y parvinrent en observant , par 

leurs gnomons, la longueur de Tombre , le jour 
de Téquinoxe ; ik avoient remarqué que cette 
.longueur de Tombre vat-ioit en s'éloigqant defé* 
quateur et qu'elle croissoit jusqu'au pôle. C'étoît la 
méthode des anciens Indiens , de la Chine 'et de 
topte TAsie : les Grecs l'avoient prise che^ eux ; ils 
disoient que,> le jour de l'équinoxe y la lohgUHir <le 
iombre étoit.à la hauteur du gnomon à^Romei 
, comme A à 9 ; . à Alexandrie' , comme 3 à S ; i 
Athènes , comme 3 à 4 r à. Rhodes , commëi 5 i 
7 ; à.Gartfai(gp , comme 7 à 11. Ils dikipgttoienl 
(snçore les cliniats .par la longaeiir des jpuri { ea 



»E L'AS*rRO'NÔMtE MODERNE. iSj 

èlfet, depuis Féqurtleur , où toute Tannée le jour 
est de douze heures , en s avançant vers le pôle i 
les jours de Tété s'agrandissent , et ses dîmats 
étatit partagés de demi -heure en demi -heure, 
Ptolémée'en compte sept depuis celui de M^roé^ 
où le plus long jour est de treize helires , jusqu'à 
rembouchure du Borîsthènes , où le plus long 
jour est de seize heures. Au-delà, les plus longs 
jours croissent rapidement : bientôt ils ne se 
eomptént plus par des heures , rnaîs par des mois , 
J4:iS(^a'au pôle, qui ne voit dans toute Tannée 
qUun jour' et qu'une nuit dans sîxtaoîs. 

Hipparque pensa qu'on pôuvoît connoitre la 
position d'un lieu sur la surface de* la Terre, 
eommieôn connoissbit là position d'un point du 
ciel occupé par un astre. Il ehtrevoyoît que les 
villes et les points remarquables du globe étant 
cohnus par leurs longitudes et par leurs lati* 
fodes ; on en pouvoit dresser un catalogue , 
<îomme il avoit fait pour les étoiles. Une idée 
te mena à Tautre , et la première entreprise* 
achevée Tajrant rendu hardi , il proposa la 
seconde , et en laissa Texécution à ses succès-' 
seùrs. Cette application heureuse fixa le sort de 
la géographie , qui fut de dépendre de l'Astro- 
nomie. Elle eh devint moins conjecturale , moins 
assujétié à Terreur dés récits des^ voyageurs : 

I. 17 



sêfi HISTOIRE 

Hipparqua en fit une science posirtVe, fondée 
3ur des principes certains; Il falloit beaucoup de 
génie pour lier ainsi la géographie à rAstronomiei 
et pour faire dépendre la connoissance de ia 
Terre de celle du ciel. Hipparque avoit laisse 
beaucoup dlouvrages qui ne nous sont point par» 
venus ; il ne nous reste que son Commentaire, ou 
plut<6t sa critique d*Aratus et d*£udoxe ; il avoit 
fait également une critique de la géographie et 
de la mesure de la Terre d*£t«tosthènes. Strabon^ 
quoique rempli d*estime pour Hipparque , a pris 
la défense d^Eratosthènes. II semble qu*Hip- 
parque ne pouvoit se défendre d'un sentiment 
de jalousie ; il britiquoit avec aigreur et souvent 
avec injustice, Ëudoxe avoit mérité d^étre appelé 
le prince des astronomes grecs* Ëratosthènes 
tenoit un rang égal dans la géographie : on bail 
&urtout Tenvie qui poursuit encore les morts. Le 
foudateur de TAstronomie renouvelée pouyoit^il 
envier quelque chose ? Le feu du génie sembla 
devoir épurer la substance de Tame ; comment 
y t-este-^t-il un vice aussi bas que la jaidusie ? Au 
reste^ nous devons détourner nos regards de ces 
taches^ de la vie d'un grand homme , et nous 
dirons : c'est lui qui a renouvelé les observations 
a^strono(niques ; il a apei*çu Tinégalité du Soleil, 
il en a dressé des tables; il est Tiav^nteur d#. 



DE VASTtiO^Omie. MQbEftNE. 209 

inéquation du temps , c|e Ja paraJlaice « de Id mesure 
Âe$ .dUtances ; il a teplrepris et ei^icMé Ja vraie 
.desrjeription du.çiçl ;-.i{ a fondé la gé^c^graphie et la 
Ji*^onométrie. Ij'jhistçiiret toujours impartiale, cite 
.ses défauts pôuj; .Hustruction de ses pareils .* elle 
Invertit tes homnr^s dç^génie., que le, souvenir des 
Î0jus(ipes subsiste dans la tradition.^^âiFec la gloire 
Aes talens et d^s^ dépoiiv^rtes , ooiDiiie lea .taches 
-du Soleil sont vues au milieu d^ sa isplendeur 
^nuçefitucuse* 

I 

Aucun astronome de. réputation »*ne: remplit 

, -T -1 ^ '' 111'' — - - « I II « » . "I ■« 

i rinlervalle. cnire. Hip parqu e etRtolomée ^ c'est 
.un exemple de^^in^p^ de' la Aa;»r6.: be. neit 
•pas quil y eut interruption de fravtux; féeolQc 
d'Alexandrie sub^tstQÎt t les hommes se isucci^ 
.doienty mais les esprits éLoi^ent d'Unie» tnempe plus 
.ordinaire.; les. ims.finlt^^sans.dout^ Vfécu inutticH 
^meot 9 puisqu'ils ^nt' élé oubliés 4 i^s ,autres n /t>nt 
Jais^ «que jpeti ^e.^oee après .euxriNotts alloqs 
.jgaircoucir ce que :ces Ir^is sièi^QS oatjtroduct de 

,plus;Temar<|i;f9bk<.* i - -> î ■ 

G^mlnust qui/véeufipeudetittiorq^sâpràs Hip^ 

l^irque, fut tûifrii^Ucj.d'éléiQQnS'i ofst-à^iret 

qu il*^¥pliqua «ce que tes autres .aHwûûeut inventé. 

.îfpl;l^. ae ferona.que ncnnmer T.hé6dose ^ auteur 

4^ !U*oi# liyres sur lès ^pihéri<|ues , et qui travailla 



âBo . ' H I s T o I R I: 

pour l'Astronomie en perfectionnant. la trîgono«^ 
inétrie ; et Alexandre d'Eph&sê, atiteùi^ dunk 
description en ^ers de la Terre èf du cîd.NoiA 

passons â«i philosophe qtii nrérit^ on rang dtis- 

> • • • 

tingué dans ccrt te ' histoire * :* ^cè' ' fùl * lé stoïcien 
•Possidomùs, d'Apaniëe en Syrie; ami de Gicérôh 
«t de Pbmpée.'Il futoélèl»^ d^s rAstroiiomîe, 
:pour avoir^ntfepris une seconde fois'de mesure): 
ia circonférentfSe de la Tef rè. Ceffe-observation est 
la seule qui nous soit restée de lui ; mais, 'quand 
il ne Tauroit pafit faite , ses opinions suffiroient 
ponr lui' mériter des "éloges. * 

Possrdonittsr. passa sa vie ho^s- de sa patrie V U 
irÎTit à EU>me/0ù il conStruisitame's{^hèrê mou- 
:vanté et ti*ès<- ingénieuse V suivant le témoignage 
-de Cicéroni'Ge philosophe p^BSioit , avéj? lantî- 
^qûité, quie les étoiles étoiênt des eorpsqui n'étoiedt 
•pmais en repos v mais ^é -m^i^oiènt ci/'culairé^ 
."ïnént. Voilà un exemple de ces idées sublimes et 
(pbilosc^iques^, où I- esprit siéièvè de lui-même , à 
d-aide deijsfnfalogië. Il ne faut pas icroire ^Ue^aip- 
le' mouvement circulaire il entend la révoldtlbfa 
•diurne. Ifcestttkiir que Bofsstdoi^ïûs parloir d'un 
.mouvement proptse et paHidiili^nà'chaque'ëtoftél, 
^sèmblableàieekiiqti^ona déeouveit dkn^ArtiurUi, 
et que Pos6idoniusa{irévu t6ooans avabt cette dé- 
cou vei*te. . il a vu lesastires les plus voisins de h 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. i6x 

7errc se mouvoir dans des cercles « et il en a eon-" 
du que le mouyemént ne devoit pas être interdît 
^ux .asAres plus éloignés « quf éloient de mème^ 
nature. 9 

Fossidonius avoit fait attention au pkénom&ne 
de la grandeur extraordinaire du Soleil et de la 
liUne, près de TJiortzon. Cette observ^ion étoil 
bien simple y et sûrement plus ancienne que lui ) 
mais Texplication qu'il.en donne^ lui: fait quelque 
honneuT. Il attribue cétie augmentation de gran-* 
deur aux vapeurs de. Tatmosphèré ^ qui , enbri-* 
saiit l^s rajons , en les détournant de leur ligne 
directe, amplifioient.les images. On sait autour-» 
d'Jiui que la réfraction des rayons produit uii 
effet contraire ; inais;cpahd.k réfraction et ses 
lois étoient inconnues j il y avoil quelque mérite 
i^ tromper ainsi* . 

.Possidonius eut quelque connoissance des phé*** 
nolnènes de la marée. Les eaux de la mer s- élè- 
vent ou sabaissent continuellement . : elles s^élè^ 
rent pendant six heures ;elles sabaissent pendant 
âix* autres, .pour remonter de nouveau ; et cjt 
fnouvement s* accomplit deux fois, dans un iàter* 
valle d'un peu .plus de vingt-qualre heures^ Léis 
eaux s'élèvent inégalement dans idifférens^tempi 
de Vannée. PosMdonius reconnut que te^ phé^ 
HAmineii dépendoient , 3oi t du. mouvement, pdc^ 



^Iml histoire • 

ticuUer de la Lune, soit -de son mouvement II 
)*égard du Soleil. Il dit que les plu5 grandes ma«» 
réed arrivent dans 'les nouvelles et pleines Lcines ,* 
et les plus petites dans les quadratures. ^ • 

Poséidon! us eslîmoit qute la hauteur de Tatmos- 
phère , ou de la région des nuées et des vents ^ 
étofl de 4oo stades , ou de i5 lieues de ^5 au 
degré. On verra que la hauteur d^ Tatmosphièrë 
est difticile à fixer d'une manière précise; mais il 
est remarqua|>le que cette hauteur ne s'éloigne paâ 
beaucoup de celle que M. de la Hire a déter-* 
minée d environ 17 lieues, ou seulement de x6 i 
en ajant égard ila courbure du rayon de lumière^ 
II seroit curieux de savoir quels sont les moyens 
dont possidonius s*étoit servi pour appvoeker A 
près <lc la vérité. . . 

Possidonius étoit stoïcien dans toute la rt^ueui 
du mot; tourmenté des plus violentes douleurs^de 
la goutte , il disoit : 6 douleur ! je ne conviendrai 
jamais que tu sois un mal. Cette espèce de philos 
sophre ^st sans doute un abus de |a raison; la 
doufleur est aiissi réelle que le plaisir ; il est naturel 
de la fuir; mais Tame exercée à la combattre^ 
devoit acqiahérir nne force prodigieuse, et ce cëu' 
rage de. l'esprit, étoit propre aux pins grandes 
cho3ear. Pompée , vainqueur deMitbridate et de 
VAsià r vîm^ visiter Possidoniui; ii dé^dllati liç^ 



|»E L'ASTRONOMIE MODERNE. :i63 

teur de frdpper, et £l déposer les faisceaux k 
]a porte du philosophe ; il rendoît cet homraagfe à 
la vertu , comme les^ autres honimes le rendent à 
la puissance ; les exemples pareils sont rares ; si 1;^ 
vertu ne se sufEsoit pasÀ cdle-méme , les^honneurs 
qu*on lui rend ^ ne la perpétuerolent pas sur ta 
Terre. 

Cléomèd^ v écut peu detempsaprès Pos&idoiiiust 
e*est lui qui nous a conservé la plus grande partie 
des choses qui sont restées de ce philosophe ; iléta* 
blit dans son livre de la Théorie desCorpscélestes^ 
que la Terre , vue du Soleil , ne seroit que comma 
un point » mais que, de la distance des étoiles , elle 
ne seroit point du tout visible , quand même elle 
iiurott Téclat du Soleil ; d*où il conclut q^e les 
étoiles sont beaucoup plu» grandes, que la Terre ;[ 
cette idée vraie et philosophique, montre le pro* 
gcks des connoissances. 

Versle temps d'Hîpparc^e , on trouve à Rome» 
tm peu plus de cotinoissance de Tj^stronomie. 
Sulpitius Gallus prédit une éclipse deXune, pour 
la nuit qui précéda la bataille où Persée, roi 
de Macédoine, fut vaincu par Paul Emile ; ce phé-p 
AomèiVe imprévu pomrdlt elTrajer les soldats^ 
Sulpitius lee assembla , et leur annonça que ht 



^^ ' 



264 HISTOIRE 

Lune serolt éclipsée depuis la seconde )U5qu.*à la 
quatrième heure de la nuit. La méthode étoit 
assez bonne pour prédire Theure et la durée du 
phér^omène : cette précaution fut utile , et devint 

la cause de la victoire ; mais la méthode venoît 

• 

^^ns doute de TAsie ; elle étoit du moins étran* 
gère à Rome. L* Astronomie , ainsi que les chefs- 
d œuvre des arts, y avoient été apportés avec 
les dépouilles du monde ; les Romains faisoie^nt 
usage de quelques méthodes astronomiques , 
comme ils paroient leu rs cab ine ts et leurs jardins, 
de s belles statues grecques, sans trop entendre 
les unes , et sans avoir 1 émulation d'imiter les 
autres. 

Mais celui des Romains qui mérita le plus de. 
TAstronomie , fut Jules César , non seulement 
par la réformation du calendrier romain , mais 
comme instruit des principes de cette science ; il, 
a voit composé plusieurs ouvrages d a ns ce genre 
et pensant que rien n'étoit inutile au métier de la 
guerre , il avoit rassemblé dé toutes parts des ob- 
servations , et ^dressé un calendrier pour Tusago 
de ses campagnes. 

Le calendrier romain étoit tombé dans le plus 
grand désordre , par la négligence et par la faute 
des prêtres. César, en qu4ité de grand pontife» 
devoit y remédier .IL faut convenir que la forme 



DE L'ASTRONOMIE MÔPE^RNE/ :i6S 

d^année, instituée pai: Numa , étoit $i compliquée ^ 
qu*on doit peu s'étonner si les intercalations ont, 
été négligées pu mal faîtes par les Romains , plus 
occupes de guerres que de sciences: il est difficile 
de donner une forme simple à Tannée , toutes les 
fois qu'on veut accorder les mouvemens du Soleil. 

et de la Lune. 

. . . ' » 

Alexandrie étoit alors le siège unique de TAstro*^ 
nomie et des scieiices ; Césarfit venir de cette viHg. 
Sosjgènes, philosophe péripatéticien et astronome*, 
iosîgènes avant examiné 1 année de Numa, et les, 
intercalations presc rites, vit quil n'y avoit paS t 
d'autre parti à prendre que d'abandonner Tannéer 
lunaire , et de régler l'année civile seulement sur 
le cours du S oleil; c'étoit le mojren de lui donner 
une forme simple, et par conséquent commode J^ 
il imagina de faire chaque année de 365 jours;,^ 
et d ajouter un jouv à la. quatrième, pour tenir 
compte des quatre quarts qui s'éloient accumulés. 
César avolt rassemblé beaucoup de mathéma- 
tîcîens; Sosigènes remporta le pv\^ de cette espèce 
de concours; ce4te année «réformée fut appelée 
Julienne , et porta le nom de César , au lieu de 
porter celui de Sosigènes, qui lui yalùt cet hpn^ 
peur ; elle a réglé le temps .pendant quinze siècles « 
jusqu'à ce que le papeprégoirë XHÏ , vînt (donner. 



i66 HISTOIRE 

êon nom i une seconde rércrmatioo devenue in» 
dispensable* 

Nous ne devons point ranger au nombre des 
astronomes, ni Cicéron*, nî Varron ; l'un pour 
avoir traduit le poëme d^Aratus» Tautre pour avoir 
écrit' sur Fagricultùre ; Tun et l'autre eurent des 
connoissances astronomiques, mais en philoso^ 
phes 9 et non en astronomes : le philosophe veut 
seulement connoitre le pays qu'il habite ; Tastro* 
nome en décrit l'étendue , et en recule les bornes* 
larron doit être cité comme étant le premier qui 
ait fait usage des éclipses pour régler la ciiro- 
nologie ; il est juste de lui faire hormeur d'une 
méthode utile qui a répandu quelque lumière 
dans la confusion des anqiennes annales. , 

Sous le gouvernement de César et d'Auguste , 
parurent Hjgin , qui décrivit les constellations à 
la manière des anciens, et avec moins d*éten« 
due et d*exactitude qu'Hipparque ; Manilius, le 
chantre des merveilles du ciel , âes connoissances 
astronomiques, et des rêveries de Fastrologîe; 
Cermanicus César , qui traduisit Aratus , et qui 
ÔCcupoit seis loisirs par des travaux utiles , près du 
trôné qui lui étoit destiné ; Vîtruve, qui sans être 



DE L'ASTAONÔMiÈ MODERNE. 36^ 

â5Cronotoie , nous a conservé beaucoup de cênnoi^ 
sances astronomiques des anciens; Pline et Plu« 
tarc|ue , comme Vîlruve, ont trop bien mérite dfô 
l'Astronomie, pour être omis dans cette histoire ; 
ùe son¥ eux qui nous ôtit fourni la plus grande 
partie des opinions philosophiques, rapportées^ 
Jusqu'Ici. 

Le temps} qdî précédé Plolémée e^t encofn 
rempli par quelques astronomes; Agrippa, Blé- 
ijélaûs observèrem des occultations d étoiles par 
la Lune , darls la Bîthjftîe , et à Rdnle ; !e vîeu:^ 
Théon de Smjrne fleurit au comtitencement du 
Second siècle ; l'empereur Claude luî-ménie pi^é* 
disoit les éclipses : cî'éioif alors le nec plus ultra 
de la science. Il faut ârôuet* que Tastrologie avolt 
a Rome plus de crédit que la véritable Astre- 
fiotnle : on éh peut conclure que les Komaiti^ 
étoient fortignôrâti^, da moins dans cette science. 

Cicéron a beau drre c}ue ptusîeufô asfronomôiii 
ôélèbres des son temps dépôsoient de la fausseté 
de cet art, ces astronomes célébrés , Archelaiis; 
Cassandre, Scjlax d'Haffcamasse, et Pancettus 
jiont peu connus. On peut en inférer que Cicéroa 
se ihoquoit de l'astrologie comme il railloit les 
ôwgui'es ; mais le peuple étoit enfiérerheht lîrri 
au prestige de cette science prétend né. 

'li'es *5!réIogaés s^ propôsoîent Aori stuhmtfnt 



t 

/ 



i6« H I S^^ O I ft K 

de d^ouvnr ,. par i'ii^speetîon des astrea, aa 
momei^t. de la naissauce d'un homme , tous le» 
événemens de sa ^fe ; mais encore le problèmt 
ii\iverse de déterminer Finstant de la naissance * 
pa^ rexafnen des événemens de sa vicr Cette 
manière de procéder prouve bien que Tastrologie 
ëtoit fille d^une science réelle, puisqu'elle en 
conservait la tnarcbe dans ses ég^remens. Les 
villes avoient,' comme les hommes, leurs horos- 
copes, et Tinstant de leur fondation pouvoit faire 
connoître. et leur durée et leur destinée». 

Nigidius est fameux pour avoir prédit â Octave, 
père d Auguste ; le jour de la naissance de son 
fils , que cet enfant seroit un jour le maître des 
Romains. On sait Qomment ces prédictions s'a^us* 
tent aux événemens , quand ils sont arriyéa 
Lucain le compte au nombre de ceux qui p«é"* 
sagèrent les maux futurs du peuple romain, i 
la veille de la rupture entre César et Pompée; 
prédiction assez aisée au moment d*une guerre 
civile , et lorsque les deux moitiés du monde 
alloieat ^ heurter Tune con^tre lautre. 

§. XI. 

V .... . 
Les. lois sévirent contre les. astrologues, dèslt 
premier siècle de^ Tère^ çhr^ijenn^e.; ils furen(^ 
f basses, de IVooi^^ niais » tandis que Fautoi^i^lé pu^ 



DE L'AST*dî4bMIÈ MODJERNl. 269 

T)lîqtre les bannîssoti: delà ville , ils y étbtént ré^- 
•tenus par 'fa foîblessé et la créduiîtë ^es parlî-* 
'culîers.ïls continuèrent d'y exercer en sëcrélcè 
'iilélîei''dàriglere«x pour eux et funeste pourr 1q3 
peùpïesj Quelques princes les favorisèrent- Tibère 
'en eut- tbujôti^s un auprès dé lui ; il faisoit tirer 
l'horoscope de fous ûeix^' qu'il crâignoît, et si: 
Tartre ànnon^oit encore' de Tambi lion, ou quel- 
que prétention a Tèmpire , ils étoienf mîs ijnort. 
L'astrologue dèvbît être -en grand crédît^par cet 
office redôtitablé ; îl^étoh dangereux d'être l'en- 

• nemi d'tih ' feomme ; qui' fàîsoit rendre aux "étoiles 
' dés séhtéhiôës de mort, j ' :••:': 

Ces * àsïrôlbgues h^avoie^t été connût petidiant 

lo1hglèlhJ)s''^é ôoùè'le nômdé Ghaldéens vquaTid 

ils eurent plus de t i*édit ; ilsl s'appuyèrent dii ^itre 

dé mathérhatieiens. Ils avilirent ce tiom sari'sre- 

'lever' leur professîôri-}* car l'ignorance dài pla9 

r grand tiô'iritSré de ces imposteurs lés rèridoil fôiit 

•i 'fàrf ridicules. ; ^' < > . 

• ^Uri'sà^ànt remarque qu'il est ëx^trabrdibahie 
-que'dan^'lès pl'û^ i>eàux siècles de Rome, où 
'floriissbîérjf ta poésie iléloqiience, ta philosophie 

et la jùVîsfWiidénce , rAstronorhie n'y tïkt poît/t 

où* pfesqcie point c«ttirée;'le* jeunes gerts qu'on 

'énib^oît dàdà ia' Grèce, sHn6lruire^ à la source 

'^^^e^^ciencë^^t dèj^&)liefiiiat^t^es,iîe dâignèriôti) pa« 



Syo H I s. T O t R E 

«'liMjtmire de cette parUejptiéiiessânte'deé tuatké- 

matique^.; il pense que c^Ia vient du mépris qu*o|i 

avoit à. Rom^ pour Ta^trologle* L* Astronomie 

partagea injustement 4 aversion qu'on, a^voit pour 

SSL sceur ; elles étoient telleixxent liées « qu il étoif 

prpta^Jç qtie les espii^s^ recevraient en mèm0 

temps Jes vérités de ^t^le et Us erreurs dç Tautre: 

celte <:ause est vr|iisem]>Uble » mai^ elle n*a pa^r 

Jieu pour la géométrie . .et la. mécanique; et nous 

ne voyons pas que l^s flomains y aient fait plus 

.de progrès : dVilleui^s nous ; avons n^^tré que le 

,mépr^d,erastrologien'étDit pas â général à Eomé. 

On trouve une cause plus naturelle àsai^ le terme 

du développemen,t • de l^sprit humain , où les 

[Romains se sont arrêtés. X^maginatioD ri^ne la 

pr^ipièn^f les arts qu'elle «créq et quelle rend 

agréables, la poésie.*! l'iéloquence, enchantent et 

:£xent les esprits : il faut que le prestige S€| dissipe 

avant de voir naître le go^t deéi véiités solides; 

les sciences exactes sont les dernières cukitées* 

Jjes Romains n'eurent pas le loisir de parcourir ces 

diHerentes époques du développe meçt. de lesprit 

humain , toujours occupés de guerres ou d'in« 

trigues;'unia pour conquérir, la Terre, ou: divisés 

pour la part9^ger , livrés sans cesse i^ux affaires 

de la< république , . tpurmiBiatés du choix ou de 

TeKpulsioA âeslyxm^.f ilssie connurent jamais ce 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. ZJ%^ 

t9pù$ def Etat ou cette inaction des esprits , dont 
alors toute Tactivité se porteà Tattrait des sciences» 
On cultiva Féloquence , tant qu'elle conduisit aux 
dignités. Mais un particulier qui eût cherché la 
gloir^ dans Ja carrière des sciences, ne Tautoit 
point trouvée ; ses concitoyens ne l*auroîent pas 
seulement re^marqué. Voilà ce . qui regarde les 
sciences en général ; mais on peut dire encore 
que celles qui sont fondées sur robservation et 
Inexpérience » qi|i par conséquent dem^ndeot d^s 
dépenses et des travaux suivis , comme l'étude du 
ciel , n'ont jamais fait beaui^ôup de progrès dans 
les républiques ; leur utilité , qui dépend presque 
toujours de }çur perfectioA ,f , est trop éloigna 
pour frapper la multitude. Ce ne .peut être le 
^ùtgénéial; c est Je goût d'un particulier. P^n^ 
une républi<jue, cet hommç n'a de ressources 
/ queues efforts et se9 moyens; il :chemine liente^ 
mç^tf et meurt $ans inspirer: ijBi4^8Îr de i'inûter, 
IVIais , dans jme monarchie, quand cet hqmoaâ 
tst roi, le.Hfpût du prince deyiient le goût. du 
peuple : les djépenses royales .appellent ThoinmiQ 
de génie ^ et T impulsion donnée à la nation lui 
prépare des sufccesseurs. Cest ce qui est arrivé 
e)i ChaldéC) où il y avoitun collège fondé.; en 
Egypte t sous lea Ptolémée^ ; en Italie ,. du temps 
4e Léon %. ^t des. Médicis. ; .et en fraQqe , a^x 



^J% HISTOIRE 

beaux joura de Louîs XIV ; maïs ceis sciences lïrf 
pouvoient faire âticun progrès , ni dans la Grèce , 
ni à Rome , ni â Gârthage. 



L I V R E I V. 

De la ' mesure de la Terre par les an^ 
çiènsy et de leurs mesures itinéraires. 

PARAGRAPHE PREMIER. 

, , , , . . t . • ■ . 

Une des plus belles entreprises dé Tesprît hunl^îa 
est celle de là mesuré de la Terre, de ce globe bà 
1 homme occupe un si petit espaôé. Il ne peut 

■ • 

cependant connoitre que Tétendue qu^il peut par-^ 
courir : il n'a d*ëckelle et dé module que ses di^ 
mensions individuelles ; ses -pas répétés ont me* 
suré Tespade et lui oi^tfourilii les premières me* 
4ttres : lé pied est le pas ; la coudée esn la longueur 
de Vavant-bras, et la toise h*ést ;que lia hauteur 
de sa propre stature. Que sont ces petites mesurer 
en comparaison dé la circonférence du globe ? 
Mais rhomme ne s'est point, étonné de sat peti- 
tesse ; son ambition- lui a fait trouver des res^ 
eoùroc^s dans son intelligence. Il a accumulé lei 



DE L'AJtRONÔMlE MOD.ERN*. SS78 

petites mesurjed pour embrasser les plus grandes » . 
et îl s'est Fait Vtmîtë à laquelle il a rapporté toutes 
les parties de Tunivers. Mesurer Je monde en; 
toises ou. en coudées ,. c'est donc estimer cpm-. 
bien il faudroit d'hommes couchés. de suite pour: 
couvrir un gl*and cercle du globe , ou combien 
de fois il faudroit répéter la longueur de l'avanl-? 
I>ra5 pour remplir Iç.méme cçatour. Mais une 
application successive de son individu eût été/ 
fatigante et impraticable pour l'homme : il a sup- 
pléé à cette application par celle des cordes, des 
chaînes , qui étoient des multiples de la toise et 
de la coudée ; il a réuni plusieurs de ces mul-. 
tiples pour former les stajdes , les milles ^ iès: 
para$ange5 , les lieues^ et il a entreprts.de me^. 
surer de plus grande espaces.; Ce n'étoit encore. . 
rien, pour la Terre, s'il AÛt été nécessaire que., 
Thomme $q f^t. transporté lui-même pour en. 
suivre la circonférence : Jes précipices , les mers , < 
les climats inhabitables auroient arrêté sa course ; 
il a fallu le moyen de se transporter en esprit » et 
d*as$igner le rapport d'.pne petite partie intesuré^ 
au fout qu'on vouloit connoltre. L'homme a 
trouvé dans l'Astronomie , dans la correspondance 
^u ciel et dé, la Terre y la ipéthode de xae^un^^ 
le monde sans abaqdonpf^r sa, patrÂe , . et presque 
sans soi*^ir de. ses foyers* Il a vu qj^e la VQ^Ùte (^é:: 



274 HISTOIRE 

leste ëfoît absolument semblable à la snr£sice sphé- 
rique du globe ; il a mesuré en même temps un 
degré du ciel , et l'espace correspondant sur la 
Terre » et il est parvenu à détermina les dimen* 
sions de sa demeure. 

Voilà ce qn'Eratosth ènès a tenté 3o #ans a tant 
notre ère , et ce qui a été exécuté avec la plus 
grande précisiop par les Français d^ns le siècle 
dernier. 

Outre la mesure d*Eratosthines , qui est de 
a5o,QO o stades, rantîqutté nous en a conser vé^ 
qtiâtre_autres : Tune, qui est rapportée parPto*» 

iémée , don ne à la circonférence de la Terre 

^ _^ "'"^*'""~'*"*"^^"^'"~"~>» "•'• 

i8o|000 stades; l'autre, dePossidonius, en contient 
24o»ooo ; une troisième , citée par^ lépm ède, est 
de 3oo,ooo stades ; et la quatrième, de Jl^oo^ooo 
stades • est due , selon Âristote , aux anciens ma- 
ihématiciens. Il est d^abèrd évident que ces stades 
ne sont pas les mêmes. Les moyens les plus 
grossiers ne sont pas susceptibles des erreurs qu'il 
faudroit supposer. En mesurant une étendue quel- 
conque I on ne peut se tromper du simple au 
double. Des stades différens dans Tantiquité ne 
doivent pas plus étonner que les milles d'Angle- 
terre , d* Allemagne et d'Italie , qui diffèrent tous 
les uns des autres. On n'a rien de bien précis 
sur ces stades , parce qu on a voulu trouver leurs 



»E L'ASTRONOMIE MODERNE. 275 

valeurs dans les mesures de* Grecs et des Ro- 
mains, On cberchoit des traits originaux dans des 
copies déBgurées : les Grecs et les Romains sont 
modernes.. C 'est da'îwT Ëgypte , et surtout dam» 
l 'Asie . qu'il faut aller puiser l'esprit dej outjea^ 
^HJ-gg Lantique ; c'est là que les institutions pri- 
mitives, ou du ihoins très- ancienne», ont «ouf* 
fert le moins d'altération. 

§. IL 

Les Perses et I«s Arabes avoîent deux coui 

dées ; l'une , subdivisée en a4 doigts , et l'autre » 

«n Sa ; ces deux coudées étoient . donc dans I«| 

rapport de 3 à 4. Sur le nilomètre du Caire, oà 

. «e mesurent les accroissemèns du Nil , on trouva 

aujourxi'hui une coudée , laquelle , mesurée avec 

précision , est de ao pouces Vil^ de notre pied-de* 

roi. Le «avant Fréret a ihantréque cette coudée 

n'avoit point changé depuis un très-grand nom- 

bre de siècles , et qu'elle remontoit en Egypte 

au-delà de Sésostris. Voilà donc une .anc^enn^^ 

mesure. A l'égarçf dés stades , le mieux connu, 

le mieu * établi , est le stade alexandrin. M. Leroy , 

de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettre» * 

en a déterminé l'étendue de it4 i tokes, dan« 

«on bel ouvrage des Ruines de là Grèce. U est dé^ 

montré que ce stade éi<iit celui dow on Â'estie^ 



67^ HISTOIRE 

pour mesurer la Terre , et en rappliquant aux 
180,000 stades de Ptolémëe , on trouve une dé* 
terminatîon très-exacte de la circonférence de 
la Terre, 

Plusieurs auteurs ont insinué que la mesure de 
Possidonlus de 240,000 stades pouvoit être la 
même que celle de Ptolémée. Nous en avons 
trouvé la démonstration. Hérodote nous apprend 
que la parasange contenolt 3o stades ; et en par- 
tant de la valeur de la parasange , qui est de 2568 
toises , ce stade étoit de 85 toises , 3 pieds , 7 
pouces rr* Ce stade est celui qu*Ëratosthènes 
employa pour la mesure de la Terre. Il . est au 
grand stade égyptien ou alexandrin, dans le rap- 
port de 3 à 4* Un rapport si exact est déjà assez 
singulier ; mais ce qui est très-remarquable , c*est 
que ces stades sont dans le rapport de la coudée 
ordinaire à la grande coudée , de la coudée de 
;&4 doigts à la coudée de 82 ; d*où il est clair que 
ces deux stades ont été formés de ces cou- 
déës ïnêinQ& ; et coipme ils sont exactement dans 
le rapport des deux n\esures de la Terre de 
Ptolémée et de Possidonius , de 180,000 et de 
240,000 Stades, on en peut conclure que c'étoit 
une sei^teet unique mesure sous deux expressions 
qui «nç diffèrent que par l'espèce des stades. 
Cette identité; suivant toutes les rèeles de vrai- 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE- ^^^ 

semblance et de probabilité , nous a pam , devoir 
s'étendre aux deux autreis mesures citées par 
Cléomède et par Âristote. En effet ., ces quatre 
déterminations ont entr'elles des rapports exacts ; 
et il est aisé de sentir que des mesures , prises 
séparément , affectées d erreurs différentes ^ ne 
sont point susceptibles de ces rapports exacts , 
qui ne peuvent naitre que du rapport des stades, 
dont ces mesures sont coniposées. 
• En consultant les Mémoires des Académies èe$ 
Belles-lettres et des Sciences , nous avons trouvé 
danslessavansouvragesde MM. Cassini, Deliîe, 
Fréret, Danville et autres, quatre stades, savoir : 
iestadealexandrin, d^environ i i4tois€fs % un Second 
^adede 85 toises, et deiix autrespliiis b^its^ Tun de 
68 toises , l'autre de 5 1 toises , le tout évalué en non>- 
bres ronds. Nous avons remarqué que ces quatre 
stades étoiententreuxicoknme les nombres, 9, i«i>, 
j 5 , ao, et en même tempsque les quatre détermina*- 
tions de la circonférence delà Terre de -^o^i^ôo^ 
de 3oo«ooOy de 240,000 et de 180,000 stages, sui« 
vpient cette raison renversée, et étoîentent relies 
comme ks nombres.2a, 16 , i-^ et 9^ par où Ton 
arrive à cette conclusion singulier^ mais évidente» 
que lesi quatve déterjninations ne sont qu'une seule 
et même mesure rapportée et traduite en stades 
dlfféiena* ' \* 



2jti HISTOIRE 

La paraaange est 6ixée à 9568 toiseâ le grand 
achœne égyptien , de 60 stades , éf oit le double 
de la pa rasange , et conséquemment de 5 1 36 toises ; 
il est déjà assez singulier de trouver des mesures 
communes chez les Egyptiens , les Chaldéens , et 
les Perses ; les Egyptiens, les Chaldéens, toujours 
rivaux , souvent ennemis ; les Egyptiens , jaloux 
des Perses , au point de faire jurer à leurs rois, de 
ne jamais introduire aucune coutume étrangère» 
ne dévoient pas être portés à adopter les mesures 
de leurs voisins. Mais ce n*est pas tout , il résulté 
des mesures géographiques , prises dans l'Inde^ 
que le coss , espèce de mesure indienne , est d'en* 
▼iron 128S toises, et que le gau » autre mesure 
indienne , est d*environ SiSg/toises ; Tune de ces 
mesures est la moitié , et lautre le double de la 
parasange. Qe résultat porte à croire qu*il y avoit 
anclennenient daika toute TAsie une identité de 
mesurée , indice dime source commune et dun 
^me esprit ; ce qui n*est pas moins remarquable « 
€*est la proportion : que suivent ces mesures , et 
Teachainement qu'elles présentent. Nous suppri« 
mons ici les détaik , mais les mesures plus mo-» 
dernes , le stade grec , les milles «rabe , hébreu « 
le pted philatérien , les pieds grec et romain , dé* 
rivent facilement de la même aourc^e, c*est-fji-dtrei 
de la coudée ; toutes ces mesures sont des partiM* 



i>£ L'astronomie MODERNE. »y 

aliqabtes le$ unes des autres , elles sont enchal* 
nées par des rapports exacts et détermines; elles ont 
toutes pour base la grande coudée de 20 pouces {• 

§. IIL 

On est étonné de voir que dans ces mesures, 
qui se suivent , qui dérivent les unes des autres , 
l'es unes appartiennent à I^ Perse, les autres à 
TËgypte ; quelques autres ne se trouventque dans 
rinde : rien ne caractérise plus les débris qup nous 
avons tant de fois reconnus et annoncés : c'est c« 
système général , dont les parties sont dispersées, 
que nous avons indiqué dans Thistoirede TÂs- 
Ironomie ancienne ,, comme une forte preuve 
d'un peuple antérieur et instituteur des peuples 
quiTont suivi. 

Pensera*t-on que ces .mesures cmt été eommif- 
niquées dans les époques connues de Fhistoire ? 
Comment admettre ces communications , quand 
en Toit r Asie , aujourd'hui , et depuis longtemps , 
a*interdire toutes comteunications ; 0t comment 
les admettre dans dés temps plus reculés , aux 
époques de la fondation des empires , lorsque la 
Terre , inculte et sauvage , n*avoit point été trâ-» 
caillée par la main des hommes ; lorsque lesnour 
celles nations étoient isolées, ignorantes et féroces r 
lorsqu'enfin les hommes, encore brutes et saxu 



a8o . H I 8:t. o I R E 

iùstitmîùnSf n avouent rien à échanger d^tns une 
. misère commune ? Foiblea d'abord , en pelîi nom- 
bre ,; leur pi^eitiîcr ,soîri fut de s'écarter , pour la 
facilité des subsistances , et de s'isoler, pour éviter 
la gueiTe. L'Asie nous révèle le caractère ancien 
et primitif de rhomoie. H semble avoir craint 
.son espèce plus que toutes les autres : concentré 
dans sa famille , dans Âa nation » le reste de la 
r nature ne lui offroit que desennemis ; cette crainte 
r s est perpétuée ;elle est devenue l'esprit universel 
V et; invariable de l'Asie. L'espèce humaine, en 
vieillissant sur la Terre, est arrivée enfin à se 
- faiiiiliarisér. -avec elle ^ même; Sa perfectibilité â 
' produit ces sentimens d'humanitéet d'amour qui 
.'tendent à rapprocher tous les hommes , et à ne 
montrer sur lé globe qu'un peuple de frèries. D ail* 
^ leurs , que pQurroIt*-on conclure rde ces commu- 
nications? Jamais elles n^ont été si ouvertes^ les 
! peuples si réunis qu'ils le sont aujourd'hui dans 
. l'Europe , parle commerce, les arts et les sciences. 
Cependant les lieues, et^en général toutes les 
, mesurés de ces peuples sontdifFéréntes ; eiles^n'ont 
point d'unité à laquelle. on puisse également les 
.rapporter ; elles ne présentent' point un .sjrstéme 
. sçmbl^ble à celui que nous venons de développer» 
et ce sjsté^ne est un grand caractère qui annonce 
l'upité d'iavention. Combien ne faudroit- il pas 



DE l'astronomie MODERNE. ^8x 

de siècles pour que la mesure commune qu*on 

'VÎeûtAd'ëtablîî* en France devienne commune i 
foute TEurope ? Quelle supériorité n*auroit pas 

• le peuple de qui les autres recéviroient cette me- 
sure?' 

Quoi qu'il en isoît , il nous suffit d'avoir mon- 
tré que ce syslôme généi-âl est l'ouvrage d\m 
>eu ple unique . Les anciennes mesures des peu- 
ples coni;ius et détruite, les mesures actuelles dès 
peuples orien taux, qbi subsistent encore , sont les 
restes d un grand tout: La Coudée ,' base de toutes 
les mesures , la preriiière peut-être dont le^ 
horiitnes aient £ik usage; s* est conservée sans âl- 

,'téraition sur le nilamètre du Caire ; eHe existe 
encore à'Florence sous un autre nom , et elle est 
un monument précieux de la plus haute 9nti''* 

quité. ^ 

Sans doute cette grande coudée n'est pas dans 
la pl-oportidn de la stature humaine , telle quelle 
est aujourd'hui. Pèùt-êtré appartient- elle à une 
nature plus forte ; et ' cette seule - considération 
•embleTattribueraux peuples du nord. Elle rap- 
pelle ces fables 9 ou. ces antiquités de toutes les 
nations, qui nous peignent les premiers hommes 
^comme une racé de géanf. EUe s'accorde encore 

-avec la pensée de Mi de BufFon , qui voit, dans les , 
siècles reculés V dès> hommes plus hauts eLph^ 



^8a histoire 

forts. Mais une conjecture plus vraisemblable; 
G*est qu*on a pu agrandir la coudée pour la lier à 
la mesure de la Terre. Les anciens ont eu , comme 
nous, ridée de rendre leurs mesures invariables, 
en les prenant dans la nature. Ainsi tes homme», 
emportés et renouvelés par le temps , voyant pé- 
rir comme eux les ouvrages de la nature , tandis 
-*que la Terre est inébranlable et toujours vivante, 
ont imaginé de placer dans ses dimensions le 
tjrpe invariable des mesures qu'ils vouloient rendre 
'éternelles. Un être., qui ne Vit .qu'un moment , 
afambition de prolonger sa vie partie souvenir, 
et d^éterniser ses institutions ; il veut, être utile 
quand il ne sera plus: cet être est remplacé par 
d autres , qui ont les mêmes besoins , les mêmes 
désirs. Le module des mesures itinéraires a été 
gravé sur les fondemens de la maison commune, 
pour instruire les h6tes de tous les siècles^ U sufBi 
encore aujourd'hui de mesurer un degré déjà 
Terre , pour retrouver avec exactitude toutes les 
mesurés des anciens , et pour ressusciter le sys- 
tème général qui mérite notre admiration. 

§. IV. 

Gesystême général, cette institution des mesores 
^ebiandoit que celle de la Terre fût exécutée avec 
|Nrécision* Cette précision est encore un résolu 



A 



DE L^ASTRONOMXE MODERNE. â83 

tat des recherches précédentes : les ciA^ mesure^ 
de la Terre, que nou^ ayons rappoi'tées, sont 
identiques; elles doivent avoir ei| la i:néme erreur 
ou la même exactitude. Celle de,4oQ,ooo stades i 
attribuée par Arîslote aux anciens mathémati^ 
ciens, doit être, la première» les autres ue sont 
que des copies ou dfis transformations ; mais si 
Ton admet le système: des mesures , leur rapport 
et notre évaluation des stades, à laquelle il nous 
paroit difEcile de se refuser , il faudra oonvenir 
que cette mesui'e de la Terre est d une exa.ctitude 
surprenante; /en y appliquant le plus petit des 
quat4*e stades , il en résulte que le degré contient 
&7,o66 toises, à six toises près.de notre exactitude 
moderne; nous lavons dit, cette mesure, préci*r 
sèment parce qu'elle est très - exacte » n*est point 
l'ouvrage des Grecs; nous ne vojrons dans T Asie, 
aucune des anci:emies nations à qui elle puisse 
appartenir. La mesure exacte de ce. globe et les 
progrès des arts que cette mesure suppose , ne 
peuvâit dôncétreattribuésqu à un peuple inconnu 
dans lantiqujté, oublié, sur la Terre, malgré ses 
bienfaits, par de longues années qui en ont effacé 
le souvenir. 

.£n réfléchissant sur la dislance immensç qui 
sépare la Chine de la Chaldée , sur la difficulté 
des communications dans les temps anciens , à 



A 



Ȑ4 HISTOIRE 

travers des déserts 6u des peuplades isolées , on 
demandera comment il est possible que les CJbi- 
nois et les Ghaldëens aient eu des mesures corn-* 
munes. Ce n*est point par des communications , 
c'est qu*ils sont partis du même centre «et quils se 
sont avancés par des rayons jusqu'aux deux extré- 
mités de r Asie. Il nes*agit , pour vériBer pleine-* 
ment ces conjectures , que de retrouver les mesures 
de Babylone dans \^^ plaines de Tar tarie. Carpin , 
moine et -missionnaire,. envoyé par le pape en 
Tartarie , dans le treizième siècle , trouva sous les 
tentes de ces bordes ambulantes un pied , qui est 
le même que la coudée du Caire et de Babjione. 
iVoilà donc le lieu du départ ; voilà le lieu inter- 
médiaire qui futjadis^le lien de parentéentre les 
Chinois et les anciens Perses ou Chaldéens :. ces 
antiques mesures; sont, les témoins d/ une; unité 
primitive. Quant à la détermination:!de la cirçon-* 
férence de la Terre, on s'étonne qu'elle . aii^ été 
exécutée à^jas ces champs de la Tartarie, habités 
aujpurd*huL par des barbares, comme si «cette 
partie du monde étoit . la première cjui eût été 
dévastée , puis abandonnée , et où des ignéirans 
aient succédé aux cultivateurs des .arts. G^tte 
antique mesure ^ exprimée en stades, en coudées» 
[i se retrouvant aujourd'hui.dans la Tartarie, 
indique elle-même le pays d'où elle: est sortie ; 



©E L'ASTRONOMIE MODERNE. a55 

c*eât celui qui fut la pépinière constante des 
hommes; c*est celui d*où se soQt échappés les 
conquérans de la Chine et de Tlnde ; c*est surtout 
le pajs où le travail a conunencé , où Thomme a 
découvert son empire sur la nature , et où « en se 
multipliant dans un long séjour ^ il a établi le 
premier centre de population et de lumières. 

Quelle que soit Topinion sur cette origine 
primitive , l'identité des quatre déterminations de 
ta circonférence de la Terre , le système général 
et combiné des mesures y 'qui en résulte « lanciea 
état ,des choses qui ne permet pa# de les assigner 
à aucun peuple connu , la circonstance , que cette 
mesure appar tient au quara nte-neuvième degré 
de latitude, s ont des probabilités de la plus grande 
force , ajoutées à celles que nous avops. déjà éta- 
blies en faveur de Topinion d'un peuple antérieur. 
Nous avons demandé à n'être jugé: que sur lenr 
semble, de nos preuves: la réunion^ le tableau 
de cespi>euves, c'est rfaistpire entière de TAstro- 
noinie^mais qu'on nous pi^rnielte d'observer qull 
faut une étude , une attention presque égale à la 
nôtre , pour nous ji^er avec équité. Les proba- 
bilités piiysiques sont lobjet d'une science, on 
j appJîc|Mple calcul. Le hasard, qui n'est qu'un 



a86 H i s f o I R E 

Thot pour exprimer l'enchaînement des causes 
inconnues, y est soumis a des lois ; il faut seu- 
lement connoitre la totalité des chances, pour 
donner à chacune son dejgré de probabilité. Cet 
art dès combinaisons , sur lequel on juge le sort 
est cependant difBcile; il a exercé des géoinètres 
du premier ordre* JDans les probabilités morales 
et politiques , dans les faits des hommes et des 
peuples, où ont influé les passions, la volonté, 
Fintetligence et la perfectibilité de fhomme , la 
difficulté redouble et Tincertitude est plus grande. 
On ne c'onnolt exactemen t ni le nombre y nt 
rinten sité des for ces qui ont agi. On ne troure dans 
rhistoire que les résultats delà combinaison de 
ces forces , et les effets de la complication de$ 
moyens ; les obstacles ont disparu : on aperçoit à 
peine les vestiges de la résistance qui a retardé 
ces effets; et cependant tous ces élémens sont 
nécessaires pour la solution du problème : sa na- 
tùrene permet ni l'application des méthodes géo- 
ihétriques , ni Tespérance d*une solution démon- 
trée. La critique seule , éclairée par la philosophici 
peut , la balance à la main , procéder à un dé« 
nonibrement et à une estimation exacts ; mais si 
l'on oublie un seul fait , oti si une balance infidelle 
lui ôte quelque chose de son poids, le calcul sera 
faux, ainsi que le jugement ; l'idée que nouspro^ 



^ ^ 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE, 287 

posons d'un peuple atitërieur est naturelle ; riea 
de plus simple que de concevoir un peuple qui 
en a prëcëdé un autre. Si les esprits et oient sem- 
blables à une table rase, comme lé demandoil 
Locke, peut-être cette idée, si vraisemblable ,' «e- 
roit-elle reçue sans difficulté; peut-être Tidée op- 
posée ne résiste-t-elle que par sa racine antique 
et profonde. En fait d'opinions , il faut plus 
d'efforts pour combattre que pour établir. 

On ne nous dira point que nous dépouillons 
les générations présentes pour Illustrer les races 
les plus anciennes deà hommes ; que nous trans- 
portons à leur siècle ce qui fait honneur au nôtre : 
nous exposons les vérités que nous avons dé« 
couvertes ; nous rendons la justice que nous croyons 
due : nous sommes assez* riches pour faire ces sa- 
crifices. Les vérités de théorie sont peut - être 
toutes modernes; elles renferment une infinlte/de 
découvertes qui ne paroissent pas renouvelées. 
Nous semblons avoir des titres pour une supé- 
riorité décidée ; mab quand nous ne les aurions 
pas, nous ne louons les antiques habitans de la 
Terre qu'en disant qu'ils nous ont égalés. Lhbmme, 
toujours semblable à lui-même , a eu , dans tous 
les temps , les n^émes organes et la même perfec-* 
tibillté : la race qui finit a eu son printemps , 
comme la jeunesse qui s^élève. Le privilège dit 



288 H I s T O t R I 

savoir na-t-îl pu être accorde qu a nous ? Si nou3 
touchons au plus haut degré de la lumière , c*est 
une preuve qu il n'est point au dessus des efforts 
de rhomme , c'est une preuve que d autres ont pu 
en jouir comme nous et avant nous. L'Europe 
voit aujourd'hui Tépoque la plus brillante des. 
sciences ; qu'importe à sa gloire que cette époque 
ait été précédée de quelqu'autre P n'est-ce pas, 
assez pour nous , si le siècle le pli^s éclairé ne. 
nous a point surpassés , et si nous trouvons djes 
égaux à peine dans un siècle de la durée Jdu 
monde. ' 

Si Ton vouloit résumer l'histoire de la mesure, 
de la Terre par les efforts de l'industrie humaine, 
on diroit qu'elle fut entreprise il ^ a une infijaité, 
de siècles , dans les temps de l'Astronomie primi- 
tive 9 dans les temps où fut établie la période de, 
6oo ans. Lies arts é toient , alo rs ass ez avancés, 
l'Astronomie assez perfectionnée , pour que cette 
mesure de la Terre eût une exactitu de égale i 
cell e de nos siècle s modernes! Cette détermina-, 
tion , conservée chez les C haldéeris , quant à sa 
valeur, mais oubliée quant à son exactitude, 
comme la même période de 6oo ans , n'empêcha 
pas les astronomes de Babjrlune d'estimer par 
des mojens quelconques, la circonférence da 
glpbe : ils se trompèrent de 5 à 6ooo toises sur 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 289 

la longueur du cl^ré. L'ancienne et la nouvelle 
mesure furent envoyées de Babylone à Arîstote^ 
par Callisthènes , et le philosophe n'en fit pas plus 
de cas que le peuple de la Grèce, parce qu^elles 
^tolent dues à des peuples regardés comme bar- 
baresw Au renouvellement de l'Astronomie , Ëra- 
tosthènes voulut connottre les dimensions de la 



tmm^m 



Terre ; Ucrut être le premier qui la mesurât par une 
méthode exacte , Il se trompa encore de 25oo 

toises sur le de^rré. P ossldo nîus , sans doute 

o 1 1 ii'i • III II ' 

prévenu des défauts de lobse^atlon d'Eratos- 
ihëneSy recomtmença Tentreprlse ; il- fut assez 
heureux pour retrouver une seconde fols la valeur 
précise du degré , et nous, qui sommes venus vingt 
^lècles après Eratosthènes et Possidonius, per- 
suadés que les arts et TAstronomie n'étolent 
jamais montés au point où nous les avons con* 
duits, regardant comme des estimations grossières 
toutes ces estimations anciennes , nous avons cru 
que nous donnions au mon de lapremièrè " cpn- 
noissance exacte de sa grandeur ^ tandis que 
cette exactitude parolssolt pour la troisième fols 
sur la Terre. Il en est de même de plusieurs ré- 
sultats astronomiques ; nous dédaignons les afi- 

• 

ciens, nous y en substituons d'autres, et en nous pêr* 
Sectionnant^ nous i^etrouvons ces ànéleris 'résul(al;9 
•que nous avidns mépridés/II est donc vrai' qu'il 
I. 19 



;&90 . HISTOIRE 

peut ny avoir rien de nouveau 50U3 le Soleil Nous 
ne faisons que ressaisir ce que nous avions perdu^r 
L'industrie lutte sans cesse contre la barbarie 

4 

tantôt cédant au poids d'une masse qui l'écrase , 
faiitôt débarr^assée par ses efforts, remontant par 
son élasticité. Au milieu de ces vicissitudes » d^ 
Ces grandes' alternatives ^ on j^ojt^^qii^Ique&.j::on- 
noissances se filtrer à travers les ténèbres , ç^umne 
les eaux dans les terres , pour regagner Te niveau ; 
et les sciences ^sembla^les à tous lei élres phy- 
siques., tomber de Tâge de la maturité et delà 
ribrce , périr par la caducité , et renaître pour ime* 
fiouvelte cai;rière , en repassant par Tenfance. 



L I V R E V. 

J)e Ptolémée et de ses successeurs j jus-' 

qiCà la jin de V Ecole dH Alexandrie^ 

> » ' 

« 

> • 

PARAGRAPHE PREMIER*. 

■ 
*ASTRO^'bMl£ n*ayoit paafait.beaucoup de pro« 

grès depuis .Hipparque..I^*école d'Alexandrie , si 

iertile en ^ran^s hommes, dans son origine, apr^ 



bt L'ASfRO«OMiE MObERi^E. âgt 

^^étre 'reposée pendant trois siècles, fit succédei^ 
t^toléméeà Hipparque. Cet astronome joignUau 
mérite de Ses propres travaux^ celui de recueillir 
lès travaux des autres et d'en former un corps de 
vërit^éis; qât letir union el leur utilité ont défen-^ 
dues iconti'ê les outrages du temps. Son ouvragé 
de ÏAlrhage}itê fait la communication ehtre TÀs^ 
trohomie* ancienne et madërhe , semblable en 
quelque sorte à ces entrepôts ,' à cfes ports de 
tcbttiméi'Cë (Juî i*eçoîvérit lès productions d'une 
partie du monde pour les transniettrè à Tautre. 
Pes bbsei'vations ^importantes par léiir antiquité i 
y sont con^rvéftSi. Qe Jîvre t.dlailleurs , contient 
les méth6des , oa les germes d.és méthodes qui 
sont encore pratiquées de nos jours. II à été long- 
temps le livre élémentaire de toutes les nations , 
et la gloire en rejaillit sur son auteur. 

P tolémée étôit né à Ptolémaïde , eii Egypte. 
La ressemblance cieS noms, sans autre fondement; 
A fait croire qu'il étoit de la race i'Ojale;maissoii 
génie navbit pas besoin xle cette ressource , soù" 
Vent si foible « poiir faire passer son nom à là pbs- 
térité. Il â fleuri sous les règnes d'A drie riet d^A n- 
iohin. Ses olbservatiorts , qui sontlfes dertificàti dé 
vie d'un astronome , embrassent un intervalle dé 
quatbrieannées* 
Les travaux qu*on attribue à Ftolëméd^iîfBiènt 



aga HISTOIRE 

pour en faire un grand astronome : U mérite d'a- 
voir le premier rang après Hipparque , avec celte 
différence qu*Hipparque nou3 a paru un esprit 
plus sage 9 plus porté à la recherche des faits qu'à 
celle des causes. Ptolémée , au contraire , eut un 
caractère ardent ; il étoit doué de plus dlmagî^ 
nation et n*observoit que pour expliquer. Peut«; 
être même, comme tous les gens à systèmes; 
a-t-il deviné ce qui devoit être » et arrangé les 
faits avant de les observer ; c'est ce qui donne de 
la défiance sur ce qu'il dit avoir vu^ Il a voulu 
tout embrasser , ' et il a eaVambiti on de bâtir lui 
seul. le f ;rand édifice du monde. Ce projet est 
vaste ; il annonce un esprit qui avoit de Télévation 
et de retendue : sojons assez justes pour convenir 
que dans Tenfance de ia géométrie , de la phy- 
sique et de l'Astronomie , il falloit à Ptolémée 
beaucoup de génie pour concevoir le plan de 
TÂlmageste , et pourTexécuter, tn iThâ'ginâhrdes 
hypothèses générales qui satisfont assez bien aux 
principes et aux plus frappans des phénomènes. 
Nous avons vu qu'HIpparque s'étoit occupé de 
connoitre Ja parallaxe de la Lune ; mais il ne pa- 
foîf pas qu'il Tait jamais déterminée avec une 
exactitude qui l'ait satisfait. NcTus' croyons que 
'ceît'e fé'cKerche 'appartient à Ptoléméç , ainsi que 
l'instrument propre â cette observatioiT. 



JDE LUSTRONOMIE MODERNE. igS 

ïl ëtoît eomposé de deux règles de bols , lon- 
gues de îsiepl pieds, divisées en soixan te parties; 
Tune, Immobile et placée verticalement au ftioj^en 
d'un fi l à plomb ; Tautre , mo bile sur une troî- 
sième qui achevolt le trian£;le , étolt dirigée a 
Tastre au moyen de deux pinnules ; Técartement 
des deux règles formoît un angle qulmesurolt 
Tangle de la distance de Tdstre au zénith. La 
troisième règle , divisée comme les deux autres , 



en soljtante parties , m esur oft leur écartement , efc 
aervoit à corinoître la valeur de Tangle dont elle 
ëtoIt la corde. Cet Instrument , eh forme de trian- 
gle , faisolt l'office de nos secteurs , dont on peut 
le regarder comme Tancien modèle. 

L'Instrument îm^enté par Ptolémée fui servît 
à observer la distance de ' la Lune au zénith 
d'Alexandrie , lorsqu'elle en étoît la plus éloi- 
gnée , et II trouva cette distance de 5o® 55' ; eniîa 
il calcula pour le même instant , au moyen de 
la longitude et de la latitude de la Lune , connue 
par les tables , la distance vraie de cet astre au 
zénith : car îl est bon d*observer , en faveur de 
ceux qui île sont pas initiés dans l'Astronomie^ 
que tous les cercles de la sphère étant liés par 
une dépendance réciproque , étant dans une situa- 
tion respective , qui est toujours connue / dès que 
le Héu d'un astre est déterminé relativement à ua 



'5!94 H I 5 T O. I 1^ E 

de ces cercles , il Test relativement à tous les aa« 
très ;.ce n'est plus queTïPaîre du calcul , en mxir 
.vaj:ii IjC^ règles delà trigôflométrîe, 
^ . J^^QHf sentons quq ces détails peuvènFpaVoîfre 
arî4^«:l^ '^[PÎ^P^^ dé npsiêcteufs ; c'est une suite 
de pfjpçipçstetfde>crîïÇs^stf:à.ît.ês;^ pôïïp 

j^ trouver quelque s^^^sfjtçli.Qii >. ep suivre la chaîne 
areq*i:)F|^ CQnteptipntpé|nible de l'esprit : mais le 
Yojag^.d|^:ciel n'ert.p^s, plus facile nî plus cons-» 
,lanîffli,ç».t^gréal^lç que celui, de te.TeW: tîtfplîî- 
Jos.ophe qui la parqo.urt 7 Vattend à" v^JîrSûcrcé.dft» 
^deSj l^i^W à de/5 champs, fertiles ^ et la nature 
agre^tc^ et, jsauvajge, à k çalure riante let ornée .par 
l'inilustrie. Cette hjstoire est un, enjsembJe de{ vér 
rîtes, pJji^siqjLies et ip9^tbpiD^tique$ ; c'est ; le r&ul-r 
taj^ df çç qja^ \\iOTCij^ ,^. Yu et pwsé :, ipaisle* 
première? , ;trja^gin|sjes.j)^,r nos sen^^^ e^Ç^CLQ^e rc;* 
jV^twes de* jiTiages, qui ppt an!ect.ç,.n9trie, ame , 
5pn^ p}ws,af tachantes, ? les.yçrîtés in^théma|f qjies 
?9??^.i'"P,« «P^îM q^i, effraie, et leuri^ivérité «e 

jçfj^.^p .a^?K^ P»^)?«*^(5^ <îi?; rjinaginatioq; L'esprit , 
j,n^ r^pp^elant les. vpçs^ à s^ méinpjre , est ^appé 
par. r^idéft imposante d^: rjr^pnieçisité jç|t^ FéçJaJ deiS 
obj^^; il Ypjt ^te gr^ijdfs^ ^P?f.^5 et.fd^, grand* 

^^R3?^?;î;î|i'e^^ w';^ï;ê^; pa»;- ^e^ tatle3W.viyaps ; 
jl est 5?cçup^ , ^gif 4, paf Jç Ipfi^Yem^pt î.tanfôtjes 

î4if|f4^^Rffif JP??^?^* ^'^!^?!^^xepp^sfeiildeva^^ lui j 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 2gS 

tantôt la pensée s'élancç pour les parcourir. ÎSes" 
prît, en méditant les autres, sent au contraire tput 
le calme d'une contemplatioa frpidci ; il e^t îm* 
xnohile devant ces vérités, i ^t comme dan^ Une 
solitude absolue. ; tout ce. qui tient à nott'e exis- 
tence matérielle , le mouvement , la coulem' ». \eê 
qualités sensibles ont disparu , Tétendue nvémè 
est souvent anéantie ; ir ne teste que des lignes 
sans largeur i des surfaces çans solidité , ou àes 
corps qui , dépouill Ss de tout ce. qui les fait con- 
noitre' à' •m^'TOm j^Si&nftblenr il*$v<^^^^ qiTurie ej^îs- 
tenceidélrie, Ï7a vérité ^ ainsi réduite à elle-même, 
S cependant "dés ctîârmes;, mais , poûi^ en être 
touché» Il faut oublier les illusions qui^noiis'én- 
Tironneni : sortie du monde intellectuel, elle 
semble réservée à la jouissance des .purs esprits^ 
Ce n'est pas que Plolémée n'ait teiité des, dé- 
terminations intéressantes , et dont F importance 
peut être sentie^ Il chercha la parallaxe du Sor 
leil , ou , ce qui revient au n^ên^e ,, sa. dist^qpe è 
la Terre. L'homme , qui sent à tout moment pour 
lui-même le besoin de la chai eue »^ qui voit les 
plantes , dont il se nourrit , attendre^ les rajons| 
favorables du Soleil, dqitêtre curietix d^ savoir 
à quelle distance il est dèr ce fojier brûlaqt, ré- 
servoir immense de tout ce qui vivifie et. embellit 
la nature. Mais l'entreprise étoit trop difficile pour 






396 HISTOIRE 

le temps : les moyens astronomiques f qui suffisent 
à peine aujourd'hui , étoient alors trop bornés. 
Cependant quelque défectueusfss que paroissent 

ê 

les déterminations de la distance du Soleil et de 
da parallaxe quVmploja Ptolémée , on n'a eu rien 
de mieux jusqu'à Dominique Cassini. 

§. II. 

Nous ne pouvons dire à qui appartient la pre- 
mière m éthod e de calculer le» éc lipses. Il est cer - 

tâilLflJjg ^^^^^'^^ Gallus à Rome, et Thaïes dans 
la Grèce , avoient prédit ces phénomènes avant 
Hipparque, Nous ignorons si la méthode rapportée 
dans r Almageste est plus ancienne qu'Hipparque 
et Ptolémée , ou si elle appartient à Tun ou i 
Tautre de ces astronomes : tous deux sans doute 
j ont ajouté quelques perfections : mais en lisant 
l'explication de ces méthodes , n'oublions pas 
combien elles ont été utiles. Nous ne parlons 
point des avantagés qu'en a tiré la société pour 
l'observation des mouvemens célestes , qui sont 
la base du calendrier ; nous portons notre vue 
plus loin dans l'antiquité : nous y voyons lés éclip- 
ses frapper tous lés peuples de terreur ; le fana- 
tisme et les malheurs du monde y joignirent des 
craintes religieuseS| et si des peuples, déjà civilisés» 
conservent encore cette superstition , nous pou- 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 397 

v<^n5 juger ce qu'ont été nos premiers ancêtres. 
Nous commençons par être ignorans et timides ; 
Texpérlence crée en nous le courage et les lu- 
mières: mais la seule manière de guérir les hommes 
effrayés par les phénomènes de la nature , c'est 
d'en marquer le moment , c est surtout de répéter 
ces annonces consolantes , et vérifiées par Tévéne- 
ment. L*esprit s'éclaire en se rassurant ; il trouve 
ridée de règle et de succession , où il ne vojoit 
que celle de désordre et de destruction. Celui qu^ 
découvrit Tart de prédire les éclipses fut donc }fi 
bienfaiteur des hommes ; il les délivra de la su- 
perstition et de la crainte , les plus grands de 
leurs maux. La preuve de l'antiquité de cette in- 
vention, c'est que l'ignorance l'a couverte de sêa 
ténèbres. Le bienfaiteur est inconnu. Le sable ne 
conserve aucune impression durable ; l'ignorance , 
aussi légère, ne garde aucun souveillr ni des maux 
passés, ni des services rendus; mais le bienfait 
subsiste dans les méthodes. 

Quand la science eut rassuré les hommes; 
quand elle eut montré queTinterposition des astres^ 
qui absorbe Ijeur lumière, est un phénomène aussi 
naturel , aussi réglé que le lever et le coucher da 
Soleil, ces annonces indiquèrent des observations: 
ces observations fournirent à la science un moyen 
de se perfectionner elle - même } elle en tira des 




21^8 HISTOIRE 

utilités pourfusage de la société éclairée; s! Técllpse 
observée étoit centrale, le temps de sa durée faisoil 
conpoitrç Fétendue du diamètre de l'ombre ; si 
elle étoit partielle , la quantité des doigts éclipséa 
servoit à d.éterIpi^6r le diamjètre de la. Lune ; en 
général , en calculant le lieiji du ^oleîl pour le 
moment du inilieu de 1 ecUpse , on, avoit le lieu 
opposfé delà Lune, et ces ol^servations qui avQÎent 
sçxri i coqs^f qire les tables^r servoî^nt à l^s vérifier» 
£n les ioçtans .du compuencement et de ta fia 

e Téclipse observés dans un lieu , comparés à 
ceux qui avoient été obsédés dans^ un autre » 
4oniioient , suivani la méthode inventée par Hip« 
parque , la: difTérence de longitude de ces lieux ^ 
par la diiTéf^^ce des temps o^^^e^ espèces do 
signaux j: avoient été aperçus ^ c*e4t Futilité de& 
éclipses de Lune. 

,. Quant à Futilité def éclipses du Soleil, les an- 
ciens n'eq tirèrent auci^ne, soit qu'ils ne FaienI 
pas aperçue, soit plutôt.qu'ils en aient été éloîgnéa 
par la di^cuhé : ilsn-ohservoientces éclipses, lia 
neles anxfeon^oient.qua pajr Fawbiiipn de connottre 
les lois de la nature, et 4e prévoir ses phénoniènes; 
peutrétre aif s^ par, le> désir do r94|suirev les dernières 
classes du pciuple t çù la lumièF^. eftt longtemps 
^ descendre > où la superstitioii est stagnante* 
ÇQ mme les eau^^* limoff ne^^ies^ dans les lieux bas^ 



DE L'ASTRONOMïï: I^ÏOPERNE. 2^^ 

]li9 prédictu>n des éclipser en général, eut une 
4orte davantage pourlesastronome^, c*e3t^elui de 
confondre les incrédules. Il en ert de même pour les 
sciences, et surtout pour VÂstronomie, dont les 
succès étonnent et affligent la médiocrité superbe* 
L*homme se plaît dans sa paresse , en rougissant 
de sor^ ignorance , el î) s'arnii^ du doute, qqi le 
inaintient dans Tune et fe^cuse de lautre. Daiis 
des siècles peq instruits , le^ anciejas a^tropomc^ 
durent être en butte aux sarcasmes de cette ignor 
rance , animée par Tenvie* ]Vlesurer les astres , 
déterminer leurs dial^nces , annoncer la; place 
qu*ils doivent occuper t paf oissoient dcis préten- 
tions chiméric|ueâ et des pron^c^ses illusoires à 
ceux qui ne jugent que par leurs idées^ étroites et 
$ur leurs petits mojens. Les éclipses répjpndpient 
a tout, les deu^ grands luminaires se touoholent 
à rinstant marqué ^ répandoient 1^ ténèbres ^ur 
la Terre et frappoient de terreur Tignorance dé^ 
daigneuse , pour justifier les astropomes ;. aujiour^ 
d'hul, dans noire siècle de lumière, il jr a peu 
dincréduUs de oe.tte espèce , ou du m^ns il^ sont 
reléguéa dans les classes sans inslrucV^n.. M^i^ l^ft 
hommes pccupéis .de travau;^ importais dî^ns U 
>ociété, les hommes livrés ^ ç*rtai|>? gepr-^^ d* 
çonnois3dnces , peuvent ignorer nos progiiè^ ^m 
vn autre, le but de cette bi^tçireefjt dp les mettra 



3oo HISTOIRE 

au niveau de leur siècle , de rép^dre le» ventés 
de r Astronomie , et surtout de rendre ses succès 
crojables , en montrant la suite de ses efforts et 
la nature de ses moyens. 

§. IIL 

Ptolëmëe eut la gloire d'avoir aperçu des éli^ 
mens, dont la délicatesse échappoit à Texactilude 
des observations de son ten^ps, tel est celui qui est 
connu dés astronomes sous le nom de réduction 
à réclîptîque. Les jeux , l'expérience ne pou- 
voient l'avertir; la vue seule de l'esprit a fait cette 
découverte ; c'est le fruit de sa sagacité. II examfne 
avec détail les circonstances de la succession de» 
éclipses 9 et leur nombre dans un temps déter* 
miné; on voit qu'il embrassoit assez complète^* 
ment la science, pour essayer de découvrir toutes 
les vérités, qui dépendoient des élémens connus. 
C'est l'époque de cet esprit de combinaison , par 
lequel l'homme a atteint tant de connoi^sances 
élevées : seules et séparées, elles étoient restées 
stériles ; c'est de leur rapprochement , et pour 
ainsi dire I de leur alliance qu'on a vu sortir une 
foule de vérités nouvelles. Cet esprit de combi- 
naison semble dû à la géométrie , qui ne consi- 
dère que des rapports : les sciences ont développé 
l'homme ; c'est par elles qu'il domine Tunivers» La 



. DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 3oi 

géométrie donne de la justesse znx esprits^ dont 
l'Astronomie agrandit les idées. 

Ptolémée passe ensuite aux planètes , et le pre- 
mier point qu il convenoit d'établir, étoit Tordre 
de leurs distances ; c'est un contraste bien digne 
de réflexion que celui de T homme ignorant , qui 
se croit d'abord enfermé oous une voûte solide et 
pierreuse 9 où des points brillans^et des flambeaux 
sont attachés pour Téclairer ; et de ce même 
homme perfectionné par le développement de 
ses organes, qui ose éloigner les planètes les unes 
des autres , marquer , espacer les limites de leurs 
empires , et régler par la raison Tordre et Tarran- 
gement de Tunivers. Suivant Ptolémée , Saturtie 
est la plus éloignée des planètes , ensuite Jupiter; 
Mars , le Soleil , Mercure et la Lune , toutes tour- 
nant autour de la Terre : c'est ce qu'on appelle 
le système de Ptolémée ; système qui existoit ce^ 
pendant avant lui , et qui fut celui des Chaldéens. 
Il en convient lui-^méme ; quelques modernes de 
son temps , voulurent placer Mercure et Venus 
au dessus du Soleil , en allég^jiant que si elles étoient 
au dessous , le Soleil en seroit quelquefois éclipsé, 
Ptolémée rejeta cette raison , parce que la ligne 
qui joint alors les centres du Soleil et de la planète, 
pouvoit ne point passer par la Terre , comme il 
arrive dans b plupart des conjonction^ ^dù $oI^ 



3oi ' H t s t o I A Ë 

et de ta Lune» Dans toutealea nouvelles Luneâ i 
cette planète passe devant le Soleil , Il y a éclipsé 
pour quelques points de l'espace ; s'il n'y en a 
point pour la Terre » c'est qu'elle n'est point danâ 
la direction. Ptolëmëe auroit mieux répoiidu , en 
disant que ces éclipses ne sont pas Visibles, à cause 
de la petitesse de la planète obscure^ qui disparoit 
anr le disque de lumière^ 

Le silence de Ptoléinée sur le vfai mouvement 
de Vénus et de Mercure autour du Soleil , dé<* 

* couvert par les Egyptiens , parolt bien extraordi« 
naire. Cicéronet Vitruve en ont parlé plus d'un 
aiècle avant Ftolémée; Macfobe et Martianus 
Gapella venus àprè^ lui , en ont également fait 
mention. Nous^oupçonnons même que Sosigènes^ 
dont Ptolémée a pu voir les ouvrages , avoit admis 
le système égyptien , et en - avoit porté là con<* 
noissance àRome^ La source où Sosigènes a puisé 
en Egypte^ devôit être ouverte à Ptolémée comme 
à lui ; pourquoi donc n'a t-il pas adopté cette 
explioatien ingénieuse et vraie, des apparences 
de Vénus et de Mercure P pourquoi du moinJ 
n'en a t-il pas fait mention dans son livré ? Voiol 
ce que nous conjecturons : outre le niiystère dont 

^ le colley des prêtres égyptrens^enveloppa de tout 



DE L'ASTkÔNOMlÊ MOÛEllNE, 3o$ 

temps les sciéticed , et surtout les connolssances 
astronomiques , noUs avons pensé que la fondation 
deTécoIe d'Alexandrie fut une source dé jalousïe 
entre les meM'bres de ces deux ëtablisseihens 
rojauk, entre les prêtres qui ne se voy oient plus' 
protégés comMe auparavant, et les astronomes 
grec qui commençoient à Tétre ; les pi*ogris que 
TAstrônomie fit entre leurs mains , redoublèrent 
l'envie , en leur donnant une supériorité décidéeé 
De là on peut conclure affirmativement que le 
<ïoUége des prêtres n'eut garde d'ouvrir à Hippar- 
que et à Ptolémée^les dépôts renfermés dans lef 
labyrinthes et dans les fameuses syritiges, oii 
ëtoient les colonnes et les pierres dhargéès des 
coûnoissances astronomiques. Ajoutons que par 
la négligence des prêtres, et Tignorance où ils 
étoient tombés du temp s de Strab o n , là connoi^ 
gance de ja langue hiéroglyphique et ojt perdue ^ 
et qu'Hipparque , Ptolémée , les prêtres eux- 
mêmes, auroient peut-être été bien embarrassé! 
pour en déchiffrer les caractères; en conséquence 
nous voyons que d'un côté la connoissance de 
cette découverte des Egyptiens peut avoii* trans- 
piré , avoir été recueillie par les philosophes qui 
ont voyagé en Eg)^ple , ou plutôt portée à Rome 
par Sasigèùes ; èi que^ de Fautre côté, les observa- 
tions qui avoieiit fondé cette découverte , étant ou 



3ô4 HISTOIRE 

înacce6dibles aux philosophes grecs ^ ou devenues 
inintelligibles, ^ipparqueetPtolémée ont pu re- 
garder lopinion dépouillée de cet appui , comme 
une erreur vulgaire : opinion que Ptolémée a 
r€ jetée d autant plus volontiers , qu*elle détruisoit 
ses hypothèses , ou du qioins leur ôtolt cette uni* 
formité et cette généralité d^èxplications qui fait 
Je mérite d*un sjstéme. 

Ptolémée fit quelques changemem aux 4g cons- 
tellations; il les réduisît à 4^. Il parle de la che- 
velure de Béréifi^ce , mais sans en faire une cons- 
tellation séparée ; une omission plus remarquable 
est celle d* Antinous , le mignon d'Adrien , à qui 
cet empereur fit rendre les honneurs divins. Ce 
culte étoit abominable : toute flatterie surtout , à 
regard d'une passion folle et dépravée , est égale- 
xpent lâche et infâme ; il est horrible qu'on ait eu 
ridée de plaber parmi les étoiles et dans le ciel, le 
souvenir de cet indigne amour. Mais, si jamais les 
hommes et surtout les grands^hommes,, qui de- 
vroient être incapables de pareilles bassesses , ont 
pu être excusables de s'en souiller , c'est du vivant 
d'Adrien^ c'est donc certainement à cette époque 
•qu'Antinous a été placé dans le ciel, où les modernes 
l'ont conservé» C'est le temps où vivoit Ptolémée ; 
cependant, ainsi que la chevelure de Bérénice^ il 
n'en a point fait une constellation séparée. 



►•■• - 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. '3o5 

Plolérriée à tvës - bien Gonnu la refrslctîôn , et 
nous en avons des témoignage^ certains » quoiqu'il 
n'en parle pas dans V Almagesié. Cet astronome 
avoît composé un traité d'Optîque qui ne nous éaft 
point parvenu, où il détatifoit les ejfFels de ce 
phénomène. Nouis devons dire ici un mot de là 
théorie delà réfraction ; quoique la lumière soît infi- 
niment subtries quoiqu'elle ' échappe à tous nos 
sens , excepté celui delà vue, elle est un corps dont 
la pi^sence nous fait apercevoir tous les autres: 
elle se réfléchît sur eux pour annoncer leur exî^- 
♦ence, en frappant doucement notre organe ; elle 
les pare des couleurs qu'elle recèle; en se dîvîsarit 
elle-même, elle distribue diversement les nuances, 
pour varier ia face de la Terre, p^ui* la rendre 
vivante et gaie. San^ la lumière , l'homme , avec 
les besoins qu'il auroît peine à satisfaire , du 
milieu des dangers qu'il ne pourroit prévoir, se- 
rait triste et mélancolique comme la nature ; il 
n'exïsteroît que daiis l'étrofte étendue de ses ad- 
irés sens , et seroit presque solilaîre au milieu des 
êtres vivans; mais ce présent dé la lumière, en 
embellissant tout 'ce que l'oeil nous Ikît'voir , nous 
expose à des erreurs : la lumière et lavuenoù^ 
trompent, comme toutes les choses qui nousreh- 
dent heureux. La lumière agit par un choc ; 1^ TiérE 
ébranlé porte à l'ame ïa-sensâtiort de l'objet jttiais 
I. ao 



r 



3o6 H I 5^ T O T R E 

<:omme rhomme n'agit, ne frappe sur un corps 
éloigné que par le moyen d'un corps intermé'- 
diâire y toutes Jesfoîsqi^'Il a la sensation d]un objet 
éloigné 5 il se représente un corps long et assçz 
.délié pour n'être pas aperçu ; oq une 5uîte de pe- 
tits; corpsr çontigus.en ligne droite , qui joignent 
J'objet à l'organe. Voilà l'idée que nous avons du 
^rajon de lumière qui i^ous fait voir ,.etqvie nous 
.avons nommé le rayon yisuel. Nous< plaçons né- 
.cessairement les objets dans la direction et à 
.rej^lrçnwté de ce rajon ; c'est le principe de nos 
, jugemens ,et la source de quelques erreurs.» Cek 
, est toujours vr^i » la lumière se propage toujours en 
ligne drpîle^Iorsqu'elletravcrseun même corps, tel 
que le verre ,^ ou lorsqu'elle s,e meut dansun fluide 
.ho.mQgène, tel que l'atr, reau,.fluid«^ que les 
. physiciens soqt convenus de npmpier en général 
un milieu ; mais lorsqu'elle passe d'un de ces 
milieux. dans un autre , de l'air : dans l'eau « ou de 
l'air dîjns le verre , il faut qu'elle se présente sui- 
,. vai^t la perpendiculaire àla surface » pour ne point 
, changer sa direction. Dan? tout autre cas , Ja 
^ nature , par une cause longtemps inconnue et 
^réservée à Newton , a voulu qu'çUe changeât sa 
. route p9u.i: s'approcher ou s'éloigner de. cette pey- 
pe.ndiculaire. Cette loi, .e^t ceUe: gui. produit ]a 
, réfraction. Le fluide , l'air gros»ier.qui environne 



♦ 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. Soj 

t 

la Terre , ne s*élève qu à une médiocre dUtance 
de asL surface : au-delà de cette atmosphère , l'es- 
pace immense étendu jusqu'aux astres qui lancent 
et réfléchissent la lumière, est, ou entièrement 
vide , ou , ce qui est plus vraisemhiabie , rempli 
d'un fluide infiniment subtiU La lumière envoyée 
vers nous s'y meut librement ; mais arrivée aux 
confins de notre atmosphère , la loi de la nature 
la plie , change sa route , et nous qui , en la rece- 
vant , jugeons de Tobjet dans la direction de l'ob- 
jet visuel , nous nous trompons de toute la diffé- 
rence de sa route première à sa route nouvelle* 
Cette différence est Feflet de la réfraction* 

§. V. 

f 

Un ouvrage d'une importance considérable 



que nous devons encore à Ptolém ée , est sa 
. Géographie^ ce livre est pour cette science ce q ue 
r Almageste est pour TAstron omie. Il y donn^Ta 
position de tous les lieux alors connus , désignés 
par longitudes et par latitudes^suivant la méthode 
d'Hipparque. Ce travail , à ne le regarder que 
xomme compilation , n*étoit pas si facile alors 
qu*ii peut Tétre aujourd'hui ; il est vrai que la 
.fameuse bibliothèque d'Alexandrie offroit de 
grands secours ; mais les recherches ont dû être 
immenses; il a fallu beaucoup de critique. Les 



3o8 HISTOIRE 

voyageurs anciens ne marchoient pas avec des 
instrumens; toute la géographie étoit fondée sur 
leurs récits , sur des ouï-dires qu*Il falolt opposer 
et corriger les uns par les autres; la vie d'un 
homme n'auroit pas suffi pour cette entreprise, 
s'il eût été le premier auteur de ce genre. On 
voit que Ptolémée pensolt et falsolt tout en grand ; 
sa Géographie est le cadre dans lequel on a ren- 
fermé la description de la Terre ; les moderne? 
n'ont eu qu'à corriger ses déterminations; aujour* 
d'huî que la face de Tunlvers est changée, que les 
mêmes villes et les mêmes empires n'existent plus, 
!1 sert encore à retrouver leurs positions et leurs 
limites. Ce grand astronome mourut, dit-on, à 
Fage de soixante-dix-huit ans ; on rapporte qu*é- 
tant invité à la tahie d*un roi , Il refusa , disant 
que les rois ressemblent à ces tableaux qui sont 
Jaits pour être çus de quelque distance. 

§. VI. 

La gloire de l'école d'Alexandrie finit avec 
Ptolémée ; cette école subsista encore pendant 
cinq siècles, elle conserva sa réputation , mais elle 
ne fit rien pouf l'Astronomie : on n'jr trouve plus 
\que des commentateurs qui se traînent à la suite 
d'Hîpparque et de Ptolémée; le mérite astrono* 
mique fut borné à entendre et à expliquer leur» 



DE l'astronomie MODERNE. 3oi^ 

ouvrages , jusqu'aux Arabes, qui reprirent 1% 
sceptre de cette science. 

On trouve dans ces temps stériles , Hipsiçlès , 
Julius Firmiçus, Théon le jeune, qui futobser^- 
▼ateujr f et qui a marqué son existence en nous 
laissant quelques observations; Hypatia , sa fillç, 
distinguée par un sexe qui orne tous le;s talens ^ 
9voit dressé des tables astronomiques; Hésjchius 
raconte qu^elle fut massacrée et déchirée par le^ 
habitans d'Alexandrie , jaloux de sa gloire : les 
envieux modernes épargnent pu moins la vie , 
en déchirant la réputation ; mais ce n'e^t point 
à Fenvie que ce crime dctit être attribué , elle périt 
dans une sédition ; on la massacra par^e qu*on 
soupçonnoit qu'elle étoit la cause de la mésintel- 
ligence qui régnoit entre St.-Cjriile, patriarche 
d'Alexandrie , et le gouverneur Oreste. 

On peut nommer encore Tévéque Sjrnésius ^ 
auteur d'un Planisphère; Thius, qui fit quelques 
observations ; le philosophe Simplicius^ commen-^ 
tateur d'Aristote; Achilles Tatius, Rufqs-Sextus 
Avienus , qui expliquèrent Aratus ; Pappus , Pro^ 
dus et Boèce , qui" avoient travaillé stir rAlma-? 
geste ; Boèce étoit romain et homme consulaire^ 
il avoit fait une traduction de TAlmageste , qui s^ 
été perdue ; son talent d ans la mécanij|ue et danf 
U gnomonique est conum par uoe lettre de Théc^ 



3lO HISTOIRE 

dorîô , roî des Golbs, qui lui demanda deux^ 
horb^es pour le roi de Bourgogne , l'une sota2re_» 
qui donnât Tlieure parles rayons du s oleil ^^raujr» 
Lydraulique, qui servît pour la nuit : je veux ^' 
dil-il , que vous soyez connu chez les peuples où 
cous ne pouvez aller , et quih sachent que nous 
avons des hommes d'Une naissance distinguée^ 
qui valent bien les écrivains anciens ^ dont on ad-* 
mire les ouvrages; cependant le prince, après 
Tavoir loué, lë fît périr ; on ne sait si ce fut parce 
que Boèce avoit Tesprlt trop républicain , ou si ce 
fut à cause de Tarianisme dont il étoit infecté, et 
contre lequel Boèce $e déchaîna : les conquérans 
sont féroces ; quand oh approche les liohs^, -îLfaut 
craindre leur réveil. 

Dans l'établissement de la religion chrétienne, 
l'église avoit réglé qu'on célébreroît la fête de 
Pâques le premier dimanche après la pleine Lune, 
qui tombe le Jour de Téquinoxe du printemps, ou 
qui suit cet équinoxè ; on eut besoin de l'astro- 
nomie pour régler d'avancé et annoncer le tempi 
de cette fête ; en conséquence le Concile de Nicée 
régla que l'évêquè d'Alexandrie , qui sîégeoît dans 
une ville saivante , seroît chargé de déterminer lé 
jour où on devoit célébrer la Pâque, et de l'in- 
diquer à tous les évêques, par des lettres circu- 
Iltires. Ce fut alors que les prélats établirent lèuf 



DE L*ASTRONpM1£ MODERNE. Bit 

^cisl 5ur le calendrier, alexandrin , et choUitént 
pour époque du cycle de dixritjeùfanst'lanoiiirelle 
Ijunç ,' arrivée à midi à Alexandrie^ bving^hut^ 
aoiHtt ,: . qui précéda lavénement de Dibdilieâ i 
Tempire ; ce jour étok' le: dernier dut ,cakndi*ier 
alexandrin, Depuis le régna d ' Augugte, jctiilanné; 
^voit ces^é d'être va/^joe ». elle <)ommerigpit le Yingtr 
iieuf août> lia premier^: .an»ée du cycle fut aua3Î 
la première dju réigoe de Dioclétien^ doà vient 
l'ère dé Dioçlétien » d^nt lôa chrétiens firent u^age 
pendapt quelques siècle3« 

• • §. VIL 



Denis > surnommé le Petit « introduisit dans 
.]*£gl!se )romaine> un .nouveau cjrcle de 532 anst» 
pour la détôrmjination de la Fàque* Cette période 
est, composée de ^ft cjrcles lunaires de 19 ans ; ca 
nombre 28 est celui des années d'un cjcl^:, ap- 
pelé ; cycle solaire. Il a «avantage de ramener les 
mêmes jours de la semaine aux mêmes joura du 
mois et de Tannée julienne. Nou^ ne croyons pas 
que Denis ait employé ici beaucbup de ^^voir 
asti^onomique. Il est clair qu il a voulu troayer une 
période qui ramenât les^ nouvelles et les pleines 
Xiuiiesaux mêmes jours de la semaine et du mois ; 
il a vu qu'il sufEsoi,! de multiplier lesd^Mic cycles 
de 13 Qt d<e aS ans ^'un par l'autre; jnais cette 




Zia r.- H I s TOI R E 

période nest pas exacte : en 53a ans, les annéej ja*^ 
lîennes excédent lés vralesannëes solaires de quatre 
foursirntfer8,'êt la LttWe sécarte de deux.)ouTS. 
ËUe seroit moins en errelir, si rannéé et oit telle 
qû^Hipparque Ta déterrhîo^e , et telle que Denis 
pouvoit la<^onnoUre. G'e^t ce chronotegt6?te ^î^ 
6n Ôj27^, établit pour ^poqtie Tannée de la nais- 
jsanoe de J .^C. \ c^quî , depuis lui ,a «té suivi par 
toutes les nations chrétiènlies. . 
.11 y-aVoît encore alors une petite pÀ'îode de 

« 

i5 ans , qui est celle des -indictions ; on rie eonnoit 
guère ni son objet, ni mé.Qie le temps où son 
usage a commencé ; on présume qu'elle est due 
à un tribut levé souîs les empereurs ri[>mains , pour 
la subsistance des anoieittô soldats qtii avouent 
servi quinze ans ; on ne s'«n séi*t plus que daiis 
les actes de la cour de Rome ; elles conimencent 
le premier janvier Siâ; ce sont ces trofeespèi^* <te 
})ériodes que Scaligev, en suivant l'idée dfe pen {s 
le Petit e a ima^^n^ de multiplier Vnnè pm'^V'MUre ; 
il en résulte un ^^mbre, une période de ^980 ttné, 
qtr^i}' a nommée période julienne , dans laquelle 
il n'y a pas deux années qui aient les même» nom*- 
bres pour les trois cycles ; et lorsqu'elle est ache- 
vée, les trois cycles recommencent ensemble éekns 
le biémé ordre; elle e^ supposée commencer 
47 X 3 ans avant notre ère , et elle ne finira qtxe Ysm 



DE l'astronomie MO'DERNE. %ii 

$267. Scaliger a proposé c^tte période comme une 
mesure universelle , à laquelle on pouvoit ra|>porter 
foutes les autres périodes , toutes les époques et 
les chronologies des differens peuples connus; 
son étendue lui donne en efTet cet avantage ; ptu<^ 
sieurs astronomes en ont fait usage. 

Vers le m ilieu du septième siècle de notre ère ; 
l e mahométisipe établi dans T Arabie , ayant inspiré 
le fanatisme , le zèle des conversions , et le désir 
àes conquêtes , aux très-anciens habitans de cette 
partie du monde , les Arabes entrèrent en E^pte , 
soumirent Alexandrie , et détruisirent le plu s beau 
monument d e lantiq uitë, cett e fam euse biblio- 
thèque qui renfermoit les trésors du ^nie et de 
lerudition» En vain un philosophe » Philoponus, 
^conjura Amron/généval des Arabes , delacbnJej&r- 
^ver , le calife Omar, consuhé, répondit; si oes/fvrav 
^sont conformes à rAlèouran, ils^onl in utiles; sik lui 
sont contraiim^ ib $eart ^teslâbles. Qn pourrok 
.croire que la poUlique a dicté eetàrrét; maïs là foi 
'dVmereKgidn nbcnn^llié ne eamâotepoiiiitla poi»- 
tique, et la réponse n'eaib qile barbare, Cette pr^* 
cî^se col tecti on y servk pendantptos d'un an à 
ohauffer les étiivies.d'AlexfimdriB-^ icuelquéai gns^ 
nisscnls échappèrent sans doute \ ^nmis its >n*oot 
servi qu'à faire regretter ies autres £ les sciences et 
Jes lettres périrent g vec la bibltolbèque ; et cette 



\ 



3l4 HISTOIRE . 

^cole célèbre, fondée 280 ans avant J«-C., finît 
Tan 642, après avoir brillé pendant trois ou quatre 
siècles , depuis Aristarque jusqu'à Ptolémée , et 
avoir subsisté depuis lui , pendant 5oo ans , mais 
avec^tnoins d*éclat« 



. LIVRE VI. 

* • • • 

Des arabes y des Persans j et des Tar-- 

tares modernes^ 



PARAGRAPHE PREMIER. 

• » i . . s* 



JLes barbares sont comme lesenfans qui détruisent 
lout, regrettent bientôt ce qu'ils ont détruit, et 
pleurent ce qu'ils ont perdu. Les Arabes après 
ÀToir brûlé la bibliothèque , dispersé les savant 
'd!Alekandrie, lorsqu'un siècle fut à peine écoulé, 
commencèrent à désirer la lumière des sciences et 
• des lettres; ils vinrent puiser ceslumières à Alexan- 
iàccxe^ à la souriae méme>où ils avoient cherché à 
-ks éteindre; ilsiremuèrent le^ cendres qu'ils avoieni 
^amoncelées rct ils récueillirent les restes échappés 
i^u f enet à letir barbarie* 
I Les Arabes'soht trè$-ancîens ; si nous ne les 



DE L'ASTRONOMIE MOÛERNE. 3x5 

avons pas rangés dans Thistoire de TAstronomie/ 
à la date d^une plus haute antiquité , ce n*est pas 
que la leur n'égale peut-être celle desautres peuples; 
mais nous avions trop peu de choses à en dire; ils 
ont r^gné à Babjlone. depuis Tan 3283 , jusqu'à 
Tan 2668 avant J.-C; c*étoîl sans doute par droit 
de conquête; ce qui prouve qu'ils étoîèftt d'a- 
bord un peuple nombreux et puissant. L'As- 
tronomie des Arabes se bornoît presque à la côn- 
iioissance des étoiles, mais cette cônnoissanCe étoit^ 
déjà trèâ-étendue. M. Hjde a remarqué que dans- 
aucune liangue du monde , les noms des étoiles ne 
âont aussi nombreux, il ny a presquepoint d'étoiles 
quinaient un nom particulier ; l'antiquité de ces 
noms est prouvée par la source d'où on lés a tirés y 
ce sont Us troupeaux , la vie pastorale , et le pre-^ 
xnier état de tous les hommes , dôBl les Arabes^ 
ont conservé plus longtemps les institutioi^s , que^ 
les autres peuples. ' ' . > i 

' On compte trois espèces d Arabes : tes Arabes^ 
purs' et primitifs , les Mostarabe^/, et l>6s Arabes^ 
modernes. Quand Ismaêl, fils d* Abraham, vint* 
d'établir en Arabiet^i'seâ descendais se croisèrent 
avec les natureb , et de'là vinrent les Arabes mélé^ 
où Mostarabes ; les Arabes modernes sont le n!>éfi|4 
peuple , mais considéré depuis rétat>lisBementdt( 



3l6 H l'S T O I R E 

mahométume , depuis les conquêtes et VénorxnB 
puissance dont il étonna Tunivers. 

Les Arabes en général rendoient un culte aux 
étoiles ; de là on peut inférer que ce culle et la 
connoissance des astres^ qu'il suppose , appar- 
tiennent aux Arabes primitifs, qui ont précédé 
Ismaël et Abraham. Il n est guère probable que la 
famille d' Ismaël ait apporté cette idolâtrie dans 
rArabie , elle ne pouvoit y faire connottre que le 
Dieu , qui s*étoit manifesté à Abraham p ou la 
culte du feu , établi dans le ^ pajs qu'elle quittoit. 
Parmi les untrea que les Arabes adoroient, Abuir 
pharage cite le Soleil , la Lupe , Jupiter, Mercure;. 
s'il n'a point cité Mars , ^t surtout Vénus qiit a 
tant d'éclat . c'est sans doute par ignorance ; car^ 
sans considérer Vénus cQtr^me la mère du Diea 
qui anime la joature , la plus brillante des planète^ 
devoit avoir part i leurs hommages. Le même his^. 
torien prétend que ces anciens Arabes n'étoient 
point un peuple grossier \ ils caltivoient la poésie 
et les lettres: quant à l'Astronomie, ils s'occupoient 
du lever et du coucher des étoiles , ils faisoien^ 
attention à celles qui sont opposées , les unes se 
levant tandis que les autres se couchent, ce qui 
prouvé qu'on avoit quelque connoissance de leur^ 
positions rèspeclines : ils contipi^aoiept encore t 



DE L*ASTRpNOMI£ MODERNE. 817 

dit Abulpharage , rinffuence des étoiles sur Tat* 
xnosphère , et sur les Intempéries des saisons ; 
c'ëtoit le fruit d'une longue expérience; on troure 
partout cette recherche du retour des mêmes 
intempéries par les étoiles ; le mouvement de la 
Lune réglolt leur calendrier ; leurs mois étolenl 
alternativement de 2g et de 3o jours, et leur année 
de 354) selon la manière de compter vulgaire , et 
en nombres ronds ; ils intercalolent un joiir à me-* 
fiure que les fractions de jours*accumuloIent : cq 
n^étolt point ainsi que comptolent les Chaldéens, 
les Egyptiens, ni les Indiens, qui tous falsoient 
usage d'une année solaire; celle qui est réglée 
par la Lune , annonce des peuples nomades et 
pasteurs , c'est Tindice de leur origine; mais lors- 
qu'ils conservent cette forme d'année dans les 
villes où doivent fleurir les arts et s'établir d'au- 
tres Institutions , c'é^t la marque de leur Igno- 
rance* Les Arabes commençoient te jour civil par 
la nuit, comme tous les peuples qui se sont réglés 
par la Lune , et dont les mois se renonveloiént à 
son apparition ; une chose remarquable , c'est que 
le premier et le dernier de leurs mois, étoient 
consacrés à la paix ; on ne pouvoit venger aucune 
espèce d'aflPront; quiconque avoit un ennemi, 
étoit en sûreté pendant ces deux mois ; un pareil 
usage , fait honneur au peuple qui Ta établi, et 



.3l8 HISTOIRE 

surtout au peuple qui sait l'observer : chez nos 

peuples policés, mais toujours armés, Timage de 

Ja guerre trouble le repos de la paix ; il n*existe 

point de loi ^ il n*est point de temps qu i force les 

. hommes de se souvenir qu'ils sont frères. 

§11. 

Quand Mahomet parut chez ce peuple , encore 
^peu civilisé, la guerre civile , qui s'alluma , déve- 
loppa le courage, le fanatisme j joignit son enthou- 
siasme; ainsi les esprits reçurent tout le mouve- 
ment nécessaire au génie , mais ce génie nes'an*» 
, nonça d'abord que par la guerre , et par les con- 
quêtes ; il ne fallut pas moins que la Syrie , la Perse, 
l'Egypte,. les côtes d'Afrique et d'Espagne, pour 
assouvir l'ambition des Arabes ; ces conquêtes 
furent rapides , la paix amena le loisir ; les Arabes, 
libres de se considérer eux-mêmes , s'aperçurent 
.de leur ignorance, et ils sentirent qu'il peut man« 
quer quelque chose aux maîtres de la Terre. 

Ils étoient heureusement plaqés pour s*éclairer ; 
ils avoient au nord , le pajs des Chaldéens , et 
non seulement les traditions qui pouvoientj sub- 
sister encore, mais les bibliothèques nombreuses, 

qui n*ont péri que depuis , et qui renfermoient 

• • .1 

sans doute des collections précieuses; au levant 
étoient les Indiens, si anciens dànsTAsie, et qui 



N 



r 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. Sig 

{>eut-élty possèdentla pi us grande partie de^restés 
<Ie lancienne Astronomie : au couchant , îlsavoient 
i'Egypte i Alexandrie, et toutes les connoi^sanees 
dont HIpparque et Ptolémée ont enrichi la science. 
C!e furent le goût et la protection des califes qui 
appelèrent ces connoissances en Arabie ; le goât 
<les princes est toujours créateur. On' a remarqué 
que tous les peuples avoient commencé à s'éclairer 
.par leurs souverains ; la lumière descend chez lés 
:peuples grossiers ; au contraire, elle remonte ches 
une nation éclairée : c'est que la place élève tou- 
jours T homme, elle déploie tout ce que la natiire 
;a donné : mais lorsque les connoissances se sont 
accumulées, le sentiment du pouvoir et de la 
:grandeur ne supplée ni à Tinstruction ni au génie; 
Haroun-^Al-Rascbid , ce calife, qui a laissé un« 
si grande réputation en Asie, donna, dans le neu- 
vième siècle , à TEurope , des. preuves de la per- 
./ection^ des arts chez les anciens^ Il envoya  
'Charlemagne des ambasisadeurs .et . des présent, 
' parmi lesquels étoit une horloge de laiton , d'une 
^xéii^ution admirable^iour le temps ; mise en mou- 
.venietit par une clepsydre , elle marqu oit lés 
; douz^ heures; et.il j avoit autant de. balles d'âi« 
, rain , sur uq .timbre placé au dessous ; doute 
, portes s ouvroient pour donper pdssage à autant 
de cavaliers. Cette horloge indiquoit, dit - on^ 



320 HISTOIRE 

une infinité d autres choses. Nous avons soup- 
çonné qu'il ne tomboit qu'une de ces balles à 
chaque heure , et seuleitient comme un signal. 
Nous pensons que Içs cavaliers ëtoient ajoutés 
pour indiquer le nombre dés heures écoulées ; de 
manière qu'en même temps que la balle avertissoit 
du moment deTheore, les cavaliers en faisoient 
connoitre le nombre. Ce goût des figures mou- 
vantes à subsisté longtemps en Europe d^ns plu- 
sieurs horloges , qui sont détruites aujourd'hui ; 
les inventions renfermées dans celle-^ci , démon- 
trent que lart étoit très anciennement cultivé 5 car 
'les rois peuvent créer le goût des arts : mais dans 
les arts ihécaniqoes iurtout, la perfection est 
.l'ouvrage du temps , et il faut que bien des siècles 
et plusieurs génies passent pour ajouter une per- 
fection nouvelle à un nombre de perfections. 

Vers l'an 800 , au commencement du neuvième 
siècle , sous las règnes d'Almansor , d'Haroun- 
Al-Raschid, et d!Almamon ^ Bagdad devint le 
centre dés connoissances humaines , comme 
^Alexandrie lavoit été sous Ptolémée. Mais le 
véritable restaurateur de ces connoissances fut 
Almamon » fils d*Aroun-Al.-lVaschid; il fit plus 
que son père^ parce qvi'il aimii et cultiva les 
, sciences qu'Haroun d'étoît conteûlë de protéger. 



/ 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 3at 

§. I I I. 

Les Arabes ne sont recommandablea que pouc 
avoir été l'entrepôt des sciences , pour ayoir con- 
servé le feu sacré^qui se seroif éteint sans eux^[; 
mais s'ils nous ont transmb 1^^ sciences , ils pouf 
les ont fait passer à peu prè^ fdle^ qu'ils les 
avoient reçues. A peine mie décofayerte fnémQ- 
rable marque-t-elle Ie*ur çxistenicie ;. ç est le sort 
des peuples qui renopept lei&l des.cqnppiâsqncp^; 
lorsque la destinée ne lei^raccordç pa^ une longuf 
durée sur la Terre , ils ii^e pei,iveat quei r^s^ai^ir cç 
qu'on avoit perdu, et;n'on)^ pa^ If t^o^pf 4*all^^ 
plus loin. Llmpulaîpn qu'AlgiAn^pn .va doi:fqer 
aux Arabes, ne sub^'ste^^yn^^inis en f «iffçi^lisis^ntp 
qu^environ deux siècle^. Çq prince avoit:ra$^eaib)^ 
de toutes p^rts le^ savfin^ à Bagdad ; up. trait re- 
marquable, et qi^i fait d'ai^ta^t plus d'honneur ^ 
Almamon , qu'il e^MWiî.qU^ dan? Thî^tqir^, c'?sjt 

m 

qu au sortir d'une guerre h^Qur^use , ç^^^çç^rdant 
la paix à Michel lU, empereur de ÇQ^sia^iipçpJe^ 
il y mît pour condition h Hh^fli- de rf<îueillir 
tous les livres de,pbUosophi§ t^i ^^r^i^yerQiept 
dans la Grèce, pour les feife Rr^àttireiç^ iarsl?^ 
On haïroit laioin^ U$ mr^f{}^fmfi%^f^§:T^mrnr 
Jbioient à ce calife : qtl «.iiiiti^ voir ;j^g ^f^^ver^iiç 

I. SLt- 



322 H I S T O I A £ 

tirer ce fruit du fléau de l'a guecre , et lever un 
tribut de lumières sur les vaincus. II confia le 
travail des traductions aux savans qu il avoit ras- 
semblés ; il y présidoit , les éclairoit lui-même , et 
prenoit part à leurs disputes ; TAlmàgeste , dont 
sans doute on avoit tiré le texte d'Alexandrie, fut 
le premier livre traduit. 

L'entreprise du règne d'Almamon la plus im-^ 
portante , fiai celle de la mesure de la Terre ; les 
anciennes Opérations ,n en empéchoient pas une 
nouvelle : elle paroissoit nécessaire , comme véri- 
fication ^ du renouvellement de l'Astronomie. Nous 
sommes toujours persuadés que nous allons sur-*- 
passer nos prédécesseurs ; cette pensée n'est seule- 

* • • - • 

ment pas de notre orgueil , elle tient à la nature 

' * * ' • 

dés choses. Dès que l'esprit humain est en action , 
il se perfectionne : en recommençant on fait 
mieux; en succédant on va plus loin. Mais cette 

vérité suppose que Ton pak*t du point où nos pré-^ 

■« • , -, 

décesseurs ëtoient restés , et qu'en répétant leurs 
travaux , on^ a des moyens semblables ou meilleurs: 
c'est ce qui manquoit aux Arabes. 

Ce qu'ils adoptèrent avec plus d'ardeur , ce fut 
l'astrologte^ judiciaire. Cette erreur est naturalisée 
dans l'Asie' Méridionale ; où un climat brûlant 
allume l'imagination ; où les désirs excités de* 
mandent des espérances , et où l'homme plus 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. • SaS 

toible qu ailleurs, croit plus aisément ce quil 
souhaite. 

Jacôb Alkindi, juif, qui passe parmi nous' 
■polir avoir élë magicien, fut un astrologue célèbre 
sotis le règiie d*Almamon; les Musulmans, jaloux 
du savoir du juif, Taccusèrent de magie. Kastro:- 
logîe né se méloit pas seulement de lavenir^ mais 
alors elle embrassoit la divination. On rapporte 
que s'étant élevé un défi entré Alkindi et un 
docteur 'musulman , chacun d'eux fit -un cercle 
autbur de soi. Il faut convenir que le cercle tenoit 
un peu de la magie ; on a vu que chez les Chaidéens 
ces deux prétendues sciences étoient déjà liées : 
mais au reste les deux adversaires avoient chacun 
leur cercle, etie^Musulmcm n*avoit rien à reprocher 
au juif; le docteur ajant écrit deux mots sur un 
papier ferme , le présenta au * calife , et défia 
Alkindi de deviner ces mots : Tépreuve étoit 
difficile; cependant* Jacob, qui étoit sans doute 
un frippon plus adroit , ayant pris ses livres^ es 
instrumens , rêva quelque temps , et répondit que 
le premier de ces mots étoil une plante et le se^ 
cond un animal. Almamon ouvrit le papier et y 
trouva asa moussa^ verge de Moïse, ce qui frappa 
d^étonnement le calife et tous 'Ceux qui étoient 
présens. Jacob railla son adversaire confondu ;^ 
un disciple de ce docteur , outré delà honte que 



1 ( 



3^4 h'i s T O I R E 

$on m^re avoit essayée , se rendit chez Âlkindi 
avec un poignard caché : mais Alkindi, bien 
averti 3an3 doute « lui dit dune voix terrible, 
vous i^enez pour 10* assassiner , quittez ce dessein « 
ainsi que le poignard que vous portez . et je vous 
€rpprendrai V Astronomie, Cet homme étonné jeta 
son couteau et se rangea au nombre de ses dis-* 
ciples 9 dont il fut le plus célèbce ; car cet homme 
éioit Albumasar. Cette croyance à Tastrologie , à 
la magie y fait un contraste singulier avec les con* 
noissances que les Arabes tenoient de Técole 
d'Alexandrie. Nous avons cru qu'il nous seroit 
permis de rapporter ces traits qui peignent les 
mœurs des nations , le caractère des sayans du 
temps 9 la manière dont les sciences étolent cul- 
tivées , et qui d'ailleurs délassent ua peu de I4 
sécheresse des malîères que nous traitons. 

§ .iv. 

Nous allons citer les astronomes Arabes qui se 
sont distingués. Alfergan est le premier ; il vécut 
sous le règne d'Almamon> et nous a laissé des 
£^émens d'Astronomie, qui ne sont que des extraits 
de l'Almageste. Thebilh vint quelque temps après 
lui , ^t mérite mieux le nom d'astronome. Il fit 
sans doute des observations, qu'il compara à des 
observations plus anciennes , pour déterminer la 



DE l'astronomie MODERNE. SaS 

longueur de Tannée. Ce n'est pas celle détermi- 
nation qui le rertdit célèbre, ce fut une erreur 
qu'il eut occasion d'imaginer, ou plutôt de reiiou- 

•velen Les erreurs brillantes donnent plus de ré- 
putation que les vérités simples et utiles. Il avoit 
sans doute entre les matns quelque manuscrit , 
quelque dépôt des anciennes observations orien- 
tales ; ces observations l'éclairèrent sur la vraie 

longueur de Tannée , elles le trompèrent sur le 
mouvement des étoiles en longitude ; il n'erroit 
que sur la quantité et l'explication de ce mouve-* 
ment. 

Albategnius, qui fleurit c*hezles Arabes, rets 
le milievi du neuvième siècle , est le plus grand 
astronome qui ait paru sur la Terfe depuis Pto- 
lémée. Ptolémée vint pour réunir les travau)c 
d'Hipparque à ses propres travaux , et poiif poser 
les fondemens de TAstronomie : Albategnius vint 
pour les réformer ; il s'aperçut que les hjpothèses 
de cet astronome cadrotent mal avec l'état du ciel ; 
il entreprit de nouvelles observations pour fonder 
de nouvelles tablea. Il vérifia les élémens de la 
théorie du Soleil, et Its retrouva à peu près tels 
qu'Hipparque les avoit établis ; mais cette vérifica- 
tion lui valut une découverte importante , celle 
du mouvement de l'apogée du Soleil. Cette dé- 
couverte a marqué les travaux des Arabes; c*est 



3^6 HISTOIRE 

-ui^e pierre quils ont mise à là consfrucdon d% 
Tédlfice ; elle y est .restée pour leur gloire et pour 
celle d*Albategnîu8. Cet astronome a découvert 
un fait dans la nature , dont la caase étoit réservée 
à Newton, ' . 

Albategnius nous a laissé quatre observations 
d*éclipses du Soleil et de la Lune, qui, avec cejles 
^de Thius que nous avons. citées ,* sont utiles pour 
remplir lesdésertsqui séparent les astronomes d'A^ 
lexandrie, des astronomes modernes. Il j a dans les 
observations une lacune de douzie à treize siècles* 
Albategnius réforma donc les tables de Pto- 
lémée, et en construisit de nouvelles qu'il crojoît 
' plus conformes à Tétat du ciel. La gloire des 
architectes est la proportion et la solidité qui fait 
.la durée des édifices : celle ded. astronomes est 
Inexactitude , ou du moins l'exactitude permise à 
.notre industrie; elle rend leurs tables plus durables, 
et fait de leurs hjpothèses la règle d'un avenir 
.plus étendu. Les astres marchent tous les jours 
pour démentir ces hypothèses ; il n'en est point 
que le temps ne mette en défaut. Les différences 
.qui nous séparent de l'exactitude et de la vérité, 
quelque petites qu'ellessoient, s'accumulent avec 
Jes siècles , et produisent à la fin des erreurs sen- 
sibles.- Le monde réel, la nature conserve : dans 
jane longue durée la perfection qu'elle tient de 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. ^2J 

son auteur , elle a des lois immuables ; le monde 
des astronomes a besoin d'être retouché sans 
cesse , parce que ses auteurs sont des hommes. 
Mais des erreurs plus petites succèdent à des 
erreurs plus grandes; les hypothèses se perfec- 
tionnent 9 et la copie approche toujours de la 
perfection inaccessible de ^'original. Albategnius 
prétendolt sans doute à cette gloire ; il n'en a pas 
)oui ; ses tables n'ont subsisté que peu de siècles 
après lui , parce qu'elles manquent par les fonde- 
mens. Il se trompe sur le mojen mouvement du 
Soleil, sur la durée de Tannée: tous les anciens 
l'avolent faite trop longue , Il la Et trop courte. 

§. V. 

Dans le dixième siècle , le calife Sharfedaula 
protégea l'Astronomie et lui donna des encoura- 
gemens , qui4llh*oient amené de grands progrès » 
si le règne des Arabes, leur génie pour les sciences, 
n'avolent pas été sur leur déclin: la voix des 
princes est puissiante , Us sont la cause des produc-^ 
tions et des succès ; mais s'ils sèment. Il faut que 
le sol soit fertile et ne soit pas épui§é; ce calife 
fit. construire un observatoire dans un. angle du 
jardin de son palais, à Bagdad ; il chargea deux 
astronomes d'jr veiller à l'observation des sept 
planètes \ Il a dû y placer des instrumens ; nçus. 



3lS rtlSTÔIRE 

pensons même que c'est à ce priiiee que sont dus 
ces Instrumehs magnifiques , énormes pour leur 
'grandeur, dont il est question dans les livres 
arabes : on y lit que Tobliquité de l'écliptique fut 
observée Tah ggS aVec un quart de"^ cercle de 
quinze coudées de rajon. Cet Instrument , suivant 
notre évaluation de la coudée, ne pouvoît avoir 
moins de vingl-un pieds huit pouces; notre Astro- 
nomie moderne n'en connoit pas de si grands: 
'mais , ce qui est le plus extraordinaire \ c'est le 
sextant avec lequel la même obliquité fut observée 
Tàn 992 ; il avoit quarante coudées de rajon , et 
il étoit divisé en secondes: ce rajon étoit done 
de cinquante-sept pieds neuf pouces. On a peine 
à concevoir l'exécution et l'usage d'un pareil 
instrument ; il rend possible et vraisemblable le 
cercle d'Osimandué , qui avoit trois cent soixante^ 
'Cinq coudées de tour et soixante ck rayon; il est 
difficile de se refuser au témoignage û^^ auteurs 
arabes , qui rapportent les observations faites avec 
tes deux înstrumens, et II £aut se résoudre à croire 
'que ces grandes machines ont été réellement 
exécutées ; des rayons de métal de soixante pieds 
de longueur, un arc qui avoit à peu près la même 
H§tendue , toutes lés pièces nécessaires à la sblidité 
iet à l'usage de ces instrutnens, leur donnoient une 
inasse considérable ; nous pensons qu'on les r^ser* 



'^♦'. 



DE L'ASTRONOMFE MODERNE. 3û^ 

Toît pour les observations délicates ; maïs ils ne 
dévoient pas avoir une précision proportionnée à 
leur grandeur, la difficulté de les maniernuisoît 
d'abord à leur exactitude ; d ailfeurs si un ins*- 
trument de six pieds de rajon a deux fois autant 
de précision qu'un instrument de trois pieds, noufc 
ne pouvons imaginer que ceux-ci, qui étoienl 
peut-élre huit fois plus grands que ceux d'AIexan» 
drîe, eussent huit fois autant de précision : tout est 
lié, tout se tient de prèë dans Tordre physique j 
les hommes « en multipliant les ressources ^ multt^ 
plient en même temps, et presque également les 
obstacles; les verres optiques, les miroira, qui 
dans nos télescopes amplifient considérablement 
les objets I pour les srendre sensibles, grossissent 
en même temps les vapeurs qui troublent la trans** 
parencè de Tair et nuisent k la vision distînctew 
Ici s s'il y a quelque vice dans la disposition dos 
pièces de l'instrument » dans le niveau des sur- 
faces , dans le plan total qui doit réunir toutes ces 
pièces , dans la couii>urë de Tare ; si la massé 
totale fait plier quelques parties, altère leurs figures, 
les effets en k>nt plus sensibles dans un grand ins-* 
trument , et ces irrégularités grossies compéhse*rt 
l'avantage d'un arc pluis étendu , sur lequel ùti 
aperçoit dij^tinî^tement des divisions înapprécîâ* 
Wes avec un moindre rajon : cet avantage es* 



/ 



r 



33o HISTOIRE 

en efTet proportionné à Tétendue du rajon ; mais 
il faut en rabattre tout ce que produisent les 
imperfections inévitables que nous venons d'in- 
diquer : une exécution négligée pourroit rendre 
un pareil instrument moins sûr qu'un instrument 
beaucoup plus petit; une exécution soignée lui 
laisse une partie de l'avantage de sa grandeur; 
mais la vérité, îexactitude rigoureuse fuient de- 
vant nous ; en marchant vers elles , des efforts 
semblables i^e font pas faire des pas égaux ; en 
approchant , il faut faire beaucoup pour avancer 
peu , jusqu'au terme où est posée la barrière 
impénétrable , et où l'industrie humaine s*dgitera 
saiis pouvoir passer. Ces réflexions ne doivent pas 
empêcher d'admirer la magnificence des princes 
qui ont fait construire ces grands instrumens ; 
elle annonce une attention suivie et active , qui 
seconde les sciences cultivées : nous leur souhaitons 
des imitateurs. De pareils instrumens ne peuvent 
être jamais communs, la dépense, l'embarras de 
les placer", les interdit au grand nombre des 
astronomes; et en conséquence de ce qu'une 
science bien ordonnée demande que les détermi- 
nations fondamentales soient établies sur une 
égale précision , ils ne peuvent servir aux recher- 
ches ordinaires de l'Astronomie ; mais il seroil à 
désirer que quelque observatoire de l'Europe eût 



DE l'astronomie MODERNE. 33l 

un inatrument de celte grandeur, revêtu de tous 
les moyens de préciaion qui manquoient aux 
Arabes; ilserviroit uniquement à quelques recher- 
ches délicates , et il éclaireroit sur des points 
importans delà physique céleste ; en formant ce 
vœu , nous ne prétendons pas assurer que Texé- 
cution en soit facile , ni mérne possible; il est 
des choses qu il faut tenter, pour savoir si elles 
sont praticables: les grands ne sont pas dans le 
cas de regretter les dépenses perdues ; elles se- 
rolent justifiées par un but utile : nous connoîssons 
les difBcultés , mais nous connoissons aussi les 
ressources de l'industrie; et, dans Tétat de per« 
fection où sont maintenant les sciences, si on 
veut lès étendre, atteindre le terme où il nous est 
■permis de les porter, obtenir et mériter des succès, 
il faut plus d'une tentative infructueuse. 

On ne voit pas que cette protection des princes 
ait produit chez les Arabes aucune découverte^ 
aucune, observation importante, si on excepte 
celle de Tobliquité de Técliptique. L*empire des 
Arabes saffoiblissoit par son étendue; la fièvre qui 
les avoit agités depuis Mahomet, étoit calmée, 
ils rentroient dans Tinertie naturelle aux Orien- 
taux, et avec moins d*ardeur, on a moins de 
succès. Ils passèrent en Espagne, et quelques 
astronomes obftnrent la célébrité ; mais, si Ion en 



33a H I s Y o ! m El 

juge parArsachel, cette célébrité tie prouve qtiè 
la disette des talens. 

§. VI. 

Arzachel , qui fleurit au onzième dîècle , re- 
connut que les tables d'Albategniuss'éloignoient 
de Tétat du ciel : il ne vint cependant que 190 ans 
après lui ; mais cet intervalle de temps suffit bîen 
pour déranger des théories établies sur des oI> 
servatlons peu exactes et peu éloignées Ita unes 
des autres. Arzachel tenta de remplacer celles-ci 
par les siennes ; bien d'autres lui succéderont 
dans cette réformation : mais Arzachel ne suffi- 
soit pas à l'entreprise ; aussi ses tables n*éureDt 
point de réputation , et on n*en fit aucuii usage. 

Alhazen , au onzième siècle , s est faitconnoltre 
par un Traité d'Optique en sept livres : c'est le 
seul ouvrage d'optique un peu ancien qui nous 
ait été conservé. Cet ouvrage renferme des choses 
remarquables. Alhazen y développe les eflets de 
la réfraction avec plus d'étendue qu'on n^avoit 
ùâi jusqu'à lui. Le rayon de lumière , courbé en 
entrant dans notre atmosphère, élève les astres et 
les fait paroitre à leur lever ou à leur coucher, 
lorsqu'ils sont encore, ou déjà sous l'horizon :1e 
Soleil se montre à nous plutôt le matin , et dis- 
paroit plus tard le soir, par TeiTet^e la réfraction y 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 333 

i 

le jour , ou le temps de la présence du Soleil ^ 
est donc alongé par un bienfait de la nature. L^ 
même cause, en prod^î^nt lea cr^pusculeiâ du 
malin et du soir , augnoente encore le jour. Le4 
rayons, qui se pliant pour approcher de «nous» 
passent au-dessus de nos létea ; avant de nous ai-* 
teindre, ils se réfléchissent sur le^particulasgroâ- 
âières de Tair , pour former d'abord une foible 
lueur, incessamment augmentée , qui annonce 
et devient bientôt le jour : cette lueur est Tau* 
rore* La lumière décomposée peint le^ nuages et 
forme ces coi^le^rs brilUnte^ qui précèdent le 
lever da Spi^l : c'est dans le ph^omèn^ colora 
de la réfraction que lea poètes put vu \dk déesse du 
matin ; elle ouvre les porter du jour avec ses 
doigts de rose, et la fille de TAir et du $oIetl a 
spn trône dans l'atmosphère. Si K^eite atmosphère 
n'eaiistoit pa^, ^ 1^$ rajon^ now parvenoieni en 
ligne droite , l^pp^rilion et J^ disparition du 
Soleil seroient instantanée^ ; W gi^and éclat du 
jour^uccéderoit à la profonde nuit, et des ténè«f 
bres épaisses pr^ndroient to^t à coup la pl^ce 
du plus beau jour. La réfraction est donc utile 
à la Terre « vA>n ^ulement parce qu'elle nouf 
fait jouir quelqijies momenni de plus de la pré- 
sence du Soleil , maif parce qu'en nçus donnant 
1^ crépuscules , elle pirolooge la d<uiré^ de la Hr 



334 HISTOIRE 

znlère , et la nature a établi des dégradations pouf 
préparer nos plaisirs , pour diminuer nos regrets» 
jNfous voyons poindre le jour comme une foible 
espérance; il s*échappe sans qu*on j isonge , et la 
lumière se perd comme nos forces « comme la 
santé, les plaisirs, la vie même, sans que nous 
nous en apercevions. 

Averroès, fameux médecin de Cordoue, au 
douzième siècle , a fait un abrégé de TAlmagesle ; 
il n*étoit pas content de l'arrangement et du sys- 
tème de Ptolémée, il penchoit à rappeler les hypo- 
thèses d'Ëudoxe et d*Aristote , et se trouvant trop 
vieux pour entreprendre un tel travail , il le dé- 
nonça et le recommanda à la postérité ; le premier 
pas vers le bien, est le dégoût du mal; ce désir 
d* Averroès est Tindice d'un bon esprit, nous avons 
dû lui en faire honneur ; ce désir est encore le 
signe d'une fermentation dans les esprits, il annon« 
çoit la révolution où' Ptolémée devoit perdre une 
partie de sa gloire et de son empire. Alpétragius 
de Maroc vint après lui , il se saisit de cette idée, 
et ne fit rien de bon ; le temps u étoit pas venu. 
Jusqu'ici Ptolémée n*avoit eu que des hommages, 
ses hypothèses avoient été constamment ad mirées^ 
elles commençoient à déplaire; mais le préjugé 
subsistoit : Alpétragius a vbulu créer un système 
nouveau ^ pour remplacer celui de Ptolémée ; quel« 



y' 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE* 335 

quefois c*e5t un mojen de retarder les progrès des 
sciences , en mettant toujours des hypothèses à la 
place,des faits ; mais il paroit que, dans cette occa- 
sion , cet Arabe a rendu un service essentiel ; ce 
service, c -est son entreprise même ; il tenta de 
briser l'idole , et s*il ne la renversa pas de son autel^ 
ii4onna Texemple de l'attaquer. Alpétragius régla 
la place que Mercure et Vénus occupent à Tégard 
du Soleil , dans le système du monde , et coupant 
le différent par la moitié p il plaça Vénus audessus 
et Mercure au dessous ; il donna aussi à ces deux 
planètes une lumière propre , c'est la raison pour 
laquelle , selon lui , Mercure peut passer devant 
le Soleil sans Téclipser , ni affoiblir sa lumière. 

Nous rapporterons à cette occasion une opinion 
bien ridicule des anciens, que nous n avons pas 
placée ailleurs, pa,rce que nous ne savons nia 
quel temps, ni à quels hommes elle appartient. 
Quand les planètes étoient stationnaires , elles 
s'arrétoient , disoit-on , parce que la lumière leur 
manquoit et qu'elles ne pouvoient plus voir leUr 
chemin. C'est Yitruve qui rapporte cette opinion; 
il ne Tadopte pas ; mais seulement comme per- 
suadé queTéclat du Soleil s'élend partout, et que 
les astres, en qualité d*étres divins, peuvent tou- 
jours apercevoir la lumière. 

X«a manie de 1 astrologie et la confiance en 



f 



^6 HISTOIRE 

cesfaus^s prédictions, étoient à leur comble dana 
ce siècle. L*an 1179, toqales astrologues orieii* 
tauxi chrétiens, juifs et arabes, annoncèrent, 
pour le mois de septembre 1186, une grande 
conjonction de toutes le$ planètes, tant supé- 
rieures qu Inférieures , et la destruction de toutes 
choses par la violence des vents et des tempêtes; 
ces prétendus prophètes répandirent la terreur; 
ces sept années furent des années de deuil , per^ 
sonne, dit-on, ne douta de la An. du monde; II 
faut croire cependant qae la foi ne fut pas générale, 
et ne s'étendit pas aux riches et aux puissans ; 
sans quoi Th^stoire eut marqué de grands chan- 
gemens et de fameuses .réformations : mais le 
peuple seul a peur, il n'a pas le moyen de res- 
tituer, ou. du moins se;§ restitutions ne changeait 
pas la face de la Terre. L'année i s 86 se passa 
fort tranquillement, sans tempête et sans vents 
extraordinaires , toutes choses allèrent leur train 
comme auparavant , et même la crojrance aux 
prédictions des astrologues* 

s. VIL 

Voilà }out ce qu'on sait des astronoines arabes; 
tm mérite qu^'on ne peut leur contester , c'est 
d'avoir conservé l'Astronomie et de l'avoir trans- 
portée parmi nous. On leur doit aussi quelques 
observations utiles ; peut-être en ont-ils fait davan- 



CE L*ASTRONOMIE MOÛERNE. 337 

Idge : tous leurs ouvrages n*ont point pa^sé en 
Europe, et le grand nombre de ceux que nous 
possédons , reste dans nos mains sans fruit , parce 
que les astrt^nomesn entendent point rafabe/etque 
ceux qui savent la langue , n'entendent point TAs* 
troncHnie* Edouard Bernard compte plus de qua- 
rante manuscrits arabes dans la seule bibliothèque 
d'Oxford. Le nombre de leurs livres et: derleurs 
astronomes prouve leur amour pour lascience. 

M. Bernard nous apprend que la propriété des 
corps suspendus, qui oscillent, lut connue des 
Arabes : il nous dit qu'ils mesuroient le tenips 
par des clepsidres , par des cadrans et par deè 
pendules. Les deux premières inventions ne leur 
appartiennent pas ; peut-être la troisième ne leur 
appartient-elle pas davantage , et c'est une chose 
bien extraordinaire que. celte connoissance du 
pendule trouvée ches les Arabes. Eu attendant 
que les autorités de M. Bernard soient traduites 
dans notre langue , et que les détails puissent dé- 
cider la question , nous croyons pouvoir établir 
les principes suivans : les grandes découvertes ne 
viennent jamais seules : le .dix-septième siècle a 
vu l'invention du pendule, et son application à 
la régularité des horloges ; mais il a vu Tapplica* 
lion de l'algèbre à la géométrie , la connoissance 
des. lois du mouvement et de la chute des corp's , 



338 , HISTOIRE 

rinVenlion dea lunettes , et les nDinbr€ases dé* 
cottirertefi qu'elles ont amenées : il a vu k sublime 
tbéot^ie ;des forces centrales , le vrai sjstéme du 
Bootide v^t îl ena dévoilé lé mécanisme , en même 
temps qa^il a créé les arts et produit les chefs- 
d'œuvre de Téloquence et de la poésie» Tout cela 
fut Touvràge de soixante-dix ans ; c'est Tefïet d'un 
seul effort >, et, pour ainsi dire, d'un élan de la 
natttre. Nous ne voyons rien de tel cbe2 les 
Arabes;, cette découverte est unique. Les autres 
sciences, les arts, n'ont fait aucuns progrès, et 
cette importante connoissance ^ tiéé sahs germe, 
a péri sans fruit Une découverte brillante et utile 
excite nécessairement l'admiration ; eHe est célé- 
brée par les auteurs contemporains , qui se hâtent 
de là transmettr'e à k postérité; Tou^ le^ auteurs 
arabes que nous avotis , pavlent de la hiésdrë de 
la Terre ; aucun tic ^rfe de rinveillion du pen- 
dule. Si: te pendule avôit eu un usage astrono* 
miqUev il serott èhti*é du moins dans le détail de 
leurs observations. En coniséquenéé il ne nous 
paroit pars. impossible qu'ils aieilt puisé cette con- 
noiksânce dâtis quelque manuscrit , dans quelque 
Iradilion ori^entale^ comme ifsavoîeiit th!)uvé celle 
des clepiidpes et des cadiatas. Un^ découverte 
étrangère ne fut point célébrée par eux : un 
uéage , évidemment peu étendu , foildèll^ silence 



»E L'ASTftONOMlE MODERNE. SSg 

des astronomes : nous sarons que les principes 
ies plus vrais soufTrent des exceptions ; le hasard 
peut tes avoir servis au défaut <lu génie. Nous ne 
serons point étonnés que cette conjecture soit 
détruite par lés détails que nous demandons { 
mais, nous l'avons dit, une grande idée, lors- 
quelle est isolée ^t stérile » nous pareil devoir 
être étrangère* KàVadtage dés Arabes fut d*érrê 
placés entre TAsie et TEgypte > et leurs progrèâ 
dans l'Astronomie sont le fruit de teurs guerres 
heureuses , qui tes ont mis à portée de dépouiller 
là Perse et TEgypte des coiitîoissances les plu^ 
précieuses , en même temps qu'ils ont asservi ceft 
beaux pays^ et dé réunir TAlmagèst-e de Pto- 
lémée , le corps complet de la doctrine astrono* 
mique » aux traditions répandue^ dans T Asie» 

i « 

§. V I I I. . 

Nous avons rapporté âùtié Thistoifè dé l'Agro- 
nomie ancienne, ce que Thistoire orientale nous ^ 
apprend de la première Astronomie âeà Perses ; 
cette science s'éteighit chëi éûx, où passa aux 
Chatdééiis ; de là transplantée à Alexandrie, elle 
né revînt dans la Perse , qu'après âvôirréfleuH 
ché2: lés Arsibes; fee fut rfiêmé là gtrerf'ë ; lé joug 
déà Mahométans , qui 1^ ^âinetia. Yesdegîrd, le 
dernier roi des Perses, institua une nouvelle 



34o HISTOIRE 

époque, prise de son avènement an frâûe, la 
dixième année de Thégire > ou Tan 63a d« notre 
ère : il paroit qu*ll avoit innové et changé beau«> 
coup de choses relativement k la religion et au 
calendrier, qui étoient liés d*une manière étroite^ 
Les mois et les jours portoient, chez lea Perses, 
les noms de certains anges qui y présidoient ; il 
changea ces noms, il donna aux mois des noms 
analogues aux saisons, et aux jours, des noms 
tires de quelque événement mémorable , ou de 
pluisleurs choses «arbitraires ; il abrogea les fêtes 
anciennes : mais ce prince , après vingt ..ans de 
règne , ajant été vaincu et tué par les Arabes 
mahortiétans , les Perses attachés à leurs anciens 
usages , reprirent les noms^ des mois et des jours, 
et la fortne de leur année. Cependant les Perses 
reçurent des Arabes, Tannée lunaire, Tépoque de 
Vhégyre, et conservèrent en même temps, h$ 
deux époques et les deux formes d année. 

Chrisococca, nous a donné une idée de Tétat 
de l'Astronomie dans la Perse, au douzième siècle , 
il rapporte qu'un mathématicien grec de Constan- 
tlnople , nommé Chioniades , excité par le zèle de 
r Astronomie , entreprit Iç vojage de Perse, avec 
Ja protection d'Alexis Comnène, empereur de 
Trébisonde. Cette entreprise avoit ses difficultés; 
les Perses conservoiënt encore cette habitude m/s- 



DE l'astronomie MODERNE. 34t 

terieuse, si ancl^^nne dans TOrient; ils se réser- 
voient même particulièrement la connoissance de 
r Astronomie; ils abandonnoient les autres sciences 
à tous les hommes, mais il n*appartenoit quaux 
Persans de cultiver TAstronomie. On voit com*- 
bien il est difficile d'altérer le caractère national; 
iisubéistoit sous le joug des Arabes : un gouver^ 
nement étranger , une religion nouvelle » n'avoient 
pu le changer. 

Chioniades fut assez heureux pour rendre 
quelques services au monarque persati , et il en 
obtint la permission d'emporter à Trébisonde 
plusieurs livres: on connut donc l'Astronomie des 
Fersps ; leurs tables sont en mano^rit à la Biblio- 
thèque nationale. Bouillaud qui les a examinées,' 
et qui les a fak imprimer par extrait, admire leur 
•xactitude ; le préjugé qui identifiolt la dignité de 
la science , avec celle de la nation , prouve que 
cette nation antique , fière et jalouse de la culture 
de l'Astronomie, tiroit de cette culture imméiho-» 
riale un titre de propriété exclusive. 

Le» Tarlares vinrent à leur toui* a^servfr hs 
Persans ; Holagu - lean , petit - fils * du fameuxr 
Gengîs*Kan/soÛ5lé règne de son frère Mangu,. 
auquel il succéda dans la suite , partit dulVirkes^ 



342 HISTOIRE 

tan Tan 12S1, et passa dans TOccident, c'est-&« 
dire, en Perse, dont il fit la conquête ; il fit pri- 
Pionnier le calife Mostazem, le dernier de la race 
des Abassides. Pendatit qu il étoit allé recueillir 
la succession de son frère , s^$ généraux furent 
battus en Perse; mais il revint en isSg, et reprit 
toutes les conquêtes qui lui avoient été enlevées : 
iwi retour de cette expédition , il alla prendre 
quelque repos dans la ville de Maragh , près celle 
de Tauris , où il bâtit un rassad , ou observatoire. 
Ce fut là qu'il assembla les plus fameux astro- 
nomes y qu*il se fit apporter tou^ les livres qui 
pouvôient servir à la composition des tables as- 
tronomiques. IJj^ procura des m^mpireset desdes- 
criptions détaillés des observatoires fameux » teb 
que celui de Ptolémé^ en Egjpte » d*AImamon à 
Bagdad, 4^ Beinani en Syrie, et de Hakem, 
qaljfe desi San^nites au. grand Caire. Nous ne sa- 
vons de ces dçu;( derniers observatoires que ce 
qu en dit d*He|:belQt ; nriats on voit clairement 
qu il existoit en A^e des moqumens des sciences , 
que la curiosité des princes pouvoit facilement 
réunir. Ces débris étoient épars , mais encore 
existons , et la voix puissante des souveniins re- 
construisoit,rédifice, çonxfaç y^^is la lyre d'Am^ 
pbyon éleva les murs de Tliqbes. Le fameux 
I^^ssiredflin , géomètre et aetr^nome persan, avec 



DE L*ASTIU>NOMIE MODERNE. 343 

plusieurs ooopérateurs » fut chargé de poser da 
nouveau les fonderaens. de rAstrooomb , oommd 
avoit déjà fait Ptoléoaée». Ils dems^ndoienf trente 
ans pour ce grand ouvrage ; ce n^étojt p^ trop ; 
mais les princes so^t pressés de jouir ; o^ 14e l/t'uir 
en accorda que douze. Cet qtivrs^e {i^t 4Çfh|ev4 
en 1269 ; mais aussi , à peu de chos^. prèf;, tpi|| 
fut copié dç l'Almageste. Kplagu ne vit pojnt ter* 
miner cet ouvrage; il ^nit» en i^Q^i une vi^ 
encore plus glorieuse par les I^niiiâires^ que pi^r 
les conqu^tes^et mourut pai^il)Ien%eKft d0psl,es,br4^ 
des savans qu'il avoit comblés de sea bip^f^i^f 

Si Von s'éiohne qu*un, prince guerrier çt bar- 
bare ait prptégéf ei^cpurs^gé. les, sçiçnoes ^ pç^^ 
répondrons que les nK>ng^ques de TOciej^ l^ur 
pnt toujours açqordé une protection pa^rtiçuilère; 
d'ailleurs c'est viniç question de s^yVQ.ir. si Top do.i^ 
regarder comme barbares ce4 pripces $cyihw # 
qui descendoient d^i uQrd 4^ TA^ie f . POUf sub- 
juguer les peuples mérijdipx;taux, habitai^s^én/^rvés 
dun climat doux et paisible. Les cycles., les 
périodes, établi^ de temps imn[ién)pi:ia.l ^a^^ Ift 
Tartarie, prouvent quon y 9 (oujoura p}x, q^elqui» 
connoissance de TAslirpqomie ; G^ngis - Jl^ap. ^ 
fameux par tant de coi^qt;|étes « de déva^tat^ipns 
.et de cru^^utés;, ai^g pepetjijc^nl les lelt^e^. Kpger 
Bacon préjtepd que St,*Louis ei;ivpjrd^ un PpmU 



344 HISTOIRE 

niquain chez lesTarlares , en i253, sous le règne 
de Mangu -Kan , petit fils de Gengîs- Kan ; le 
moine manda , que s'il avoit su TAstronomie , il 
auroit été bien reçu ; mais qu*il fut méprisé parce 
qu^il n'en avoit aucune notion. On n*a point assez 
réfléchi sur le goût pour les sciences que mon- 
trèrent à la Chine et en Perse , les deux frèries 
Koblajr et Holagu , sur la résolution étonnante 
des Tartare» conquéransy d*abandonner leurs 
usages, et presque leurs mœurs entières, pour 
prendre celles de la Chine. Ce ne fut point le 
fruit de leurs conquêtes: il faut ^vcKr les jreux 
àé)k ouvert^ pour apercevoir la lumière; il faut 
un effort^ qui ne peiit naitre que d'une rarson 
antérieurement cultiv^e^ pour se dépourlter de ses 
usages, de ses habitudes, et s*asservir à desmœûrs 
nouvelles, quelque avantage que Ton suppose dans 
cet échange ; un bbn choix annonce un bon esprit: 
Il nous paroit contraire à la nature de Tésprit 
humain d'imiter ceux qu'on a soumis; descon- 
quérans grossiers ne peuvent avoir qu'un sén'^ 
liment pourlesvaîncus, c'est lemépris. L'ignorance^ 
jointetiu courage , dédaigne les arts et les sciences» 
'comme le principe de la moHesse et la cause 
delà défaite. Nous concluons de ces réflexions 
que les Tartares, qui soumirent TAsie méri- 
dionale , étoient déjà éclairés sur l'utilité dés 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 345 

' 'sciences , p uîsquils les regardèrent comme une 
partie intéressante de leurs conquêtes : des philo* 
sophes rendus mattres de la Perse , et surtout dd 
la Chine, n'auroîent' pu prendre un meilleur 
parti, celui dé (Cultiver des connoissances utiles , 
en adoptant le gouvernement et les mœurs les plus 
sages dé la Terre. 

s. X. 

Les astronomes sont encore aujourd'hui, en 
Perse, dans la plus grande considération ; leur 
chef a cent mille francs d'appoîntemenl ; Chardin 
estime que les gages donnés parle roi à ces aslro* 
nomes, montent à plus de quatre millions de nos 
livres ; mais les Persans sont encore persuadés que 
les astres sont conduits par des génies, et la haute 
considération dont jouissent les astronomes , bu 
plutôt les astrologues , vient de la foi qu on accorde 
à leTùrs prédictions et de l'usage qu'on en fait à 
toute occasion ; il j en a plusieurs aii palais ; leur 

' chef est toujours auprès^é la personne du prince, 
pour l'avertir des jours et des momens heureux, 
•excepté dans le sérail , parce que l'empire de 
Thomme sur le sexe le plus foible n'^ craint point 
des momens malheureux. Ces astrologiies por- 
tent leurs astrolabes à la ceinture , dans un petit 

^^lui fort ori^é ; il n-a quelquefois que deuxoiitroFs 



346 HISTOIRE 

pouces de diamètre, et on le prendroit vo}oi^« 
tiers , selon Chardin , pour une médaille de cha- 
pelet , pu pour la marque distinctive et honori- 
fique de quelque ordre. Ils sont consultés sur 
les choses les moins importantes; par exemple, 
pour savoir si le roi doit aller à la promenade , s*il 
doit entrer dans le sérail, ou admettre un grand 
qui attend dans Tantlchambre. On voit que ces 
consultations doivent donner beaucoup de crédit 
aux astrologues. Au reste il ne leur en coûte pas 
beaucoup de peine ; il leur suffit de preildre avec 
un petit instrument la hauteur du Soleil ou d«ne 
étoile^ parce que tout est lié dans la nature, et 
quune seule observation dévoile 1 état passé, prit* 
sent et futur du monde. Quand on leur objecte 
qu'une^ seule observation ne peut les conduire i 
des. résultats si compliqués , ils répondent que 
leurs anpétres leur ont laissé si exactement les 
phases des astres , qu'ils ne craignent pas de se 
tromper ; ils parlent comme des imposteurs à des 
ignorans : mais nous en tkerous cette conclusioa» 
qu;lls avoient des ancêtre^ éclairé^ ; et voilà ce 
que. nous répond r Asie toutes les fois que nous 
rinterrogeon^, 

L'Astronomie au quinzième siècle , pa^sa de 
h Perse d^n^la T^irtarle , chez les Tartares qp on 
nomme U$J:fe^&, Il nous en reste un monument 



DE L'ASTRONOMIE MO»ERNE. 34; 

précieux ; ce sonl les tables d'UIug - Bç^- ^^ 
prince régna plus de quarante ans sur les Indes 
et sur une partie de la Tartarie ; il fit venir à Samar- 
cande, sa capitale , les plus hablLès astronomes. 
Il leur fournit des instrumens avec une magnifia 
cence rojale , et il fit lui-même une partie des ob* 
servations, aic|é de ces astronomes, qui n etpient 
que ses coopérateurs. Les astrologues turcs ra* 
contèrent à Grëaves que ce prince avoit fait 
construire des. instrun^ens d'une gi*andeiif ejxorme^ 
entr autres un quart de cercle , dont le raj^on éga^ 
loit la hauteur de Téglise de Sainte - Sophie k 
Constântinople , fauteur qui est d'entirpn 180 
pieds. Mais il faut se garder de croire de. pareils 
contes; on j reconnoit trop évidemrnent les ca- 
ractères de lexagératipi;. Cet inslrun^nt étoit 
sans doute un gnomon ;;et c*est un des plw grands 
qu'on, ait ^ élevés pQur FAsti'onomie. 

Ulug Bey , après, ifn npçibre suffîs^^pf 4!^bser^ 
valions , entreprît die; ca^s^r,uf i*e de noMYel)es ta- 
bles, aslronomiqueis : elles étoient as$/^ ex^cte^ 
pour qu*on les trouvât pi;esque toujours d-aç*- 
cord avec celles d^ Tjcho. ï}. eut u^ ^ujtre 
gloire, c'est celle d'être, après Hipp^^rque, 1^ 
second auteur d'un catalogue des étoiles fixes* 
Ulug Beg étoit persuadé que Tapplication suffit 
pour exécuter tout ce qu'on entreprend avec 



348 Histoire 

ardeur : eela est vr.ai pour lea honunes degënîe ; 
c'est pour prouver ce dont il étoit capable en tout 
genre , qu^il exécuta ses longs travaux astrono- 
miques. Il n'en fut pas moins un grand prince ; 
l'Astronomie n*a rien fait perdre au monarque. 
Il avoit fait construire à Samarcande un collège , 
dont le bâtiment fort élevé servoit d*observatoire. 
Plus de cent personnes, occupées -aux sciences , 
y étoient entretenues avec une énorme dépense* 
Ce prince ; si savant , si magnifique , périt misé- 
rablement ; il avoit un fils aine , dont on prétend 
que lastrologie lu^ avoit annoncé l'ingratitude : 
ce fils dénaturé se révolta , le vainquit et le fit 
mourir. ^ 

Ainsi les sciences , qui étoient remontées vers 
leur source , établies de nouveau dans la Tartarie , 
sous le parallèle de 5o dejgrés « n'y furent pas lonç- 
temps florissantes. Avant de passer en Europe, 
nous avons a jeter un coup d'œil sur la Chine , 
où l'Astronomie fut plutôt languissante que cul- 
tivée , et sur les climats méridionaux de l'Asie , oà 
des peuples , sans art et sans génie , ont conservé 
quelques débris des anciennes connoissances a^ 
tronomiques. 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 340 



LIVRE VIL 

De V Astronomie des Chinois et de celle 
de quelques autres peuples. 

w 

PARAGRAPHE PREMIER. 

Heureuse la nation qui joint la constance à la 
sagesse ! elle vit paisible et tranquille » sans être 
ennuyée de sa félicité ; bien différente de ces 
nations inquiètes , qui sans cesse tourmentées de 
leur activité, cherchant et détruisant successive-' 
ment lequilibre , oscillent autour du bonheur ,£t 
n*atte!gnent le terme du repos , que pour le pas- 
jer : mais comme tout est compensé par la nature , 
cette inquiétude produit le mouvement des pen* 
sées ; c*est au sein des troubles, des querelles, et 
des divisions ; c*est sur le théâtre de l'ambition , 
que le géiiie s est montré à la Terre ; il dédom- 
mage par les lumières, de ce qui manque en tran- 
quillité. Les rôles sont partagés entre les peuples, 
et les fonctions sont également augustes ; les uns , 
comme les peuplçs d'Europe, ont été chargés 



35o HISTOIRE 

par la nature, de développer la perfectibilité de 
rhomme , de mesurer la grandeur et releva lion 
dont il est susceptible; les autres, comme les 
Chinois , montrent Timage de la félicité qui lui 
est promise , mais ils sont restés dans Tignorance , 
ou du moins dans la médiocrité* 

Le manque de génie , Tindolence de la nation , 
son attachement aux usages et aux idées de ses 
pères, furent sans doute les causes du peu de pro- 
grès qu ils firent dans TÂstronomie : mais , ce qui 
est tout à fait singulier , c*est qu'une des principales 
causes , naît de ce que TAstronomie , ou plutôt 
fastrologie \ j étoit liée à Tadministration : si lad- 
tninist dation est constante, la science ne peut 
changer sans elle , et les erreurs , ainsi consacrées , 
sont des erreurs éternelles : on ne peut rien inno- 
ver ssLn$ être examiné et autorisé : les esprits qui 
ont besoin de permission pour prendre Tessor^ 
sont des esclaves ; ils deviennent stériles comme 
les él(rphans domestiques. 

§• I L 

Les Chinois étoient persuadés que leurs pre- 
miers empereurs , Fohî, Hoang-Ti , Yao , avoient 
eu une corinoissance parfaite de rAstronomîc , et 
que lés j^rincipes en étoîent déposés daps lesmo- 
numens conservés; ils cherchoient ces principes 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 35l 

êanslesKoua de Fohî, ou dans les tujaux de 
bambou , qui ël oient en usage pour la musique aii 
temps d'Hoang-Tî : îls combînoiênt les nombres 
que Confucîus appelle nombres du ciel et de la 
Terre. Il étoit âtiôsî rîdîcule de chercher T Astro- 
nomie dans un ifastriihient de mùjsîque, que le 
secret du gratîd'teùvrë, dàns^Ies vers d'Homère; 
niaîslepîs , c'est 'qti*onregardoît comme dés erreurs 
tout te qui n'étdît pas contenu dans ces prétendus 
dépôts ; c'est que l'astrologie avoît posé le sceau de 
Tàutorité sui» ces idées bizarres. lia Chine com- 
^osoit presque elle iseule la Terre entière ; le fciel 
n-étbîk fait que pour elle ; l'empereur j sa famîll^ , 
ÉâL mâki6n , sfvbiént leur filacé parmi les constel- 
lationis ; rharmbhiè des mourertiehs célestes étoît 

y» 

sans cesse fcofanpàréé à celle de Tempire; l'une 
n"éWil pas plus immuable que Tautre ; les allé- 
i^atioifis célestes àvbîent des conséquences fà- 
cheuses pour lès * pVmces , oii du moins pour les 
peuplés qui Sont punis pour eux ; et comme il j 
â d^S vicissitudes dans les choses les mieux réglées, 
comme le bien àe mêle au mal dans lejmeîlleur goii-» 
Tertiérhent, il en résulta à la Chine, le préjugé que 
fe mouvemerît des astres ne Survoit pas des loi* 
Constantes; ce tnoutement étoît dérangé par lés 
ïhauvaîsëS âcflotts dès empereurs; de là plus de 
prc^j^ès : ce jiréjiiigë bpposoit Utlé barrière însur- 



5:2 HISTOIRE 

mon table à tous les elToi ts. Les anciens a.<:tronomes 
chinois ont cru , par exemple , qu il n*jr avoit 
jamais d'ëclipse totale de Soleil ; ils pensoient sans 
doute que la Lune paroissoit toujours plus petita 
que cet astre , et quand Tobjservation d*une de ces 
éclipses démontroit leur erreur, ils avoient recours 
au dérangement de Tordre céleste , qui menaçoit 
Tempire ; ils ne manquoient pas .de citer de pa- 
reilles éclipses , qui avoient précédé et entraîné , 
selon eux,la chute des dynasties. L'ignorance étoit 
intéressée à maintenir ce préjugé; il y avoit peine 
de mort contre un astronome qui s'étoit trompé 
en prédisant une éclipse, ou en ne l'annonçant 
pas. Un peuple justç et sage n*auroit pa%établi 
cette loi , s'A n^eût penisé que les phénomènes 
célestes intéressoient le gouvernement et la pafx 
de Tempire , qu€. les dérangemens de Tun pré-, 
sageoient les désordres de l'autre. Il falloit donc 
observer le ciel pour veiller sur les princes et sur 
(es peuples ; et l'astronome ignorant de ces déran* 
gemens,devenoit [Coupable des fléaux de laTerre: 
)a loi étoit barbare , la flatterie vint à bout de 
l'éluder; quand une éclipse n'arrlyoit pas , on féli-^ 
cilolt le prince, en lui disant que ses vertus 
Favoient fiauyé ; guand une éc)ipse arrivoit ssios 
avoir été prédite , on prenoit le psirti d*intimider 
lempereur, en lui faisant entendre que le ciel 



DE L'ASTROîiOMlE ftTODERNE. 333 

4toit irrité «t dnnonçoit sa vengeance. La voûte 
céleste navoit été produite par ja naturel les 
astres ne sy mouvoient avec régularité , que pouv 
y former une représentation et un miroir dès 
choses d*ici bas, où on iisok la destinée de ce Vaste 
empire : Tignorance croit volontiers que tout eJt 
fait pottf elle ; toUs les hommes ont eu ôes erreuvei 
mais les Chinois sont restés au point d*où noU^ 
S&ihitles partis ; et voilà à quoi sert raHach^menl 
fipiniâtfe aux anciens usages. 

§. î ï i. 

Kcns dctooèrens un exemple de Timportatlee 
d*aiie éclrpee. L*ati 3i cb notre ère^ une écDpsé 
de Soleil arrivii sans* avoir été pvédite: elle causa 
beavcoi^p d'ôffrot» 

L*emfpertur fut cinq jours dsins la retraite pouif 

examiner sa conduite et son aditrimstration : il 

ât publier un ëdît^ dont voici le précis i ^ vue 

du Sjolml et de là Laine nous avertit de pensât 

à neus fil faut ee corriger et par là préyemir 

les maux dont te ciel noua kienace f po^r mot^ 

à peine puis'-jé parler ^je tremble à la vue Jir 

mes fautes ;je veusa que lés grands de ma èoûr 

mè dànneftt aiMeéremeàt hure avis dsme dés 

plécets tachetés 4 et je rie wtos pas 4pàM fab 

me denne /^ ê^re de thmgi . ' f 

1. ;23 



w 

I 



354 HISTOIRE 

En conséquence des ordres de Tempereur , les 
grands lui donnèrent des placets. Le père Oaubîi 
nous a conservé celui de Thlng-King : selon les 
règles de V Astronomie , les éclipses de Soleil 
ne doivent paroître (^au premier jour de la 
Lune ^cependant j depuis quelques années yon 
en voit plusieurs au dernier jour } cela vient 
de ce que la Lune a accéléré son mouvement, 
par là le temps detécUpse est anticipé\ le Soleil 
est P image du souverain y ta Lune , t image 
des sujets ; les défaut de ceux-ci ont ordinai- 
rement leur spurce dans ceux des souverains ; 
cet édit et ce placet singuliers font connoirre 
Finiituence de T Astronomie sur ladministration; 
on voit que la superstition a pu faire du bien, 
en avertissant les princes de se réformer; mais 
la supemition est une arme dangereuse » et les 
princes ne sont pas toujours si dociles. 

A la Chine une éclipse est vraiment une af- 
faire d*Etat. Il ne sera pas inutile de rapporter ici 
les cérémonies qui accompagnent Tobservation de 
ces phëno^iènès. Le tribunal des rites 1 peu de 
jours auparavant^ en donne avis au peuple par 
écrit en gros caractères. Les mandarins de tous 
\ts rangs sont avertis de se rendre , avec les ha- 
bits de leur ordre, dans la cour du tribunal des 
mathématiques , pour y attendre le commence- 



ftÉ L*A8TR0NDMlt MODERNE. 355 

MiMt du phénomène. If^'^ placent 'autour dé 
plusieurs grandes tables , oùi*éclipse est repré'- 
«enlëe j ils la considèrent , et raisonnent ehtr*evix 
suri sa? nature et sur ses influence^; Âtt moment 
que le Soleil ou la 'Lune commencent à s'obs- 
curcir i ils 'tombent àgenoûx et jappent ta Terre 
du Iront. En- même tenrips il s^élèved^nstoule lA 
ville un bruit affreux de tambours et de timbales^ 
par l'eiïet'de Topinion ridicule que ce' bruit' est 
nécessaire pour secourir une planète utile, et pouf 
la délivrer du dragon céleste qui est prél à la dé<^ 
roren GèidI est un ^randieiiemple^dè L'clitaokement 
-des Chifidis.aiix anciens ^usages» Aujourd'hui le» 
grands et les lettrée .connoisaent<enfin la véritable 
;céuse des éclipses;; mei^ ils') opt fan t. de; respect 
pour xie qui s'esi pratiquée de temps immémorial 
d^M la. ifaoharchie , qu'ils cooser^nt ces absurdes 
x:éi*éitionies. lisse sont :élev.éjs« ms^ssipeii , qa'iiss 
ont encore les pieds dans la poussière desipré"" 
jugés* ; . ; . » 

:>. Fendant. que ces. mandarins sont, prasterhé»^ 
d!autres se transportent i Tobservataire, pàur.y 
observer le commencement \ la fin let la durée dcf 
réclipçe > et' pour en faire la cotaparaisQnwraTec la 
^gura c[m en a été dressée^ Ils portent ces obsér^- 
'.vatiôu^ signées et scellées de leur iseeau/ à sa 



356 ; H I 8 T'O I R E V 

majesté impériale, qui observe Téclipse avec I« 
xn^rn^ ¥>^ dajils son palais. 

Xia <iisli*iI>uiion des calendriers est une autre 
isérémonie iC^utse lait avec beaucoftip d'appareil el 
desoiwtpÀ\4é Le calendriei' est d'abord 'présenté 
A retn|Aere«ir y qui doit le lice et Taf^ouver ; on 
f joiiH le^ ^*édictifOds astrologiques y exlsuiie on 
rins,pfi{{}e^ On. voit à la tâte le grand sceau àù 
tribunal des inalhéni^tiqueé v avec un ëdit vmi' 
périal quîl déSeiAA ^ sous perne de mort , d* en im-^ 
pi*imer'oà d*en vendt e d'initres. 

Lesinaiid'didbs: de ce tribunal s'assemblent pour 
jat(iCQn\pf^;fn^r h eateodrtervWxrscpi'on lé présente 
èireihflkerebrrijes exeonpiaîcves' v cim ^rahd pdpîer « 
eouveftaklQ salin jaime , et; ipenferniés «ians des 
Mesi de Atàçf dr'or, fibnb pc(vté| tar unO' machine 
dorée i:oa porle à la* suite ^ oeûx^^ci , les exenà^ 
j^laires de4>Bés(aux prînoeSvy auxgrândset à* tous 
lea nuÈitdavins;^ Les shanfddrn&s astrcmomes>,a^è6 
s'être prosternés trois fois le front contre terre ^ 
. delxvreoti à un officier de: l'enqsiereay l'eacéinplaire 
destiné ir ssl ' majealê. Chaoûn^ dto. grands et des 
mandarins v»ient recevoir le. sien, à genioun : tous 
ensuite ps^ennent leiir rang dans une grdnde 
aalle y et^ a.iia signal,, îls^ ^ pf^oâtQvnea^.vere la 
ipaélieiaiérleurci du paUis ^pouc rendre g4«*Skce à 



DE L'ASTAONÔMlfe MODERNE. 807 

I empereur de la fnveurqu il vient dé\enr aecùtûef. 
Le calendrier â'envold dana chaque pt(y¥lnee » où 
il 6e réimprime de nouveau ; le peuple Tacheté : 
il n'y a point de famiHe ei pauvre qu^elle ne s'eû. 
procure un exemplaire. £41 un mol , le calendrier 
e5t si respecté , et passe pour i^n livre A important 
à TEtat ^ que, le recevoir, c'est sfe déelarer s«|et o« 
tributaire de Tempire, oomnfie le refuser, c'est dé* 
ployer ouvertement rétendard de b révotfe. Ceè , 
honneurs rendus au calendrier,, dévoient bieiî 
trouver place dans Thi^tôire de l'Astronomie. 

§. I V. 

On ne doute pins àujdurd*hui 4le f aùthentictfé 
des annales chinoises ; on sait comment elles furent 
retrouvées après Tincendie des Kvres. Oïl sait 
quelles précautions on mît en usage pour les 
apprécier et les juger : ce qui reste de cette anti- 
que et longue histoire est ^ Tabri de tdtrt soupçon'; 
mais il y eut plus de désordre etiiioins de bonhedt 
dans les ronnoissances mathématiques : elles ne 
sont pas à la portée de tous les hommes, eHes 
furent moins facilement conservées. On en re?* 
cueillit les débris de toutes parts, et sut*tout d^nB 
les récits de Thistolre. Un siècle avant J.-G. on 
avoit déji retrouvé quelques préceptes pour fe 
calcul des planètes et des éclipses. On avoit dcTs 



r 



'458 HISTOIRE. 

clëpâidres. pour mesurée le t<einps; des înslrumenf 
de cuivre construits sur les .descriptions des an- 
ciens. Où s'en servit ppjur mesurer l'espace occupé 
dans le cjel par )es constellations ;ioa traça des 
mëtidiennes .par les principes de Tégalîté des 
nombres .aérant et après midi , comme.ont toujours 
fait le&Indien^t comme faisoie^t sans doute les 
auteurs, de r Astronomie primitive. On seservoit 
dungnomion de huit pieds pour observer , dans 
toutes lies saisons 9 rombreijiiéridiënne du Soleil; 
et Qommela constance en tout est le caractèi^ des 
Chinois, tous le u ris gnomons eurent précisément 
cette hauteur pendant* iSoo ans, et jusqu^à 
Cochepu - Kîng'i qui ea éleva. un de quarante 
pieds. 

y^rs l'an. i64 de nptre ère , des étrangers venu3 
de l'occident, arrivèrent i^ la Chine; on a cru 
qu'Us, avoiént .apporté quelque connoissance des 
tr^v^çtu;!;. d'JVlex^ijtdriew Mais il jr avoità peine .2^ 
9ns que rAloï^gestç. .étoit composé : les lumières 
.^lors ne se communiquoient pas si vite au^ 
extrémité^ du monde ; l'Asîe.n'a eu connoissance 
de rAlwage«>te que par lesArabps; et :Iea Chinois 
p'en /ont .j^m^is epte.ndu parler,- Cependant imr 
.média^ment après Far rivée de ces étrangers, on 
voit pziroîtrç. quelques, vérité^ 95lropoipiqpe^ qui 

dqiveiîil |ej|r j?ppartewir. Mm c^ qui e^t tout à fait 



Z>È L'ASrTRONOMIE MODERNE; 4^ 

remarquable, c* est un catalogue de 25oo étoiles, 
que Ton rapporte à ce tempd. Ce catalogue est 
perdu ; il est bien extraordinaire, si les étqiles ont 
ëté comptées à la vue, qu'il en contienne iSoo 
de plus que celui de Ptoléraée , et presque au?anl 
que legrand cataloguebrilannique, qu^Flamsleld 
n'a pu dresser qu avec le secours du télescope ; 
mais toujours paroit-il certain que ce catalogue 
de â5oo étoiles n*a pas été construit à la Chine. 
Un travail , près de deux fois plus consi déraille 
que celui d'Hipparque, nest pas louvrage de 
ceux qui remuent les décombres de l'antiquité , 
pour y trouver les trésors de leurs pères , c'est 
seulement une preuve qu'ils ont été heureux dans 
leurs recherches. 

§. V. 

L'idée du mouvement de la Terre autour du 
Soleil s'étôit conservée également à la CKine; oa 
Vy trouve deux siècles avant notre ère : et encore 
deux siècles après , mais elle se perdit ; on n jr 
pensa plus depuis, si Ton se rappelle ce quénou» 
avons dit delà difHcolté d'admettre le mouvemeni: 
de la Terre , d'en concevoir seulement l'idée , 
puisqu'elle est contraire au témoignage des sens ^ 
qui sont nos premiers guides , et que nous n'aban* 
d^onnons qu'a regret , lorsque la raison nous avertit 



§60 . HISTOIRE» 

qu^tU Roas Irompept , nouê pouvons àqhe de« 
mender comment i} est arrivé que ce système ^ 
trouve cependant chez les. Grecs qui n*ont ét^ 
que des misonneurs, chez les Indiens, qui soni 
encore des înibéciltes, chez les Chinoi3, qui oal 
toujours étë indolens, paresseux. Ce sjstême sup» 
|)03e des faits amassés pour lui servir de base, des 
idé^s suivies et des hypothèses formées et dé^ 
truites , enfin des efforts pour parvenir à la vérité 
A travers toutes ces hypothèses. Des caisonneurs^ 
des imbécilles ». des paresseux n'ont pu aihasser ces 
faits , ni produire ces efforts; les exceptions sont 
toujours frès-rares , et la ressemblance de fortunf 
de ces trois peuples , également servis par U 
hasard , pour deviner cette connoissance singu* 
lièrc, seroît mille fois moins croyable que Thypo- 
thèse d*un peuple ancien à qui elle appartient , et 
d*où elle est descendue chez cef trois peuples? 
cWsur la réunion dune infinité de £iits pareils 
que nous avons établi notre opinion d'une Astror 
liomte perfectionnée , dont les débris ont été 
«mes dans ^Âsi^ ; nous avons deiQandé de nétrf 
luges que sur leur ensemble. Ils sont en assec 
grand nombre pour donner du poids à cette 
ppinion; et si la solidité de l^édrâce répond a^ 
temps.que nous avÎDns employé à sa construction ^^ 
aux soins que nous y avons ûpportés, cp n'est pa«. 



DE L'ASTROÏiOMlE MODERNE, S6l 

en dé^Bfi^aM une pierre seule quon en détcrnii- 
nera la chute. Nous p'avons pu rapporter dans 
(^histoire de TAstronomie ancienne tous cei faits 
qui sont liés à des temps plus modernes , mais 
nous4enons la parole que nous avons donnée de 
les remarquer. 

Vers Tan 721, l'empereur manda un bonse 
chinois de la secte de Fo , pour qu'il réformât 
la méthode du calcul des éclipses. Ce bonze , 
nommé Y-Kang, fut un astronome célèbre, il 
construisit des tables du Soleil; il commença la 
théorie de Jupiter j il dressa un catalogue des 
étoiles ; il fit faire des cartes et des globes célestes* 
On détermina lé degré de 33 1 lys; mais comme 
b longueur de ce iy est inconnue, on ne peut 
appréciisr l'exactitude de cette détermination. 
Il envoya deux bandes de mathémj^iclens , l'une 
au nord , l'autre au sud ; comme nof re siècle a 
vu des académiciens français se partager le pôle 
et Téquateur , et parcourir le globe pour en con-' 
rioiire k vraie forme. L'entreprise du Cbinoir 
n'étoit pas si vaste que la nôtre ; on voit qu^il n'a 
pas 4u en vue le progrès de la scienpe , la connois*. 
^ance ^e l'univers , dans lequfl on ne pfi:it estimel 
aucune distance que par le rayon du global 
pour les Chinois , la Terre , l'univers n'est r!#ii , 
)c^ Chine est tout. Il voMloil çonnpUre la Chine |^ 



36a HlSTOlkE 

« 

et,paur mesurer les distaoces et les rapports de 
ses différentes parties» il pensa qu'il étoit>boii 
d'employer les degrés célestes , dont les mesures 
ont plus d'exactitude que les mesures itinéraires^ 
Tout habile qu*étoit cet astronome, ses connois» 
sances, sans doute empruntées , lui manquèrent ; 
il se trompa dans le calcul de deux éclipses ; il 
les avoit annoncées avec éclat , il avoit fait or- 
donner de les observer datis toute l'étendue de 
l'empire; le temps fut serein partout » et les 
éclipses ne parurent pas* 

§. VI. 

Un siècle après Y-Kang, un astronome nommé 
Su* Kang parla de la parallaxeet montra son vsagé 
dans les éclipses de Soleil ; mais Su-Kang étolt , 
dit-on , étranger , et cette nouvelle lumière étoît 
encore empruntée. 

Enfin Cocheou-Kîng parut ; cet astronome 
mérita sa réputation ; il est le premier Chinois 
qui ait connu la trigonométrie sphérique ; il fit 
un grand nombre d'observations jet.èntr'autre*, 
celle de lobliquîté de Técliptique , avec un gno- 
mon de quarante pieds ; Il inventa et perfec- 
tionna les méthodes pour les éclipses ; et il em- 
brassa l'Astronomie avec assez d'étendue, pour en 
pouvoir être regardé comme le réformateur. A la 



DE L*ASTRONOMIE MODERNE. 365 
mort de Cochecwi-Kîng cette lueur s'éteignît ^ ses 
instrument furent serrés, et les Chinois n en firent 
pas plus d'usage que de son zèle qu*il ne leur 
avoit pas laissé. 

Après lui , rÂstronomIe dégénéra. Vers la fiii 
du seizième siècle, le prince Tching fit des efforts 
inutiles pour la rétablir. Les Tartares , au bout de 
quelque temps, cédoient au pouvoir du climat ; 
ils s'amollissoient; sans action au milieu de la 
langueur chinoise /leur ressort perdolt sa vertu. 
Il auroit fallu une nouvelle conquête pour produire 
une secousse et rendre le mouvement à la ma- 
chinée Alors les mîsaîonnaires jésuites portèrent 
à la Chine nos sciences et. notre religion; c'est 
à eux que nous avons Tobligation de connoltre ce 
peuple, qui n'est pas recommandable par la gloire 
des inventions, mais qui mérite d'être admiré 
par Tantlquité et la constance de ses mœurs , par 
la sagesse de son administration. Les Jésuites 
avoient tout ce qui! faut pour réussir, du zèle 
et des lumières ; ils eurent longtemps un accès 
libre dans ce pajs , où II n'est facile d'entrer que 
les armes à la main. On traduisit nos principes 
en chinois et en tarlare ; toutes les nouvelles 
découvertes y furent portées par les relations 
que les missionnaires conservèrent avec nous., et 
bientôt T Astronomie chinoise ne fut plus que 



^4 HISTOIRE 

lAdlronoinie d'Europe ; iwaîs, aujoi?pd*hui qn^ k^ 
Jé$,u!te5 sont bannis de la Chinia; et qu i)a i|^ font 
plus de prosélîtes « ni pour la religion ni pour les 
sciences y nous ne serions pas étonnés que les 
Chinois , toujours attachés à leurs usages , ne 
rentrassent dans leur ignorance , pour reprendre 
leur ancienne Astronomie. Si on veut apprécier 
en peu de mots le mérite des Chinois dans la 
^cijence dont nous faisons l^histoire, on verra qu*il 
se borne à des efjrorts pQur retrouver cette an- 
cienne Astronomie perdue , dont Taji^ist^nce n est 
plus donU/^use ç\iez eu^. Ce iBn}ps e$i temp3 d^ 
lumières étrangèressont apportées dans Tempire; 
elles rectifient quelques principes , elles produjl- 
sent quelques efforts ; mais^ comme les progrès 
ne Sont ni liés ni suivis , comme chaque Chinois 
recomnxepce Tédi^ce , des siècles passept saus 
que la hauteur augmente. Le rneilleur de leui^s 
^stronon^es fut Coçheou^Kiog ; mais qua-t-îl-falt? 
Il a rassemblé quelques pestes die ^AstrQoolBi^ 
primillve , ist lésa réi^pisà rAfslroQoniie eoromiir 
niqué,q , pour en faire up cprpi ; voilà ce q^e (ut , 
dans les climats méridionaux, |e peuple le plus 
savant de TAsie moderne; voilà ce que (ikt te 
peuple qui a e^cisté le plus longtemps sur la Terre ; 
4]ne ipi^gue vie est une faveur du ciel , e)|^ pitrmel 
des efforts répétés, et de longs trav9M9^ ^qcloaiifi^ ; 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 363 

niable peuple chinois pouâ prouve que la nature 
n*a rien fait pour Thomme en lui donnant du 
temps I si elle ne lui donne encore du génie. 

§. VIL 

• Léâ Slarrïois, stiivailt leur propre histoire, 
pÉtoksMt être d*uhe date ptiis récente que les 
Jnéiehs ; leur époque civile rethônte à Tan S44 
âvant Jésu^-Christ ; i^ûiià la daté la pTus reculée 
^ut sôit dans leur lUémoiré. Cé^ peuples sont 
rgnoiàns et stiperstitieu:}c comme tous les Orien- 
taux^ cèpéifidaiât ris ont, comme fous tes Indiens^ 
déâ nïéf hodes iissez bonnes et f rês-singulléres pour 
câlcutei* ttè mcfixVemeftïé et les éclipses ^u ^oteîÉ 
ef de ]â Liine. M. de la Loubèré, àmt)âssa(leur 
d€ Pfank!;ô à Sfam , rapporta un rhahu^crit qui 
CKiMèi^oit U^ règles de leur calcùf ; ces règles sont 
fôrtsé?Jtptfèâliott;I>omîmquéCassîrii tés déchiffra 
^ec vttté siagarcHé éxtrâôrdîAaîi*è , c'est-à-dire 
ived \ë genre qtt'ît avoit pour fAstrônorhîe ; ces" 
fèglés s^it iifï'gétiieuses , mais difficiles à pénétrer. 
liés ^ffictélfés qu'a^ re^confré Dominique Cas- 
sîw< se t^ifàvty'ént égafémetit dans tes préceptes 
êtëUMë^ mdîenttds rapportées par M. lé Gentil' : 
rt pa^éit (}ue te^ anci^^ ' Oriénfàux , ifoùjours 
mystérieux , ont eu pour objet dfé caclfiér^ la 



366 H 1 s t O I R Ë 

science , et de ne livrer qu une pratique aveugla 
9 l'ignorance.; 

Ces préceptes des Siamois n-ont aucune res-, 
semblance avec les méthodes de TAlmageste, avec 
les anciennes tables des Perses , avec les méthodes 
chinoises , avec les règles Indiennes. Toutes cei 
méthodes orientales ont une forme très-difFérente, 
àes nôtres ; tous ces trésors d'une science grave 
el formée chez des peuples enfans , nous repré-* 
i;entent toujours des héritiers, qui ne sont pas en 
état de jouir des biens qu*oa leur a acquis. Ce 
grand spectacle, cette étude générale, de TAsIe 
ue nous ont montré que des débris. Sans fart de 
flmprimerie , qui est fait pour tout perpétuer, une 
grande révolution physique , un déluge de bar- 
bares, pourrolent changer en déserts l'Europe iJo- 
rlssante, et ne laisser de nous que de pareils débris* 
On douterolt de notre, existence passée, comme 
on doute de ces peuples , qui ont encore des 
témoins subsistans dans ces vieux monuméns d« 
l'Astronomie : dans ces tables où fa science est 
cachée sous les formes. les plus simples; dans cea 
longues périodes des mouvemens combinés des 
astres ; dans yne détermination précise dç la Ion- 
gueur de l'année , qui est le fruit des siècles ; en&n 
dans les. institutions ^ de l'Industrie , de la pa« 
lîençe et du temps* . . 



DE L'ASTRONOMIE MODERNE* 36f 

§. VIII. 

Le nouveau Monde , TAmériqu^, ne nousûHre 
point le même «pectacle que TAsie; ilny « m 
méthodes savantes., ni longues périodes, nî cette 
philosophie profonde, mais décrépite» et ramenée 
à Tenfance par des fables. Le genre humain est 
au premier Âge , les fables sont des délires el 
non des emblèmes; cependant on y trouve encore 
des conformités singulières : les Péruviens obser-* 
voient les solstices^ et les équinoxes» au moyen de 
colonnes érigées devant. le temple du Soleil, au 
pied desquelles on âvoit tracé uii ç^rclé.Oa reconr 
noit la méthode que les Indiens emploient pour 
orienter leurs pagodes; ilsayoient douze tours, sui« 
vant Garcilasso , pour marquer les mois, comme les 
Chinois ont douze palaispour les ||iunes deTannée: 
les Péruviens, aussi, superstitieux que les Orien- 
taux, apport oient, la plus grande attention aux 
éclipses de Soleil et de Iiune , quoiqu'ils en igno* 
rassent les causes , ou qu^ils n'en x^onnussent que 
de ridicules ; ils croyoient le Soleil irrité contre 
eux , lorsqu*il leur déroboit;s$i lumière, et toute la 
nation sattiendoit aux plus terribles diisgraces; 
la Lune étoit malade, lorqu*elle'comnaenç)oit à 
s*éclipset-; elle étoit morte' om mourante , loraque 
réclipse étoit totale ; et comme les anciens Bersea 



36â HISTOIRE 

avoient annoncé la fin du monde , lorsqu'un astre 
tomberoit sur la Terre , une superstition seni- 
UaUe I qu'il est singolier de retrouyer en Âmé^ 
tique l' faisoit craindre qud la Lune , en tombant , 
n'écrasât lès hommes par sa chicle ; ils faisoient 
sortir leaïs chiens « et , à forcé de coups , les con- 
traigûoient d'aboyer , dans ropinlôn que ta Luné 
àimoit particulièrement ceis raimaux ; c'est peut-** 
étté rorigine du proverbe, àb&ytsr à la Lune. 

Les mois des Péruviens étolent lunaires , divisés 
en quatre parties ^ qu'ils distinguèrent par des 
nemi et par des fêtes; ainsi voilà l'usage des 
aernsine^ bien établi en AAiérique ; le père LafB- 
keau 2l;outé qtie leur année étûit de 365 jours , 
et partagée en dà^ze tca^é de trente jours. 

DàAê TAmérv^è s«ptentri<yMle , les Iroquors 
eornicissent f étoile polaire et s0ti iifn/n^bitité, 
remarque asseat' étonnante jâ^cmr d^és pèup^Ies cbaâf* 
aeurJ;: maie re qui eêl èaùére p\uê étonnant , 
e'ésfc qu'ils donnent ^â ét<yiléi$ der la ùonsieMit^yn 
êei h grande Oursè ^ le ttiéttntè ti&m quë hàixa : }éè 
Mexitwins Miti dir to«#l«!s ptmpkfê dé rArtié¥?q<ié, 
eeuflc qui paroi^séni tftrdr âppcn'fé p\iiè êé séiAs 
au eaténdHtfr ) ik âféitèht <in dyde éë 5£ Mê s6^ 
ImoÊàf êlkàicMà «M 366 yàVié^y dééytlë étôil ttpti-^ 



• ^ 



ïjE l'astronomie môoerne. 369. 

mùi& par'ttine roa»<îhmrgêe 6e caractères hîëro-i 
^iyphiqttes, «t ^nvîfonmée d'un serpent « dont lôa 
nœuds partagent ce cj^le en qaatre parties de treî 
ins. Selon eux , le Soleil sie renouvelok à la fin de 
chaque cycle , sans quoi le temps eût fini avec \d 
Vieux Soleil ; îl ne pouvoîl durer que cinquante^ 
deux ans > après cet intervalle , il en faUoitun neuf.. 
G*ëtoit un ancien usage de la nation, de se mettre * 
à genoux le dernier jour du cycle , le visage tourné 
rtrs rorîent-, pour observer si le Soldl recommen-^ 
ceroit son c^ouvij ^n rompait tous les vases » on* 
éteignoit le (éu , dans Tidée que le Aïonde alioit 
finir : mais aussitôt que le premier jour comment 
çoit- à iuvre , on ei^endoît retentir les tambours 
et les instrûmeiis , pour remercier les dieux d'a^ 
voir accorda aà autre temps; on achetoit de nou-i 
veaux VBÎsseattx , et V<m alloit recevoir le feu dû 
k main des prêtres 1 datts des ptocessions soIem-« 
netles» 

' L'Amëi4qué«e possède donc tqœ peu de con-i 
noissances astrofiomiques; ou, pour parler plus 
Juste, elle n*en possède point du tout : elle aseu-^ 
lement dés tnstitutions civiles qui en sont dértvéesi 
611 est permis jde proposer* des conjectures asseâ 
bien fondées, on en peut tirer une conctusion^asses; 
importantepourlapopuliation du nouveau Mondes 
Les superstitions des éc^pses ^ semUables dans les 







370 Histoire 

deux hëini3plières;Jes douze tours d^s P^ruviens^ 
Analogues lau douiae palais des Chinois ^ consacréa 
aux Lunes del*année; fusàge d'orienter. les bâtir 
znens qu*on retrouve.en Amérique CQmnxe en Asie ; 
laidivisioh du mois en quatre parties ; ces^ ressem- 
blances et ces iaits n'indiquent-ils p^s que lespeu-^ 
pies des deux Mondes ont une même prigine ? Une 
chose très^reiinarquable , c'est le nom; de grande 
Ourse , donné à la même constellation boréale ; 
par une nation de TAmérique , et, par les plus an* 
€iens peuples de l!Asie , d*oà ca nom a passé jus- 
qu'à nous. Cette constellation ne riessemble pas 
plus à une Ourse , quà autre chose; c'est \ la fan** 
taisie etrimajgihation.qUi donnent ces n:09is : ce 
aeroit un ainguliér. hasard , que celui qui feroit 
rencontrer deux peuples dans un choix si arbi- 
li*aire> il y a même ùne.observation à faire, c'est 
•que rOurse étant un animal du nord de Ja Terre ^ 
il en nait un soupçon , que c'est dans le nord que 
les premiei*s noms des ;étoiles ont été imposés ; 
quoiqu'il y ait une énorme difîérence. entre l'Asie 
jadis civilisée, aujourd'hui intéressante par les 
restes des plus belles coiiuoiss^nces, et TAmérique 
inculte et sauvage , et qù presque^ partout les. ani- 
maux et les honto>çs:dbputoient Te^pire quand 
oiila découvrit : ils^itibic cependant quH j^ ait 
une pVenûèr^ origittô, qui a établi d^ confort 



/ 



• »r 



V 



/ 



DE L^ASTRONOMIE MODERNE. 871 

mîtes. Lea fils d'un même père se sont séparés; 
et le hasard qui fait les fortunes , a porté }*un d^nâ 
Tabondance, a laissé Tautre dans la misère. Oa 
diroit que le genre humain , né sous un climat qui 
ne lui a pas permis de se perfectionner , en se dis- 
persant par différentes colonies, s*est placé dans 
r Asie , sous un ciel plus favorable , où il a déve^ 
loppé ses progrès , tandis que faisant un tour im- 
mense, pour parvenir en Amérique parle nord^f 
il a vécu dans ce long trajet, sous un ciel dur, sur 
une Terre froide qui engourdissoit Timagination : 
loin de gagner , il a sans doute perdu , et tout a 
été suspendu pour cette race des hommes , jus- 
qu au moment où leur voyage s'est terminé dans 
ces contrées aimées du Soleil, dont ils sont deve^ 
nus les enfans* 



FIN DU PREMIER VOLUME; 



,.% 



'tIW- 



t • 



• '^ 



ttf - 
/ 

» . * 

. à 






t ■ 






*» 



j 



■\